Le Secret de L'Ancien Voeu: Tome II - Les Quatre Armées (French Edition)

Chapitre V

 

 

Le rêve

 

Quelques heures plus tard, Boltz se réveilla en sursaut, le cœur battant à tout rompre. Faisant face au plafond de la chambre qu’il partageait avec Jaime, ses grands yeux fixèrent aveuglément la semi-obscurité. Il resta quelques instants immobile, pantelant, puis se redressa dans le lit étroit. Il posa une main sur le dos de Jaime allongée à côté de lui. Ce geste était rassurant. Son corps se soulevait et s’abaissait paisiblement au rythme de ses respirations. Elle dormait profondément et n’avait rien senti de son réveil brusque. Tant mieux. Ils se reverraient bientôt, de toute façon. Il regarda au-dehors. La pluie semblait avoir définitivement cessé durant la nuit. Quelques gouttes observaient le sol avec envie depuis le préau de la fenêtre, songeant au moment où elles se décideraient à plonger. Le jour n’était pas encore levé et le ciel se colorait d’un bleu nacré hésitant, pas tout à fait éclos sur l’aurore. Il pouvait bien dormir quelques minutes de plus… S’emmitouflant sous la couverture, il ferma les yeux, colla son nez contre l’épaule de Jaime et attendit plusieurs minutes.

Plic… plic… plic…

Quelques gouttes continuaient de tomber régulièrement au-dehors. Sans doute des restes de pluie s’écoulant du toit. Un écho clair résonnait sur la surface métallique qui les accueillait dans leur chute.

Plic… plic… plic…

Non. Il n’y parviendrait pas. Le sommeil ne viendrait plus. Il était trop alerte. Il avait des images trop vives en tête. D’un geste presque inconscient, il porta une main à sa joue comme à chaque fois que quelque chose le tracassait, mais cette fois il s’attarda également sur sa cicatrice. Elle semblait palpiter, comme s’il avait de la fièvre. Au toucher, il eut l’impression qu’elle était plus chaude que d’ordinaire. Il avait appris à vivre avec cette cicatrice. À vrai dire, il n’y pensait jamais. Ce n’était qu’un élément supplémentaire soulignant la différence énorme entre son frère et lui. Il fut à nouveau assailli d’images. Il l’avait été toute la nuit. Il avait fait un rêve étrange. Étrange en cela qu’il était plutôt un souvenir, un souvenir qui s’était mis en route dès qu’il avait sombré dans le sommeil, comme une pièce de théâtre qui n’aurait attendu que lui pour commencer. Il n’avait pas pensé à ce jour-là depuis des années. Il ajusta légèrement sa tête en prenant soin de ne pas réveiller Jaime et se remémora son rêve.

— Encore de la fièvre, s’était lamentée la mère de Boltz en épongeant son front avec une serviette froide. Plus de jeux sous la pluie, dorénavant ! Ton frère et toi vous entraînerez lorsqu’il fera meilleur dehors ! D’ailleurs je n’aime pas te voir avec ces épées, tu es bien trop jeune !

— Ça va passer, je me sens déjà un peu mieux, avait menti Boltz d’une petite voix qu’il s’était efforcé de rendre claire. Comment va Brand ?

— Il va très bien, il n’a eu qu’un rhume.

— J’irai mieux très vite aussi ! s’insurgea Boltz en gonflant les joues.

Le père de Boltz était entré dans la pièce à ce moment précis, les bras chargés d’une pile de linge et d’une peau d’ours qu’il avait étalée sur le lit de Boltz. Ce dernier avait senti le poids de la couverture supplémentaire s’ajouter aux autres au-dessus de lui, l’enfonçant un peu plus dans son lit.

— Nous avions dit que si ça ne passait pas après cinq jours, nous irions chercher un guérisseur. Tu grelottes encore, regarde-toi.

Boltz pouvait en effet voir la peau d’ours trembler légèrement au-dessus de lui. Il avait frotté ses petits pieds l’un contre l’autre en frissonnant.

