Legacy, Tome 2- Life

Elma Hilde · Chapitre 13 sur 42

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Legacy, Tome 2- Life

Allez, Saige, ouvre les yeux, m’encouragé-je dans…

Saige #15

 

 

Allez, Saige, ouvre les yeux, m’encouragé-je dans ma tête, en luttant péniblement contre cette impression d’abrutissement qui me retient captive de ce sommeil pesant. Mais tout me semble si lourd, si difficile. J’ai la sensation que tout mon corps est oppressé par un poids incommensurable.

Cela fait des jours que je brave cette fatigue causée par mon état de santé et, aujourd’hui, elle a repris le dessus. Toute ma volonté s’est évaporée pour la laisser régner en maître. C’est elle qui décide si je peux me réveiller ou non ! Elle me contrôle et mon esprit, bien plus récalcitrant, lutte tant bien que mal pour ne pas s’avouer vaincu. Mon corps me lâche, mais ma tête, elle, se démène pour ne pas sombrer.

Péniblement, j’ouvre un œil, puis le second. Je cligne des paupières à plusieurs reprises en bravant l’épuisement. Doucement, ma vue s’accommode de la lumière. Je découvre, sans grande surprise, une chambre d’hôpital. Mes souvenirs ne sont pas embrumés par la torpeur. Non, tout fonctionne à cent à l’heure à ce niveau-là.

Je me rappelle très bien ma discussion avec cette infirmière, puis cette sensation de malaise. Je me revois entrer dans ce placard à fournitures pour y reprendre mes esprits, tandis qu’une vague d’angoisse me submergeait. Puis il y a eu cette douleur à la poitrine... Elle est arrivée et m’a assaillie avec une telle violence que rester debout était impossible. La dernière chose dont je me souviens ce sont les quelques mots échangés avec Collins. J’ai eu une pensée pour ma fille et, plus rien, jusqu’à mon premier réveil.

Je me suis sentie totalement désorientée. Je ne savais plus où j’étais et ce qui m’était arrivé, mais le visage familier de Collins m’a immédiatement rassuré. Gentiment, elle m’a expliqué ce qui s’était passé et j’ai été prise d’une crise de panique lorsqu’elle m’a parlé de Macsen.

Mon pauvre amour… qu’est-ce que je t’ai fait endurer ?

Je savais que ça se terminerait ainsi, que tout s’effondrerait autour de moi sans que je puisse faire marche arrière.

Je n’ai pas remué le petit doigt pour éviter cette catastrophe. Non, j’ai menti encore et encore !

Maintenant, le résultat est là : j’ai tout fichu en l’air ! Comment vais-je pouvoir le revoir après lui avoir infligé une telle épreuve ? Je lui ai fait du mal alors que mon unique but était de le protéger…

— Macsen...

Mais les sons qui sortent de ma bouche sont presque inaudibles. Mes paupières bien trop lourdes pour que je les maintienne ouvertes.

— Oh, mon étoile...

Je sens la chaleur d’une main sur ma joue.

— Saige, tu m’entends ?

J’essaie de remuer la tête pour répondre « oui », mais je ne suis pas certaine d’y parvenir, je n’ai pas l’impression de bouger.

— C’est moi, Saige, c’est Tessa !

— Mac, tenté-je une nouvelle fois.

— Il est en bas avec sa tante et Tempérance. Je vais l’appeler, il sera là dans une seconde.

Tempérance… Oh, mon amour, qu’est-ce que je nous ai fait ? Rien ne sera plus jamais pareil et c’est entièrement de ma faute… Maman te demande pardon…

— Je suis désolée...

Je sens le baiser de ma sœur sur mon front.

— Je sais, mon étoile.

Mes yeux se mettent à me brûler quand mes larmes arrivent.

— Je ne voulais pas...

— Tout va s’arranger, maintenant. Mac va veiller sur toi !

— Il ne doit pas me voir comme ça, sangloté-je.

— Mais tu ne peux pas lui demander ça, Saige, il a besoin d’être présent à tes côtés. Cet homme est fou de toi !

Je secoue la tête et, cette fois, je sais que j’y parviens.

— Pas comme ça, pas ici...

De nouveau, la main de Tessa se presse contre mon visage.

— Je comprends ta peur de le faire souffrir, mais c’est en le repoussant que tu le blesses vraiment. Laisse-le t’aider, Saige, je t’en supplie.

— Ce n’était pas censé se passer ainsi. Je n’aurais jamais dû venir ici.

