Le Secret de L'Ancien Voeu: Tome II - Les Quatre Armées (French Edition)
Chapitre XVI
Les Quatre Armées
La lueur des bougies du soir éclairait les plats posés sur la grande table de la salle à manger du Grand Palais et faisait briller les assiettes dorées. Chacun des mets exposés était nappé d’une sauce appétissante et attendait d’être servi dans le plat de la seule personne attablée. Mais le Général n’avait pas faim. Il n’accordait pas la moindre attention au festin qui lui avait été présenté. Il respirait bruyamment, les poings serrés, reculé contre le dossier de son fauteuil. Il devait garder son calme. Il le devait. Mais il n’y tint plus. D’un grand geste du bras, il envoya voler les ustensiles et la coupe posés sur sa table, qui rebondirent sur le sol de pierre avec un tintement assourdissant.
Quelques serviteurs alarmés se précipitèrent pour les ramasser, tandis qu’un autre s’approchait précautionneusement avec un nouveau plat.
— Sortez, ordonna-t-il. Sortez tous.
Tout le monde s’exécuta immédiatement dans un claquement de pas continu et il entendit la lourde porte se refermer dans un grincement.
Quelle déception.
Un goût d’amertume lui brûla la gorge. Cela faisait bien plusieurs années qu’il n’avait pas perdu son sang-froid. Mais il y avait de quoi…
Elles étaient là. Juste là. Devant lui. La Gardienne et la jeune Malaen. Toutes les deux, ensemble, prêtes à être cueillies en même temps. Une aubaine. Mais même Malyria n’y était pas parvenue… Il avait fallu que le pouvoir de la Gardienne se manifeste à ce moment précis… Le Général cogna à nouveau son poing contre la table. Cela faisait maintenant trois jours qu’ils avaient détruit le village de Gandir et sa colère ne s’atténuait pas. Il avait été trop sûr de lui. Grâce à la magie de la dragonne, la jeune Malaen avait été incapable de faire un geste. Elle n’avait probablement jamais été si vulnérable… Et pourtant, elle lui avait quand même filé entre les doigts. Sa chance à lui ce jour-là avait été d’être sur le dos de Malyria, qui avait pu s’éloigner en vitesse.
Il desserra légèrement le poing et distingua de petits arcs de cercles rouges tracés dans sa paume, là où ses ongles s’étaient enfoncés. Après tout, ce n’était pas si dramatique… Lorsqu’il y pensait, sa mission avait été de raser Gandir. C’était cela, la principale raison de leur expédition. Et il l’avait accomplie avec succès. Gandir n’existait plus. Ils avaient certes subi quelques pertes, la plus lourde étant celle de la Major, mais ce n’était pas bien grave. Le Capitaine Miller, qui avait lui-même été immobilisé par la Némésis et avait assisté à toute la scène, lui avait rapporté comment la Major Inya avait été tuée. Elle avait été impulsive, colérique et prompte à l’irritation, ce qui l’avait rendue faible et vulnérable. Qu’elle ait trouvé la mort à cause de son arrogance et de son envie de se prouver supérieure à la Némésis n’avait rien d’étonnant. Son pouvoir était puissant, certes, mais il avait toujours fallu la surveiller. Désormais, il n’aurait plus à la canaliser et à la rappeler à l’ordre. Il pourrait se concentrer sur leur arme secrète, celle qu’ils avaient cachée jusque-là. Celle qu’ils avaient enfin décidé de dévoiler au grand jour : le dragon de l’Ancien Vœu.
