Gwendolyn
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IX
Vendredi 27 novembre, Terschelling, 10 heures.
Le vélo de Gwendolyn roule à vive allure sur la piste cyclable qui l’amène à Hoorn, au 76 Dorpsstraat. Elle a rendez-vous avec Katelijn, son amie d’enfance. Elle reprend le même parcours que la veille afin de frôler la mer et humer son souffle revigorant. A West aan Zee, elle bifurque vers la droite pour atteindre Midsland Noord. Les nuances de gris du ciel moutonneux, percées par les flèches lumineuses du soleil, illuminent la végétation pauvre de la dune qui borde la piste. Vermeer, Magritte, Cooke ont-ils séjourné ici ? Les rayons l’éblouissent mais elle ne ralentit pas. Elle s’enfonce, sans distinguer précisément la piste, tranchant les contrastes bibliques qui sillonnent son chemin. Gwendolyn ferme les yeux, et presque aveugle, elle respire à pleins poumons cet air qui lui a tellement manqué durant ces quatre longues années. Sa bicyclette batifole comme un papillon, Gwendolyn écarte les jambes pour garder l’équilibre. Elle est presque joyeuse.
Quand on NAIT sur une île on se sent, on EST différent. L’insularité développe de nombreux aspects culturels et sociologiques qui en font sa singularité. Gwendolyn aime cultiver ce particularisme et son ambiguïté. Lorsqu’elle est sur l’île, elle critique sa promiscuité, l’esprit clochemerle comme disent les français, mais quand elle est sur le continent, elle le défend, d’autant que cela est commode puisque les îles nourrissent toujours l’imaginaire des continentaux. Mais depuis quelques années, d’une société microcosmique où l’île s’organisait et définissait ses propres règles, identiques à celles que l’on décèle dans certains droits coutumiers, l’île s’est ouverte sur l’extérieur. Si, à court et moyen termes, cette dynamique profite aux habitants, sur le long terme, Gwendolyn est convaincue que cela les en exclura. Elle a conscience de ce changement et depuis son retour, celui-ci parait manifeste. Son père lui raconte que les touristes étaient peu nombreux quand il avait vingt ans. Bien que de nationalités néerlandaises, ils étaient, tout de même, affublés de nombreux sobriquets et surtout de celui d’« étrangers ». Désormais, l’été, ils sont si nombreux que les inwoners van Terschelling se sentent exclus de leur propre territoire et identité. Qui plus est, les voyageurs emportent dans leur bagage durant l’été une police du continent qui bouscule les usages insulaires et impose de nouvelles attitudes incomprises par la population locale. Le droit remplace l’usage et ses vertus.
Si les touristes aiment particulièrement les îles pour leurs panoramas et leurs atouts dépaysants, ils n’aiment que très rarement leurs autochtones car ils ne les comprennent pas. Gwendolyn se souvient de cette conversation avec des Nancéiens en vacances à Portigliolo en Corse du Sud. Ils étaient côte à côte, sur la plage, et échangeaient sur leurs séjours et chacun s’accordait à qualifier Corsica de petit paradis terrestre. Soudain, un des hommes eut cette allégation incroyable : « la Corse est belle, mais sans les Corses elle serait encore plus belle ». Cette phrase l’avait choquée et provoqué une réflexion qu’elle n’avait pas osé exprimer. Les Néerlandais sont de nature pacifique et conciliante, ils savent se taire quand il le faut. Comment peut-on trouver une région belle sans tenir compte de ceux qui la gèrent depuis des siècles et qui l’ont sculptée à leur image. Si la Corse est belle, c’est surtout parce que les Corses savent la préserver et son architecture témoigne des délicatesses et sensibilités de leurs âmes. La culture n’est que le reflet de celle-ci. Si les colonisateurs aimaient les habitants de leurs conquêtes, cela entraînerait forcément des regards croisés bienveillants qui créeraient inévitablement de nouveaux rapports, moins belliqueux. Gwendolyn se passionne pour les îles. Elle se souvient d’un roman, « Gros temps sur l'archipel » de Vitorino Nemésio, qu’elle avait adoré. L’histoire se déroule aux Açores, archipel situé à 1450 km à l’ouest de Lisbonne et, plus précisément, sur une des neuf îles qui le composent, celle de Terceira. Ce livre lui avait fait prendre conscience que sur les îles naissent certainement les plus belles rébellions et émancipations. Terschelling serait-elle de celles-là ?
