Legacy, Tome 2- Life

Elma Hilde · Chapitre 40 sur 42

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Legacy, Tome 2- Life

L’ascenseur amorce sa montée... Appuyé contre la…

Macsen #48

 

L’ascenseur amorce sa montée... Appuyé contre la vitre, les doigts pianotant sur l’enveloppe kraft dans ma main droite, j’angoisse ! J’angoisse de la voir ! Cela fait trois jours que je suis venu ici pour mettre un terme à notre histoire et je ne lui ai pas rendu visite depuis. Par pudeur, par crainte, par lâcheté, à vous de choisir ! Tessa s’est occupée de conduire Tempé auprès de sa mère, tous les jours. Elle a passé beaucoup de temps au chevet de sa sœur et j’ai appris de sa bouche que Saige se sentait mieux, qu’elle accepte doucement la nouvelle. Cependant, ça ne m’aide pas à me détendre à quelques secondes de me confronter à elle.

J’espère seulement que le contenu de cette enveloppe sera le premier pas vers une entente cordiale entre nous ; pour le bien de Tempérance...

Les portes de l’ascenseur ouvrent devant moi et l’espace d’un instant, je pense à les laisser se refermer. J’ai une trouille bleue de la voir s’emporter, d’être face à sa peine et d’être incapable d’y remédier. Et puis, il y a tout ce que je ressens lorsque je la regarde. Ma sœur, ma famille, mon amour pour eux, ma douleur quand ils s’en sont allés... Saige me ramène à mon passé et je dois apprendre à vivre avec ça. Une nouvelle hésitation s’empare de moi face à la porte close de la chambre de Laura.

Ma dernière chance de rebrousser chemin...

Pourtant, dans un élan de courage, je lève le poing et l’abats contre le bois avant de tourner la poignée. Je fais un pas, puis deux dans la pièce et constate qu’elle est vide. Le lit est défait, il n’y a aucune trace de Saige à l’horizon.

— Saige ? l’appelé-je une fois avant de m’intéresser à la salle de bains qui est fermée.

Je toque.

— Tu es là ?

— Une minute !

Bon ! Elle ne m’a pas envoyé sur les roses ! C’est toujours ça...

Même si sa manière de s’exprimer m’a paru détendue, ça ne suffit pas pour faire disparaître mon stress grandissant. Alors, malgré cette impression de me rendre tout droit au bûcher, j’attends qu’elle se décide à sortir de sa cachette.

Et il me faut patienter bien plus d’une minute avant de l’entendre tourner le verrou. Un bruit anodin, mais suffisant pour faire s’envoler les battements de mon cœur. Lorsqu’elle pointe le bout de son nez, elle porte une tenue décontractée et ses cheveux sont encore légèrement mouillés.

— Tu prenais ta douche...

Je récolte un regard genre « bah, c’est évident ! »

Comment le lui reprocher quand je sors un truc aussi con, aussi...

— Oui... euh...

Et maintenant, je bégaye... Mais quel demeuré, je fais !

— Je suis venu pour... euh...

Elle lève les yeux au ciel devant ma façon décousue de m’exprimer avant de se remettre au lit. Entre sa réaction et mon appréhension d’entamer la conversation, je perds tous mes moyens, alors je me contente de lui montrer l’enveloppe.

— C’est pour toi...

Elle me dévisage avec curiosité avant de la saisir.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Le seul moyen que j’ai trouvé pour atténuer un peu ta peine et pour te prouver ma bonne foi en ce qui concerne le bébé.

Elle récupère les documents dans l’enveloppe et en fait la lecture. J’espère qu’en prendre connaissance lui donnera le sourire, mais il n’en est rien, bien au contraire. Non, ses épaules s’abaissent, elle semble s’enfoncer dans son matelas comme pour s’y cacher avant de lever ses grands yeux humides vers moi.

— Pourquoi, Macsen ? Pourquoi me fais-tu ça ?

