Au péril de t'aimer (French Edition)

Elma Hilde · Chapitre 16 sur 33

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Au péril de t'aimer (French Edition)

Chapitre quinze

 

 

Milo

J’ai beau fouiller dans ma mémoire, je ne me souviens pas d’avoir déjà pris le temps de regarder June dormir. J’étais tendre avec elle, c’est ma nature.

J’aimais lui offrir des fleurs, la surprendre avec des dîners romantiques et me creuser la tête pour trouver le cadeau idéal pour elle. Je me suis investi dans notre histoire et j’y croyais dur comme fer. Pour autant, je ne me suis jamais assis près de notre lit pour la contempler dans son sommeil.

Ce matin, c’est bien la première fois que je me livre à ce petit jeu. Avec Avery.

Après notre dispute de la veille et notre « réconciliation » qui a suivi à même le capot de ma voiture, nous sommes montés nous coucher. Avy est rapidement tombée de fatigue. Apparemment, cette mise au point lui a suffi. En ce qui me concerne, notre soirée me laisse un goût amer. Même si j’étais sincère pendant que je lui faisais l’amour.

Contrairement à ce qu’elle a prétendu hier, je n’éprouve pas la moindre jalousie envers ces types. Ce n’est pas dans mon tempérament, mais ce que je ressens pour eux, c’est une haine viscérale. Je voudrais leur faire payer la manière dont ils l’ont traitée.

Mais je ne peux pas ignorer la colère et l’incompréhension qu’Avery soulève en moi. Pourquoi ressent-elle le besoin de se réfugier dans le lit d’un mec qu’elle ne connaît pas à la moindre contrariété ? Pourquoi les sentiments comptent-ils si peu pour elle ? Quelle image a-t-elle d’elle-même pour avoir accepté qu’ils agissent ainsi avec elle ?

Qu’est-ce qui m’échappe encore chez toi ? pensé-je en dégageant doucement son front d’une mèche de cheveux. Je ne voulais pas la réveiller, mais je n’ai pas su réprimer mon besoin de la toucher. Je le regrette lorsqu’elle remue et que je me retrouve face à ces deux immenses billes vertes et brillantes de sommeil.

— Hmm, soupire-t-elle en s’étirant comme un chat au soleil. Bonjour, toi…

— Salut, trésor.

— Il y a longtemps que tu es réveillé ?

— Un petit moment, en effet.

Je lui montre ma tasse.

— J’ai eu le temps de faire du café et de prendre ma douche. Les parents sont déjà partis bruncher.

Appuyée sur son coude, Avery me subtilise ma tasse. Je la lui laisse de bonne grâce.

— Alors, rejoins-moi qu’on profite de la maison.

Je fais non de la tête.

— Pas pour le moment. Je n’en ai pas envie…

— Et de quoi as-tu envie dans ce cas ?

Je vois bien qu’elle essaie de m’aguicher, de me faire plier. Un autre jour, j’aurais cédé, mais ce matin, je n’ai pas l’âme joueuse.

— De rien, dis-je en me levant. J’ai préparé le petit-déjeuner si tu as faim…

Je marche vers la sortie quand elle me dit :

— Toi, tu m’en veux encore pour hier…

La main déjà sur la poignée, je prends une longue inspiration avant de me tourner vers elle.

— Ce n’est pas le cas, je t’assure. Cependant, je reconnais que ce qui s’est passé hier me laisse perplexe. Je t’ai regardée dormir un moment et je suis forcé de reconnaître que de nombreux détails m’échappent encore en ce qui te concerne. Il y a beaucoup de questions en suspens à ton sujet et les réponses me manquent. Avant hier soir, j’étais convaincu que ton passé m’importait peu. Ce matin, il me préoccupe.

Assisse au milieu de son lit, Avery semble dépitée par mes propos. Mon discours doit la blesser, mais on s’est promis d’être franc l’un envers l’autre et je ne peux pas ignorer ce que je ressens.

— Pourquoi le fait que j’ai eu des hommes avant toi est-il si important à tes yeux ?

— C’est faux ! Ce qui l’est en revanche, c’est de savoir que tout ça ne comptait pas pour toi que ce n’était que du cul. Pourquoi avais-tu besoin de…

Je me frotte le visage.

— Ce que tu cherchais auprès de tous ces mecs m’échappe complètement. Ma seule certitude, c’est que je n’ai rien en commun avec eux. Dans ces conditions, je ne vois pas comment tu pourrais être comblée avec moi…

— Je le suis parce que tu n’es pas comme eux justement ! réplique-t-elle en sautant du lit. Tout est différent entre nous, Milo.

