Legacy, Tome 2- Life
Quitter le bloc où se trouve Saige…
Macsen #40
Quitter le bloc où se trouve Saige est probablement ce qu’il y a de mieux à faire alors qu’elle vient de s’endormir. Ma place n’est pas là, mais dans la salle d’attente avec tous les autres membres de sa famille. Pourtant, même si j’en ai pleinement conscience, j’ai l’impression de l’abandonner en franchissant les portes du bloc d’opération. La sentir si ébranlée m’a déchiré le cœur. Alors, dans ce long couloir étrangement silencieux, je me fais glisser contre le mur en laissant échapper un profond soupir reflétant l’angoisse, mais aussi, la fatigue que les derniers évènements éveillent en moi. La tête posée sur mes genoux ramenés contre mon buste, j’essaie tant bien que mal de rassembler mes pensées, d’apaiser ma peur quand une présence attire mon attention. Pour autant, je ne me relève pas.
— Macsen, m’appelle Tessa avec une douceur identique à celle de Saige quand elle s’adresse à moi ou encore à Tempé.
Je ne bouge toujours pas quand elle m’entoure de ses bras.
— Ça va aller, me glisse-t-elle à l’oreille. Je suis certaine que dans quelques heures, Saige sortira du bloc avec un nouveau cœur et que tout ira bien, c’est une battante. Et puis, il y a la petite Tempérance, toi et nous ; à nous tous, nous sommes sa plus grande force. Je connais ma sœur et même si elle s’est sentie dépassée par tout ce qui s’est produit, ces derniers jours, je sais qu’elle veut vivre. Elle nous aime, Mac, et elle se battra pour rester avec nous.
Je hoche la tête avant de chasser mes larmes. Un peu gêné de montrer si ouvertement mes émotions, je me racle la gorge, l’air de rien.
— Il y a quelques personnes dans la pièce voisine qui aimeraient faire ta connaissance, Mac. Tu as besoin d’un moment avant d’aller les voir ?
Je passe lentement les mains le long de mon jean en soufflant.
— Non, non, allons-y. Je vais leur dire qu’elle s’est endormie paisiblement.
Je redresse la tête et plonge mon regard dans celui de Tessa.
— Elle aimerait que Tempé soit là à son réveil.
— Mais elle est à Chicago…
— Non, elle est dans un avion pour Sioux Falls avec ma tante.
— Alors, tout va bien ! me dit-elle avant de m’inviter à me lever.
Soutenu par Tess, je me dresse sur mes deux pieds.
— Nous avons de longues heures à attendre devant nous, ajoute-t-elle, en ouvrant la porte.
— Malheureusement, oui.
À peine avons-nous franchi le seuil de la salle d’attente que sept paires d’yeux m’examinent avec un intérêt évident.
— Bonjour, les salué-je un peu mal à l’aise d’être ainsi épié. Je suis désolé pour mon attitude de tout à l’heure, mais j’ai eu très peur de ne pas la voir avant qu’elle soit anesthésiée.
La main tendue en avant, je m’avance vers cet homme au visage rugueux, à la carrure imposante et fière, d’une bonne cinquante d’année avec les cheveux courts et grisonnants.
— Je crois qu’on s’est parlé au téléphone. Je suis, Macsen.
— Marcus, m’apprend-il en acceptant ma poignée de main.
— Je suis content de vous rencontrer. J’aurais simplement préféré que ce soit dans de meilleures circonstances.
— Le principal est que vous soyez là, ma fille vous a réclamé.
Je lui souris timidement.
— Mac, je te présente Molly, notre maman, m’explique Tessa en m’indiquant la femme qui se tient à la droite de Marcus.
Je suis immédiatement saisi par sa ressemblance avec Saige et Tessa. Elles sont le portrait craché de leur mère.
— Madame Lane, je suis ravi.
Je veux lui serrer la main, mais la mère de Saige me prend dans ses bras et m’embrasse chaleureusement.
— Merci pour ce que vous avez fait, Macsen. Nous sommes heureux que vous soyez parmi nous.