— Je vais envoyer Brand en ville, avait tranché Mme Goff sous le regard approbateur de son mari. Il ira chercher le guérisseur. Brand ? Brand !

Elle s’était levée du lit, avait à nouveau trempé la serviette dans un bac d’eau froide et l’avait soigneusement disposée sur le front de Boltz, le visage rongé par l’appréhension. Puis elle était sortie de la chambre de Boltz, suivie de son mari. Quelques instants plus tard, Bolz avait entendu un « Oh ! » aigu. Il s’était redressé.

— Maman ?

Pas de réponse, mais son père avait dit :

— Brand… C’est… Quand as-tu reçu…

— C’est arrivé ce matin, avait répondu la voix de son frère.

Il y avait eu un tumulte de chaises qui tombaient et raclaient, puis sa mère s’était écriée :

— C’est merveilleux !

Boltz s’était extirpé de sous ses couvertures et s’était avancé en grelottant jusqu’à la porte de sa chambre. Sa mère sanglotait de joie et tenait contre sa poitrine le visage tout ravi de Brand. Ce dernier affichait un regard pétillant et satisfait, et caressait vaguement le bras de sa mère comme pour la consoler. À côté d’eux, son père lisait silencieusement un morceau de parchemin, les yeux grands ouverts, indéchiffrables. Boltz s’était précipité vers lui et le lui avait arraché d’un geste brusque.

— Eh !

Il s’était mis hors de portée et avait vu qu’en haut du parchemin se trouvait une roue de charrette agrémentée de motifs circulaires. Il avait rapidement lu toute la lettre. C’étaient eux… Ils le rappelaient. Il l’avait toujours su. Il s’y était toujours attendu. Avec ses pouvoirs, son frère allait forcément être rappelé par l’Ancien Vœu. Il avait senti la fièvre le désarçonner un instant et avait tourné la tête vers Brand.

— Tu ne vas pas y aller, hein ?

Brand avait repoussé sa mère, qui continuait de le serrer dans ses bras avec un sourire larmoyant. Tout comme Boltz, il possédait de beaux yeux bleus parsemés de points dorés qui lui valaient beaucoup de compliments. Boltz voyait souvent les filles du village se précipiter autour de leur ferme pour le regarder s’entraîner. Brand était plus grand, plus âgé, et sa bénédiction l’avait rendu fort et en meilleure santé générale que son petit frère, qui tombait facilement malade. Brand lui avait répondu sans se départir de son sourire :

— Et pourquoi pas ?

— Ils ont emmené Assil, avait grommelé Boltz, la gorge serrée. Maintenant ils t’emmènent, toi.

Il avait été obligé de s’interrompre à cause d’une violente quinte de toux et avait dû s’adosser au mur, mais ni sa mère ni son père n’avaient esquissé le moindre mouvement vers lui. Son père était pris dans une sorte de transe et sa mère couvait son frère d’un regard ému.

— Tu aimerais que je reste à Gandir toute ma vie ? avait demandé Brand, incrédule. Ils vont m’apprendre des choses, là-bas ! Je m’ennuie, ici !

— Et moi, alors ?

Brand avait semblé confus.

— Toi ? Tu ne peux pas venir, tu ne…

— Je ne veux pas venir ! avait craché Boltz avec hargne. Je n’ai aucune envie d’aller là-bas avec toi ! Moi, je veux rester. Qui va m’apprendre à me battre, quand tu seras parti ?

Boltz avait toisé son grand frère silencieux en sentant son crâne le brûler. Il transpirait à présent, mais avait également froid. Lever la tête vers lui représentait un effort qui lui donnait le tournis. Il avait alors remarqué, dans un coin près de la porte d’entrée, une épée sale et pleine de boue : Brand venait de s’entraîner. Pendant que Boltz avait passé les derniers jours à tousser, frissonner, suffoquer au lit, Brand, lui, s’était à nouveau entraîné à transformer divers objets en lames et à les faire virevolter autour de lui. Il allait devenir extrêmement fort, s’il allait au Grand Palais, c’était certain ! Mais il ne le reverrait plus… Ou pas avant très longtemps. Boltz avait alors passé sa manche sous son nez pour en essuyer la morve qui coulait, s’était précipité vers l’épée et l’avait brandie, déclenchant les hurlements de Mme Goff.