— Comment être certain que, sur la durée, ça te suffira ?

— C’est là où la notion de confiance est primordiale ! Si tu doutes de moi…

— Ce n’est pas le cas, je te le jure.

— Alors, arrête de te poser toutes ces questions et laisse-nous avancer ! Le passé ne compte plus. Seul l’avenir est de l’importance.

Sur ce point, je ne peux pas la contredire : nous devons aller de l’avant. De mon côté, je ne dois pas me laisser bouffer par mes doutes.

Les bras fermés sur mon torse, je la dévisage quelques instants. Elle ne porte qu’une culotte en coton et un débardeur si court qu’il laisse entrevoir le bas de son ventre. Avy soutient mon regard et je la reconnais bien là. Elle ne se laisse pas facilement impressionner et j’adore ce trait de sa personnalité.

— Voilà ce qu’on va faire, commencé-je toujours avec sérieux. Dans cinq minutes, je vais m’en aller pour visiter des appartements.

— Mais Milo !

— Je vais t’attendre dans la voiture et si tu n’es pas là à…

Je consulte ma montre.

— 8 h 55. Je pars sans toi.

— Est-ce que tu te fiches de moi ? Il fallait me réveiller !

— Je voulais que tu te reposes, mais comme tu viens de me le rappeler : on doit aller de l’avant !

J’ouvre la porte sous le feu de ses protestations.

— Cinq minutes, Avy ! lancé-je en sortant.

Sur le palier, je pouffe de rire. Ce n’est pas très fair-play, mais j’ai envie de la taquiner.

Au rez-de-chaussée, je fais un saut par la cuisine pour ranger le petit-déjeuner que je lui avais préparé. Si elle est dans les temps, je pourrai lui en offrir un en ville. Mon petit ménage fini, je prends mes clefs et mon portefeuille pour me rendre dans la voiture. Je n’oublie pas de lui rappeler le chrono en sortant.

Une fois dans la voiture, je me lance en quête d’une bonne musique en attendant qu’Avery arrive. Et la mâchoire m’en tombe lorsqu’elle apparaît sous le perron.

— Mais qu’est-ce qu’elle fout ? dis-je effaré.

Perchée sur ses talons hauts, Avy descend les marches du perron avant de trottiner jusqu’à la voiture. Elle se glisse à l’intérieur en s’exclamant :

— Et voilà ! Prête en moins de cinq minutes !

Mes yeux vont et viennent sur elle sans réaliser ce qu’ils ont devant eux.

— Mon cœur, tu es… en sous-vêtements…

— Oh…

Elle fait la moue.

— C’est vrai !

Elle plonge la main dans son sac et en sort une robe qu’elle passe en quatrième vitesse.

— J’avais omis ce détail, chantonne-t-elle fière d’elle.

Ce qui confirme ce que je pense : cette chipie a agi délibérément.

— Toi, tu me fais perdre la tête, sifflé-je entre mes dents avant de la saisir par la nuque pour l’attirer à moi.

J’écrase fermement ma bouche contre la sienne et l’embrasse avec toute cette folie qu’elle suscite en moi. Accrochée à ma chemise, elle se mêle à ce baiser avec autant de fougue que moi.

— Milo, geint-elle à bout de souffle en reprenant de l’air.

— J’aurais mieux fait de te rejoindre au lit et d’envoyer cet agent immobilier et ses appartements au diable, grogné-je. Je ne vais pas avoir assez du trajet pour débander.

Avy disparaît dans mon cou et je la sens rire contre moi.

— Avy chérie, je t’en supplie, ne me fais pas regretter de t’avoir demandé de m’accompagner. La femme avec qui j’ai rendez-vous est une amie de ma mère. Ce qui veut dire que nous ne pourrons pas jouer à notre petit jeu. Ne me mets pas dans une situation inconfortable, je t’en prie.

Elle lève son joli visage vers moi et je devine à son air déçu qu’elle aurait aimé me torturer un peu.

— À l’avenir, ne laisse plus ta mère gérer ta vie, Milo. J’en ai marre d’être ta sage petite sœur.

Cette fois, c’est à mon tour de rire.

— Mon trésor, il n’y a rien de sage chez toi. Et c’était encore pire lorsque je te considérais comme ma sœur.

Avy se rembrunit.

— Ne boude pas, rigolé-je en déposant un baiser sur sa joue. C’est sûrement prétentieux, mais j’aime l’idée que j’arrive à calmer la tempête en toi.

En quelques mots, j’arrive à lui redonner le sourire.

