Legacy, Tome 2- Life
— Trois mois plus tard –
Macsen#50
— Trois mois plus tard –
Bip, bip, bip...
Mon poing s’abat violemment sur ce maudit réveil beuglant à travers ma chambre à coucher.
— Ce n’est pas vrai, ronchonné-je en roulant sur le matelas. Il ne peut pas être déjà l’heure...
Un coup d’œil courroucé en direction de mon réveil m’apprend qu’il est bien l’heure de me lever et d’aller travailler. Il faut dire que la nuit a été courte ! J’ai quitté le bloc à deux heures du matin, alors entre le temps de rentrer à la maison et de me coucher, je n’ai que trois heures de sommeil à mon actif et une longue journée qui m’attend ! Mais avant d’en arriver là, je dois réveiller ma fille, lui donner son petit-déjeuner et la préparer pour la crèche.
La première étape de ma matinée me conduit à la salle de bains.
Une bonne douche me permettra de m’éclaircir les idées...
Fraîchement lavé et habillé, je descends au rez-de-chaussée de cette immense maison dont je viens de faire l’acquisition. La preuve en est ; il y a des cartons éparpillés dans toutes les pièces. Entre ce récent emménagement et mon boulot qui me demande un temps fou, je n’ai pas eu l’occasion ni de finir notre installation ni même de prendre mes marques dans ce nouvel environnement.
Voilà pourquoi le simple fait de me préparer un café ressemble à un véritable chemin de croix. Sans oublier que Julia essaie de mettre un peu d’ordre ici et là. Résultat, je suis vite perdu dans ma propre maison.
Je consulte ma montre pendant que mon café coule. J’ai encore cinq minutes devant moi avant d’aller réveiller Tempé et j’attends toujours le dernier moment pour monter la chercher. Ses journées sont déjà tellement remplies.
Mon mug dans la main droite, je marche jusqu’au tiroir de ce bureau encastré placé dans le couloir reliant la cuisine au salon. Je l’ouvre, prends entre mes doigts ce courrier froissé et le parcours pour la centième fois au moins, depuis que je l’ai trouvé dans ma boîte aux lettres.
Comme si son contenu allait changer comme par magie.
J’ai beau l’avoir lu et relu à maintes reprises, il me fout toujours en pétard. Je soupire avant de le faire disparaître dans le tiroir d’où je viens de le sortir en me disant qu’il faudrait que je trouve le courage de le balancer à la poubelle une bonne fois pour toutes.
Adossé contre le mur, je me pince l’arête du nez avant d’extirper mon portable de la poche de mon jean.
Continuons avec les choses qui fâchent, me chantonne ma conscience comme pour m’encourager.
Mes doigts se mettent à glisser sur l’écran de mon téléphone, y rédigent un SMS.
« Billets réservés pour dimanche ! Le vol de Tessa décolle à 8 h 45. Elles repartiront après le déjeuner. »
J’envoie ce message destiné à Saige en me disant qu’elle dormira encore en le recevant. Sa réponse — s’il y en a une — me parviendra pendant que je bosserai et ça sera une très bonne excuse pour ne pas y accorder d’importance.
— Le SMS — notre seul et unique moyen de communication depuis mon départ de Sioux Falls. Notre petite organisation est plutôt bien rôdée, maintenant ! Tessa prend un l’avion pour Chicago, le dimanche matin, on déjeune au resto, le midi et elle et Tempérance reprennent un vol dans le courant de la journée.
Tessa... qu’est-ce que je ferai sans elle ?
Elle est d’un grand soutien dans notre nouveau mode de fonctionnement surtout avec une tête de mule comme Saige ! J’ai eu si souvent envie de l’appeler pour lui dire d’arrêter d’être aussi stupide et de mettre un peu du sien pour nous faciliter les choses, mais je ferme ma gueule pour Tempérance. Tessa prend énormément sur elle pour que tout ça soit possible ! Voilà maintenant trois mois qu’elle prend l’avion tous les dimanches, qu’elle est séparée de Shane et je flippe à l’idée qu’un jour elle ne puisse plus se sacrifier de la sorte.