— Merci, marmonné-je toujours aussi intimidé par cette rencontre avec la famille de Saige.
Tessa entreprend de poursuivre les présentations avec les enfants Lane.
— Là, il y a Stanley, Kim, Bella, Jonah et la petite dernière, Marylou.
La benjamine de la fratrie est assise sur l’un des nombreux fauteuils meublant la salle d’attente. Le visage inquiet, elle fixe la porte par laquelle je viens d’entrer. Je m’approche d’elle et pose gentiment ma main sur son épaule avant de me mettre à sa hauteur.
— Bonjour, Marylou.
Elle détourne son regard et je me retrouve une nouvelle fois confronté à deux émeraudes similaires à celles de Laura.
— Salut…
— Je suis restée avec elle jusqu’à ce qu’elle s’endorme et je peux t’assurer qu’elle allait bien. Saige est la personne la plus courageuse que je connaisse et je ne me fais aucun souci pour elle. Elle avait hâte de se réveiller pour nous retrouver tous.
— D’accord, s’exprime-t-elle avec un joli rictus.
Je me redresse et m’intéresse aux autres enfants Lane. Après les avoir salués un à un, nous prenons place dans cette pièce qui sera notre fief pour les prochaines heures. Naturellement, je m’installe près de Tess qui est, pour moi, le visage le plus familier donc le plus rassurant... Ses parents s’asseyent au plus proche de nous. Même si le déroulement de cette journée m’a éreinté aussi bien physiquement que psychologiquement, je devine qu’ils doivent avoir une multitude de questions à me poser et, dans la mesure du possible, je me dois de leur en fournir les réponses.
— Macsen, commence sa mère. Depuis quand le cœur de Saige montre des signes de fatigue ?
— Depuis environ un mois. Malheureusement, je ne suis au courant que depuis une quinzaine de jours.
— Pourquoi ne nous a-t-elle pas parlé plus tôt ? demande son père à Tessa qui se triture les doigts à quelques centimètres de moi.
Avec une flagrante culpabilité, Tessa dévisage son père. La bouche entrouverte, elle commence à bégayer :
— Je… je crois… que… euh…
Je pose ma main sur les siennes et enchaîne pour lui venir en aide.
— Saige nous a tous caché beaucoup de choses depuis qu’elle s’est installée à Chicago. Je me suis senti blessé quand j’en ai pris conscience et je suis encore en colère après elle de m’avoir dissimulé des détails aussi graves sur son état de santé. Cependant, je sais qu’elle a agi pour nous protéger de la vérité.
— Macsen a raison, poursuit Tessa. Tout ce qu’elle voulait était de nous épargner de revivre l’enfer de la maladie, comme lorsque nous étions petites. Je ne pensais pas qu’elle était autant marquée par ce que nous avons traversé avant sa première greffe.
— Pour en avoir discuté avec elle, c’est vrai que c’est un poids qui lui pèse énormément et, malgré tout ce que j’ai pu lui dire, elle ne parvient pas à avoir les choses autrement.
— Pourquoi ma petite fille a-t-elle ce genre de pensée ? se questionne la mère de Saige.
— Simplement parce qu’elle est d’une nature profondément généreuse et altruiste. Tout ce que fait Saige, c’est avant tout dans l’intérêt des gens qu’elle aime.
— Molly, ma chérie, tout ce qui compte c’est qu’elle soit au bloc maintenant. Le plus important, c’est cette opération.
Marcus se tourne alors vers moi.
— Tessa m’a dit que vous êtes cardiologue. Un très bon chirurgien.
— Je fais de mon mieux pour l’être, en tous cas.
— J’ai besoin que vous soyez honnête avec moi, à quoi nous devons nous attendre avec cette nouvelle greffe ?
— Eh bien, je n’ai pas toutes les données, mais Saige est jeune et le docteur Valdez est un bon chirurgien donc l’opération en elle-même devrait bien se dérouler. Après ma plus grosse inquiétude sera qu’elle fasse un rejet.