Hein ?!

— Laura, ce sont quelques papiers pour que tu saches que je veux préserver ta place dans la vie de Tempé ! Pourquoi le prends-tu si mal ?

— Oh, excuse-moi, réplique-t-elle avec une ironie flagrante. Je devrais être là à te remercier, à me jeter à ton cou en te disant que tu es le meilleur...

— N’importe quoi ! Mais bordel, Saige, qu’est-ce que tu attends de moi au juste ?

— Quelque chose que tu es visiblement incapable de me donner Macsen : toi !

— Je ne peux pas, m’écrié-je fou de rage qu’elle nous contraigne à revenir sur ce sujet. Laura, c’est fini !

Je me mords immédiatement la langue de m’être montré si dur dans ma manière d’affirmer ça. Je le regrette d’autant plus quand je reçois les papiers qu’elle tenait dans la main la seconde précédente en plein visage.

— Casse-toi !

— Je te demande pardon ?

— Dégage, Macsen !

— C’est vraiment comme ça que tu veux qu’on dialogue, tous les deux ?! Bon sang, Laura, fais un effort pour Tempé !

Elle bondit de son perchoir pour atterrir à mes pieds et me frappe de ses deux poings serrés.

— La ferme ! me hurle-t-elle au visage. Je t’interdis de m’appeler comme ça, de me parler d’elle !

Je lui emprisonne les poignets et la maintiens de force contre moi.

— C’est notre fille !!! Elle a besoin de nous !

Le regard rempli de larmes, elle me fixe méchamment.

— Mais comme à ton habitude, tu envisages sûrement de l’abandonner !

Elle tente de se débattre.

— Connard ! Espèce d’enfoiré ! C’est toi qui viens de tout briser !!!

— Moi ?!

Je la relâche avec véhémence. Laura se cogne contre le rebord de son lit.

— Tu n’es qu’une menteuse !!! crié-je, en tremblant de colère. Tu me mens depuis toujours et tu oses me reprocher d’avoir tout détruit ! Mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi, putain ?!

— Et tu te venges en te pointant ici la gueule en fleurs pour me brandir ces papiers merdiques ?!

— Je voulais te rassurer que tu saches que même si je repars à Chicago, tu verras ta fille ! Contrairement à toi, j’apprends de mes erreurs. Quand j’ai quitté l’appartement, j’ai mal agi envers toi ! Je dois respecter ton rôle de mère. Voilà ce que veulent dire ces papiers, Saige !

— Tu n’es qu’un hypocrite ! Tu prétends que tout c’est pour mon bien, mais j’ai un scoop pour toi, Macsen : je ne vais pas bien ! Je suis très loin d’aller bien !!!

— Pour le moment, mais tu vas t’y faire !

— Je n’y crois pas, souffle-t-elle en se prenant la tête entre les mains. Si tu n’as vraiment rien de mieux à me dire, je pense qu’il est temps pour toi de t’en aller.

— Avant, je veux qu’on parle de Tempérance ! Si tu tiens toujours à ce que je parte après, alors je disparaîtrais, mais pas tant que je n’aurais pas établi un certain équilibre autour de ma fille !

— Je n’ai pas envie de l’entendre, Mac ! Je le refuse !

— Pourquoi ?

— Je ne suis pas prête à vivre sans vous !

Je me tais quand elle me fait cet aveu.

— Je n’ai pas enduré tout ça pour que ça se termine ainsi !

— Tu as surmonté tout ça pour demeurer auprès de ta fille...

— Que tu vas me reprendre !

— Comment tu peux dire ça ?!

Je ramasse les feuilles éparpillées sur le sol.

— Je viens de te donner des documents qui prouvent le contraire ! Alors, oui, tant que Debra ne sera pas déchue de ses droits parentaux, ça n’aura rien de très officiel, mais ce n’est que temporaire ! Dans quelques mois, tu seras légalement sa mère !

