Échapper aux manipulateurs

Echapper aux manipulateurs · Chapitre 24 sur 81

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Échapper aux manipulateurs

La double contrainte

Imaginez que vous êtes en voiture. Vous vous engagez dans un carrefour à sens giratoire et quand vous voulez en sortir, vous découvrez avec stupeur que toutes les branches du rond-point sont ornées d’un superbe panneau de sens interdit. S’il y a, de plus, un agent de police suspicieux qui vous guette, il ne vous reste plus qu’à tourner inlassablement dans votre rond-point pour éviter l’amende. C’est très exactement l’impression que donne le fait d’être soumis à une double contrainte.

Cette notion de double contrainte a été découverte par l’école de Palo Alto, aux États-Unis. Les chercheurs de Palo Alto l’illustrent à travers le célèbre exemple des deux cravates :

Un jour, une mère offre à son fils deux cravates pour son anniversaire. Le fils, tout content met une des deux cravates pour le dîner, mais quand sa mère le voit arriver dans la salle à manger, elle prend un air triste et dit : « J’en étais sûre : tu n’aimes pas l’autre ! » Si le fils avait mis la deuxième cravate, il aurait eu la même réflexion au sujet de la première. S’il n’en avait mis aucune, il aurait été accusé de ne pas aimer les cadeaux de sa mère et s’il avait mis les deux, elle en aurait conclu qu’il se moquait d’elle. Il n’y avait donc pas d’issue. Seul Franck Farelly, le psychiatre américain créateur de la méthode dite de « thérapie provocatrice » (voir bibliographie) propose une solution pour échapper à la double contrainte. Il suggère au fils de répondre tranquillement à sa mère : « Je n'aime pas l’autre non plus. Ces deux cravates sont affreuses, Maman. Mais c’est toi que j’aime et c’est pour ça que je les porterai l’une et l’autre avec plaisir. » Hélas, rares sont les gens à avoir le culot, l’humour et le sens de la répartie de Franck Farelly. Sinon, la double contrainte n’existerait plus et on rirait bien plus dans les foyers.