D’après ses dires, Saige est encore affaiblie par la greffe et j’ai peur qu’on ne puisse pas envisager les choses autrement avant un long moment, ce qui me prend vraiment la tête parce que Shane en bave ! Je sais qu’il a été la voir quelques jours à Sioux Falls, qu’il se joint à nous chaque dimanche, mais ça n’a rien de simple pour deux personnes qui tentent de former un couple.
Nouveau coup d’œil à ma montre. Cette fois, je ne peux plus repousser, je dois aller réveiller mon petit ange.
**
— Salut, mon pote !
— Hux, salué-je mon ami en lui offrant une poignée de main quand celui me rejoint près de la machine à café. Tu en veux un ?
Il accepte avant de se frotter les paupières en soupirant d’un air las.
— Je suis vanné, se lamente-t-il avant de se laisser tomber sur le fauteuil de cuir de la salle de repos.
— Ne m’en parle pas ! J’ai dû dormir quelque chose comme trois heures !
— Tu as fait la sieste, quoi !
Je ris.
— Ouais, c’est un peu ça.
Je dépose ma tasse sur la table basse et m’installe face à Hux qui récupère celle que je lui tends.
— Merci, mec, t’assures...
— Quelque chose me dit que ta nuit n’a pas été écourtée pour les mêmes raisons que moi...
— Si les raisons en question ne sont pas des jambes magnifiques, une chevelure blonde comme les blés et une bouche ourlée comme tu n’en as jamais vu de ta vie, alors non !
Je glousse.
— Elle était blonde, elle avait 45 ans et une aorte à changer en urgence, ricané-je.
— Arrête, Mac, je vais finir par envier ton quotidien…
Il boit une gorgée de son breuvage avant de me jauger avec sérieux.
— Tu sais, tu devrais venir avec moi un soir...
— Huxley !
Il lève les mains en l’air.
— Je ne te dis pas de picoler et de baiser d’autres nanas, Macsen, mais on pourrait passer un moment entre potes. On prendrait un verre et on bavarderait.
Je hausse le sourcil peu convaincu par sa proposition.
— Je te jure que je n’essaierai pas de te guider dans une voie que tu ne veux plus emprunter. Tu désires vivre ton existence d’une certaine manière et je respecte ton choix, mais tu peux bien t’accorder une soirée de détente sans pour autant revenir à ton mode de vie passé.
— Je ne sais pas, Hux. Oui, on pourrait s’organiser ça, mais ce n’est pas simple avec Tempérance...
— Attends, tu te fous de moi ?! Elle va chez sa mère une semaine sur deux, non ?!
— Si, c’est vrai...
— Alors, qu’est-ce qui te retient ?
— Bah, je ne sais pas si je suis prêt pour ça...
— Hé, me dit-il avec sympathie. Je ne suis pas en train de te dire de refaire ta vie, Macsen. Shane fait une gueule de six pieds de long. Toi, tu passes ton temps entre ton boulot et ta fille. Je dis simplement qu’on pourrait prendre quelques heures pour boire un coup et oublier un peu le quotidien.
— OK ! abdiqué-je. Tempé part à Ploucland, dimanche. On en parle à Shane et on se pose une soirée !
— Ça, c’est mon pote, s’enthousiasme Hux en se frottant les mains.
Je lève le doigt vers lui.
— Ne me fais pas tomber dans je ne sais quel traquenard ou je te jure que...
— Je ne suis pas con, Mac ! Tu n’es clairement pas prêt pour ça !
La sonnerie de mon portable détourne mon attention d’Hux.
« Comme d’habitude, quoi ! »
Je soupire en prenant connaissance de la réponse de Saige.
— Mauvaise nouvelle ? s’inquiète Hux de mon air contrarié.
— Non, non, c’est Saige qui n’a décidément pas envie de calmer le jeu entre nous. Je ne comprends pas, on s’est quitté en bon terme et j’ai pensé qu’on pourrait s’entendre, mais elle s’est fermée comme une huître après notre départ...
— Oublie la mormon, ça finira par lui passer !
Huxley se lève et me donne un coup sur l’épaule.
— Allez, viens, on a du boulot !
J’imite mon ami et le suis dans les couloirs d’UC jusqu’au service de cardiologie.
