Échapper aux manipulateurs

Echapper aux manipulateurs · Chapitre 74 sur 81

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Échapper aux manipulateurs

Explorez vos peurs

Je vous rappelle que le manipulateur vous fait vivre dans un climat de menaces, de représailles flou, mal défini, de nature à attiser votre imagination. Alors faites face à vos peurs et posez-vous la question : « Concrètement, le pire du pire qui puisse m’arriver, c’est quoi ? » Vous allez ainsi découvrir les scénarios que vous vous faites mentalement et qui alimentent ces peurs. Certains sont très exagérés, d’autres sont partiellement ou complètement objectifs. Vous allez donc découvrir des peurs rationnelles et des peurs irrationnelles. Par exemple : votre peur qu’il s’en prenne aux enfants est-elle objective ? Risquez-vous réellement d’être licencié ? Quel inconvénient y aurait-il vraiment à ne pas conclure cette vente ?

Quand les peurs sont rationnelles

Si vos peurs sont rationnelles, elles indiquent un vrai danger et il faut mettre en place votre protection. Les gens manipulés ont un incroyable déficit de protection. Ils sont conditionnés à protéger leur manipulateur et n’ont plus l’instinct de se protéger eux-mêmes. Les effets du syndrome de Stockholm leur font penser que c’est le manipulateur qui est une victime fragile, que c’est lui et son image qu’il faut défendre en priorité. Il arrive aussi que les peurs rationnelles signalent simplement une nouveauté : il est normal d’avoir peur de l’inconnu. Dans ce cas, renseignez-vous jusqu’à disposer d’une information suffisante pour avoir la sensation que vous pourrez apprivoiser ce nouveau qui s’annonce.

Il est impératif de réapprendre à se protéger physiquement, juridiquement, mentalement et surtout s’en donner le droit.

Mettre en place son autoprotection n’est pas un crime. Quand on a affaire à quelqu’un de violent, il faut objectivement se protéger physiquement. Le danger de mort est rationnel. 700 femmes par an meurent sous les coups de leur conjoint en France. Cela implique aussi de remettre de l’ordre dans ses peurs et les hiérarchiser. Quelle est la peur à faire passer en priorité : la peur qu’il ne m’aime plus si je le contrarie ou la peur d’être tuée sous ses coups ?

Mise en garde : Votre manipulateur a sûrement fait le vide autour de vous. Retrouvez des soutiens forts et fiables, des lieux où vous pouvez vous réfugier avant d’agir. Si votre manipulateur est potentiellement dangereux, ne le prévenez pas, protégez-vous juridiquement et physiquement et calculez bien votre élan. Dans ce cas, l’affirmation de soi et la contre-manipulation sont à éviter car elles ne peuvent qu’aggraver le danger de violence.

Quand les peurs sont irrationnelles

Si vos peurs sont irrationnelles, vous pouvez les relativiser, les traiter et les neutraliser. Ce sont des virus de pensée à base de raccourcis, de conclusions hâtives, de causes à effets douteuses ou d’amalgames. Par exemple : « Si je dis non, il ne m’aimera plus. » ou « Si je donne mon avis, elle va se fâcher. » L’inquiétude n’est qu’une pensée : 90 % des choses pour lesquelles nous nous faisons du souci n’arrivent jamais. Les catastrophes se produisent donc essentiellement dans notre tête. Mais il n’est pas toujours facile d’avoir le recul nécessaire pour contrôler ses inquiétudes. N’hésitez pas à vous faire aider. Ce travail sur vos peurs vous permettra d’être protégé pour ce qui est dangereux et de retrouver votre sérénité vis-à-vis de ce qui est irrationnel.

Accepter de faire face à sa propre lâcheté

Pour justifier sa passivité, on est parfois prêt à se raconter bien des histoires. Mais jusqu’à quel point ne peut-on réellement pas faire autrement ? Quels arguments peuvent justifier un statu quo quand sa santé est en jeu ? Comment peut-on continuer à accepter que quelqu’un de toxique détruise sa vie ? Protège-t-on réellement ses enfants en restant avec quelqu’un de violent ? Quand une personne se donne comme arguments : « Je ne peux rien faire parce que je n’ai pas de travail, je n’ai pas d’argent ou je ne sais pas où aller. », elle pourrait tout aussi bien se dire : « Je m’occupe dès à présent de chercher un emploi, je me mets en relation avec les services sociaux pour voir comment ils peuvent m’aider, je commence à économiser sou à sou. » Tous les problèmes ont une solution. Le courage, ce n’est pas de ne pas avoir peur, mais d’arriver à avancer malgré ses peurs.