Au péril de t'aimer (French Edition)

Elma Hilde · Chapitre 26 sur 33

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Au péril de t'aimer (French Edition)

Chapitre vingt-cinq

 

 

Milo

Les jours qui suivent cette soirée cauchemardesque sont d’une morosité déprimante. Retranché dans mon appartement, j’ai comme seule occupation de regarder le temps passer lentement, laborieusement.

Par chance, mon patron m’a permis de travailler depuis chez moi pendant quelques jours. J’ai dû mentir et dire que j’étais souffrant, mais la ruse a fonctionné. Même si le cœur n’y est pas, je peux avancer dans mon travail. C’est difficile de ne pas me laisser submerger par mes émotions et de rester concentré. Retourner au bureau m’y aurait aidé, mais la pensée de revoir mes collègues, de bavarder avec eux et de faire comme si tout allait bien était insupportable.

Assis dans le fauteuil du salon qui est tourné vers la baie vitrée, j’observe la vie à l’extérieur de mon appartement. Il ne s’y passe rien d’intéressant, mais cela m’aide à passer le temps, à oublier le vide laissé par Avery. Son silence depuis plusieurs jours en dit long sur le sort qu’elle réserve à notre couple. Après tout, elle a fait son choix avant même de rentrer de Paris. Ce qui explique son détachement même lors de nos échanges téléphoniques tandis qu’elle était en voyage.

Diling. Diling.

Je grimace en entendant la sonnette retentir dans mon appartement. Maman, râlé-je en moi-même. Elle me rend visite tous les jours pour s’assurer que je ne suis pas ivre mort, ce qui est totalement ridicule vu que je n’ai plus bu une goutte l’alcool depuis cette fameuse nuit. Las, je me lève et me traîne jusqu’à la porte d’entrée. Je vais encore devoir me chamailler avec elle et c’est épuisant.

Décidé à faire de sa visite une visite expéditive, j’ouvre la porte. Je suis prêt à en découdre avec elle, mais mon visiteur n’est pas celui auquel je m’attendais.

— Malcolm ?

Je m’étonne de le trouver sur le seuil de ma porte. Mais est-ce véritablement une surprise ? Après l’autre soir, il veut probablement régler ses comptes avec moi.

— Salut Milo, dit-il sur un ton poli.

Bizarre… il ne veut pas m’en flanquer une ?

— Tu t’attendais à quelqu’un d’autre, non ?

— À ma mère, à vrai dire.

— Je pensais justement qu’elle serait ici…

Il me montre le carton qu’il tient entre ses mains.

— J’ai quelques affaires à elle.

— Des affaires ? Mais pourquoi les amènes-tu ici ?

Ma question le surprend.

— Attends, siffle-t-il entre ses dents. Tu ne vas pas me dire qu’elle ne t’a rien dit…

— Rien dit à propos de quoi ?

— Je peux ? me demande Malcolm en m’indiquant l’intérieur de mon appartement. Ce n’est pas léger.

— Oh…

J’ouvre la porte en grand et l’invite à entrer.

— Si tu n’es pas venu pour me casser la gueule, je peux sûrement t’offrir un café…

Malcolm se débarrasse de la boîte dans l’entrée en ricanant.

— Avy a vingt-deux ans et je n’ai pas à intervenir dans sa vie. Elle est assez grande et intelligente pour faire ses choix.

— Malheureusement, c’est ce que j’ai pu constater…

Je lui indique la cuisine et Malcolm s’y dirige. Là, je nous fais couler deux tasses de café et Malcolm s’installe autour de la table. Je ne donnerais pas cher de ma peau si Malcolm savait ce que j’avais fait à sa fille sur cette fameuse table, pensé-je un sourire un peu moqueur au coin des lèvres.

— Qu’est-ce qui te fait sourire ?

Je me racle la gorge et redeviens sérieux.

— Non, rien.

Je lui sers sa tasse de café avant de me joindre à lui.

— Alors, qu’est-ce que ma mère aurait dû me dire ?

— Que nous nous sommes séparés.

— Attends, quoi ? C’est une blague ?

— Pas le moins du monde.

— Je comprends que notre histoire vous a pris au dépourvu, mais ça ne justifie pas que vous vous sépariez. C’est ridicule !

— Milo, ça n’a rien à voir avec vous ! Enfin, pas vraiment…

— Ce qui veut dire ?