— Pose ça tout de suite ! avait tonné son père.

— Ce n’est pas le moment, Boltz, avait ajouté sa mère, Brand doit se préparer à partir !

— Partir ? Je pensais qu’il devait aller me chercher un guérisseur ! avait assené Boltz, les yeux brûlants à présent de larmes. Je suis malade, vous vous rappelez ?

Ils le regardaient tous de haut. Il voyait leurs visages excédés se pencher au-dessus de lui. Comme toujours. Son frère avait voulu récupérer l’épée, mais Boltz avait fouetté l’air avec la lame, obligeant Brand à vivement retirer sa main dans un soupir.

— Qu’est-ce que tu nous fais ? avait-il lâché d’un air exaspéré.

— Battons-nous ! s’était exclamé Boltz en reniflant bruyamment. Si je gagne, tu restes !

Sans attendre de réponse, sans prêter attention aux vociférations de ses parents, il s’était précipité au-dehors, pieds nus, faisant gicler la boue sur son passage. Quelques mètres plus loin, l’écurie ouverte laissait entendre les hennissements des chevaux. Deux poules s’étaient prestement écartées sur son passage en battant des ailes, l’air paniquées, répandant des plumes un peu partout. Il faisait un beau ciel clair et le sol était encore humide de la pluie des derniers jours. Arrivé près de la haie délimitant leur ferme, il avait glissé en faisant volte-face. Brand était sorti sur ses traces, le visage fermé. Il ne souriait plus et n’avait dégainé aucune des multiples épées dont il avait le secret de fabrication. Ils avaient fixé l’un sur l’autre leurs yeux bleus d’égale brillance et Boltz avait hurlé :

— Tu n’as jamais aimé être ici ! On n’a jamais été assez bien pour toi !

Brand s’était avancé vers lui en secouant la tête.

— Non, je n’ai jamais voulu être ici. J’ai toujours su que je serais mieux ailleurs. Et alors ?

— Et alors ? s’était égosillé Boltz, la tête en feu. Et alors, je ne veux pas que tu partes !

Brand avait éclaté de rire en rejetant sa tête brune en arrière.

— Ce que tu veux n’a aucune importance. Tu es encore un enfant, tu verras plus tard qu’il n’y a rien pour nous, ici… Eh !

Il avait évité de justesse un coup d’épée que Boltz avait envoyé dans sa direction. Ce dernier était furieux. Il avait du mal à tenir debout et sa vision s’assombrissait, mais il ne pouvait le laisser dire cela. Il s’était appuyé sur l’épée plantée au sol, titubant et pantelant.

— Ne dis pas… Ne parle pas comme si tu… Comme si tu avais tout compris !

— Il n’y a rien à comprendre, avait répondu Brand d’un ton las. Toi et moi sommes différents. Tu n’as pas mes pouvoirs, tu ne conçois pas que j’aie envie de voir autre chose…

— DIS TOUT DE SUITE QUE JE N’AI PAS DE TALENT ! avait coupé Boltz, livide.

