Échapper aux manipulateurs

Echapper aux manipulateurs · Chapitre 67 sur 81

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Échapper aux manipulateurs

Le pacte avec soi-même

Même hors d’un contexte amoureux, la manipulation mentale exploite systématiquement les rêves de la future victime. Elle croyait avoir enfin un pied dans le monde du cinéma, être sur le point de faire fortune, partir dans ce pays qui l'attire depuis si longtemps, décrocher un poste à responsabilité... Alors, renoncer à la relation avec ce manipulateur, c’est renoncer à atteindre son rêve, croit la victime, à tort. Car ce n’est pas parce qu’on vous a promis une pâtisserie sans vous la donner que les pâtisseries n’existent pas ! Laissez le manipulateur et reprenez votre rêve. Il se réalisera vraiment alors, sous d’autres latitudes, dans un autre contexte, avec votre vigilance. En vous posant la question : sur lesquels de mes rêves le manipulateur s’est-il appuyé, vous pourrez devenir conscient des moteurs qui sont les vôtres et en reprendre le contrôle. Ce sera ainsi plus facile de déprogrammer le futur que vous avait fait miroiter l’emprise et qui ne se serait jamais réalisé, et de reprogrammer vous-même un futur dans lequel vous pourrez vous faire la promesse de vous occuper vous-même de réaliser vos rêves.

Le deuil du besoin de vous croire gentil dans un monde juste

Les abuseurs, les profiteurs et les escrocs existeront toujours. Vous serez toujours confronté, de temps à autre, à des comportements inacceptables. La méchanceté existe dans ce monde et le nier ne sert qu’à se rendre vulnérable à de nouvelles prédations. Il appartient à chaque adulte d’assurer sa propre sécurité et de défendre son intégrité. Par ailleurs, le respect de soi ne se réclame pas, il s’impose. On n’est pas une meilleure personne quand on se laisse marcher sur les pieds. Au-delà d’un certain seuil, la gentillesse confine même à de la stupidité et invite les profiteurs à en abuser. Surveiller que personne n’attente à notre intégrité, à notre sécurité et à nos droits légaux est un travail permanent mais incontournable. Dès qu’on l’a admis, les choses deviennent plus faciles.

Le pacte avec soi-même

Le pacte du Petit Poucet est maintenant dénoncé et caduque. Les deuils étant faits, le futur est vierge d’attentes irrationnelles et c’est le moment de reconstruire l’idée d’un futur dans lequel on sera libre de toute emprise et où l’intégrité physique et morale sera restaurée et respectée. Pour cela, il faut avant tout prendre vis-à-vis de soi-même l’engagement d’atteindre cet objectif coûte que coûte. À partir de maintenant, la soumission ne doit plus être que stratégique, le temps de trouver l’issue de secours. Bien sûr, il y aura des rechutes, des périodes où l’emprise se réactivera, des moments où même en voyant les ficelles, il sera encore impossible d’y résister, mais dans un coin de la tête doit persister l’idée d’être bientôt libéré. C’est un serment à se faire solennellement : « Tôt ou tard, je te sortirai de là ! »

Je vous invite à rédiger par écrit un nouveau pacte, avec vous-même cette fois, dans lequel vous vous faites la promesse de vous libérer de cette emprise dans un avenir proche (si possible à moins d’un an). Ce pacte doit comporter des engagements fermes et concrets. Certains vous paraîtront plus faciles que d’autres aussi bien à prendre qu’à tenir. Si vous ne vous sentez pas encore en état de les tenir, soyez patient avec vous-même, mais n’oubliez pas qu’à terme, c’est à ce résultat que vous devez tendre.

Voici un exemple de pacte avec soi-même :

– Je m’engage à poser des actes, même modestes, même symboliques, ne serait-ce que pour me prouver que ma conduite n’est plus uniquement dictée par la peur et la culpabilité.

– Je m’engage à ne plus jamais céder sur des choix de vie primordiaux :

– Me marier ou me mettre en ménage,

– Rompre avec un proche ou un ami,

– Démissionner de mon travail ou au contraire, garder un travail peu satisfaisant,

– Faire des dépenses ou investir des sommes d’argent conséquentes,

– Faire un enfant ou avorter.

– Je m’engage à assurer ma protection et à veiller sur mon bien-être physique et moral. C’est-à-dire que je m’engage à ne plus rien tolérer qui puisse nuire à ma santé physique et mentale.

– Je m’engage à retrouver le courage de mes convictions et à développer l’affirmation tranquille de moi.

Dès que vous en aurez retrouvé la force, fixez dans ce pacte, un programme et un calendrier de sortie d’emprise avec des échéances intermédiaires et une échéance ultime.

Par exemple : Avant janvier, j’ai vu un avocat, dans les six mois qui suivent j’ai entamé une procédure de divorce... Au mois de septembre, j’ai déménagé.

Ou encore : Semaine 1 : J’ai rédigé mon CV et une lettre de candidature spontanée ; Semaine 2 : J’ai fait la liste des entreprises où je peux postuler ; Semaine 3 : J’ai envoyé les CV ; Semaine 5 : je rappelle toutes les entreprises où j’ai postulé...

II y a sûrement plein d’autres articles que vous pourriez rédiger parce qu’ils correspondent particulièrement bien à votre situation et qu’ils vous donneront la sensation d’avancer concrètement. Par exemple : « À chaque fois qu’il commence à hurler, je quitte la pièce. » ou « Je laisse le répondeur filtrer tous les appels et je ne la rappelle qu’une fois sur trois. »

Le pacte ainsi rédigé peut être relu régulièrement, autant pour ne pas oublier ses engagements que pour mesurer ses progrès.

Enfin, le pacte avec soi-même doit comporter ce dernier article :

– Pour sortir définitivement d’emprise, je m'engage à désamorcer sans relâche le cercle infernal « doute, peur, culpabilité » C’est-à-dire à clarifier mon esprit, à mettre en place ma protection pour retrouver une base de confiance et à reprendre la responsabilité de mon devenir.

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