Dépasser Darwin

Didier Raoult · Chapitre 21 sur 52

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Dépasser Darwin

La mondialisation : au bonheur des épidémies

L'homme appauvrit son écosystème

La présence de l'homme a tendance à appauvrir, assez massivement, l'écosystème dans lequel il évolue. Dans l'eau bordant les îles habitées, on observe une importante paupérisation de la diversité biologique (y compris de la diversité des virus), paupérisation que l'on ne constate pas autour des îles désertes. L'homme modifie très profondément son écosystème parce qu'il l'homogénéise. Les organismes se faisant concurrence, la prolifération de l'un d'entre eux se fait toujours au détriment des autres. Les espèces qui s'adaptent le mieux à la mondialisation de l'écosystème imposée par l'homme prennent la place d'autres espèces plus fragiles.

La faune visible est beaucoup moins diverse dans les zones habitées que dans celles qu'il n'occupe pas. Il suffit d'aller dans une réserve animalière pour s'en convaincre. Afin de conserver de la diversité, nous en sommes réduits à instituer ces réserves et à construire des zoos.

On ne crée pas de zoos pour les micro-organismes, mais ce constat d'homogénéisation est aussi valable pour le monde de l'invisible.

De la même manière que l'on peut s'alarmer de la prolifération sur les rivages marins d'algues dites nitrophiles (ces marées vertes sont directement liées à l'activité humaine et au rejet de nitrates dans les cours d'eau), les biologistes constatent la prolifération, en quelques années, d'une bactérie responsable d'infections urinaires chez les femmes. Bactérie, comme nous venons de le voir, apparemment transmise par la consommation de poulets d'élevage. Cette bactérie, résistante à l'antibiotique le plus communément utilisé, s'est répandue comme une traînée de poudre dans les populations.

Dans les deux cas, ce sont l'activité et la concentration humaine qui président à l'expansion de ces espèces conquérantes.

La mondialisation se solde donc souvent par une diminution de la biodiversité, l'espèce conquérante, celle qui s'adapte le mieux à la nouvelle donne, s'imposant au détriment de multitudes d'autres.