— Après que tu es parti l’autre soir, Pamela s’est emportée après Avery et elle l’a…

Malcolm se frotte les paupières.

— Ta mère a asséné une gifle à Avery.

Interloqué, je me redresse sur ma chaise.

— Qu’est-ce que tu viens de dire ?

— Elle était complètement hors d’elle et…

Il soupire. Visiblement, il n’a pas décoléré et je comprends pourquoi. Je n’en reviens pas qu’elle ait osé lui faire cela. C’est déplacé, humiliant et cela ne peut qu’empirer les choses.

— J’ignore ce qui lui a pris.

— Je n’arrive pas à croire qu’elle ait pu aller aussi loin.

— Je lui ai demandé de quitter la maison et je ne l’ai pas revue depuis.

— Elle est bien venue ici le soir même, mais elle s’est bien cachée de me dire qu’elle avait frappé Avy.

— Cette animosité entre elles a trop duré. Je refuse de la supporter plus longtemps et votre histoire ne va pas arranger les choses, bien au contraire.

— Mais vous n’allez pas vous séparer pour ça ! Je suis très en colère après maman, mais…

— Milo, me stoppe Malcolm d’un geste de la main. Comme je l’ai dit à ma fille, j’ai une très bonne raison de prendre cette décision et je ne veux pas que vous vous en mêliez, Avy et toi. De la même manière que je ne me mêle pas de votre relation.

— Je trouve ça tellement dommage, Malcolm…

— Il s’est passé des choses durant l’enfance d’Avery qui m’ont poussé à protéger mon enfant. Je reconnais que cette obsession a terni ma relation avec ta mère.

Intéressant. C’est vrai que Malcolm n’a jamais été très bavard à propos de son passé et je n’ai jamais cherché à en savoir plus. Après avoir entendu cela, je suis un peu plus curieux.

— De quoi est-ce qu’il s’agit ?

— Je ne peux pas aborder ce sujet avec toi, Milo. C’est à Avery de le faire. J’espère pouvoir compter sur toi pour l’aider à gérer ce qu’elle vient d’apprendre sur elle.

Et cela semble important. Malgré ma colère et ma déception, je m’inquiète immédiatement pour Avy.

— Il y a quelques jours, je t’aurais dit que tu peux avoir confiance en moi, mais tout est différent aujourd’hui. Je ne sais plus quoi penser de tout ça, Malcolm. Je suis perdu.

— Milo, me dit doucement Malcolm en posant une main chaleureuse sur la mienne. Avy fait seulement ce que tu l’as toujours encouragé à faire, ce que je l’ai toujours encouragé à faire : elle poursuit ses rêves. Paris, c’est un rêve inespéré qui vient de lui tomber dessus. Toi, tu es ce rêve qu’elle a gardé pour elle pendant des années. Elle essaie seulement de se débattre avec tout ça, de trouver la bonne solution pour que ses deux rêves se réalisent.

— Je ne lui en veux pas pour ça, mais pour ne pas m’en avoir parlé avant de prendre sa décision.

— Je comprends. Elle a énormément changé ces derniers temps, et maintenant, je sais pourquoi. Tu lui fais du bien.

Un sourire incontrôlable se dessine à la commissure de mes lèvres lorsqu’il me dit ça.

— Mais toi aussi tu changes, Milo. Tu découvres – douloureusement, je te l’accorde – combien tu l’aimes. Tes limites doivent être établies et tes priorités aussi.

— Avy est ma priorité. Même si ça fait mal, je l’aime plus que ma vie.

— Dans ce cas, dit calmement Malcolm avant de se lever. Je n’ai rien de plus à te dire, mon grand.

Il contourne la table et, dans un geste d’une tendresse dont il n’a jamais usé avec moi, il me chahute les cheveux.

— J’ai passé ma vie à veiller sur ma fille, à la protéger, à me battre pour son bonheur, mais c’est ton tour maintenant. Je dois te faire confiance et m’en remettre à toi pour la suite.

— Je vais devoir la laisser partir, Malcolm. Je sais que je ne peux pas la retenir.

— Ce n’est pas ce que j’attends de toi.

— J’ai l’impression que je vais la perdre.

— Pourtant, ça ne dépend que de toi, Milo.

Une main sur mon épaule, il ajoute :

— Tu as gagné le cœur d’Avery sans n’avoir rien fait pour que cela arrive. Voyons ce dont tu es capable pour le garder.