A Lobke’s Snack Place, où un Food truck s’installe l’été, elle tourne à droite. Il lui reste quelques centaines de mètres à parcourir. Elle descend de son vélo et poursuit à pied. Son microbiote s’active, il gargouille, se manifeste par spasmes.
Elle n’a pas vu Katelijn depuis plus de quatre ans. La dernière fois, c’était durant les quelques semaines précédant son incarcération.
En prison, elle lui avait écrit un bref courrier lui expliquant qu’elle allait s’absenter durant un certain temps et qu’elle reviendrait vers elle, sa longue escapade terminée. Elle lui avait demandé de ne pas évoquer cet échange avec ses parents et elle savait qu’elle pouvait compter sur sa discrétion. Elle avait conclu sa lettre par ces mots d’espoir : « Aie confiance, je t’aime, je ne t’oublierai pas, je t’expliquerai quand je reviendrai. »
Dans l’allée de Badweg Hoorn, si souvent empruntée avec Katelijn, durant leurs complicités platoniques, pour rejoindre la forêt ou la plage à bicyclette, elle comprend son erreur. Pourquoi avoir suspendu sa relation avec sa meilleure amie ? Elle en aurait eu tellement besoin ! Peut-être avait-elle déduit, dans son austère cellule, que l’âge adulte vernit le bois de l’amitié enfantine, qui perd ainsi tout son éclat brut, et emprisonne à jamais les effluves fraternelles de l’enfance et surtout celles de l’adolescence. Si Katelijn était indiscutablement son amie d’enfance, demeurait-elle pour autant son amie à l’âge adulte ? Qui peut s’enorgueillir de conserver, adulte, une relation tout aussi intense, que celle de la jeunesse, quand les parcours de chacun prennent une direction divergente à l’issue des études secondaires ?
Entre 18 et 25 ans, nous nous construisons et bien souvent cette transformation nous éloigne de ce que nous semblions être ou promettre. Et puis il y a cet accélérateur de cellules qui est l’amour, qui nous révèle à l’élu de notre cœur en nous éloignant pour un temps de nos amis d’enfance. Nous perdons bien souvent dans cette quête la partie essentielle de nous-mêmes : notre liberté.
Pour qu’un couple s’épanouisse, il faut qu’il laisse sa cage ouverte. Cela exige du respect, beaucoup d’amour et de maturité, une bonne dose d’abnégation et de sagesse, et surtout, de ne pas être hanté par les démons de son enfance. Si la cage est fermée, à la moindre occasion, l’oiseau prendra son envol solitaire et il ne reviendra jamais se claquemurer derrière les barreaux. Il ne la survolera même pas, bien au contraire, il la fuira sans état d’âme, libéré de cet étouffement. Il est vrai que le pigeon fait exception à la règle, il revient toujours retrouver sa dulcinée emprisonnée, mais nous savons aussi qu’il ne brille pas particulièrement par son intelligence, quoi qu’en disent les colombophiles.
Ses parents lui avaient appris un postulat auquel elle adhérait en pleine conscience : l’amour doit être une liberté à deux et non pas une prison, seul. Mariée depuis deux ans, Katelijn avait-elle conservé sa soif de liberté ?
