Legacy, Tome 2- Life

Elma Hilde · Chapitre 1 sur 42

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Legacy, Tome 2- Life

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Elma Hilde

 

Legacy

- Life -

#2

 

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Saige #1

 

 

— Laura ?

Des larmes perlant sous mes paupières, j’observe ses lèvres formuler mon prénom dans une supplique.

Oh, Mac, mon amour... mon bel amour… Tu n’as pas idée comme tu dis vrai : mon cœur est à toi, il t’appartient plus que tu peux le soupçonner. Mon cœur, ton héritage… Il est tout ce qu’il te reste d’elle, elle est l’unique raison de ma présence ici. Mon cœur nous unit comme il nous sépare…

Mais je ne peux pas lutter ! Non, je suis incapable de me battre contre cet amour qui se répand dans mon corps, comme mon sang coule dans mes veines.

— Macsen, murmuré-je lorsque mes jambes menacent de rompre sous moi.

Je me sens tomber sur le sol tandis que ma réalité me rattrape : je suis tellement impuissante ! Comment me séparer de cet homme que j’aime plus que tout ainsi que de cette adorable fillette qui a capturé mon cœur entre ses mains potelées ? C’est inenvisageable ! Je ne peux pas vivre sans leurs sourires, sans ressentir la tendresse dont ils me gâtent jour après jour. Je voudrais trouver la force de partir avant de ne plus être en mesure de cacher ce mal qui me guette et éviter de les faire souffrir, mais c’est auprès d’eux que je désire vivre, qu’importe les problèmes. Je n’ai qu’une place en ce monde et c’est ici, dans cette vie !

La seule chose que je perçois tandis que tout en moi se brise est la présence de Macsen, de ses bras fermés sur mes hanches juste avant que je m’effondre.

Il me réceptionne contre son corps massif.

— Mac...

Mon roc !

Mes pieds quittent la terre ferme quand il me soulève. Dans un besoin d’être rassurée, de me rattacher à tout ce qui me donne de la force, je me suspends à son cou, comme si je craignais de qu’il s’en aille.

Pourtant, c’est moi qui cherchais à le fuir…

— Ma précieuse Laura, me glisse-t-il à l’oreille en m’étreignant avec une surprenante hésitation.

À croire qu’il voudrait me serrer de toutes ses forces tout en me tenant comme la chose la plus fragile qu’il n’a jamais eue entre ses mains. C’est maladroit et beau à la fois. Comme toujours avec mon homme, ses actions, ses émotions, ses pensées se contredisent ; c’est une lutte permanente entre tout ce qu’il est…

— Je suis là, mon amour.

Ses doigts sont dans mes cheveux. Il me réconforte. Moi, je suis enroulée autour de sa taille. Je me cache dans le creux de son épaule. Mon corps est pris de soubresauts qui font écho à mes sanglots.

— Chut, me console-t-il en me berçant tendrement. Ça va aller, ma chérie, je te le promets.

Ses paroles se veulent apaisantes, mais rien n’y fait. Je ne peux contenir ce flot de larmes dû à la fatigue, à la colère et à la frustration. Mon corps et mon esprit sont affaiblis par les pénibles jours qui viennent de s’écouler. Entre mon cœur qui s’épuise progressivement et la bataille que se livrent ma bonne et ma mauvaise conscience, j’ignore par quel tour de magie je tiens encore debout !

Pourquoi, maintenant que tout est enfin parfait, que je suis pleinement heureuse, mon avenir s’annonce-t-il incertain ?

Macsen m’a ouvert son cœur ! Il m’a confié avec une émotion aussi vraie qu’inattendue son amour ; un amour dont je n’aurais jamais pu soupçonner l’existence. Je souhaiterais me délecter de cet instant, le chérir, mais en ai-je seulement la possibilité ? Près de moi, j’ai l’homme le plus merveilleux qui soit et je voudrais trouver le courage de lui livrer mes sombres secrets. Pourtant, mes lèvres restent closes. Mon assurance s’envole lorsque le sort s’acharne à me placer devant l’inévitable vérité.

— J’ai tellement peur, Macsen ! Tout m’effraie : toi, nous, et tout ce qui peut se produire…

— Mais, moi aussi je suis terrifié, Laura.

Je me redresse suffisamment pour le voir. Sa main vacante épouse ma joue. Il me gâte d’un sourire tendre.

— Je ressens toutes ces choses au fond de moi et ça me fiche une trouille bleue. J’ai passé ma vie à essayer de détruire cet aspect de moi, à tenter de rayer tous les sentiments et les émotions qui me rendent plus humain, simplement parce que je les considérais comme une marque de faiblesse. Avant toi et Tempérance, mon existence était plus facile, je prenais moins de risques, mais je ne peux plus ignorer ce que j’éprouve à ton égard ou encore pour ma fille. Mes sentiments sont bel et bien là et je ne veux plus lutter contre ça. Vous faites de moi quelqu’un de meilleur. Tant pis si je m’expose ! Je préfère vous aimer, même si je peux vous perdre à chaque seconde, que de passer une minute sans que vous soyez à moi !

Délicatement, Macsen me dépose à terre et emprisonne mon visage.

— Sais-tu pourquoi je me sens prêt à vivre de cette manière ?

Mes mains se lient aux siennes. De nouvelles larmes roulent sur mes joues.

