Forfait illimité

Frank Labat · Chapitre 46 sur 48

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Chapitre 46

New York, États-Unis

 

Phoenix lève une main en signe d’exaspération. Il se rassied devant son bureau improvisé et pivote légèrement son écran pour le soustraire aux regards de Macmillan.

— Tous les deux ? demande-t-il.

Macmillan raffermit sa position.

— Oui monsieur. Fisher et Lucy. Arrêtés à leur débarquement à JFK. Mais, ajoute-t-il avec un peu trop de précipitation, notre troisième homme qui couvrait Lucy à Paris a réussi à fuir. Il devait prendre le prochain vol, nous avons pu le prévenir à temps. Il a quitté l’Europe pour l’Afrique du Nord par voie maritime.

Phoenix commence à pianoter sur son clavier, insensible aux arguments que son homme de main tente de présenter pour minimiser la gravité de la situation.

Macmillan, connaissant son employeur, a éteint son propre mobile avant de venir lui annoncer la nouvelle de l’arrestation des deux membres clés du petit groupe de mercenaires. Il n’est pas certain de sa réaction et préfère ne pas prendre de risque.

— Macmillan… C’est votre affaire après tout…

Phoenix ramène l’écran en position.

— Vous avez rempli votre contrat, plus rien ne peut s’opposer à mes plans désormais. Voici la somme convenue. Je viens de la verser sur votre compte offshore.

Le mercenaire, soulagé, confirme le montant du paiement affiché à l’écran.

— Ce que vous en faites m’importe peu, continue Phoenix. À vous de voir si vous voulez garder la part de vos collaborateurs sous les verrous.

Macmillan songe un moment à répondre à cette allusion, mais il se retient. Il ne vaut mieux pas prendre son employeur à contre-pied. Phoenix se retourne sur son siège.

— Ce qui m’importe par contre, c’est que vous et le restant de votre équipe ayez quitté les lieux dans une heure.

Macmillan acquiesce.

— Oh ! Encore une chose.

— Monsieur ?

— Je sais que vous avez de l’estime pour vos coéquipiers. Mais laissez-moi vous donner un conseil. Si Kinkaid leur a mis la main dessus… quittez le pays au plus vite.

Macmillan reste impassible.

— Ils finiront par parler, croyez-moi. Et si ce n’est pas eux qui vendent la mèche, ce sera l’une des évidences qu’ils auront laissée traîner. Kinkaid est un limier tenace.

Macmillan quitte le sous-sol de la maison sans plus d’adieux.

Il ordonne à son équipe de remballer tout l’équipement. Le mercenaire n’a pas l’intention de rester une minute de plus que nécessaire. Ses deux meilleurs éléments ont été capturés, pourtant ce n’est pas cela qui l’inquiète le plus. Son client s’est montré étrangement calme en recevant la nouvelle. Certes, Phoenix n’en a peut-être plus rien à faire, maintenant que tout est en place pour mener à bien son plan. Il peut aussi changer soudain d’avis et décider d’éliminer toute trace de sa petite équipe… Macmillan a pour sa part la ferme intention de modifier tous ses moyens de communication mobiles et terrestres une fois rentré chez lui. Il est également bien décidé à garder un œil sur les faits et gestes de son dernier client, au moins jusqu’à ce qu’il soit certain de ne plus être un pion à sacrifier sur l’échiquier de l’énigmatique albinos.

Au sous-sol, Phoenix débranche son ordinateur portable. Il va aller se réfugier ailleurs, une place que même Macmillan ne connaît pas.

Il n’a pas vraiment caressé l’idée de se débarrasser des mercenaires. À quoi bon ? Ils ont rempli leur rôle et ne représentent pas le moindre danger. Bientôt il sera loin et rien ne pourra plus le connecter à ces hommes, même s’ils viennent à se faire arrêter.

Il emballe quelques dossiers, les sauvegardes importantes et quitte la demeure en passant par la petite sortie latérale du sous-sol avant même que les mercenaires ne finissent de vider les lieux. Un SUV de location l’attend deux rues plus loin. Il y embarque ses affaires, grimpe à bord et active son kit mains libres.

 

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