Legacy, Tome 2- Life

Elma Hilde · Chapitre 33 sur 42

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Legacy, Tome 2- Life

Flou… tout me semble flou autour de moi…

Saige#41

 

 

Flou… tout me semble flou autour de moi…

C’est la première chose qui me vient à l’esprit tandis que j’essaie péniblement d’ouvrir les yeux. Mes paupières sont si lourdes… Je reviens lentement au conscient et j’ai la sensation d’être dans du coton, de ne plus rien sentir de mon corps. Non, mon esprit est là, je sais où je suis, ce qui s’est passé, mais, pendant de longues secondes, je ne perçois plus rien sur un plan purement physique. Pourtant, alors que je cligne toujours doucement des paupières, je suis parcourue d’un picotement, puis c’est l’engourdissement, qui petit à petit, me fait recouvrir mes sensations corporelles. Je sens les draps sur moi, un point de chaleur sur mon flanc droit et une présence désagréable dans ma gorge. Il ne me faut que quelques secondes supplémentaires pour comprendre ce qui me gêne ; je suis intubée. Déjà enfant, j’avais horreur de ça ! Ma main, dont la maîtrise est encore un peu hasardeuse, se referme sur le tuyau qui ressort par ma bouche. Je veux tirer, l’arracher, enlever cette horreur qui m’entrave la gorge.

— Non, non, non, s’écrie une voix autoritaire, un poil affolée.

Cette voix, c’est celle de Mac ?! Je ne rêve pas, hein ?!

Il apparaît à hauteur de ma tête et emprisonne ma mains.

— Ne touche pas à ça !

Bien que mes forces soient altérées par l’anesthésie qui me rend groggy, je tente d’en récupérer l’usage. Macsen me laisse faire. Je tape doucement sur ma gorge pour lui faire comprendre qu’il doit me débarrasser de cet immonde morceau de plastique.

— Je sais ! Je vais te l’enlever dans une minute.

Il replace mon bras le long de mon corps.

— Reste tranquille !

Il disparaît et, immédiatement, j’essaie de le suivre dans la pièce, mais j’ai un mal fou à remuer. Je me sens tellement ankylosée. J’entends qu’on s’agite près de moi. Mac revient équipé d’une paire de gants. Avec délicatesse, il me met parfaitement à l’horizontale avant de se saisir du tuyau d’intubation.

— Ça ne va pas être très agréable, ma puce...

Je hoche doucement la tête et ferme les yeux en tentant de détourner mon attention sur autre chose. Je connais cette procédure et les sensations qu’elle provoque et c’est particulièrement inconfortable, même douloureux ! Heureusement pour moi, Macsen se montre incroyablement délicat lorsqu’il me libère de cet élément intrus dans ma trachée. Ma gorge est sèche et irritée quand l’air y circule à nouveau normalement.

— Soif, murmuré-je la voix étranglée.

— OK !

Mac s’éloigne et revient un verre à la main. Il y a placé une paille. Il la présente à mes lèvres après avoir redressé mon lit. J’avale quelques gorgées sans le quitter des yeux. Un regard tendre, amoureux et reconnaissant.

— Merci...

Sa main recouvre ma joue.

— Comment tu te sens, ma Laura ?

— Dans les vapes…

— C’est l’anesthésie ! Tu vas récupérer progressivement. Il te faut du repos, beaucoup de repos.

— Mon cœur ?!

— Il va bien ! La greffe s’est très bien passée. Valdez est content ! Il m’a dit qu’il s’est mis à battre immédiatement. Tes premiers examens sont bons. Tu as été placée sous immunosuppresseurs.

— Super !

Je roule des yeux.

— Dois-je te rappeler comme c’est important pour limiter les risques de rejet ?

— Non, mais tu peux me redonner la liste de tous les effets indésirables de tout ce poison dont on me gave, s’il te plaît ?! Je voudrais être certaine de ne pas en avoir oublié un seul !

Macsen, le sourcil arqué, les bras ramenés sur son torse me jauge avec rudesse.

— Et toi qui avais peur d’être différente en te réveillant, ironise-t-il gentiment . J e n’aurais pas été contre le fait que tu perdes tes remarques sarcastiques au cours de l’opération !

Je fais la grimace.

— Je t’aurais ennuyé à la longue !

Il ricane.

— Probablement…

— Pourquoi j’ai si chaud ? râlé-je en ôtant mon drap. Tu as vérifié ma température ?