Comme à son habitude, Shane est à son poste. J’ai un pincement au cœur en le voyant perdu dans ses pensées, car je sais déjà qui les occupe et j’aimerais pouvoir les aider, lui et Tessa, mais la mauvaise volonté de Saige me rend totalement impuissant.
— Salut ! dis-je un peu coupable en arrivant derrière le comptoir.
Il se tourne vers moi.
— Salut, Mac, ça va ?
— Pas trop mal. Et toi ?
— Ça va, tranquillement.
— Je viens de prendre un café avec Hux et il a proposé qu’on aille boire un verre tous les trois...
Le regard qu’il me lance pourrait presque me faire rire s’il n’était pas aussi sérieux.
— Quoi ?!
— Je n’ai pas envie de renouer avec votre duo de queutards, Macsen, s’exclame-t-il choqué que je puisse y songer. Tu en es rendu là, vraiment ?
— Ne dis pas de connerie, putain ! C’est simplement un verre !
— Bah tiens...
Je le foudroie du regard.
— Je pensais que tu me connaissais mieux que ça, Shane...
— Dès que Hux est mêlé à un truc, ça part toujours en vrille, Macsen, alors, oui, je te comprends et justement je ne sais pas pourquoi tu te bornes à rester ami avec ce type.
— Il respecte les changeme nts que j’ai apportés à ma vie !
— Tu es vraiment certain de ça ?
— Oui, et je peux te le prouver ! Allons boire un verre et tu verras qu’il n’essaiera pas de nous influencer.
— OK ! Je veux bien, mais s’il commence à délirer, je me casse !
— Marché conclu !
Je lui tends la main, il la serre avant de se replonger dans l’écran de son ordinateur.
— Illumine ma journée, Shane et dis-moi quel interne débile m’a encore collé Moore, s’il te plaît.
— Justement, je regardais le planning avant ton arrivée et je n’ai pas de nom à te donner.
— Je devrais avoir commencé mes visites depuis cinq minutes et je n’ai personne sous la main ?
Il hausse les épaules.
— Bah non...
— C’est vraiment génial, bougonné-je en attrapant mon portable. Je vais appeler ce blaireau...
Je compose le numéro du chef. Il me répond rapidement.
— Moore ?
— Je n’ai pas d’interne, ce matin ?
— Si, justement, il est en chemin !
— Je suis en retard pour mes visites, en rajouté-je une couche.
— À cause de votre interne ou parce que vous étiez trop occupé à prendre un café en salle de garde ?
Sa remarque me met en boule, même si je sais qu’elle est justifiée. Ce qui me gonfle vraiment c’est qu’il se soit permis de la faire.
— J’espère qu’il y a une bonne raison à son retard !
Et je raccroche. Shane, un sourire en coin, me dévisage désemparé.
— Qu’est-ce que tu peux être con...
— Il n’est pas foutu de faire un planning et il vient me prendre la tête pour un putain de café !
Je range mon téléphone en vociférant :
— Je ne sais pas quel crétin il m’a collé dans les pattes, mais je vais lui faire regretter de m’avoir mis de mauvais poil.
Je lève le nez vers Shane quand :
— Bonjour, Docteur Cole !
Je balance la tête sur le côté et découvre la personne qui vient de m’interpeller. Mes doigts s’accrochent au bois du comptoir lorsque je contemple ma nouvelle interne de haut en bas. Tout mon corps s’embrase en parcourant chacune de ses formes alléchantes, captivantes.
Putain, regarde ailleurs que dans son décolleté, abruti !
Mais mon corps me trahit et mon entrejambe se réveille d’un long sommeil.
— Désolée pour mon retard !
Cette bouche... Bordel, quelle putain de merveille….
— Je... J’ai... bafouillé-je comme un idiot.
Putain, je suis dans la merde jusqu’au cou !
J’échange un regard avec Shane. Il a un léger haussement d’épaule.
— Voulez-vous que nous commencions par vos visites ?
Elle se met en route et son parfum s’envole quand elle remue. Les yeux clos, j’inspire un grand coup quand la plus impressionnante des érections grossit dans mon boxer.
Non, pas ça... Je vous en supplie, pas ça... Je suis pas prêt à gérer ça...
À suivre...
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Elma Hilde