Katelijn habite, avec son mari et leur fille de onze mois, la maison qui jouxte celle de ses parents. Gwendolyn la découvre. Jusqu’alors elle n’y avait porté aucune attention. La demeure coquette affiche un style flamand avec sa façade « pignon à gradins ». Elle tranche avec celle de ses parents, à l’allure cossue, qui ressemble à ces anciennes maisons de porions des Flandres françaises ou de la Lorraine sidérurgique. La maison de Katelijn est vêtue de traditionnelles briques rouges, les mêmes que l’on retrouve abondamment sur la côte Est des États-Unis et qui ont été importées par les migrants du nouveau monde dans leurs valises. Lorsque l’on visite Boston, les visiteurs sont surpris par cette similitude entre l’architecture néerlandaise et celle de la Nouvelle-Angleterre. Curieusement, une entreprise néerlandaise réputée, la société Vandersanden, a baptisé un de ses produits phares : « la brique de Boston » alors qu’il aurait été plus juste de l’estampiller la « brique d’Amsterdam ». Décidément, la stratégie commerciale a des fantaisies qui occultent l’histoire en la snobant outrageusement.
La clôture en bois de la maison de son amie lui donne un air champêtre, alors que ses charmantes fenêtres ornées d’un coruscant vitrail opaque avec un motif floral au centre, l’embourgeoisent. A l’angle de la rue, un hêtre solide supplante le jardinet où traîne une table compacte d’aire de pique-nique en pin. A l’ombre de l’arbre majestueux, un vieux canon de corsaire et une ancre marine nous rappellent que Terschelling est avant tout une île de marins. C’est ici que naquit Willem Barentsz, découvreur de la Nouvelle-Zemble et du Spitzberg. Combien de fois, les institutrices des deux amies leur avaient martelé les exploits de ce navigateur à la recherche d’un passage vers l’Asie par le nord de l’Europe ? Même Shakespeare l’évoque dans « la Nuit des rois ». Aujourd’hui ses aventures sont immortalisées par un long métrage en 3D et la mer de Barentz porte son nom. Willem est la fierté de l’île et une statue lui rend hommage sur le boulevard de Hoofdweg.
Gwendolyn pousse le portillon avec délicatesse et s’approche de la porte d’entrée, félinement . Elle toque. La porte s’ouvre énergiquement. Katelijn, sa mouflette dans les bras, s’impose devant elle, le visage frais et rayonnant de la jeune mère épanouie.
« Oh ma Gwendo, que je suis heureuse de te revoir ! »
Elle pose son enfant et toutes les deux s'enlacent durant une plus que longue minute. Cette minute qui commémore, non pas le deuil, mais les retrouvailles. Nous l’évoquons si peu !
« Entre Gwendo, entre, viens te mettre au chaud, je t’attendais avec impatience, j’ai préparé des Janhagels, je sais que tu les adores, je suis tellement contente de te retrouver, entre, je t’en prie ! »
Toujours à pas de velours, Gwendolyn se glisse dans le couloir qui mène au salon, en avançant latéralement, presque à rebrousse-poil, les fesses effleurant le mur. Elle est confuse, troublée et si bienheureuse. Son amie exulte : « entre, Gwendo, installe-toi, nous avons tant à nous dire ! »
Aujourd’hui, la fille de Katelijn ne sera pas le centre du monde et Gwendo ne lui accordera pas ce temps, perdu, que la plupart d’entre nous passons à séduire un jeune enfant en grimaçant, désespérément, pour obtenir son sourire.
Anouk, docile, se laisse poser délicatement sur le tapis moelleux d’un parc pour enfants en bois, bourré de coussins et de jeux d’éveil, agrippe un mobile multicolore et l’articule dans tous les sens avant de le porter à sa bouche. A-t-elle compris qu’il faut laisser sa maman tranquille pour un moment ?
Durant ce temps, Gwendolyn s’assied sur un divan vert émeraude en feutre. Elle détaille machinalement le décor de la pièce où elle retrouve les goûts et les couleurs préférés de son amie. Les meubles sont robustes, bien loin de ceux qui ne survivent, que très rarement, au premier démontage. De toutes les manières, le géant suédois qui uniformise plus nos esprits que nos intérieurs se trouve à Groningen, à plus de 4 heures de trajet. Dans les îles, les meubles, comme les traditions, se transmettent de mère en fille. Seuls les continentaux aménagent leur maison de vacances avec ces mobiliers solubles dans le temps qu’ils transportent avec eux et qui se construisent comme des jouets Meccano.
