Legacy, Tome 2- Life

Elma Hilde · Chapitre 6 sur 42

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Legacy, Tome 2- Life

Bien calée dans cette luge que nous…

Saige#7

 

Bien calée dans cette luge que nous avons achetée pour elle, Tempé nous regarde tour à tour alors que nous grimpons cette bosse de terre le long de laquelle nous la faisons glisser depuis quelques minutes. Ce petit jeu semble ravir mon joli trésor qui riait aux éclats tandis qu’elle dévalait cette descente. La voir s’amuser autant est un pur plaisir, pour moi comme pour son père.

— Allez, mon cœur, s’écrie Macsen tandis que j’arrive en haut de la butte. Maman va te pousser et tu vas rejoindre papa.

Tempé s’agite dans la luge en riant.

— Elle n’a peur de rien, me régalé-je de la voir si heureuse.

Je la mets en place avant de m’agenouiller à son niveau.

— Tu es prête, ma championne ?

Nouveau sourire. Une fois assurée qu’elle est en sécurité, je me positionne dans son dos.

— Accroche-toi ma chérie, on décolle !

Mac, à quelques pas de nous, écarte les bras pour l’accueillir.

— Viens mon cœur, je t’attends !

Je la pousse prudemment et la petite luge amorce la descente. Les éclats de rire de Tempé résonnent à travers les grands arbres enneigés qui nous entourent. En l’espace de quelques secondes, elle rejoint son père qui soulève sa fille dans ses bras lorsqu’elle s’immobilise à ses pieds. Il l’accueille d’un gros baiser bruyant tandis qu’elle se marre toujours autant.

— Je sais que faire de la luge t’amuse vraiment, mais nous allons devoir rentrer avant que tu n’attrapes froid.

Je marche jusqu’à eux. Macsen enroule son bras sur mes épaules.

— Papa a raison ! Nous sommes dehors depuis un petit moment.

Je ramasse son jouet dans la neige.

— Allons-nous réchauffer à la maison, nous invite Macsen, en me proposant sa main.

Je l’accepte et le suis à travers le jardin en direction de ce chemin, lui aussi immaculé, où seules les traces de pas de notre précédent passage ont altéré cette perfection blanche. Nous gravissons les quelques marches donnant sur la terrasse de la maison jusqu’à la baie vitrée ouvrant sur le salon. Là nous nous débarrassons de nos vêtements d’hiver. Puis, je me hâte de me rendre à la cuisine où je nous concocte un petit goûter. Macsen me rejoint et installe Tempé dans sa chaise haute. Il lui donne un biscuit et ma goulue s’empresse de le porter à ses lèvres pour le dévorer.

— Ça creuse le grand air, mon amour ?

De mon côté, je nous fais couler deux tasses d’un café bien chaud. Mac, lui, s’assied autour de l’îlot central et tapote des doigts sur le marbre et la nervosité dont il fait preuve dans ce simple geste met mes sens en alerte.

Il n’y a plus qu’aucune tension entre nous depuis qu’il est rentré à la maison après notre dispute, il y a trois jours de ça, trois jours absolument parfaits. L’alchimie qui règne entre nous est tellement intense et belle que je tremble, rien que de le voir si sérieux. Je redoute la suite…

— Bébé, tout va bien ?

— Je...

Il se racle la gorge avant de relever la tête vers moi.

— Laura, j’aimerais qu’on parle de quelque chose…

Un début de phrase qui n’annonce rien de bon. Macsen a pris à cœur de me faire passer un merveilleux séjour ici et, malgré notre altercation, il a mis de côté ses interrogations à mon propos, mais elles ne se sont pas envolées pour autant ! J’imagine qu’il aimerait que tout soit posé entre nous avant notre retour à Chicago et nous reprenons la route demain.

— Mac... Je sais que rien n’est résolu entre nous. On doit mettre certains sujets sur la table, mais Bébé, on est si bien ici. On ne pourrait pas attendre que nous soyons à Chicago avant d’avoir cette discussion ?

Il se plante sur ses pieds et me rejoint en deux pas. Face à moi, il pose une main sur mes hanches et de l’autre me fait lever le nez vers lui. Les yeux dans les yeux, il caresse doucement ma joue.