Il se souvint du jour où la secte avait découvert son pouvoir particulier, sa connexion avec les dragons. Cela avait été un hasard total. Après son rappel, Brand était arrivé au Grand Palais et avait tout de suite vu à l’expression des Bénis que ce n’était pas un étalage de prestiges et de cajoleries qui l’attendaient. Les autres semblaient tous abattus, amaigris. Durant ses premiers jours, il avait remarqué que certains d’entre eux disparaissaient il ne savait où dans l’enceinte du Grand Palais et ne réapparaissaient que plus atrophiés, le regard vide et la bouche sèche. Une semaine après son arrivée, l’un d’eux avait essayé de s’enfuir. On ne l’avait plus jamais revu. Longtemps, Brand s’était demandé ce qu’on leur faisait subir. La boule au ventre, il attendait chaque jour qu’un des hommes en cape blanche vienne le voir, lui dise de le suivre et le mène à l’intérieur du somptueux bâtiment immaculé. Il en était presque arrivé à regretter ses paroles blessantes à l’égard de Boltz, son attitude si fière et sa joie à l’idée de partir à jamais de chez lui. Il ne s’était jamais senti à sa place dans sa famille. Gandir l’ennuyait. Ses parents l’ennuyaient. Boltz le gênait. Mais peut-être était-ce finalement mieux que de se retrouver avec le même regard vide que tous ces Bénis qui défilaient devant lui et revenaient parfois avec d’horribles mutilations… Personne ne vint jamais le chercher, cependant. Étrangement, ses plats à lui étaient plus variés, les serviteurs plus soucieux de son confort qu’à celui des autres Bénis, et il profitait d’un traitement plus clément, même si certains des enfants présents étaient bien plus jeunes que lui. Il n’avait pas osé poser de question, craignant de fâcher. Personne ne lui demanda de le suivre à l’extérieur de l’aile des Bénis. Personne ne le maltraita ni ne lui infligea de blessure. Un matin, au bout de plusieurs semaines où la nourriture n’avait jamais manqué, il fut réveillé par un adjudant.
— Viens avec moi, lui avait-il dit.
Sans un mot, Brand s’était levé avec des gestes fébriles et avait mis ses chaussons.
— Prends tes affaires, tu ne reviendras pas.
Brand avait senti son cœur faire un bond. Que voulait-il dire ? Quel sort lui réservait-il ? Il avait dû pâlir de façon spectaculaire, car l’adjudant s’était tourné vers lui et avait esquissé un sourire rassurant :
— Excuse-moi, je ne voulais pas te faire peur. Je voulais simplement dire que nous partons du Grand Palais.
Face au regard figé de Brand, l’adjudant avait ajouté :
— On m’a ordonné de te ramener à Goslar. Tu vas rejoindre l’unité d’entraînement des Bénis de l’Armée.
Ainsi avait commencé son intégration au sein de l’élite du Royaume. Les Bénis de l’Armée… Bien sûr, son don ne pouvait être qu’une aubaine pour l’armée chargée de protéger la secte et le Royaume. Ses craintes lui avaient semblé ridicules, après cela. Grâce à son pouvoir, il pouvait transformer tout ce qui se trouvait à portée de main en un objet tranchant et créer de l’acier à volonté. Évidemment… Comment avait-il pu douter de sa valeur aux yeux de l’Ancien Vœu ? Comment avait-il pu penser qu’il finirait comme les autres ? Il progressa à une vitesse fulgurante et fut rapidement envoyé en opération secrète à l’aide de deux équipiers. Ils devaient s’infiltrer chez de hauts dignitaires Ildari et les tuer sans se faire remarquer. Cependant, la mission fut un échec. L’échec le plus cuisant que Brand avait eu à essuyer jusqu’alors. Ils avaient été repérés et bien sûr, les Ildari avaient lâché sur eux l’arme qu’ils savaient utile face aux Bénis. Alors que, à l’issue de leur combat, le dragon qui avait brûlé vif ses deux camarades s’apprêtait à lui infliger le même sort, il avait soudain changé d’avis lorsque Brand avait hurlé « PITIÉ ! ». Brand avait levé la tête, incrédule, voyant que rien ne venait. Le reptile avait semblé décider qu’il préférait le laisser tranquille. Brand s’était enfui sans demander son reste. Abasourdi, mortifié et affaibli, il avait rapporté l’échec de sa mission au Capitaine dans les moindres détails. Il s’attendait à être chassé, renvoyé chez lui, ou pire, exploité comme sujet d’expérience – car il avait fini par comprendre comment l’Ancien Vœu utilisait la plupart des Bénis rappelés. Et il était résigné à l’accepter. Seulement, ce qui se produisit fut différent et inespéré.