La lumière intense traversant la longue baie vitrée qui ouvre sur le jardin caresse les nombreuses plantes qui agrémentent l’espace. Certaines sont suspendues grâce à des supports en macramé blanc. Elles dégoulinent comme des fontaines vertes. Un tapis moucheté gris prend le soleil, les poils hérissés.
Katelijn extirpe de son buffet massif en palissandre des tasses en céramique bleue hollandaise traditionnelle de Delft, décorées de différents motifs, dont un moulin à vent, qu’elle dépose sur une table basse de salon assortie au buffet. Au-dessus du meuble est accrochée une photographie panoramique prise à l’extrémité de l’île, là où elle est la plus sauvage. A cet endroit, au Koffiebonenplaat, naissent les aventures de marins imaginaires, cloués au sol, qui rêvent de tempêtes.
Le café brûlant enivre l’atmosphère, son odeur parfumée plus diffuse que le thé, réchauffe leurs cœurs et favorise la confidence. Les deux amies se relâchent et se sourient tendrement. Il existe entre elles, un ciment, une connivence que ni le temps, ni aucun ouragan, ne pourront jamais éroder.
« Dis-moi, Gwendo, où étais-tu passée ? Tu m’as tellement manqué, je me suis inquiétée, je t’ai cherchée vainement, sans jamais te trouver ! »
Gwendolyn, lui raconte ses quatre années terrifiantes. Katelijn l’écoute, en silence, circonspecte. Anouk, bercée par la voix fragile et douce de l’amie de sa mère, s’est endormie sur le dos, son doudou à la main. A-t-elle ressenti la joie de sa mère, apaisée, agissant comme un somnifère ?
« Comment as-tu pu vivre cela sans mon soutien ? je t’aurais aidée, tu le sais bien… je ne te fais aucun reproche, mais pourquoi m’as-tu privée de cela ?
— J’avais honte, j’étais dans un état second.
— Je comprends, mais après, lorsque la fièvre juridique a baissé, nous
aurions pu échanger,
— Oui je sais, j’ai réfléchi et je ne voulais pas te mêler à cela, d’autant
que la police a, durant un certain temps, enquêté pour savoir quelle était l’ampleur du trafic de Wouter. En te contactant, je t’aurais mise dans l’embarras, elle serait venue t’interroger, ainsi que mes parents. J’ai courbé l’échine, accepté les charges qui pesaient sur moi et j’ai assumé. J’ai voulu te protéger, toi, mes parents, l’île également, je pense. Je voulais inconsciemment ne pas me priver d’un retour à la maison sans que les gens me jugent et me regardent d’un air méprisant. Tu sais, tout est encore confus dans ma tête. »
Katelijn tend à son amie les Janhagels, ces délicieux biscuits sablés aux amandes et parfumés à la cannelle. Gwendolyn en prend un délicatement, comme s’il était en verre. Depuis plus d’une heure, Gwendolyn se confie sans interruption. Quand Gwendolyn peine à poursuivre son récit, la voix serrée par l’émotion, son amie, assise près d’elle, lui pose affectueusement sa main sur son épaule, pour l’encourager à poursuivre. Elles sont jeunes et pourtant leurs attitudes témoignent de leur passage irréversible dans le monde adulte, celui des grandes personnes. Elles sont devenues des femmes matures malgré des trajectoires bien divergentes.
Alors qu’elle n’a pas terminé son récit, Gwendolyn sollicite la jeune mère afin qu’elle lui parle également de son histoire, sa vie, son mariage, sa famille. Elle s’interrompt :
« Je parle, je parle, mais toi que deviens-tu, qu’as-tu fait, raconte-moi, comment va ton père ? Ton mari est-il ton amour de jeunesse, Nikolaas Verbeeck ? »
Katelijn lui répond avec tant de bienveillance que Gwendolyn se met à pleurer à chaudes larmes.
