Échapper aux manipulateurs

Echapper aux manipulateurs · Chapitre 64 sur 81

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Échapper aux manipulateurs

Comment s’approprier la théorie

– Apprendre à repérer les déclencheurs.

– Neutraliser les automatismes et réintroduire des choix comportementaux.

La prise de conscience de tous les aspects de l’emprise et de la nécessité de rompre cette forme de relation remet tellement de choses en cause quelle est difficile à affronter. Rien de ce qu’on tenait pour certain, pour acquis, aucun des rêves et des espoirs qui nous habitait, n’avait de réalité. Tout cela n’existait que virtuellement, dans les discours et très peu dans les faits. C’est bouleversant de se découvrir victime d’une mystification d’une telle ampleur et il faudra affronter la honte de sa propre naïveté : comment peut-on s’être trompé à ce point ? Puis il faudra faire le deuil des rêves qui n’ont fait que miroiter comme des mirages dans un désert relationnel et des projets longtemps espérés, mais toujours reportés. Enfin viendra le temps amer du bilan et l’inventaire nécessaire de l’immense gaspillage de temps, d’argent, d’énergie dans une entreprise stérile. Heureusement, parallèlement à ces prises de conscience et au fur et à mesure de la sortie d’emprise s’installera une paix oubliée depuis longtemps et tellement confortable à retrouver : plus de tracasseries, de critiques, de menaces ou de complications, des journées étonnement simples et agréables...

Alors, tenez bon !

Comment s’approprier la théorie

Une phase d’observation

Pour sortir d’emprise, il faut dénouer une à une toutes les ficelles. Il ne s’agit plus uniquement de les aborder d’un point de vue général et théorique, mais de repérer concrètement celles qui fonctionnent dans votre relation. Il s’agit de comprendre, de prendre du recul, de devenir conscient de tous ces mécanismes. Peu à peu, vous allez démêler les causes à effets douteuses, repérer les mensonges, le déni, les menaces parfois très insidieuses, découvrir les contradictions et les inversions, apprendre à vous en tenir aux faits et à fermer vos oreilles au baratin hypnotique. Et les écailles vont vous tomber des yeux. C’est bien connu : la lumière du soleil permet d’y voir clair et fait fuir les vampires. Pendant cette phase d’observation, prenez l’engagement avec vous-même de ne plus parler et de ne plus agir. Imaginez être un vieux sage serein. Tenez-vous à proximité de votre manipulateur et regardez-le s’agiter. Écoutez-le déblatérer ses lieux communs, ses mesquineries, ses allusions venimeuses, ses provocations, sans rien dire, sans commenter, sans répondre. Peu à peu, le regarder calmement, silencieusement lui fera sentir que vous l’avez percé à jour. Il compte sur votre incapacité habituelle à garder votre sang-froid. Il va donc chercher à vous faire sortir de vos gonds. Soyez très attentif à ne plus avoir de parole ou de geste inconsidérés et observez comment ses provocations deviennent de plus en plus stupides, brutales et apparentes. Vous allez voir défiler en amplifié toute sa panoplie de comportements manipulatoires : le charme, les scènes, les menaces, la culpabilisation, les larmes...

Pour résister, imaginez-vous être derrière une vitre pour l’observer, comme un chercheur. Ou bien, imaginez que je me tiens à vos côtés et que je commente à votre intention ses comportements en les reliant au contenu de ce livre, ou encore que je vous ai missionné pour me rapporter de nouveaux exemples pour illustrer ma théorie. Et là, vous allez en avoir de beaux, encore plus incroyables que ceux que vous avez lus dans ce livre. Quel spectacle il va vous offrir !

Alors comment s’y prend-il ?

Les réactions les plus courantes des manipulateurs sont :

– d’émettre des prévisions sinistres, des menaces et de faire une liste des conséquences négatives probables et désastreuses auxquelles vous prédisposent votre éventuelle rébellion

– de vous attribuer d’avance l’entière responsabilité des malheurs de tous ceux qui seront directement ou indirectement touchés dans l’histoire

– de vous abreuver d’injures et d’accusations

– de vous accabler d’interrogations ou d’affirmations fatales : « Qu’est-ce qui te prend ? », « Pourquoi tu me traites comme ça ? », « Qui t’a monté la tête ? » ou « Te rends-tu compte du mal que tu fais ? ».

– de vous faire subir de lourdes bouderies ou un silence glacial et réprobateur, drapé dans sa dignité outragée.