— Saige m’a dit que selon les statistiques, le cas de rejet est plus élevé en cas de seconde greffe, nous dit Tessa.
Je sens alors le regard de ses parents se braquer sur moi. En tant que médecin, j’ai une expérience, un savoir qu’eux n’ont pas et je dois bien avouer qu’à cet instant, je préférerais être à leur place. En ce moment, je n’ai pas envie de penser comme un chirurgien…
— Ce ne sont que des statistiques, essayé-je de minimiser. J’ai lu son dossier médical et, après sa première transplantation, elle s’est très bien remise, il n’y a eu aucune complication. Alors, oui, aujourd’hui, elle n’a plus le même âge, mais elle reste une jeune femme de 25 ans. Il y a des gens plus réceptifs à la greffe que d’autres. Leur corps, leur métabolisme s’accommodent mieux et je crois que Saige fait partie de ces gens-là.
— Mais si elle fait un rejet, il n’y aura plus rien à faire, n’est-ce pas ?
Dans mon métier, répondre à ces questions difficiles, annoncer aux patients que leur état est sans issue, aux proches qu’ils viennent de perdre un être cher est chose courante et, habituellement, j’arrive à m’en détacher. Mais là, il s’agit de la femme que j’aime, de cette même femme qui s’est logiquement imposée comme une mère douce et aimante pour ma fille.
Je passe mollement les mains le long de ma barbe en prenant une profonde inspiration.
— Non, Marcus, dis-je la tête enfoncée dans mes épaules. Si la greffe ne tient pas, il faudra la remettre en liste d’attente, mais si un cœur n’arrive pas rapidement, il y aura peu d’espoir…
L’homme en face de moi tend sa main sur sa gauche et emprisonne celle de son épouse tandis que celle-ci retient un sanglot. J’aimerais les rassurer, leur dire que tout va bien aller, mais je n’en sais rien moi-même et je flippe autant qu’eux. Tessa passe son bras sous le mien.
— J’ai confiance en mon étoile...
Je m’apprête à rétorquer que moi aussi quand mon téléphone se fait entendre. Je le récupère dans la poche de mon jean. L’appel provient de ma tante.
— Vous avez atterri ?
— À l’instant ! Comment va, ma petite Saige ?
— Elle est au bloc ! L’opération a débuté depuis plusieurs minutes.
— Tu as pu la voir ?
— Oui, on a discuté avant qu’ils ne l’endorment.
— Tant mieux ! Il fallait que vous parliez avant que la greffe ne commence, vous en aviez besoin tous les deux.
— Tu as raison, c’est vrai. Et comment va, ma princesse ?
— Elle a été adorable, un petit ange.
— Vous êtes à l’aéroport ?
— Oui, ton oncle est en train de récupérer la voiture de location et on arrive à l’hôpital.
— Robert est là, lui aussi ?!
— Bien sûr ! Il voulait être à tes côtés et on se fait tous du souci pour notre Saige.
— C’est gentil. Je suis heureux de vous savoir ici.
— Je vais le rejoindre et on se dépêche d’arriver. Tu te sentiras déjà beaucoup mieux quand tu tiendras ta fille dans tes bras.
— Oh, oui, sans aucun doute.
— À tout de suite.
— Tata, l’interpellé-je avant qu’elle ne raccroche.
— Oui, mon chéri.
— Merci d’avoir fait tout ça pour moi. Je vous aime.
— Oh, Macsen… nous aussi, on t’aime, me répond-elle avec émoi.
Un sourire se dessine sur mes lèvres lorsque j’interromps la conversation.
Ma précieuse Tempé sera bientôt auprès de toi…
— Elles sont arrivées ? s’informe ma voisine.
— Oui, mon oncle les accompagne. Ils sont à l’aéroport.
— Il se situe juste à côté. Ils seront là dans quelques minutes, m’explique Tessa avant de se tourner vers ses parents. La fille de Macsen était en chemin pour le rejoindre !
— Vous avez un enfant ? m’interroge Molly, un peu stupéfaite par cette annonce.