— Tu prétends que le dragon t’a épargné quand tu lui as parlé ? avait dit le Général avec un regard étrange.
— C’est ce qu’il m’a semblé, mon Général.
— Hmm…
Il y avait eu un long silence durant lequel Brand s’était tenu immobile, bien droit, encore sale, faible et pantelant de son voyage de retour solitaire. Le Général lui avait alors dit de le suivre et avait ordonné que personne ne les accompagne. Une fois de plus, Brand s’était demandé quel sort lui était réservé. Lorsqu’il avait compris qu’ils allaient vers les cachots, là où étaient enfermés tous les Profanes et déserteurs (ce qu’il était, après tout…), la sueur qu’il sentait couler le long de sa nuque n’avait plus rien à voir avec l’effort qu’il avait fait pour revenir à la Capitale. Mais le Général lui fit traverser les cachots sans un seul regard vers les cellules. Tendant une torche enflammée devant lui, il avait avancé en silence jusqu’au bout du couloir.
— Très peu de personnes sont autorisées à venir jusqu’ici, avait-il commenté en se tournant enfin vers Brand. Regarde.
Brand avait alors vu ce qu’il avait d’abord pris pour une petite montagne, mais en scrutant plus en détail, il avait compris… et avait reculé d’une bonne dizaine de pas avant de trébucher et s’étaler par terre.
— C’est… Comment…
Le Général avait silencieusement attendu qu’il se relève avant de dire :
— Elle est ici depuis des années. Les Delpheris l’avaient déjà capturée avant même que l’Ancien Vœu ne s’empare du pouvoir. Approche-toi.
Brand avait hésité l’espace d’un instant, avant de se rappeler qu’il s’agissait d’un ordre du Général. Il s’était avancé et avait de nouveau contemplé la masse gigantesque qui sommeillait dans la salle circulaire. Ainsi, ce dragon avait toujours été là, sous leurs pieds ? Capturé par les Delpheris… Comment diable avaient-ils réussi un tour pareil ? Comme s’il avait lu dans ses pensées, le Général avait aussitôt répondu à sa question silencieuse :
— Le Grand Palais a été construit avec la magie pure de l’Omphalos. Il est indestructible, sauf par le pouvoir de la pierre. Même cent dragons ne peuvent rien contre ces murs.
Brand s’était rapidement rendu compte que sa bouche s’était entrouverte de stupéfaction et s’était empressé de la refermer.
— Est-ce que tu l’entends, toi ? avait demandé le Général.
Brand avait tendu l’oreille.
— Vous parlez du bourdonnement ? Oui, un peu…
— Juste un peu ?
Le Général l’avait dévisagé avec une sorte de fascination étrange. Puis, à la grande horreur de Brand, il s’était avancé dans la pièce où le dragon dormait et avait tonné :
— Malyria ! Réveille-toi !
L’énorme corps s’était alors mis en mouvement. La dragonne avait soulevé sa tête hérissée dans un rugissement assourdissant et avait tourné ses immenses pupilles orange vers le Général, qui avait fait un pas de côté vers Brand.
— Elle ne m’écoute pas, moi. Personne, à part un Ildari, ne peut forcer un dragon à lui obéir. Ordonne-lui quelque chose.
Brand avait contemplé le dragon, qui paraissait étonné d’avoir été réveillé et rapprochait son énorme museau d’eux avec un grondement menaçant.
— Recule, avait-il laissé échapper avant d’avoir pu se retenir.
C’était la seule chose qui lui était venue à l’esprit. À la grande surprise de Brand, la dragonne s’était arrêtée net, avait baissé la tête au niveau du sol et lancé un regard de biais à Brand.
— Fascinant, avait commenté le Général. Goff, avez-vous des ancêtres Ildari ?
— Je ne… Je ne sais pas… Si c’est le cas, je n’étais pas au courant.
