L'Ami de toujours

Xavier Mauméjean · Chapitre 39 sur 41

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L'Ami de toujours

Épilogue

 

 

J’ai pris de la distance le temps de faire le point, de considérer la

situation, d’envisager de nouvelles perspectives. Autant d’expressions

creuses qui sont impuissantes à rendre compte combien je suis plein de vie.

Une nouvelle existence, celle qui m’est depuis toujours destinée. Et, comme

il faut bien commencer quelque part, je suis retourné au travail. Sourire de

l’hôtesse, poignée de main d’un type que je n’ai jamais vu. Peut-être le

remplaçant de Redcliffe.

– Ces vacances ont l’air de vous avoir fait du bien. Beau bronzage, vous

avez pris des muscles !

– Merci, Susan.

Je monte au département Création. La pièce est trop petite, en désordre,

cent quarante ton-nes de détritus. J’ai la désagréable impression d’être

prisonnier d’un réduit. Encore une chose qui va changer à la première

occasion.

Steven Banks est là, en compagnie de Li Wei. Elle ne s’est pas fait

expulser ? La Chinoise fait la tête. Tu m’étonnes. Je sens la veine pulser à

ma tempe. Oui, moi aussi je suis content de te revoir. Sans rancune pour

Coleman ?

Le patron s’avance, hésite, puis m’assène une tape sur l’épaule.

– Je comprends parfaitement. Parfaitement. Les enjeux, toutes ces

épreuves à surmonter avant de définir le projet…

Banks ne fait aucune allusion à sa fille, au chagrin que je lui ai causé.

Le fondateur d’Eidetic est un prédateur, prêt à sacrifier Mâyâ s’il y trouve

intérêt. Très bien, je m’en souviendrais. En attendant, je lui dis ce qu’il veut

entendre :

– C’est vrai, monsieur, j’ai ressenti un peu de stress.

Steven Banks est satisfait que je lui donne raison, mais il veut tout de

suite autre chose :

– Et le projet Avelion ?

– On change l’histoire, mais le système est maintenu.

– Je peux donc compter sur vous ?

– Et sur toute l’équipe, dis-je en décochant un sourire.

Banks paraît instantanément soulagé.

– Splendide, je n’en ai jamais douté. Pourquoi ne viendrez-vous pas

dîner à la maison ?

Je songe à Mâyâ.

– Avec plaisir.

Le milliardaire se retire. Je prends place derrière mon bureau, allume

l’ordinateur. Li Wei fait de même, sans m’adresser un regard. Je pense aux

histoires de l’Australien, notamment ce récit des doubles dont l’un vit sous

terre. C’est une bonne base de départ pour un jeu. Le créatif aux dreadlocks

n’aurait pas apprécié que l’on pille des mythes aborigènes, mais peu

importe. Quant à sa copine chinoise, elle m’obéira ou prendra la porte.

Après tout, c’est moi le superviseur.

Je tape un nom de fichier :

Nous deux sommes amis.

 

Tout un programme, sans jeu de mots. Dorénavant, je me lierai avec qui

le souhaite, à condition que l’on se comporte bien avec moi.

Dans le cas contraire, nous ne serons pas amis pour toujours.

 

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Ils étaient amis plus que frères, parce qu’un ami, ça se

 

choisit.

L’un était fort, sûr de lui. L’autre était timide, toujours

plongé dans ses pensées.

On n’aurait pu trouver plus différents. En réalité, ils étaient

complémentaires.

Ils se savaient promis à de grandes choses.

Mais le temps les avait séparés.

 

Richard

 

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