Échapper aux manipulateurs
Le déni
Le simple étonnement suffit à faire douter. « Non, tu en es vraiment sûr ? » Pour augmenter la déstabilisation, on peut y ajouter un air soupçonneux : « Tu n’exagères pas un peu ? » Pour la personne qui est en train de se confier sincèrement, c’est une dure humiliation de s’entendre dire qu’elle n’est pas crédible. La mise en doute peut aller encore plus loin : « Alors là, tu m'étonnes. Je le connais bien, il n'est pas comme ça ! »
Le déni
L’étape suivante est le déni. « Ce n’est pas vrai ! », « Tu as rêvé ! », « C’est faux. Tu ne m’en as jamais parlé ! » Comme les manipulateurs utilisent le mensonge sans vergogne, on peut se heurter à leur totale dénégation, même devant des faits avérés. La majorité des gens est très démunie devant tant de mauvaise foi. Alors, pour beaucoup d’entre nous, se retrouver face à un déni aussi farouche est une expérience troublante à vivre qui finit par faire douter de ses propres souvenirs et perceptions. Le déni peut aussi prendre une forme extrêmement subtile lorsqu’il s’agit d’un refus d’entendre des émotions. Voici un exemple que mes clients m'ont souvent raconté. Un jour, lors d’une éternelle discussion, leur manipulateur leur laisse enfin l’espace de s’exprimer, ce qui est assez rare pour être remarquable. Alors, ils en profitent et parlent d’eux à cœur ouvert. Au moment où ils commencent à se sentir soulagés d’avoir pu dire pleinement leur ressenti et où ils pensent enfin avoir été compris, le manipulateur réplique froidement : « Oui, tout ça c’est bien joli, mais donne-moi plutôt tes vraies raisons. » ou « Tu sais, tu devrais faire un bilan médical. La déprime (ou l’irritabilité), c’est souvent un problème de dérèglement hormonal. » Se heurter à cette forme de déni, à cette explication bassement organique de ses états d’âme est profondément frustrant et humiliant. J’ai eu un exemple assez similaire lors d’une consultation avec un couple. Je venais de leur donner des pistes très concrètes pour restaurer la communication entre eux et il y avait urgence à le faire ! Les exercices de communication que je leur proposais étaient très simples et pratiques, mais pour conclure la consultation, sur le pas de la porte, le mari m’a dit : « Oui, bon, mais tout ça, c’est bien mais c’est de la théorie. Si vous aviez pu nous donner des solutions vraiment concrètes, ça nous aurait bien plus aidés ! »
La surenchère d’information