— Quoi qu’il en soit, nous allons avoir de bien meilleures occupations pour vous, désormais, avait poursuivi le Général. Lors de votre combat, les Ildari ont bien vu que le dragon vous avait épargné, mais ils ont aussi vu que vous étiez affaibli par votre confrontation. Nous ferons courir la rumeur que vous êtes mort sur le chemin du retour. Je crains qu’autrement, ils ne viennent vous chercher. Ils voudront savoir comment un autre qu’eux a réussi à avoir cette emprise sur un dragon. Nous ne pouvons risquer une guerre avec Ilderad.
Brand avait silencieusement approuvé. À partir de là, une missive avait été dépêchée pour annoncer sa mort à ses parents. Il n’en avait éprouvé aucun sentiment particulier. Il n’avait de toute façon pas prévu de retourner voir sa famille. Ce jour-là, face à Malyria pour la première fois, il avait compris qu’il était encore plus spécial qu’il ne le pensait. Un exemplaire unique au monde, capable de maîtriser un don offert par la magie d’Omphal, tout en dominant l’ennemi le plus puissant qu’ils avaient : les dragons d’Ilderad. La seule explication possible était qu’il avait du sang Ildari. Et sans le savoir, l’Ancien Vœu avait béni un Ildari, qui pouvait maintenant contrôler deux sphères opposées de pouvoirs.
— Devons-nous le dire à…
— Nous ne devons le dire à personne, avait coupé le Général, qui s’était tourné vers le fond du cachot pour vérifier que personne ne les avait entendus.
Les cellules se trouvaient bien plus loin et aucun garde ne les avait accompagnés.
— À personne, avait-il répété. Désormais, vous recevrez vos ordres directement de moi.
Brand l’avait regardé, incrédule. Directement de la part du Général ? Il eut un sentiment de gratitude mêlé d’appréhension.
— Je… Vous m’honorez, mon Général. Mais comment…
— Je vous nommerai Capitaine, interrompit le Général, il n’est pas rare que des Bénis particulièrement doués accèdent aux rangs supérieurs très vite après leur arrivée dans l’Armée. En tant que Capitaine, vous me répondrez et aurez en charge une mission secrète qui n’appartiendra qu’à vous.
Brand avait retrouvé sa posture droite face à l’annonce de sa promotion et avait hoché la tête avec effroi.
— Domptez ce dragon, Goff. Devenez-en le maître. Faites-en une arme. Car un jour, Ilderad nous attaquera. Et ce jour-là, vous serez prêt.
Brand Goff avait ainsi appris à contrôler Malyria. Les Majors et Capitaines étaient les seuls à savoir en quoi incombait sa mission. Il ne restait plus dehors avec les autres Bénis de l’Armée, mais passait ses journées dans les cachots, avec Malyria, à essayer de comprendre. Il lui fut difficile de développer une bonne relation avec sa dragonne. Elle était sauvage, détestait être enfermée, ne lui obéissait qu’avec réticence et uniquement s’il formulait clairement ses instructions. De plus, il n’était pas seulement Ildari, mais également Béni, et il sentait bien que cela entravait quelque peu sa facilité à contrôler le dragon. Mais il avait une mission et il comptait la mener à bien. Il persévéra, explora de multiples façons de faire comprendre ses intentions et ses ordres à Malyria, et observa très vite que le contact physique leur permettait de créer une sorte de lien télépathique. Lorsqu’ils se touchaient, Brand pouvait lire ses pensées. Elle s’ennuyait. Elle était là depuis plus de cent ans et voulait sortir. Mais il n’avait jamais réalisé son souhait. Après leur retour de Gandir, elle lui avait jeté un regard de reproche lorsqu’ils l’avaient à nouveau enfermée dans les cachots. La dragonne avait été introduite dans cette grande pièce circulaire lorsqu’elle n’était qu’un bébé. Depuis, elle avait grandi et ne pouvait plus s’enfuir à cause de la magie d’Omphal qui la retenait prisonnière.
En reconstruisant les cachots, ils avaient donc installé une ouverture plus spacieuse, qui permettrait d’extraire le dragon uniquement en cas de combat. Malyria était une arme, elle ne pouvait pas partir. Sa place était ici, au Grand Palais, où elle devait servir l’Ancien Vœu… le servir, lui. Car oui, ce don ne faisait-il pas de lui un être encore supérieur aux Malaen ? Avec ce pouvoir, ne prouvait-il pas que la seule grande faiblesse des dons de l’Omphalos ne coulait pas dans ses propres veines, le rendant plus redoutable que tous les Bénis et les Ildari ?