Verrou en forme de cœur contour

 

Avery

De : SandrineLacombe@MARCHANDCOUTURE.COM

À : AveryEvans@DOCLOUD.COM

Objet : Demande de visa

Bonjour Avery,

J’ai bien reçu les documents pour votre demande de visa et votre contrat. Je m’occupe de finaliser la demande dès aujourd’hui. Après cela, il ne nous faudra plus que de la patience. Je pense qu’un délai de deux à trois semaines sera nécessaire. N’hésitez à revenir vers moi si vous avez besoin de quoi que ce soit, notamment pour votre recherche de logement.

Je vous souhaite une belle journée.

Bien à vous

Sandrine Lacombe

La lecture de ce mail me provoque un sourire franc. Je trouve Sandrine Lacombe franchement agréable. À Paris, elle s’est montrée très gentille et son aide a été précieuse pour que je ne me perde pas dans cette ville immense.

Depuis mon retour, nous communiquons régulièrement, car il y a une quantité de démarches à faire avant que je puisse aller m’installer en France. Heureusement, elle est là pour m’orienter, sinon je serais totalement perdue.

Les portes de l’ascenseur dans lequel je viens de grimper s’ouvrent vingt étages plus hauts. Derrière elles se trouvent les bureaux du cabinet d’avocats pour lequel Milo travaille. Prête à sortir, je range mon portable dans ma poche, mais celui-ci se met de nouveau à vibrer. Je le consulte. C’est un SMS de Milo.

Cela fait plusieurs jours qu’il a quitté la maison familiale totalement hors de lui. Depuis, je n’ai pas osé reprendre contact avec lui. J’ai pensé qu’il était préférable de lui laisser le temps de retrouver ses esprits. Milo est très impulsif. C’est du moins ce que j’ai découvert lors de notre précédente dispute. Ce jour-là, il était parti tout aussi fou de rage. Quelques jours plus tard, je suis revenue vers lui et il était bien plus posé.

Et puis, il fallait que je réfléchisse à ce que j’allais lui dire. Je ne veux pas qu’il croie que mon départ va mettre fin à notre relation. Il suffit de trouver le bon équilibre.

Milo

J’ai besoin de te voir. Il faut qu’on discute. Tu peux passer à l’appartement ce soir ?

Je souris en lisant son texto. Comme je suis à deux pas de lui, j’apprécie de savoir qu’il est ouvert au dialogue.

Malgré son message engageant, j’appréhende légèrement en poussant les portes d’Hughes & Associés. Va-t-il apprécier que je le dérange pendant qu’il travaille ? Il a sûrement mieux à faire que de régler ses problèmes de couple et ma présence risque de le mettre mal à l’aise. Je vais seulement le prévenir que j’ai bien reçu son SMS et que j’accepte son invitation.

À l’intérieur des bureaux, je traverse la pièce principale aménagée en open-space. Milo m’a expliqué que ce sont les bureaux réservés aux assistants des différents avocats. Bree est l’une d’entre elles, ce qui fait que c’est elle que je vois en premier. Son visage amical et chaleureux s’illumine lorsqu’elle s’aperçoit de ma présence.

— Oh, Avery ! je suis tellement contente de te voir, s’enthousiasme-t-elle en se précipitant vers moi.

— Moi aussi, Bree. Comment vas-tu ?

— Très bien, mais ce n’est pas important !

Elle attrape mes mains et les agite. Elle paraît surexcitée.

— Alors, raconte, comment c’était à Paris ?

— C’était incroyable. J’ai adoré faire ce voyage, même si ces quelques jours sont passés trop vite.

— Milo m’a annoncé la grande nouvelle et tu auras bientôt tout le temps d’en profiter. Je suis très heureuse que tu aies décroché ce stage.

Je fronce les sourcils.

— « Ce stage », c’est ce qu’il t’a dit ?

— On en a parlé brièvement, ce matin, mais il n’avait pas l’air dans son assiette. Qui le serait après quatre jours à vomir tripes et boyaux ?

A-t-il été réellement malade ou a-t-il menti, car il n’était pas en état d’aller travailler ? J’ai ma petite idée sur la question…

— C’est vrai qu’il n’était pas bien. D’ailleurs, je suis venue m’assurer que la reprise se passe bien. Peux-tu m’indiquer lequel de ces bureaux est le sien, s’il te plaît ? lui demandé-je en balayant les environs.

