Dépasser Darwin

Didier Raoult · Chapitre 3 sur 52

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Dépasser Darwin

Première idée fausse : les espèces ont divergé très tôt

L'arbre de Darwin

Qui ne connaît le célèbre « arbre de la vie » dessiné par Darwin ? C'est sans doute cette représentation sylvestre de l'évolution qui a le plus contribué à populariser ses théories.

Dans l'arbre de Darwin, les êtres vivants trônent au sommet, au plus haut des branches, nous y compris. La vision

anthropomorphique{2} de Darwin ne se situe pas là ; la distance évolutive des reptiles et des fourmis n'est pas moindre pour lui que celle des hommes. En d'autres termes, il ne croit pas que les hommes ont plus et mieux évolué que d'autres espèces. Il avait compris, sans avoir les outils dont nous disposons maintenant et qui le prouvent, que toutes les espèces en vie au même moment sont aussi évoluées, en tout cas adaptées, les unes que les autres.

Lamarck, au contraire, qui voyait les hommes comme étant le sommet de la création, a développé une vision beaucoup plus anthropocentrée du monde du vivant. Il a d'ailleurs essuyé beaucoup moins d'attaques que Darwin qui, l'estimant peu, l'a délibérément ignoré.

Pour Darwin, donc, les espèces divergent depuis des embranchements survenus dès la création.

Cette vision de la séparation des espèces s'est retrouvée mise au service de conceptions racistes du monde, et cela est en particulier lié à l'idée qu'une espèce dominante, à un moment, a fait la preuve d'une plus grande vitalité (fitness).

Beaucoup de théories xénophobes de la fin du XIXe siècle se sont en effet réclamées de l'idée d'isolements génétiques des espèces (entre « espèces humaines » y compris), sans plus de mixité possible. Cette idée, cueillie sur l'arbre de vie, qu'il y a eu très tôt des divergences irréversibles entre les espèces, est entièrement fausse.