« Écoute ma Gwendo, nous n’allons plus nous quitter maintenant, alors nous nous reverrons et ce prochain jour, ce sera mon tour, je te raconterai ma vie durant ton absence. Dis-moi depuis combien de temps es-tu sortie de prison, qu’as-tu fait lorsque l’on t’a libérée ? »
Gwendolyn poursuit, lui raconte son départ précipité de Rotterdam et le pétrin dans lequel elle se trouve désormais.
« Crois-tu vraiment que c’est la bonne solution de faire l’autruche, ne devrais-tu pas te rendre à la police ?
— Je ne peux pas, je n’ai pas cette force. En prison, tu apprends à
subir et surtout à ne plus prendre d’initiatives. Je ne veux pas être accusée de ce meurtre, je n’ai rien fait, je suis innocente.
— Bien sûr que tu l’es, et les circonstances ne t’accablent pas,
l’enquête va confirmer ce qui s’est vraiment passé.
— Oui, mais l’argent que j’ai pris pour revenir à Terschelling va semer
le doute. Oh Katelijn, je suis perdue, aide-moi, je t’en prie, aide-moi à y voir clair, j’aurais dû appeler la police, pourquoi ne l’ai-je pas fait ? »
Katelijn lui tend un verre d’eau :
« Bois, cela te fera du bien. Écoute, cette après-midi, ma mère vient garder Anouk, j’avais prévu de faire des courses mais je les ferai une autre fois. Tu vas rentrer chez toi et te reposer. De mon côté, je vais surfer sur Internet et chercher des articles qui évoqueraient ce qui s’est passé à Rotterdam, au bar. Tu veux bien ?
— Je crois que tu as raison, je suis épuisée nerveusement, je suis à
bout. Fuir de Rotterdam, se sentir pourchassée, te retrouver, revoir mes parents, la fatigue du voyage… la cocotte est pleine, elle explose. Je suis si heureuse de te revoir, merci Kate, merci d’être là, merci de me soutenir. J’ai besoin que l’on m’aide, je suis désemparée. »
Anouk se tortille dans son parc, elle ouvre ses yeux verts, regarde sa mère et, comme un chien docile, l’attendrit pour qu’elle vienne la chercher. Gwendolyn regarde la scène avec amour. Elle ressent ce doux plaisir que nous avons lorsque nous sommes heureux du bonheur de nos amis sans la moindre once de jalousie. Alors, avant que Katelijn lui propose de rester déjeuner, ce qui l’aurait certainement mise dans l’embarras, puisque sa mère allait arriver pour garder Anouk, Gwendolyn s’affirme :
« Mes parents m’attendent pour le repas, je ne veux plus qu’ils s’inquiètent. Je vais rentrer. »
Contrairement aux Latins, qui aiment être désirés, les relations entre les Européens du nord sont plus saines et plus franches. Il n’y a pas de sous-entendu, et donc, Katelijn, bien qu’elle en ait très envie, ne lui propose pas de rester pour déjeuner.
Elles se quittent avec affection et émotion comme un couple qui se voit pour la dernière fois, mais elles savent toutes les deux que leur amitié, aussi robuste que leur île perdue dans la mer, vient de se ranimer. La tempête fait rage, et elle va se poursuivre mais Gwendolyn n’est plus seule sur le pont. Elle enfourche sa bicyclette, se retourne une dernière fois vers Katelijn qui la regarde, sa gamine dans les bras, agitant la main de sa petite fille à qui elle apprend les premiers gestes de la civilité. Le tableau est touchant, photographique. L’enfant sur sa hanche, Katelijn flotte immobile dans l’espace, et les gesticulations de sa fille ne troublent aucunement la quiétude affichée sur son visage, celle d’avoir enfin retrouvée sa meilleure amie.
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