— Allons te chercher un bel endroit pour vivre, me dit-elle en ébouriffant mes cheveux.

— Avant tout, je veux qu’il soit tranquille.

— Sans parents ! s’exclame-t-elle.

Je lui fais un clin d’œil.

— Un endroit parfait en somme.

Verrou en forme de cœur contour

 

Avery

Mon Dieu ! Quand je pense qu’il avait décidé de faire ces visites sans moi… On a frôlé la catastrophe !

Ces visites d’appartements m’ont appris quelque chose à propos de Milo : pour lui, tout ce qui compte, c’est d’avoir un toit au-dessus la tête. Le reste est totalement secondaire. Heureusement, j’ai mis mon grain de sel. Sinon, cet imbécile aurait signé pour le premier appartement sans se poser de questions.

Pour ma part, je suis un peu plus exigeante. Je ne cherche pas le plus bel endroit qui soit, mais un lieu qui nous donne vraiment envie d’y vivre et dans lequel on se projette facilement. C’est ce que je veux que Milo trouve pour lui. Je l’ai donc incité à refuser les trois premiers appartements. Ce qui fait que Stacy, l’agent immobilier, et Pamela ont une nouvelle raison d’être très amie : elles me détestent toutes les deux ! Ce qui ne me peine pas le moins du monde.

Notre quatrième visite nous éloigne du travail de Milo, mais le trajet reste raisonnable. Dès mes premiers pas dans cet appartement, je suis séduite. Il est situé dans un quartier sympathique et l’immeuble est bien plus atypique que les précédents.

Contrairement à ses prédécesseurs, cet appartement a une personnalité, une âme. Il n’est pas ultra moderne et froid. Rien ne vaut la chaleur du bois ou la beauté des briques. Ici, il y a ce côté rustique dont je raffole. Le parquet, d’origine visiblement, craque sous nos pieds. Un détail qui en agacerait plus d’un. En ce qui me concerne, c’est le jackpot.

En suivant Stacy, nous découvrons la cuisine. Une pièce d’une très belle taille et baignée de lumière grâce à son exposition « plein sud ». Milo et Stacy échangent quelques banalités pendant que j’explore les lieux dans le détail.

— La cuisine est parfaite.

— C’est une très belle cuisine, c’est vrai. Cependant, j’ai cru comprendre que ce n’était pas le point le plus important.

Stacy se tourne vers Milo.

— Je me souviens que pour la cuisine, tu as dit qu’il te fallait seulement le strict nécessaire.

L’intervention de Stacy me fait lever les yeux au ciel. D’une, parce que la réponse de Milo est stupide et, de deux, parce que Stacy me sort par les yeux.

Depuis le début de nos visites, elle reprend tout ce que je dis avant d’aller chercher le soutien de Milo. Même lui l’a remarqué. Je le vois à sa manière de me regarder à chaque fois qu’elle le fait. Il semble s’excuser.

— Eh bien, Milo a oublié de se projeter suffisamment loin dans l’avenir pour envisager qu’un jour il ne vivrait plus seul ici.

Je m’adresse alors à lui.

— Maintenant que tu es de retour à Miami, je n’ai pas de mal à imaginer que ta mère rêve que tu restes célibataire. Elle se voit déjà en train de te cuisiner de bons petits plats qu’elle déposera dans ton réfrigérateur tous les dimanches.

Stacy s’insurge de mes propos, mais je l’ignore.

— Coupe le cordon une bonne fois pour toutes ou, effectivement, tu resteras célibataire à vie. Tu es peut-être un aimant à filles, mais ta mère est un repoussoir à nanas.

Je quitte la cuisine, amusée de l’air dépité de Stacy. Pourvu qu’elle répète mes propos à Pamela. C’est toute seule que je poursuis la visite de l’appartement. Stacy me tape sur les nerfs et je n’ai pas envie qu’elle gâche ce moment, car je le sens au fond de moi : cet endroit est idéal pour Milo.

Et les pièces qui suivent me confortent dans cette idée. Le salon est grand et charmant avec son immense baie vitrée. La buanderie est impeccable et l’unique chambre à coucher est incroyable avec son mur en briques blanches et sa salle de bains attenante. Je m’intéresse à la vue qu’on a depuis la fenêtre. Il y a une rue apparemment très calme et même un parc en contre bas.

— À ton avis, ma mère va détester cet appartement ?

Je balance la tête sur le côté quand Milo me pose cette question. Accoudé au chambranle de la porte, il poursuit :

— Je ne veux pas qu’elle fasse fuir toutes les filles que je vais amener ici, moi, l’aimant à filles…

Je joue des épaules avant de retourner à ma contemplation. Jusqu’à ce que Milo m’entoure de ses bras.

