Échapper aux manipulateurs
La peur
Dans les cas de manipulation mentale ayant débouché sur un syndrome de Stockholm, il en va de même. Un bon accompagnement psychologique est indispensable pour remettre toutes les données à leur juste place.
Lorsque le syndrome de Stockholm s’installe dans l’enfance en raison de maltraitances physiques ou psychologiques graves, il va se généraliser et fonctionner en continu, de manière automatique, avec tous types de personnes, même avec celles qui ne sont pas manipulatrices. Devenue adulte, l’ex-victime restera en lecture de pensée permanente, cherchera toujours à satisfaire son interlocuteur, épousera toutes les causes au bout de quelques phrases et sera de ce fait incapable de s’opposer à qui que ce soit. Cette forme d’automanipulation permanente la rendra très influençable, donc extrêmement vulnérable à de nouveaux prédateurs. Heureusement, la connaissance de l’existence de ce syndrome diminue considérablement le risque d’en être victime et constitue déjà une forme de prévention.
La peur
La deuxième clé du piège mental est la peur. Le manipulateur sait extrêmement bien activer cette clé, d’une manière également plus ou moins subtile ou apparente. Quelquefois, il utilise l’artillerie lourde : des menaces violentes clairement verbalisées : « Si tu me quittes, je te tue. » D’autres fois, c’est à travers son langage non verbal ou des insinuations presque imperceptibles qu’il arrive à générer une angoisse diffuse. Pour intimider, angoisser et effrayer, les méthodes sont comme pour semer le doute, nombreuses et complémentaires. À partir des témoignages qui m’ont été confiés en consultation, j’ai établi une liste des principales méthodes d’intimidation utilisées par les manipulateurs.
Le langage non verbal
Lorsque nous communiquons, notre interlocuteur entend les mots que nous prononçons : ils constituent notre langage verbal. En parallèle, notre vis-à-vis perçoit également, mais plus inconsciemment, notre attitude, nos gestes, les expressions de notre visage, notre regard et aussi très subtilement le ton de notre voix et ses variations, nos intonations et nos hésitations. Ce langage non verbal représente 80 % de notre communication et est la plupart du temps perçu non consciemment. Quand le langage verbal et le langage non verbal sont synchronisés et se renforcent mutuellement, l’orateur dégage une aura de sympathie, d’authenticité et de charisme. Inversement, quand le langage verbal et le langage non verbal ne sont pas accordés, de la communication émane un malaise diffus, une impression d’insincérité. On sent que quelque chose « cloche » dans le discours sans réellement percevoir d’où cela provient.