— Oui, lui confirmé-je avec fierté. C’est une longue histoire et je laisserai à Saige le plaisir de vous la faire partager, mais ce n’est pas seulement ma fille, c’est la sienne également.
Comme je m’y attendais, Molly et Marcus ne cachent pas leur étonnement.
— Comment ?
— La mère biologique de Tempérance, notre bébé, est partie, il y a quelques mois, en me laissant seul pour l’élever. Saige m’est venue en aide et, avec le temps, elle et la petite ont créé une relation très particulière. Ma fille n’a d’yeux que pour elle, elle l’aime et Saige lui rend cet amour chaque jour que Dieu fait.
— Elle ne m’a rien dit de ça, bredouille tristement Molly à l’intention de Tessa.
Celle-ci s’enfonce un peu plus dans son siège.
— Je pense que Saige ne savait plus comment agir envers vous, moi ou la petite à cause de son état. Elle avait sûrement très peur de ce qui allait lui arriver et cette même peur lui a fait commettre bon nombre d’erreurs, se justifie Tessa.
— Saige m’a paru tellement fragile quand nous avons discuté tout à l’heure, confesse Marcus. Je ne l’avais jamais trouvé si ébranlée.
— Je n’ai pas su voir à quel point elle était en détresse, ajoute Tessa. Nous avons tous fait des erreurs, ces derniers temps.
Nous échangeons un regard entendu.
— Et donc, votre fille arrive de Chicago, c’est ça ? m’interroge Marcus.
— Oui ! Avant de s’endormir, Saige m’a demandé à ce qu’elle soit présente à son réveil. J’avais déjà fait en sorte que ce soit le cas. Ma tante et mon oncle s’occupent d’elle, en ce moment. Ils sont venus dès que je leur ai appris que Saige allait se faire opérer, ils l’aiment énormément.
— Votre tante et votre oncle…
— C’est eux qui m’ont élevé après l’accident qui a coûté la vie à ma famille.
— Seigneur ! Vous avez perdu vos parents ? s’indigne Molly avec compassion.
— Ma petite sœur aussi.
— Maman, intervient Tessa. Saige n’a pas choisi de s’installer à Chicago par hasard. Elle avait une idée bien précise en tête en partant.
— Comment ça ? lui demande son père.
— Lorsque nous étions à l’université, Saige a cherché à en apprendre plus sur l’identité de son donneur.
— Elle a fait ça ? s’étonne Molly.
— Oui et…
Tessa se tait, lève ses gigantesques yeux verts dans ma direction.
— C’est à toi de faire ça, Macsen, c’est ta famille…
Je me penche vers elle et dépose un baiser sur sa tête. J’inspire un grand coup avant de me lancer dans le récit de mon enfance.
— J’avais 9 ans quand mes parents sont morts dans un accident de la route. Ma sœur Legacy a survécu, mais, très vite, les médecins nous ont expliqué qu’elle ne se réveillerait jamais.
Molly et Marcus Lane sont suspendus à mes lèvres.
— Alors, il y a 21 ans, nous avons décidé de la débrancher et de la laisser rejoindre mes parents. Le jour où Legacy s’en est allée est le jour où Saige a reçu son cœur.
— Oh, mon Dieu, s’exclame la mère de Saige en portant une main à sa bouche.
— Voilà pourquoi Saige est venue à Chicago ; elle savait que j’étais le frère de sa donneuse.
Monsieur Lane, le visage plaqué dans ses mains, souffle longuement avant de bondir de son fauteuil. Je l’observe faire, inquiet de l’avoir heurté en lui faisant un tel aveu. Je me lève à mon tour et m’avance vers lui. Il me tourne le dos.
— Monsieur Lane, l’appelé-je doucement. Je suis navré, m’excusé-je sans vraiment savoir de quoi je veux me faire pardonner.
De ne pas avoir fait preuve de plus de tact, de ne pas avoir laissé leur fille leur parler, de leur rappeler ces mauvais souvenirs…
— Désolé, s’indigne-t-il en faisant volte-face dans ma direction. Vous venez de me dire que votre petite sœur a perdu la vie, que grâce à la générosité de votre famille, ma fille a pu vivre et vous vous excusez ?