— Tu as oublié ce que tu m’as dit dans la voiture ?

— Non, dit-il en m’embrassant dans le cou. Stacy a reçu un coup de fil. Elle est retournée à sa voiture, car elle avait besoin d’un dossier qui s’y trouve.

Quelle excellente nouvelle ! Ravie, je pivote dans ses bras et l’enlace. Il ne faut pas perdre une seconde de ce moment volé.

— L’appartement te plaît, n’est-ce pas ?

— Ce n’est pas important. C’est à toi qu’il doit plaire.

Ses lèvres recouvrent les miennes et m’emportent dans un nouveau baiser endiablé. Ses doigts se plantent dans la chair de mes fesses et mes pieds quittent le sol.

— On n’a pas visité la salle de bains, dit-il en me portant jusque-là.

Comme le reste de l’appartement, elle est incroyable. La douche à l’italienne est immense, il y a un meuble double-vasque et le tout est décoré avec goût. J’aime la faïence blanche et grise.

Milo me dépose sur le meuble en bois brut entre les deux vasques en prenant soin de remonter ma robe au passage. En réponse à sa provocation, je noue mes jambes autour de ses fesses et l’attire à moi. Je le sens durcir contre moi.

— Avy, grogne-t-il en amassant ma chevelure dans le creux de sa main pour tirer dessus et me contraindre à lui livrer mon cou.

— J’ai envie de toi, le provoqué-je en déboutonnant les deux premiers boutons de sa chemise.

— Dans ce cas, dès que Stacy reviendra, je lui dirai que je me positionne sur cet appartement. Ensuite, on se dépêche de rentrer à la maison. Avec un peu de chance, les parents ne seront pas rentrés.

Je mordille sa mâchoire en direction de ses lèvres. 

— Pourvu que les dieux de la baise soient avec nous.

Milo ricane et j’en fais autant.

— C’est toi, balbutie-t-il alors que je prends sa lèvre inférieure entre mes dents.

— Moi quoi ? demandé-je curieuse en la relâchant.

— La déesse de la baise, c’est toi.

Depuis le début de cette histoire – qui ressemble de plus en plus à un doux rêve –, Milo a souvent su faire éclater mon cœur. Une parole, un sourire, un regard de lui et tout en moi devient tout à coup trop immense. Ce matin, ses propos ont une nouvelle fois cet effet sur moi.

— Ce n’était pas, hésite-t-il en jouant avec la bretelle de ma robe. Ce n’était pas comme ça avec…

Il ne finit pas cette phrase et je l’en remercie. Je n’ai pas envie d’entendre ce prénom dans sa bouche. Je l’ai assez entendu pour le reste de ma vie… Cela étant dit, je suis quand même curieuse de savoir ce qu’il veut dire par là.

— Ce n’était pas quoi ?

— Passionnel. En tout cas, ça ne l’était plus depuis un bout de temps.

Je ne suis pas vraiment surprise par cette confidence. June est froide et même glaciale, alors je l’imagine mal en diva du sexe.

— Le fait que tu as eu une vie sexuelle très active ne me fait pas sauter de joie, mais je reconnais que ça t’a libérée. Tu es parfaitement consciente de la femme que tu es et ça te rend redoutable.

Première nouvelle… Je ne me suis jamais sentie comme la déesse de quoi que ce soit et aucun de mes partenaires n’a jamais parlé de moi en ces termes.

— Tu es trop excité et ça te fait dire des sottises, dis-je pour mettre fin à cette conversation embarrassante.

Je le repousse gentiment.

— On devrait calmer le jeu, tu ne crois pas ? Stacy va revenir d’une seconde à l’autre.

Milo m’aide à descendre du meuble de salle de bains et, dans un geste adorable, il remet ma robe en place.

— Le risque t’excite habituellement.

— C’est la seconde fois que tu tiens ce genre de propos et je t’assure que tu te trompes.

— Oh mon cœur, ricane Milo. C’est fou ce que tu peux être de mauvaise foi. Tu adores me rendre dingue dans les moments les plus inopportuns.

Les bras fermés sur son torse, il ajoute :

— Je dirais même qu’une part de toi rêve que l’on se fasse prendre la main dans le sac. Par ma mère, ça va de soi.

Ce n’est pas totalement faux, mais je crains trop les conséquences pour prendre un tel risque. Pour autant, j’adore le goût du risque. Très naturellement, je vais vers la sortie.

— Je n’ai jamais rien entendu d’aussi absurde, lancé-je la démarche altière.