— Dis-le-moi. J’ai besoin de l’entendre…

— Grâce à toi, Laura ! C’est toi qui m’as rendu suffisamment fort pour surmonter la plus redoutable de mes peurs.

— Je voulais seulement que tu sois heureux…

— Et je le suis ! Plus que j’aurais cru pouvoir l’être un jour !

Ses grands yeux noirs se voilent de tristesse.

— Naïvement, je pensais te restituer ce bonheur, me dit-il la voix aussi tourmentée que son beau regard. En quoi me suis-je trompé ?

Une vague de culpabilité m’assaille, m’oppresse la poitrine, m’étouffe alors que je réalise combien ma tentative de me sauver le blesse.

— Si je n’ai pas su te…

Il déglutit dans une grimace de souffrance. Je me détourne de lui quand je crois qu’il va pleurer. C’est plus que je peux supporter.

— Je suis tellement désolée…

Je le fuis lâchement.

— Laura, regarde-moi, m’implore-t-il.

Je finis par m’exécuter, même si m’immerger dans ses yeux troubles me met le cœur au bord des lèvres.

— Je dois comprendre comment nous en sommes arrivés là, Laura. N’essaie pas de me ménager et dis-moi ce que tu gardes au fond de toi.

— Ce n’est pas de ta faute…

— Non, non, me stoppe-t-il en ramenant mon corps contre le sien.

L’intensité de son regard se précise. Il me scrute au plus profond de mon âme.

— Laura, tes valises sont bouclées, tu étais prête à partir à des centaines de kilomètres de moi, alors tu ne me feras pas croire que je n’ai pas joué un rôle dans ta décision de te sauver.

Je secoue la tête.

— Je t’assure que tu te trompes, Mac ! C’est moi le problème, pas toi !

— Qu’est-ce que tu entends par là ? Je dois comprendre, c’est primordial pour la suite

— Entre mon internat, le bébé et notre vie de couple…

J’essuie mes joues.

— Je me suis sentie dépassée…

De nouveau, mon visage finit captif de ses mains.

— Mais pourquoi ne m’en as-tu pas parlé ?

Je réfléchis à la meilleure réponse à lui fournir, mais Macsen poursuit :

— Je dois pouvoir me fier à toi, mais si tu gardes sous silence des choses aussi importantes, si tu les laisses prendre une telle proportion entre nous, je ne peux pas avoir confiance en toi ou en nous, tu comprends ?

J’acquiesce d’un hochement de tête. Macsen me ramène à lui et plus précisément contre son cœur. Je le sens battre la mesure.

— Mais, c’est fini, maintenant ! affirme-t-il plus sereinement. Je suis arrivé à temps et tu as choisi de rester avec nous.

Je l’enlace. Le simple fait d’entendre le soulagement dans sa voix me ferait presque croire que j’ai pris la bonne décision. Pour moi, oui, c’est évident, mais qu’en est-il de lui et de Tempérance ?

— Je vais faire ce qui est nécessaire pour que notre vie te soit plus agréable à l’avenir…

— Mais, Mac, bronché-je en lui faisant front.

Ses lèvres foncent sur les miennes. Il me fait taire d’un baiser.

— Chut, souffle-t-il contre ma bouche. Laisse-moi agir, s’il te plaît.

— Je me sens si nulle…

— Rien ne justifie que tu ressentes ça ! Tu as dû prendre sur toi depuis que nous nous connaissons. Tu as fait énormément pour le bébé et pour notre histoire. Je pense que le moment est venu pour moi de te rendre la pareille.

Un sourire doux au coin des lèvres, il me détaille silencieusement.

— Ma belle amoureuse, me dit-il avec adoration. Si tu pouvais voir dans mon cœur comme je t’aime, tu comprendrais que tu es pleinement en sécurité auprès de moi.

Il referme ses bras à l’arrière de ma tête et me bloque à quelques centimètres de lui.

— Tu dois absolument savoir quelque chose à propos de moi, Ingalls.

J’esquisse un bref sourire en entendant ce surnom ; un bon indicateur qu’il est maintenant plus détendu. Ses yeux s’insinuent un peu plus en moi comme s’il cherchait à imprimer ses mots dans ma chair.

— Je ne te laisserai jamais t’en aller ! Pars au bout du monde si ça te chante, mais je finirai toujours par te retrouver et te ramener à la maison.

Il plisse subtilement ses yeux sombres. 

— Compris ?

Je me jette à son cou et plonge mon nez au creux de son épaule. Je respire l’odeur de sa peau et me laisse envahir par la sensation d’être exactement là où je suis supposée être.

— Compris !

Il m’étreint avec douceur une dernière fois avant de me relâcher. Sans me quitter du regard — comme s’il craignait encore que je prenne la poudre d’escampette — il ramasse ma valise et appuie sur le bouton d’appel de l’ascenseur. Les portes s’ouvrent instantanément. Il y balance mon bagage et, une main posée en bas de mes reins, me pousse à l’intérieur.

— On rentre à la maison, maintenant ! On a encore quantité de choses à se dire tous les deux.

Je le laisse m’entraîner jusqu’à notre appartement en réalisant que la

fuite n’est plus une option à mon problème. Pour quelle raison ? Parce que

Macsen me ramènera toujours auprès de lui et je le laisserai gagner à

chaque fois...

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