J’observe Mac qui est sur le point de me répondre quand je sens quelque chose remuer contre moi.

Tant bien que mal, je me tords le cou pour voir de quoi il s’agit et je reste bouche bée quand je découvre la raison de cette impression de chaleur.

— Ta température est normale, tu as seulement une petite chipie collée à toi !

— Mon bébé, bredouillé-je les yeux pleins de larmes en la trouvant lovée au creux de mon bras.

Mon amour de bébé !

Je capture sa main. Macsen contourne le lit et s’assied sur le fauteuil au plus près de Tempérance. Il nous couve d’un œil comblé où scintille une sincère adoration.

— Elle n’a pas dormi pendant toute la durée de ton opération, commence-t-il à m’expliquer. Plus le temps passait, plus je la sentais s’impatienter. Valdez est sorti pour nous dire que tout s’était bien déroulé et elle a montré des signes de fatigue, mais elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. Il faut avouer qu’il y avait beaucoup d’agitation autour de nous. Lorsque j’ai pu te rejoindre ici, je l’ai laissé à Nicole, mais du moment où je suis parti, elle n’a plus arrêté de pleurer et de te réclamer. Finalement, je l’ai prise avec moi et je l’ai allongée à côté de toi. Elle s’est endormie presque immédiatement.

La tête plantée dans la paume de sa main, il me dévisage comme si se détourner de moi lui était impossible.

— C’est fou comme elle t’aime, notre fille. Je suis même un peu jaloux !

— Ne dis pas n’importe quoi, elle t’aime tout autant !

— Je l’espère…

— Où est ma famille ?

— Ils sont tous descendus à la cafétéria pour manger quelque chose. Nicole et Robert les ont accompagnés !

— Ils sont là, tous les deux ?

— Bien sûr ! Ils voulaient être auprès de nous. Ils se sont inquiétés pour toi !

— Ils ne sont pas en colère ?

— Pour le seraient-ils ?

— Je t’ai fait du mal, j’ai caché qui je suis…

Le bras tendu vers moi, Macsen me câline les cheveux.

— Ce qui se passe entre nous ne regarde que nous, Saige, et personne n’a à prendre parti ! Ma tante et mon oncle ont pris la décision de donner les organes de ma sœur, c’est pour que quelqu’un comme toi existe.

— Je n’ai pas été honnête, j’en ai pleinement conscience.

— Et pour le moment, ce n’est pas important ! Tu dois te reposer et suivre à la lettre toutes les instructions que te donnera ton docteur. C’est tout ce qu’on attend de toi !

— C’est toi le médecin en question ?

— Non, rit-il. Je ne peux pas tenir ce rôle, c’est impossible !

— Pourquoi pas ?

— Tu risquerais fortement de le regretter, Laura, je t’assure.

— Vraiment ?

— J’essaie de bien me comporter, de ne pas être relou et de faire confiance à Valdez, mais ce n’est pas facile.

— Mon pauvre Docteur Cole ! me moqué-je gentiment.

— Je suis loin, mais alors, très loin d’être ce docteur à qui tu fais référence…

Je plisse les yeux, troublée par ce qu’il avance.

— Je suis qu’une merde, Laura… À l’instant où l’on se parle, je suis qu’une pauvre merde ! Une loque qui se repasse le film de sa vie encore et encore depuis que je t’ai laissée toute seule dans ce putain de bloc !

— Mac... Je vais bien, je suis réveillée, je discute avec toi...

Les yeux clos, il secoue très lentement la tête.

— Je ne sais pas si je rêve ou pas. Je crois que je vais me réveiller et que tu ne seras plus là ! Je serai seul et, toi, tu m’auras abandonné…

Plaquant ma main sur sa nuque, je le ramène à moi et plus précisément à mes lèvres. Je veux l’embrasser, mais je me refrène et plonge mes yeux dans les siens.

— Je suis là, Bébé, le rassuré-je. Je suis ici et je ne vais nulle part ! Je ne vous abandonne pas, jamais !!!

Sa bouche recouvre la mienne.

— J’ai eu peur, y susurre-t-il.

Il ne faut pas plus de temps pour que je sente ses larmes se mêler à notre baiser.

— J’ai cru t’avoir perdue…

— Mon amour, j’ai éprouvé la même chose.

— Je t’aime, ma Laura, me dit-il avant de donner plus d’intensité à notre baiser.

— Je t’aime...

Je le laisse m’emporter à la douceur de ses lèvres.

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