Tout s’était passé en un instant. Brand s’était saisi d’un bout de haie branlant qu’il avait arrachée d’une seule main. Avec un coup de pied, il avait plaqué au sol l’épée sur laquelle se tenait Boltz, qui s’était en conséquence effondré par terre, désorienté. Dans le même temps, il avait secoué son bras, au bout duquel le morceau de haie s’était soudainement animé. Partant du poing de Brand, le bois cabossé s’était durci, avait pris une couleur argentée et s’était aplati. La transformation s’était poursuivie en un clin d’œil, jusqu’à atteindre le bout de la haie, qui formait à présent la pointe d’une épée affûtée. Et cette pointe, Brand la pointait sur le cou de Boltz. Les deux frères s’étaient regardés sans un mot pendant plusieurs secondes. Puis, les yeux à demi ouverts, comme s’il s’ennuyait profondément, Brand avait marmonné :

— C’est très exactement ce que je dis. Tu n’as aucun talent. Tu ne peux pas comprendre pourquoi je suis heureux de partir.

Boltz avait serré les dents, luttant pour garder les yeux secs. Il ne voulait pas qu’il le voie encore pleurer. C’était le moment d’être fort, de lui montrer qu’il devait rester.

— Tu es bien, ici, avait poursuivi Brand d’un ton sombre. Tu n’auras jamais besoin de plus que tout ça et je t’envie presque. Moi…

Il avait levé la tête et avait regardé autour de lui avec mépris, comme si chaque élément qu’il voyait criait la médiocrité, depuis la boue sous ses pieds jusqu’aux poules qui gloussaient à quelques mètres. Ce bref moment d’inattention avait suffi à Boltz pour pivoter sur le flanc et se saisir de l’épée, qu’il avait brandie vers son frère. Il voulait simplement parer son coup, lui montrer qu’il pouvait lui tenir tête. Qu’il savait se battre, lui aussi. Qu’il n’était pas inutile. Mais Brand avait agi trop vite pour lui. Bien trop vite. Peut-être s’était-il senti menacé ? Peut-être avait-il pensé que Boltz cherchait réellement à l’attaquer ?

— Brand, non ! avait hurlé la voix de leur mère depuis la porte de la maison.

Boltz avait senti une douleur fulgurante sur tout un côté de son crâne enfiévré. Un liquide lui avait rempli l’oreille et il avait perdu connaissance…

C’était la dernière fois qu’il l’avait vu. À son réveil, Brand était parti. Il l’avait laissé là, malade, blessé et en colère. Sa mère, en larmes, avait été heureuse de voir partir son fils vers un destin si prometteur, mais s’était lamentée tous les jours de son absence. Plus rien ne brillait chez les Goff. Boltz avait appris à s’entraîner seul depuis et n’avait plus repensé à cet épisode. Pourquoi, alors, revenait-il aujourd’hui le hanter ?

Une lueur rougeâtre pénétra dans la chambre. Le soleil commençait à se lever. Silencieusement, Boltz se glissa hors du lit et prit le sac qu’il avait préparé avant de se coucher. Il y avait rassemblé assez de vêtements pour quelques jours. Il mit son sac d’épées sur son autre épaule en prenant soin d’éviter de les faire tinter, puis il se faufila hors de la pièce en refermant la porte. Une fois arrivé en haut de l’escalier, il hésita un instant. Puis il posa ses affaires et se dirigea vers une autre porte, qu’il ouvrit avec une certaine appréhension. Comme il s’y attendait, Adrasté ne dormait pas. Elle n’était pas non plus dans son lit. Assise près de la fenêtre ouverte, elle avait posé ses bras contre le rebord et regardait les rues désertes. Elle n’avait fait aucun geste qui indiquait qu’elle l’avait entendu entrer, mais elle marmonna :

— Tu n’arrivais pas à dormir ?

— Si, mais mal, admit Boltz, et Filik et moi devons partir, alors…

— Il me l’a dit, oui. Emmenez donc ce lézard loin d’ici, je ne m’en plaindrai pas. Très bonne initiative.

— Écoute… commença Boltz.

Adrasté ferma la fenêtre et se tourna vers lui.

— Je sais ce que tu vas me demander, dit-elle sans l’ombre d’un sourire.

Pourtant, elle ne paraissait pas hostile. Elle s’adossa au mur et poursuivit :

— Je ferai attention à elle. Je ne laisserai rien lui arriver, tu peux partir tranquille.