Bree m’indique une porte fermée à quelques pas sur ma droite.

— C’est celui-ci.

— Merci, Bree. J’aimerais qu’on aille prendre un verre pour fêter la nouvelle. Qu’en dis-tu ?

— C’est une idée géniale !

— Super ! Je vais en parler à Milo et on s’organise.

Je l’embrasse et file en direction du bureau qu’elle vient de désigner. Je toque et attends que Milo m’invite à entrer. Il le fait de sa voix puissante et chaude.

— Je t’ai encore coiffé au poteau, Ambrosio, lancé-je en passant la tête dans l’interstice de la porte que j’ai seulement entrebâillée.

Surpris de me trouver là, Milo m’observe les yeux ronds avant de sauter de sa chaise pour venir à ma rencontre.

— Entre, trésor. Ne reste pas sur le pas de la porte.

Je fais ce qu’il me dit avant de refermer derrière moi.

— J’étais dans l’ascenseur quand j’ai…

Impossible de finir ma phrase, Milo vient de me projeter dans ses bras et j’en ai le souffle coupé. Il m’enlace et il n’y a plus que les bouts de mes chaussures qui touchent le sol.

— Tu n’as pas idée comme je suis soulagé de te voir.

Rassurée par cet accueil, je m’accroche à son cou et coule mes doigts dans ses cheveux noir de jais.

— Je le suis moi aussi.

Milo me touche, me câline comme si cela faisait des mois que nous ne nous étions pas vus.

— Pardon, m’excusé-je en enfonçant mon regard plein de remords dans le sien. Je t’aime plus que tout et jamais je n’ai voulu que tu penses que tu comptes moins que ce travail. Rien n’est plus important que nous, Milo.

Quand Milo me repose, il m’installe sur le fauteuil de son bureau. Lui s’assied sur son voisin après l’avoir rapproché. Appuyé sur ses cuisses, il coule ses mains dans les miennes.

— Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé tout de suite ? Je t’assure que ça me dépasse.

— J’étais prise au piège, Milo. J’étais loin de toi, comment voulais-tu que j’aborde ce sujet au téléphone ? J’ai pensé que ce serait plus facile de t’en parler à mon retour et je m’y suis prise comme un pied.

Milo plisse son nez en grimaçant.

— J’avoue que tu n’as pas vraiment assuré.

Je sens qu’il est un peu moqueur, mais ce n’est rien de méchant.

— Je me rends compte que je fais tout de travers avec toi. T’aimer en secret, je sais le faire, mais je suis perdue maintenant que l’on vit cet amour à deux.

— Pourtant, ce ne doit pas être si différent…

Je joue des épaules.

— Avy, il n’y a pas de mode d’emploi dans une relation, pas de recette magique. Il faut simplement se faire confiance. N’oublie pas que tu apprends, tout comme moi d’ailleurs.

— Depuis que j’ai accepté ce travail, j’ai la sensation de ne vivre que pour moi, de t’avoir mis de côté, mais ce n’est pas ce que je voulais. Tout ce que tu as dit l’autre soir est vrai : je t’ai trahi, je t’ai abandonné.

— Ne pense plus à ça. J’étais en colère et mes propos ont dépassé mes pensées. Tu as été maladroite et ça m’a blessé, mais je ne suis pas parfait non plus. Tu le découvriras tôt ou tard…

Je glousse et Milo emprisonne mon visage entre ses mains.

— Mon trésor, je te demande pardon. Je n’aurais jamais dû remettre en cause ton amour pour moi. C’était injuste envers toi.

Milo me relâche et s’enfonce dans le dossier de sa chaise, il m’observe en faisant courir son index contre ses lèvres.

— Quoi ? demandé-je après de longues secondes de silence.

— Je veux que tu me dises ce que tu attends vraiment de moi, Avy.

— Je n’en sais rien. Tout est encore très flou.

— Je n’y crois pas une seconde et je suis certain que tu as déjà une idée derrière la tête.

— Je te dis que non !

— Dis-moi comment tu vois les choses, c’est aussi simple que ça.

— Je n’en ai pas la moindre idée !

— Foutaises ! rétorque-t-il de la même manière. C’est impossible que tu n’y aies pas réfléchi.

— Si, mais…

— Alors, dis-moi ce que tu veux dans ce cas ! s’exclame-t-il en se levant.