— Ma Laura, susurre-t-il d’une voix pleine de tendresse. Ce n’est pas de ce qui s’est passé au début de notre séjour dont je veux te parler…

— Ah, non ?

Une à une, il repousse les mèches de mes cheveux dans mon dos.

— J’avais une tout autre idée en tête, en fait.

Il est bien plus espiègle dans ces quelques mots.

— Je t’écoute, l’encouragé-je, soudainement piquée de curiosité.

— Dès notre retour à la maison, je souhaite entreprendre toutes les démarches nécessaires pour faire de Tempé ma fille de manière officielle.

J’ouvre grand les yeux à l’annonce de son projet. Ils ne tardent pas à se remplir de mes larmes...

— Et, si tu es d’accord, je veux faire tout ce qui possible pour que tu deviennes sa mère.

Mes mains rejoignent les siennes tandis que mes larmes roulent sur mes joues.

Moi ! La mère de Tempé !?!

Je n’ai jamais rien entendu de plus mélodieux, de plus sublime à mes oreilles. Mon cœur n’en demande pas davantage pour se mettre à tambouriner dans ma poitrine. Il s’envole, emporté par l’amour qu’il voue à cette incroyable fillette qui le remplit de bonheur en retour. Mais ma réalité est bien trop compromise pour que je me permette de donner de faux espoirs à cette enfant. Entre une mère en fuite et une mère mourante, elle n’a décidément aucune chance....

— Mac...

Son prénom s’échoue sur ses lèvres quand il m’embrasse. Je le repousse gentiment.

— Non, attends !

Ses mains fortes et viriles encadrent mon visage.

— Je sais que je t’ai dit qu’on devait ralentir, mais j’ai besoin que tu m’écoutes, Laura ! Tu dois comprendre comme tu es importante, même primordiale dans ma vie comme dans la sienne. On ne peut plus se passer de toi, de ta présence à nos côtés. Tu es la seule raison à notre bonheur et devenir sa mère est la démarche la plus logique, mais aussi la plus naturelle qui soit quand on sait ce que tu as fait pour elle... pour moi, également.

— J’aime ton enfant comme si elle était de moi, Macsen. Ce n’est pas le problème....

— Alors, il n’y en a aucun, m’objecte-t-il.

— Si justement !

— Non !!!

— Elle a déjà une mère !

— Arrête !!!

Il fait trois pas dans la cuisine avant de se tourner vers moi.

— Merde, Saige, tu ne vas pas la défendre maintenant ?!

— Bien sûr que non, mais il y a une vérité que je ne peux pas modifier à ma guise !

— Elle l’a abandonné, s’écrie-t-il, faisant sursauter Tempé dans sa chaise.

— Mac, le réprimandé-je, choquée qu’il ait osé le dire devant elle.

Je m’approche de Tempé et la prends dans mes bras pour la rassurer.

— Nous parlerons de ça plus tard !

— Je refuse, beugle-t-il. On en discute ici et maintenant.

— Macsen !!!

— J’en ai plein le cul des tabous entre nous, Saige ! Tu ne m’apprends rien sur ce qui te perturbe, maintenant tu ne veux pas qu’on aborde le cas de Tempérance !

— Ce n’est pas ça…

— Alors, qu’est-ce que c’est ?

— Ce n’est pas de son avenir qu’il est réellement question !

— Voilà des mois que tu m’accables de tes reproches, en me répétant sans cesse que je ne sais pas prendre mes responsabilités, mais c’est TOI qui n’en es pas capable ! Comme toujours, tu me fais la morale, mais tu es vraiment mal placée !!!

Oh, si, mon amour, je les connais parfaitement, là est tout le problème !!! Devenir la mère de Tempé alors que je ne suis pas certaine d’avoir un lendemain, comment pourrais-je lui faire endurer ça ?

— Tu ne comprends pas...

— Je suis sûrement trop stupide, mais oui, ça ne me saute pas aux yeux ! Pourquoi refuses-tu de faire de nous une famille ?!

— Vous l’êtes, Macsen, et je n’ai pas besoin d’un papier ou je ne sais quoi pour que ce soit le cas !