— Tu n’y es pas, répondit Boltz en secouant la tête.

— Ah ?

— Il n’y a pas que Jaime.

Il tenait à être parfaitement clair. Il n’avait pas essayé de croiser Adrasté jusque-là, mais il avait réfléchi et il lui semblait judicieux de la prévenir.

— Il y a quelques jours, Jaime a vu quelqu’un mourir. Un vieil homme s’est fait tuer sous nos yeux par les Bénis de l’Armée. Et puis…

Il se tut un instant. Adrasté resta immobile, le regard impassible.

— Elle… Elle a fait quelque chose. À ce jour, je ne comprends pas encore très bien et… Toute l’auberge a explosé. On a tous été ensevelis, c’est comme si elle avait créé un champ de force.

— C’était la seule fois ? demanda Adrasté, les lèvres légèrement pincées.

— Oui… Non.

Il venait de se souvenir.

— En libérant les Profanes, alors qu’elle allait ouvrir la dernière cellule, elle a fait exploser les cachots, comme si elle avait mis trop de… charge de don ? Ce n’était pas une explosion aussi forte, mais…

— Je comprends bien, coupa Adrasté.

En la dévisageant, Boltz ne vit aucune trace de surprise ou de perplexité dans les yeux de la Némésis.

— Bien sûr, j’aimerais que tu protèges Jaime pendant notre absence, reprit-il en baissant la tête. Seulement… Il n’y a pas qu’elle. J’aimerais que tu fasses attention. Je ne sais toujours pas ce qui provoque ses pertes de contrôle. Elles ont déjà failli nous tuer. Il faut à tout prix éviter qu’elles se produisent près de… de Maddie ou…

Il sursauta. Pendant qu’il avait la tête baissée, Adrasté s’était avancée vers lui et avait mis une main sur son épaule. Il sentit sa poigne ferme sur son muscle.

— Tu peux partir tranquille. Je ne laisserai rien arriver à personne.

En plongeant son regard bleu dans ses yeux de jais, il vit qu’elle pensait ce qu’elle venait de dire. Il savait également, d’instinct, que la Némésis serait une protection bien plus efficace que lui-même pour leur petite assemblée. Il voyait mal ce qui pouvait leur arriver en sa compagnie. Il repensa toutefois aux explosions de Jaime…

— Je compte sur toi, dit-il enfin.

Ils hochèrent la tête d’un même mouvement. Boltz eut le sentiment qu’Adrasté en savait plus qu’elle voulait bien le laisser voir, mais il n’avait pas le temps de lui demander maintenant. De plus, elle ne lui dirait sûrement rien. Pour le moment, il lui suffirait de savoir qu’elle prendrait soin d’eux, qu’elle se tiendrait prête à écarter Jaime en cas de perte de contrôle et qu’elle ferait attention à elle. Alors qu’il s’apprêtait à partir, Adrasté reprit soudain :

— On ne s’est pas déjà rencontrés ?

Elle plongea son regard dans le sien comme pour compter ses cils.

— Je… Je ne crois pas, dit Boltz, surpris. Tu as cette impression ?

Adrasté hocha la tête en se mordant la lèvre, sans cesser de le détailler avec une insistance qui le mit mal à l’aise.

— Euh… Vraiment, ça m’étonnerait, balbutia Boltz, embarrassé par son examen minutieux. Je m’en serais souvenu.

Adrasté sembla hésiter quelques secondes, puis ferma les yeux, rompant ce contact visuel étrange qu’elle avait instauré.

— Tu as sûrement raison, dit-elle lentement. Je ne vois pas…

Boltz leva les mains, paumes vers le plafond, et haussa les épaules comme pour dire « dommage ». Puis il se dirigea à nouveau vers la porte, qu’il ouvrit silencieusement.

— Prends soin d’eux, glissa-t-il à mi-voix.

Elle n’eut pas besoin de lui répondre.

 

OceanofPDF.com