Dépasser Darwin

Didier Raoult · Chapitre 1 sur 52

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Dépasser Darwin

Introduction

À la suite d'Hippocrate, pour les anciens et jusqu'au Diafoirus de Molière, l'homme était gouverné par ses « humeurs ». On distinguait les sanguins (régis par le sang et le cœur), les flegmatiques (soumis à la lymphe rattachée au cerveau), les mélancoliques (victimes d'un excès de bile jaune venant du foie) et les colériques (submergés par un trop-plein de bile noire issue de la rate). Vous avez une personnalité un peu trop expansive ? Des sautes d'humeur ? Pas de problème, une bonne petite saignée fera l'affaire...

Voilà ce que l'on a cru et pratiqué pendant des siècles.

À l'aube des temps modernes, on pensait que la tuberculose était une maladie héréditaire frappant les personnes sensibles et romantiques ; il y a encore quelques années, on pensait que l'ulcère de l'estomac était dû au stress. Aujourd'hui, vous croyez peut-être que l'homme descend du singe, que tous les êtres vivants ont un unique ancêtre commun et que le crocodile est une espèce archaïque tout droit sortie de la préhistoire ? Erreur. La génétique est passée par là et certaines idées de Darwin (qui a eu de très bonnes intuitions par ailleurs), comme nous allons le montrer, s'en trouvent obsolètes. Les interactions entre les êtres vivants sont bien plus nombreuses et bien différentes de ce que nous pouvions imaginer avant de disposer de nouveaux outils d'exploration, les outils de la génétique pour les plus récents. Les êtres vivants microscopiques notamment, qui sont ma spécialité, interagissent avec nous de bien des manières ; de façon

agressive parfois, surprenante souvent, instructive toujours{1}.

 

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