Forfait illimité
Chapitre 28
Philadelphie, États-Unis
— Vaughan !
Phoenix semble quelque peu contrarié. Macmillan discerne pour la première fois depuis qu’il travaille avec lui une ride de soucis se former au coin de ses yeux globuleux. Autant l’apparition des agents en Espagne ne l’a pas perturbé le moins du monde – il s’était attendu à leur implication depuis le début –, autant la compromission de Vaughan le frappe de plein fouet.
— Aucun doute, confirme le mercenaire. Lucy qui est en poste devant la résidence Wessler l’a formellement reconnu. Il y a autre chose…
Phoenix reporte toute son attention sur Macmillan.
— Peu avant l’arrivée de Vaughan, elle a vu un agent se rendre dans la résidence. Un grand quarteron, habillé comme un dandy.
Phoenix a un haussement de tête et la ride disparaît.
— Kinkaid, lâche-t-il. Cette grosse baudruche de Vaughan s’est fait repérer par l’équipe du major.
— Vous le connaissez ?
Phoenix a repris toute son assurance.
— Bien sûr. Kinkaid est chargé de surveiller mon ancien employeur, je me suis intéressé à lui avant ma… disparition. Les agents que Fisher a repérés en Espagne sont les siens.
— Vous voulez récupérer Vaughan ?
Phoenix laisse échapper un petit rire goguenard.
— Vaughan ? Il retournerait sa veste pour un jeton de casino. Je ne l’ai utilisé en France que parce que nous manquions de main-d’œuvre et que cela l’éloignait de l’action principale. Il a fait sa besogne là-bas, je n’ai plus besoin de lui…
— Je peux organiser une extraction si vous le désirez, avant qu’il ne soit interrogé ? Une escouade peut se rendre sur place dans la soirée. Nous pourrions faire un raid sur la résidence avant que votre « Major » ne fasse venir plus d’hommes.
— Ne sous-estimez pas Kinkaid et son équipe, Macmillan. Ils ont déjà remonté la piste plus rapidement que je ne l’avais envisagé. Ils seraient de redoutables adversaires en cas d’attaque de votre part. Et puis je ne peux pas risquer la vie de ce cher SdS dans des tirs croisés. Il est désormais clair qu’il est le seul à pouvoir me mener au Docteur…
Phoenix enfouit ses mains dans les poches de sa blouse, tandis que Macmillan, toujours peu certain de comprendre les allusions de son client avec les membres du corps médical, hésite à poser la question qui lui brûle les lèvres. Finalement, il se décide à parler, quitte à déplaire aux habitudes de l’albinos.
— Le Docteur, monsieur ?
Phoenix le toise d’un air amusé. Il s’est un peu calmé, une idée germe dans son esprit pour mettre à profit ce malencontreux contretemps.
— Oui, Macmillan. Le Docteur ! C’est le seul qui peut contrer mon plan désormais. Kinkaid et sa troupe, aussi futés soient-ils, ont déjà deux coups de retard. Ils doivent encore être en train d’essayer de remettre les pièces du puzzle en place. Mais le Docteur, lui, pourrait vraiment faire capoter toute cette opération.
Macmillan reste silencieux, mais son expression doit trahir son incompréhension, car Phoenix poursuit :
— Ne me regardez pas ainsi. « Le Docteur » est bien évidemment un pseudonyme. Je ne sais pas qui il est réellement. Seul SdS – Baltac – peut nous conduire à lui. Tout est en place Macmillan, voyez-vous ? Il ne nous reste plus qu’à mettre le Docteur hors d’état de nuire pour passer à l’action.
— Je vois, monsieur, répond le mercenaire laconiquement.
— En fait… reprit Phoenix d’un ton sifflant, ce petit incident s’avère être une réelle opportunité. Vaughan est dans la place forte, il peut encore nous servir après tout…
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