— Moi non plus, mais toi, moi et le bébé, ça deviendrait plus réel si on me disait de manière officielle qu’elle est notre fille ! C’est l’aboutissement de tout ce travail que j’ai fait sur moi, sur ma vie !

Son air de chien battu me fait frémir.

— Je te donne tout ce que tu voulais, je suis tout ce que tu désirais. Je n’aurais pas la prétention de dire que je suis le mec parfait, mais là, je dépose mon cœur à tes pieds ! Je t’en prie, Saige, fais de nous une famille !

Je ne peux plus retenir mes larmes et me transforme en chutes du Niagara en saisissant si violemment l’émotion dans sa voix. Pris d’un excès de pudeur, il me fuit. Je marche jusqu’à lui et appose ma main sur sa joue à la recherche de son regard troublé.

— Je t’aime plus que ma vie, Macsen, et je refuse que tu doutes de mes sentiments pour toi ou pour Tempé. Je veux tout ce que tu m’offres, je te le jure.

Je me love contre lui sans rompre notre contact visuel.

— Tu es quelqu’un d’entier, mon amour. Quand tu ouvres ton cœur, tu le fais sans retenue et avec une grande générosité. Tu n’es pas comme je le désirais, tu es bien au-delà de tout ce dont j’ai pu rêver un jour. Tu vois les choses avec beaucoup de simplicité. Tu m’aimes, je t’aime et, tous les deux, nous avons la possibilité de fournir un foyer stable et rempli de tendresse pour Tempé, alors, naturellement, c’est ce que tu souhaites pour elle et je désire la même chose. Seulement, on doit regarder plus loin que ce cocon que nous avons créé pour elle. Depuis des mois, je m’occupe d’elle. Chaque jour, je lui apporte tout ce dont elle a besoin sur un plan affectif et mon amour pour elle n’a pas de limites. Tu vois en moi une mère pour ta fille et j’en suis extrêmement touchée, mais Mac, elle a une mère.

Il s’apprête à prendre la parole. Je me hâte de poursuivre :

— Oui, ce n’est pas une bonne mère ! Je ne dirai pas le contraire. Cependant, je ne peux pas occulter ça ! Nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Que ferons-nous si elle réapparaît dans une semaine ou un même un an ?

— Elle a fait un choix en te la laissant à l’hôpital, elle a renoncé à ses droits !!!

— De ton point de vue, oui, mais il y a des lois...

— Tu crois qu’il y a des lois pour protéger des mères toxicos qui délaissent leurs enfants.

— Non, bien sûr que non, mais ça ne peut pas être aussi facile qu’«elle est partie donc la place est libre ! ».

— Pourtant, ça n’a rien de sorcier ! À notre retour, nous pourrions aller voir un avocat et lui demander ce qu’il est possible de faire, OK ?

Je presse mon front contre son torse. Comment lutter contre la détermination dont il fait preuve ? Mon plus grand désir est de fonder une famille avec cet homme. Je le veux plus que je n’aie jamais rien souhaité dans mon existence. J’aimerais être la mère de Tempé de façon plus officielle, mais je ne peux pas agir égoïstement. Je dois songer aux conséquences que mes actes auront sur elle, sur Mac aussi.

— Entendu ! Nous prendrons rendez-vous et nous verrons ce qu’il nous est possible de faire.

Il me saisit à la nuque et m’attire à lui. Ses lèvres frôlent doucement les miennes.

— Tu es certaine de le vouloir ?

— S’il y a bien une chose dont je n’ai jamais douté, c’est de mon désir de vous aimer, de vivre à vos côtés pour le reste de mon existence.

— Alors, pourquoi, c’est si difficile pour toi à mettre en pratique ? Tu me parles de ton envie de faire de nous ton avenir, mais tes actes ne sont pas en adéquation avec ta manière de penser. Dès que je fais un pas vers toi, tu en fais un dans le sens opposé.

Parce que je manque de temps...

— J’ai peur d’aller trop vite. Il s’est passé déjà tant de choses au cours des dernières semaines...

— Mais tu dois te fier à moi et avoir confiance en nous !

— C’est le cas, je t’assure.

— Alors, prouve-le-moi, Laura ! J’ai besoin que tu me le prouves !

— Promis...

 

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