La porte grinça à nouveau derrière le Général et le tira de ses pensées. Tout en réfléchissant, il avait fixé la mèche d’une bougie qui se consumait lentement et dont le point lumineux resta imprimé sur sa rétine lorsqu’il détourna les yeux. Ce n’était pas un serviteur, mais un des messagers du Royaume.
— Des nouvelles, Général…
Le Général fit un signe impatient de la main pour l’inviter à s’avancer.
— Nous avons reçu une missive de nos explorateurs…
Le visage en sueur, le messager tendit un morceau de parchemin sur lequel avait été griffonnée une note hâtive et maladroite : « Urgence. Ilderad attaque. Armée en marche, seront à la Capitale dans deux jours. »
Le Général relut plusieurs fois le message. Les mots se succédaient et se formaient dans son esprit sans qu’il soit d’abord certain d’en saisir le sens. « Ilderad attaque »…
— En est-on sûr ? demanda-t-il en posant les yeux sur le messager, qui hocha la tête.
— Nous venons d’en recevoir plusieurs en même temps, expliqua-t-il en s’épongeant le visage. Tous disent la même chose. L’armée d’Ilderad a passé le village de Brimentz. Il semblerait qu’une invasion soit en cours.
Le Général jeta le morceau de parchemin sur la table et croisa les mains alors que le messager s’inclinait légèrement.
— Général… Dois-je déployer des émissaires pour prévenir les autres villages et protéger…
— Ce sera tout, coupa le Général et en levant la main.
Le messager garda un instant la bouche ouverte, puis la referma, s’inclina, et quitta la pièce avec une expression d’effroi sur le visage.
Il avait raison d’avoir peur, songea le Général. Il relut le mot et regarda par la fenêtre. Ils avaient attendu que la pluie cesse et que les nuages se dissipent. Il devait bien avouer qu’il était surpris. Il n’aurait jamais cru Ilderad capable de réellement les attaquer, mais les circonstances étaient en effet idéales. Il avait été idiot de ne pas regarder plus loin que la Némésis et la Gardienne. Certes, les récupérer devenait de plus en plus urgent. L’Enfant ne se réveillait plus que rarement et les paroles qu’il marmonnait n’avaient plus aucun sens. Quiconque s’approchait près de lui risquait de voir son gosier arraché. Il ne connaissait plus que sommeil et violence. Il tuait presque dans une sorte de transe, désormais. Son esprit le quittait… Son âme n’allait pas tarder. Il était urgent qu’il ramène les deux filles au Grand Palais. Cependant, il devrait également s’occuper de l’armée d’Ilderad. Sans parler des rebelles qui continuaient de se soulever et d’appeler à la révolte, et l’armée de cet illuminé qui paraissait vouloir se venger de l’Ancien Vœu à lui seul. Zaël… Le Général avait eu vent de son groupe de dégénérés. Des Bénis aux yeux d’encre… des Bénis ratés. Mais il savait ce que Zaël voulait. Et il ne le laisserait pas l’atteindre. Les autres villages n’avaient aucune valeur : il attendrait ses ennemis au Grand Palais. Ilderad, les rebelles, les Bénis de Zaël… Trois armées face à celle de l’Ancien Vœu. A priori, le combat serait difficile.
Il avait un plan, cependant. Les dragons étaient certes redoutables, mais ils étaient contrôlés par des Hommes. Tuez les Hommes et plus personne ne pourra contrôler les dragons. Plus personne, sauf… lui. Bien évidemment. Il était le seul encore vivant en mesure de prendre des décisions pour le Royaume. Les piliers étaient morts. La Némésis était en fuite. L’Enfant n’était plus rien… Le Général sentit un léger sourire se frayer un chemin sur son visage. Cette guerre, finalement, était une aubaine. L’opportunité pour Brand Goff de gagner en puissance, d’acquérir une armée de dragons et gouverner un jour tout le continent d’Issyal.
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