— Je…
— Et 21 ans après, vous êtes encore là à réaliser l’impossible pour lui sauver la vie et vous vous excusez ?
— C’est… euh… je l’aime, tout simplement…
J’abaisse le regard et fixe mes chaussures.
— J’aurais dû laisser à Saige l’occasion de vous raconter tout ça…
J’ai toujours les yeux rivés sur mes pompes quand je sens s’abattre sur moi une étreinte virile, forte et tellement humble à la fois. Je me retrouve totalement prostré dans les bras du père de Laura.
— Macsen, je n’ai pas les mots pour te dire comme je suis navré pour ta famille et je n’aurais pas assez de mon existence pour te remercier de ce que tu as fait pour ma fille.
— Si vous avez été heureux grâce à Legacy, alors je sais que tout ça n’a pas été vain. Votre fille a fait énormément pour moi. Je suis devenu quelqu’un de meilleur à son contact, mais surtout, elle a fait de moi un père. Je n’étais pas un mec bien quand on s’est rencontré, elle et moi. Je n’avais rien dont je pouvais être fier et, aujourd’hui, grâce à Saige, parce qu’elle m’a fait prendre conscience de qui j’étais, j’ai cette petite fille d’un an qui me met à terre dès qu’elle pose ses yeux sur moi et une femme merveilleuse et renversante à mes côtés pour embellir mon existence. Pendant 21 ans, je me suis fermé au bonheur, à l’amour et Saige m’a réconcilié avec moi-même, avec ma vie. Il n’y a rien que je lui ai donné qu’elle ne m’a pas rendu au centuple.
Marcus, dont l’émotion se lit clairement dans le fond de ses yeux ferme sa main sur ma nuque.
— Tu as perdu ta famille, il y a très longtemps, et jamais personne ne pourra la remplacer, mais sache qu’aujourd’hui, tu as gagné ta place dans celle de Saige. Nous te serons éternellement reconnaissants.
— Merci, Monsieur Lane. Merci infiniment, ça me touche vraiment.
Il vient de me relâcher lorsque j’entends :
— Baba !
Un éclair de bonheur, il n’y a pas d’autres mots pour décrire ce que je ressens au son de la voix de mon petit ange qui m’appelle. Un éclair de bonheur qui me transperce la poitrine. Je virevolte et trouve avec ravissement, ma merveilleuse Tempérance contre Nicole. Elle s’agite, tend ses minuscules mains potelés dans ma direction. Je me précipite vers elle et la laisse se jeter dans mes bras.
— Oh, ma jolie princesse, tu m’as tellement manqué !
Ma fille ne perd pas une seconde pour se blottir contre moi. J’en profite pour embrasser tendrement ma tante et mon oncle.
— Merci d’avoir fait le déplacement, remercié-je Robert. J’apprécie que vous soyez là. Saige sera ravie de vous voir à son réveil.
— Mais c’est normal, mon grand. On est une famille !
Je m’adresse alors à eux deux :
— En parlant de famille, je voudrais vous présenter les parents de Saige.
La mère de Laura est la première à venir à leur rencontre et l’étreinte chaleureuse et gorgée de reconnaissance dont elle les gâte est plus que touchante. Nicole et Robert ne paraissent pas gênés de ça.
Je me hâte de faire les présentations et, très vite, les parents de Saige s’intéressent à la petite chipie dans mes bras, mais celle-ci fait la timide, se cache dans mon cou.
— Tempérance, mon cœur, tu dis « bonjour » à Molly et Marcus. Ce sont le papa et la maman de ta maman.
Il n’en faut pas plus pour que ses billes azur s’ouvrent en grand.
— Mama, babille-t-elle, joyeusement.
— Elle n’a pas cessé de la réclamer au cours du voyage, m’explique Nicole.
— Maman fait encore dodo, mais tu pourras la voir bientôt, mon ange.
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