Échapper aux manipulateurs
Quand cesse le harcèlement
Lorsqu’une relation d’emprise s’achève, elle laisse la victime exsangue, épuisée, dans un grand état de fragilité, mais elle la laisse aussi et c'est extrêmement troublant, en état de manque, comme un drogué. ! Le manipulateur a pris une telle place dans sa vie qu’il continue à lui occuper l’esprit. Son départ laisse un grand vide et la victime ne cesse d’y penser, d’en parler, de ruminer l’histoire, de ressentir cette absence avec un mélange de peur, de honte, de culpabilité. Par moments, d’irrépressibles pulsions la pousseraient à reprendre contact avec ce manipulateur, sous un prétexte ou un autre : lui river enfin son clou, lui faire comprendre de force le mal qu’il a fait, justifier son propre comportement, vérifier qu’il n’y a vraiment plus d’amour possible, et même s’excuser... Évidemment, les victimes ont honte de ces pulsions, mais la fin de cette relation leur laisse un tel sentiment d’injustice, un goût d’inachevé tellement amer, qu’il est quasiment impossible de tourner la page. Alors bien souvent s’ensuit une période de dépression, jusqu’à ce que les plaies cicatrisent.
Catherine vit seule avec son chien dans un immeuble tranquille et convivial. Un jour, un homme très perturbé vient s’installer deux étages en dessous. Un festival de nuisances commence : il tape dans les tuyaux la nuit, met la musique très fort le jour, laisse son vélo dans l’entrée, jette les paillassons dans la cour. Bien évidement, ces comportements n’étant que de la provocation, il renchérit en insultes et menaces face à ceux qui osent lui faire des réflexions. Catherine devient sa tête de turc. Il prétend que son chien fait ses besoins devant sa porte. Cela devient obsessionnel. Il la guette, l’abreuve d’insultes, la menace, ira même jusqu’à la frapper à plusieurs reprises. Catherine porte plainte à chaque fois, mais l’homme est, selon la formule consacrée, « connu des services de police » comme étant un débile léger inoffensif. Les plaintes n’auront pas de suite donc pas d’effet. Catherine n’en dort plus. Pour éviter d’être insultée et physiquement agressée, elle doit organiser toute sa vie autour des allées et venues et des humeurs de ce voisin. Elle guette ses absences pour sortir le chien, met des bouchons d’oreille pour dormir, fait des efforts surhumains pour faire abstraction de toutes les micro-agressions qu’il fait subir à tout l’immeuble. Quand elle sort, ses battements de cœur s’emballent devant la porte du voisin à l’idée de tomber nez à nez avec lui et ne se calment qu’au bout de la rue. Elle est au bout du rouleau et envisage de vendre son appartement quand subitement il déménage et disparaît. Dans l’immeuble enfin calme, il est à nouveau possible de vivre normalement. C’est étrange de pouvoir sortir le chien sans être en état de stress, de pouvoir passer devant la porte du deuxième étage sans avoir le cœur battant, de rentrer sans appréhension. Catherine est malgré tout révoltée que ce voisin ait pu nuire si longtemps en toute impunité. C’est rageant qu’il n’ait pas été poursuivi pour les coups, les menaces, les insultes, c’est écœurant qu’il puisse recommencer ailleurs tranquillement le même cinéma. Elle ne peut pas ne pas y penser, rumine sa frustration et culpabilise de sa propre obsession. Ce voisin avait pris une telle place, envahissant tout son espace et tout son temps, qu’elle se sent vide et désœuvrée. Elle fera une véritable dépression post-traumatique.
Vous savez maintenant quelles sont les caractéristiques de la relation d’emprise et qui en sont les protagonistes. Nous pouvons donc aborder la question essentielle :
Comment échapper à l’emprise psychologique, se reconstruire et ne plus jamais être manipulable ?
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