— Si et, tu le sais parfaitement ! Macsen avait besoin de toi et Tempé aussi !

J’ouvre les yeux une nouvelle fois et cette tache me semble moins difficile.

— Hé, me dit tendrement ma jumelle quand nos regards se croisent.

Elle tend une main vers moi et chasse mes larmes.

— Tout va bien aller maintenant, me rassure-t-elle. Macsen sait que tu es malade. Il va trouver un moyen de te guérir, j’en suis convaincue.

— J’ai si peur.

— On est tous effrayés par ce qui t’arrive, mais, aujourd’hui, tu n’as plus à vivre ta maladie seule ! Je suis avec toi, Mac est là lui aussi !

— Et ma fille ...

— Nicole est venue la chercher pour qu’il puisse passer la nuit avec toi.

— Quelle heure est-il ?

— Presque 19 h.

19 h ! J’ai été inconsciente toute la journée.

Une présence dans la chambre me détourne de ma sœur. Sur le pas de la porte, vêtu de sa blouse blanche, le docteur Collins est appuyé au chambranle.

— Docteur Collins, marmonné-je, la voix toujours pâteuse.

Elle marche jusqu’à moi, obligeant Tessa à lui faire la place.

— Comment vous sentez-vous, Saige ?

— Stupide, lui avoué-je honteuse.

— Heureuse de l’entendre, me houspille-t-elle gentiment, en s’équipant de son stéthoscope.

Elle commence à m’examiner avec attention.

— Votre cœur a repris un rythme à peu près normal, c’est bon signe !

— Je suis tellement désolée.

De nouvelles larmes font leur apparition.

— Je voulais seulement le préserver de tout ça...

Je porte une main à mes yeux.

— Je comprends vos motivations. Je vous l’ai déjà expliqué à plusieurs reprises, mais en agissant ainsi, c’est vous que vous avez mise en danger. Nous l’avons échappé belle !

— Que va-t-il se passer maintenant ?

— Nous allons devoir surveiller votre cœur de manière constante. Il vous faut un repos total !

Je hoche la tête.

— Je ne vous cache pas que plus tôt le centre nous appellera, mieux ça vaudra.

— Je vais devoir rester ici en attendant, n’est-ce pas ?

— Pour le moment, il est hors de questions que vous quittiez l’hôpital.

— D’accord.

Je lève un regard inquiet vers le docteur Collins.

— Il est furieux, j’imagine...

— Disons que j’ai passé un sale quart d’heure.

Je pose une main sur son avant-bras.

— Je suis vraiment navrée. Tout ceci est ma faute.

— Non, Saige, vous étiez ma patiente et une collègue, j’aurais dû me montrer plus intransigeante avec vous. Macsen n’a pas totalement tort.

— Vous n’êtes pas la seule que je n’ai pas écoutée. Ma sœur m’a souvent encouragé à parler avec Macsen.

— Moi aussi, j’aurais dû réagir plus tôt, s’apitoie Tessa. Je suis venue dans le but de la mettre devant le fait accompli, mais il y a un moment que j’aurais dû entreprendre cette démarche !

— C’est pour ça que tu es là ?

— Bien sûr !

— J’ai supposé que Mac t’avait appelé...

— Non, j’étais présente quand tu as fait ton malaise.

Le docteur Collins qui examine les moniteurs auxquels je suis reliée avant de reprendre la parole :

— Vos constantes sont rassurantes. Je reviendrai vous voir avant de partir. J’ai cru comprendre que Macsen restait auprès de vous, cette nuit.

— Oui, il va dormir ici, lui confirme Tessa.

— Dans ce cas, je peux être certaine que vous êtes entre de bonnes mains jusqu’à demain.

— Merci, Docteur Collins !

Elle s’intéresse alors à Tessa.

— Il faut qu’elle se repose un maximum. Je vous demande de veiller à ce qu’elle ne reçoive pas la visite d’autres personnes que vous et Mac.

— Vous pouvez compter sur moi !

— Mais Tempé, bafouillé-je déçue qu’on m’interdise de voir ma fille.

Le regard sévère que me lance Collins me fait regretter mes paroles.

— Vous avez déjà trop souvent sapé mon autorité et votre présence dans ce lit en est la conséquence directe. Il est temps que vous fassiez ce qui est bon pour vous !

J’opine du chef.

— Maintenant, reposez-vous, m’ordonne-t-elle avant de me faire un sourire réconfortant. Je repasse tout à l’heure.

— Merci.

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