Échapper aux manipulateurs

Echapper aux manipulateurs · Chapitre 49 sur 81

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Échapper aux manipulateurs

Mode réactif : J’ai intérêt à m'adapter !

Quand nos besoins vitaux n’ont rencontré que déni ou indifférence de la part de notre entourage parental, nous avons appris à les mettre en veilleuse et à les satisfaire à minima. Dans ce cas, le raisonnement est : « J’agis selon la logique de l’autre, afin que mes besoins vitaux soient préservés, à défaut d’être pleinement satisfaits. » Ce fonctionnement caméléonesque donne des personnes très à l’écoute des autres, capables de beaucoup d’empathie et expertes dans l’art de deviner les demandes non exprimées. Malheureusement pour elles, cela les prédestine aussi à prendre en charge les besoins des gens passifs. Nous retrouvons ici le syndrome de Stockholm. Comme le mode réactif est plus de l’ordre de la survie que de la vie ordinaire, ces personnes restent très déconnectées d’elles-mêmes, au point de ne savoir ni qui elles sont ni ce qu’elles veulent réellement. Ce qui prédomine : le besoin d’être approuvé, l’impression d’être influençable et une sensation d’éclatement, d’effritement intérieur. « J’ai l’impression d’être un kaléidoscope ! » m’a dit une fois une femme réactive.

Mode actif : Je me prends en charge

Enfin, quand ses besoins ont été globalement entendus et respectés dans l’enfance, l’adulte peut développer une autonomie matérielle et affective suffisante pour adopter ce fonctionnement : « J’agis selon ma logique pour satisfaire moi-même, mes besoins », avec deux questions clés : « Quels sont mes besoins ? » et « Comment puis-je les satisfaire ? » Savoir répondre à ces questions donne une envie d’agir dynamisante. Et en mode actif, cela devient une évidence qu’il faut refuser catégoriquement de porter les besoins des gens passifs !

Bien sûr, en vivant en société, on ne peut pas fonctionner exclusivement en mode actif parce que nous devons tenir compte des autres, mais dans des proportions raisonnables. Car je vous rappelle qu’il s’agit de besoins vitaux, pas de caprices ou de désirs futiles et égoïstes. Par exemple, vous devez le plus que vous pouvez respecter votre besoin de sommeil. De façon exceptionnelle, pour veiller un enfant malade ou pour assister à une soirée, vous pouvez renoncer à votre compte de repos. Mais il serait inacceptable de vous coucher systématiquement trop tard parce que votre conjoint n’a jamais sommeil ! Idéalement, il faudrait savoir être actif quand il s’agit de besoins qui nous concernent directement, réactif quand d’autres sont aussi concernés et totalement passif lorsqu’il s’agit d’éléments échappant à notre pouvoir d’action. Cela s’appelle le « lâcher-prise ». Par exemple : vous avez besoin d’une voiture. En mode actif, il vous appartient de vous renseigner, de chiffrer votre projet, de contacter des concessionnaires. Si vous avez besoin d’un prêt, il vous faudra passer en mode réactif, c'est-à-dire vous adapter à la logique de votre banquier : vous présenter correctement vêtu, fournir vos bulletins de salaires, remplir ses formulaires... puis lâcher prise en attendant sa réponse. Ne perdez pas votre temps à essayer de lui faire pitié ou de le culpabiliser !