— Je veux que tu viennes avec moi ! dis-je de la même manière en me levant également.

Je le pousse avec mes deux mains.

— C’est bon, tu es content ?

— Au moins, tu ne tournes pas autour du pot !

Il pointe son index vers moi.

— Je suis même convaincu que tu as pensé à cette possibilité avant même de rentrer à Miami.

— Et alors ? Qu’y a-t-il de mal là-dedans ? Je veux vivre cette nouvelle aventure avec toi parce je t’aime ! C’est une chance inouïe pour moi et je n’ai pas envie d’y renoncer.

— Ce n’est pas un reproche.

— Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? le provoqué-je. Je t’écoute, toi qui es si…

Ma phrase finit écrasée contre sa bouche quand il me saisit par la nuque pour m’embrasser.

— Ferme-la ! m’ordonne-t-il avant d’enfoncer sa langue entre mes lèvres.

J’attrape ses cheveux et tire sauvagement dessus. Milo couine et enfonce ses doigts dans la chair de mes fesses pour me soulever. Son sexe durcit à toute vitesse contre mon ventre.

— Je te déteste, maugrée-je en enroulant mes jambes autour de sa taille.

Milo bouge dans la pièce et je finis plaquée contre la porte du bureau, maintenue par le poids de son corps. Il referme sa main sur le bas de mon visage et enfonce son regard brûlant de désir dans le mien.

— Tu me détestes ? Tu es vraiment sûre de ça ?

J’essaie de me dégager, de reprendre le pouvoir, mais Milo s’en est emparé et il n’a pas l’air décidé à le partager.

— Je vais te baiser contre cette putain de porte, Avery. Ça t’apprendra à me mentir !

Sa main abandonne mon menton pour se glisser entre nous. Je le sens tirer sur mon tanga jusqu’à ce que le tissu se déchire. La seconde suivante, il l’agite sous mes yeux.

— Ma petite chérie va repartir d’ici les fesses à l’air.

J’aimerais être furieuse après lui pour avoir détruit ma lingerie, mais il a l’air si fier de lui que je me tais. Pire, j’explose de rire.

— Je t’aime, dis-je en posant une main sur sa joue. Tu n’as pas idée comme c’est vrai.

— Ne crois pas t’en sortir avec des mots doux, Avery. Tes fesses vont laisser leurs empreintes sur la porte de ce maudit bureau.

Milo descend sa braguette et présente son sexe à mes lèvres.

— Je veux leur laisser un petit souvenir de mon passage ici, ajoute-t-il avant de me pénétrer.

— Milo, marmonné-je, le souffle coupé par son assaut.

Il rugit entre mes seins et dans une succession de gémissements bestiaux, il commence à me besogner avec une fougue inédite chez lui.

— Milo, dis-je en me mordant la lèvre pour ne pas hurler.

Je m’accroche à ses épaules et joue du bassin en rythme avec lui.

— Avy, grogne-t-il à mon oreille. C’est si bon.

Je laisse ma tête retomber contre la porte et savoure la puissance de ses coups de reins. J’aime qu’il se déchaîne en moi comme si plus rien ne le retenait d’être lui-même.

— Tu en es où ? me demande-t-il à bout de souffle.

— J’y suis presque, dis-je de la même manière. Viens avec moi.

Milo s’arrête de bouger et enfonce son regard dans le mien. En un fragment de secondes, tout devient plus tendre entre nous.

— Je viens avec toi, me dit-il les yeux dans les yeux. Ici, à Paris, n’importe où, je viens avec toi.

— Milo ?

Je ne suis pas certaine de comprendre le sens de ses propos.

— Tu es ma vie, Avy, et je ne vais pas renoncer à toi. On ira à Paris ensemble. Vis ton rêve, mon amour, le mien, je le tiens entre mes bras.

Mes mains dans ses cheveux, je fais courir mes lèvres contre les siennes.

— Je t’aime, Milo. Tellement fort…

Toujours aussi fougueux, Milo se met à remuer à nouveau en moi et j’en fais de même pour lui soutirer cet orgasme qui grandit entre mes cuisses. Tout est si parfait à cet instant.

Milo vient de m’offrir tout ce que je désire et mon bonheur ne pourrait pas être plus grand. Il ne me reste plus qu’à savourer chaque instant de cette nouvelle aventure. Elle s’annonce passionnante.

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