— Ce n’est pas suffisant, Macsen, il me faut plus, il me faut nous !

— Et j’ai besoin de partir !

— Et reprendre ta vie comme si rien ne s’était produit ?

— J’ai une vie grâce à ce qui s’est passé, Saige ! Je n’avais rien avant toi, avant la petite, mais je te l’ai dit l’autre jour, ça n’est plus suffisant ! Je dois remettre de l’ordre dans ma tête !

— Et pour ça, tu dois te trouver à des centaines de kilomètres de moi ?

— Pour l’instant, oui !

— Comment suis-je censée vivre ici alors que vous êtes si loin ?

— Je vais tout faire pour que ce soit le plus simple pour toi, pour la petite, je t’en fais la promesse !!! Tessa va nous aider !

— Tessa ?

— Tempérance viendra te rejoindre une semaine sur deux. Tessa prendra l’avion le dimanche pour la récupérer à Chicago et la ramener auprès de toi. Elle restera ici et ta famille sera là pour te seconder avec elle, en attendant que tu retrouves toutes tes forces.

— Et après ? Cet arrangement ne pourra pas durer éternellement !

— Faisons un pas après l’autre, s’il te plaît ! Tu exiges de moi des réponses que je suis incapable de te fournir. Il me faut du temps, il te faut du temps !

— Du temps pour quoi au juste ? Je sais que je t’aime, que je veux être ton avenir !

— Je n’ai aucun doute sur la sincérité de tes sentiments, mais je te parle de moi, de ce que je ressens quand tu es là…

— Alors, c’est Legacy, le véritable problème, dit-elle sur un ton affirmatif. Finalement, mes mensonges, mon attitude ne sont pas si importants, ce qui te fait souffrir, ce n’est pas ça ! Non, c’est ce que je représente pour ta famille ! Tu veux me garder loin de toi, simplement parce que tu n’as plus envie me voir !

— Essaie de te mettre à ma place, la supplié-je doucement en plongeant les mains dans les poches de mon pantalon. Ce genre de nouvelle n’est pas facile à assimiler.

— Alors, va-t’en ! me répond-elle en me reprenant les papiers que mon avocat vient de m’envoyer par coursier. Je ne voudrais pas t’imposer cette souffrance plus longtemps !

Elle les agite devant mon nez.

— Je vais me contenter de ça !

Me tournant le dos, elle marche en direction de son lit.

— Ne réagis pas comme ça, s’il te plaît...

Ma remarque la fait virevolter brusquement. Son regard glacial me toise avec défi.

— Je le prends comme je veux, Cole et je ne vais pas arrondir les angles pour que tu te sentes moins coupable !

— J’apprécie ta sollicitude, Saige... vraiment... ironisé-je quand, à l’évidence, je n’obtiendrais pas mieux d’elle.

— J’aimerais pouvoir dire au revoir à ma fille, après, prends le premier vol pour Chicago et pars loin de tout ce que tu éprouves en ma présence.

— Je voulais attendre que tu sortes de l’hôpital...

— À quoi bon ?! Pas la peine de faire durer le suspense. Les choses sont claires, maintenant. Demande à Tessa de la conduire ici demain, que je passe un peu de temps avec elle.

— Saige...

— Et si j’en crois ton programme, je la verrai dans une dizaine de jours. J’ai bien tout compris ?

— On n’est pas obligé de se quitter en mauvais terme...

— Et je ne suis plus contrainte de faire le moindre effort, alors je n’ai pas l’intention de me prendre la tête. Je vais faire comme toi, je vais me focaliser sur moi, sur ma fille, sur ma famille et considérer comme tu le fais, c’est-à-dire, comme un morceau de mon passé ! Maintenant, pars !

— Je voulais seulement...

— Je viens de te donner tout ce que tu me réclames Macsen, m’interrompt-elle en marchant vers la salle de bains. Je ne peux plus rien pour toi !

Elle disparaît en claquant violemment la porte.

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