— Pas si vite…

Je hoquette lorsque Milo s’empare de mon bras pour me ramener à lui. Sans que j’aie pu reprendre mon souffle me voilà plaquée contre le mur. D’une main, il maintient mes poignets au-dessus de ma tête pendant que l’autre se faufile doucement sous ma robe.

— Milo…

— Tu es si sensuelle, Avy, me confie-t-il pendant que ses doigts effleurent ma culotte.

Je serre les cuisses lorsqu’ils se faufilent en dessous de ma dentelle.

— Ton corps est une invitation au péché et je suis prêt à brûler en enfer plutôt que d’y renoncer.

Son pouce fait des cercles sur mon clitoris. Ce qui m’arrache un soupir satisfait. Milo me pénètre d’un premier doigt puis d’un second.

— Milo, bafouillé-je en remuant oisivement autour d’eux.

Il s’active en moi et je me sens comme dans du coton. Et sa manière de m’embrasser n’arrange pas mes affaires. Je couine de plaisir lorsqu’il glisse sa langue entre mes lèvres pour la faire danser avec la mienne. Certaine que mes jambes vont rompre sous moi, je m’accroche à lui avec désespoir.

— Tu mouilles, dit-il dans un sourire conquis.

— C’est tellement bon, articulé-je à bout de souffle. Va plus vite…

Il accède à ma demande et ses doigts se déchaînent en moi. Au bord de la jouissance, je ferme les yeux pour vivre pleinement l’instant. J’espère que Milo me soutiendra, car je vais m’effondrer sous le poids de l’orgasme qui arrive au galop.

— Milo, soupiré-je avec soulagement quand l’orgasme se précise.

Il est là, tout près. Comme une vague qui déferle, il est sur le point de me souffler. C’est à ce moment précis que Milo vient me susurrer à l’oreille :

— Je crois que tu es suffisamment excitée, mon cœur.

Il me dit cela en se retirant soudainement. Le choc est si violent que je manque de trébucher. Mon corps revient brusquement de cette torpeur où Milo m’a conduite.

— Quoi ? le questionné-je perdue entre deux temporalités.

Je volais dans l’extase et, la seconde suivante, je m’écrase dans la réalité. Son air badin est d’autant plus déstabilisant.

— Hmm, dit-il un sourire machiavélique en coin. Alors, c’est ce que tu ressens quand tu m’excites dans des moments dangereux ?

Mon cerveau revient lentement à l’instant présent et je comprends que Milo m’a tendu un piège. Il m’a provoqué tout en sachant que Stacy pouvait surgir à tout moment. Il veut me faire payer les fois où je l’ai mis dans cette configuration.

— Pourquoi ?

Je me sens tellement frustrée qu’il m’ait privé de cet orgasme que mes larmes jaillissent de manière incontrôlée. Il les ignore et m’attire à lui. Il est ferme sans être brutal. L’équilibre parfait entre la tendresse et la passion.

— Pas de ça avec moi, me gronde-t-il, les yeux noirs.

— Milo, l’imploré-je en serrant le revers de sa chemise entre mes doigts.

Je tremble encore des prémices de cette extase avortée.

— Ouvre la bouche !

Je m’exécute et il y glisse les deux doigts qui me possédaient, il y a quelques secondes encore. Sans qu’il ait à réclamer, je les avale et les lèche goulûment. Milo se veut maître de la situation, mais je vois qu’il est lui aussi très ébranlé par son propre désir. Ma main emprisonne la sienne. Je fais lentement glisser ses doigts en murmurant :

— Excité ?

Je le nargue en mordillant le bout des doigts.

— Tu aimes cet appartement ?

Un grand sourire lui traverse le visage lorsqu’il me pose cette question. La pulpe de son pouce redessine les contours de ma bouche.

J’opine du bonnet.

— Dans ce cas, allons parler à Stacy. Plus vite je signerai, plus vite j’emménagerai. Il me tarde que nous ayons enfin un endroit où nous pourrons être tranquilles.

— Vous êtes dans la chambre ?

Je grimace quand Stacy nous lance cette question à travers l’appartement.

— Je reconnais qu’elle est un poil agaçante, mais on n’en a plus pour longtemps, compatit Milo. On fait vite que je puisse t’avoir pour moi seul avant le retour des parents.

Milo sort après m’avoir donné un baiser. Je lui laisse un peu d’avance avant de les rejoindre dans l’entrée. Aujourd’hui est une bonne journée, car Milo a trouvé un bel endroit où démarrer une nouvelle vie. Le fait que j’en fasse partie est juste incroyable…

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