Échapper aux manipulateurs

Echapper aux manipulateurs · Chapitre 17 sur 81

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Échapper aux manipulateurs

Les représailles

Le langage non verbal des manipulateurs est très riche et totalement autonome. Il constitue un discours parallèle à part entière. C’est d’ailleurs souvent à cela qu’on repère un manipulateur dans un groupe. C’est une personne qui se veut très différente des autres. Alors, elle dénote en étant en désynchronisation avec ce groupe. Elle parle trop fort ou marmonne de façon inaudible. Sa posture est trop décontractée ou trop guindée par rapport à l’ambiance, elle arrive en retard, fixe l’intervenant avec insistance... Ce langage non verbal autonome est un de ses principaux vecteurs de déstabilisation de l’interlocuteur puisqu’il génère un malaise difficilement identifiable. Dans le même registre, le manipulateur pratique systématiquement l’écoute aversive, c’est-à-dire qu’il fait en sorte que son interlocuteur pense qu’il n’écoute pas. Il regarde ailleurs ou le regarde fixement avec un air absent, fait autre chose en même temps... Puis il va enchaîner tour à tour, sourires narquois, moues de dégoût, airs consternés ou méprisants, yeux au ciel, haussements d’épaules, soupirs découragés ou exaspérés, hochements de tête, airs stupides, le tout entrecoupé de lueurs glacées et de regards de tueur. Le malaise ressenti par la victime s’intensifie sans qu’elle puisse réaliser ce qui en est la source. Tant qu’on n’est pas conscient de cette manœuvre, elle atteint son but, mais heureusement, dès que l’on a compris que le seul but est de mettre l’autre mal à l’aise, cela ne prend plus. Les mimiques incessantes du manipulateur deviennent même comiques.

Les représailles

Le manipulateur fait sentir avec insistance qu’il s’octroie le droit de punir qui le contrarie. Vous voilà prévenu : mille représailles vous guettent si vous ne répondez pas à ses attentes. Mais quand bien même vous vous efforceriez de répondre à ses attentes – de toutes façons irréalistes –, au premier faux pas, même imaginaire, vous serez définitivement désigné coupable. Ainsi, la victime est vite tenue pour responsable d’une faute soi-disant commise, rarement nommée, souvent amplifiée. À toute occasion, cette faute sera brandie comme la preuve irréfutable de sa culpabilité. Elle servira aussi, parfois pendant des années, de prétexte à diverses brimades, sanctions, punitions ou vengeances, toutes aussi illégitimes les unes que les autres, puisque nul n’est censé se faire justice tout seul.