Échapper aux manipulateurs

Echapper aux manipulateurs · Chapitre 22 sur 81

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Échapper aux manipulateurs

La honte et la culpabilité

La menace

En parallèle de cette mise en danger, du risque d’explosion de rage, des représailles, de la dramatisation continue, la menace est présente en permanence dans une relation d’emprise. Elle peut être verbalisée et directe. Dans ce cas, le « sinon » est facilement identifiable. Tel comportement implique telle réaction. Mais la menace peut aussi être indirecte, donc rester extrêmement floue. Dans ce cas, l’incertitude oblige à chercher soi-même quelles pourraient être les conséquences non verbalisées et laisse la place à l’imagination de s’emballer. Cette façon de menacer indirectement dit en substance : « Tu as le choix. Tu fais comme tu veux. C’est toi qui décides (par exemple de divorcer ou non) Mais attention ! Fais le bon choix. Parce que si tu fais le mauvais choix, il va se passer des choses tellement terribles que tu ne peux même pas imaginer ce que ce sera ! » Tout ce mécanisme peut déjà être contenu dans cette toute petite phrase : « Ne me déçois pas ! » Sans autre information, ce sera à vous de décoder le message : « Comment ne pas le décevoir ? Que faut-il que je fasse ou que je ne fasse pas ? Et si je le déçois, qu’est-ce qui va se passer au juste ?» La peur s’épanouit dans l’incertitude. Elle échappe à la logique objective et embrase l'imagination. Toutes les catastrophes deviennent envisageables. Il suffira ensuite de quelques petites phrases ambiguës, venimeuses pour alimenter et raviver l’inquiétude : « Tu regretteras ta décision ! », « Ne viens pas te plaindre après ! »

Toutes ces façons d’intimider, d’inquiéter, de générer de l’angoisse font un climat très lourd, savamment entretenu. La peur et le doute vont déjà fonctionner en cercle. Peu à peu la peur deviendra une angoisse permanente entrecoupée d’accès de panique. Il ne reste plus alors qu’à activer la dernière clé, celle de la culpabilité pour verrouiller le piège.

La honte et la culpabilité

Pour qu’une société puisse fonctionner harmonieusement, les valeurs collectives doivent primer sur les valeurs individuelles. La honte et la culpabilité sont des émotions de socialisation. Elles servent à canaliser, voire conditionner les comportements individuels afin qu’ils restent socialement acceptables. Comme un système d’alerte interne, la honte et la culpabilité viennent signaler à l'individu qu’il court le risque d’être désapprouvé et exclu de son groupe. Cela lui permet de réajuster son attitude aux attentes collectives.