Legacy, Tome 2- Life
D’un coup de hanche, je referme le…
Saige #3
D’un coup de hanche, je referme le tiroir de la commode présente dans la chambre de Tempérance. J’y ai récupéré les vêtements nécessaires à notre escapade improvisée. Après les avoir ordonnés dans la valise, je la passe en revue une dernière fois afin de m’assurer que rien n’a été oublié. Certaine que tout y est, je la ferme et la dépose au sol. L’eau de la douche ne coulant plus dans la pièce voisine, je suppose que Macsen a fini de se laver. Notre séance sur le canapé terminée, il m’a demandé de me charger des bagages de la petite pendant qu’il se douchait. Et cet aparté, seule dans la chambre de ma fille, est la bienvenue après ce que nous venons de partager dans le salon. Les mots doux et rassurants, les gestes de tendresse de Mac à mon intention m’ont troublée et il n’est pas exagéré de dire que je suis encore plus perdue qu’avant ma tentative de fuite. J’ignore ce que je dois faire !
Il m’a démontré son amour et sa volonté de tout réaliser pour que notre vie de couple fonctionne et son attitude m’incite à lui parler de mon cœur malade. Cependant, j’ai aussi compris l’importance de la notion de confiance pour Macsen. Alors que fera-t-il quand il apprendra la vérité ? La vivra-t-il comme une trahison ? Si j’ai plié face à sa détermination de me voir rester à Chicago, je ne suis pas plus avancée sur la façon de gérer mes mensonges et de m’en libérer en limitant la casse.
Avec un homme comme Macsen, doté d’un tel tempérament, ce n’est pas simple de faire le premier pas vers la vérité. Je vois qu’il a changé et qu’il aspire à mener une vie de famille paisible, mais il n’en reste pas moins cet être meurtri vivant avec des cicatrices encore béantes. Et j’ai peur ! Je suis terrifiée à l’idée de raviver sa douleur, d’en créer une nouvelle. J’ai vite réalisé en débarquant ici que Macsen était un homme particulier et que ce côté rustre, peu avenant découlait d’une certaine forme d’autodéfense, il se protégeait ! À force de persévérance, je suis parvenue à le sécuriser jusqu’à ce qu’il rende les armes et je vais détruire tout ce que j’ai eu tant de peine à mettre à jour.
Ces quelques jours en dehors de la ville, en famille m’apporteront peut-être certaines réponses, songé-je en m’emparant de la valise de Tempé, prête à quitter la pièce pour rejoindre Macsen.
Mais la sonnerie de mon téléphone me coupe dans mon élan. Je le récupère dans la poche de mon jean et consulte l’écran. J’hésite à prendre l’appel en voyant le visage de ma sœur. J’imagine qu’elle doit se demander si je suis en route pour Sioux Falls et j’aimerais la rassurer, mais la présence de Macsen dans l’appartement me met mal à l’aise. Je finis tout de même par décrocher.
— Allô !
— Saige !
Sans mal, je perçois une note d’angoisse dans sa voix.
— Où es-tu ?
— Chez Macsen !
— Tu n’es pas encore partie ? se renseigne-t-elle avec espoir.
— J’étais sur le point de le faire, mais Mac est arrivé pour me persuader de rester…
— Et tu as accepté ?
— Eh bien... oui...
— Dieu merci !
Je rêve ou elle se réjouit d’apprendre que j’ai choisi de demeurer à Chicago auprès de Macsen ?! Je ne comprends pas tout là…
— Comment as-tu pu lui dire que je m’en allais, Tessa ?! Je croyais pouvoir te faire confiance !
— Oh, arrête ! moufte-t-elle sans attendre. On sait toutes les deux que tu n’avais pas véritablement envie de le quitter, je me trompe ?
Comment le nier ? Oui, je pensais agir au mieux pour Macsen et Tempérance, cependant l’idée de les abandonner me brisait littéralement le cœur. Macsen a réussi à me faire changer d’avis et même si j’ai lutté, j’ai su en le voyant à l’ouverture des portes de l’ascenseur que ma détermination allait s’en trouver grandement ébranlée. Forcément, j’aime cet homme ainsi que ma vie ici avec lui. Renoncer à tout ce bonheur n’avait rien de simple et sa peine a fini d’anéantir mes plans de fuite. Non, je ne pouvais pas le regarder dans les yeux et lui dire que je le quittais, c’était au-dessus de mes forces…
Accepter enfin cette réalité rend plus supportable la tension qui règne en moi depuis l’annonce de Collins et mon placement sur liste d’attente.
Je marche jusqu’au rocking-chair situé près du lit de Tempérance et prends entre mes mains l’ours en peluche qui y est posé avant de m’y asseoir. D’une impulsion du pied, je me balance en continuant ma conversation avec ma jumelle.
— Je n’ai jamais prétendu le contraire Tessa, mais je pensais à…
— Parle-lui, me coupe-t-elle avec autorité. Dis-lui pour ta greffe, pour sa sœur, Saige ! Si tu as décidé de rester alors tu n’as plus d’autres choix !
Elle prend une longue inspiration comme si celle-ci allait l’aider à retrouver son calme.
— Mon étoile...
Son ton est plus doux
— Macsen est fou de toi et je pense qu’il te l’a prouvé en apportant tous ces changements dans sa vie. Tu peux lui dire, il t’écoutera…
— Je n’en doute pas, mais ce n’est pas aussi simple.
— Non, ça ne l’est clairement pas, je te l’accorde, mais ton état est trop sérieux. Tu te mets en danger inutilement et il risque de vraiment très mal le vivre !
— Il vient de me demander de le suivre dans le Wisconsin. Sa tante et son oncle y ont une résidence secondaire. C’est probablement l’occasion idéale pour tout lui dire…
— Mais tu dois être prise en charge !
— Le docteur Collins n’a jamais voulu m’hospitaliser ! Elle m’a juste intimé de me reposer un maximum. Qu’est-ce qui pourrait mieux me le permettre que de partir en vacances ?
— D’accord, mais à votre retour, tu vas arrêter de travailler, n’est-ce pas ?
Je me frotte doucement les paupières.
Que répondre à ça ?!
Dès l’instant où Macsen sera au courant de mes ennuis de santé, je ne pourrais plus mettre un pied à UC si ce n’est en tant que patiente. De plus, Tessa a raison : je dois l’informer de la situation, ces mensonges n’ont que trop duré.
— Oui, je ne reprendrais pas le travail, la rasséréné-je. J’ai juste besoin d’un peu de temps loin d’ici pour trouver le courage de tout lui expliquer.
— Ça me semble être une bonne idée ! Vous serez tous les deux moins stressés donc plus réceptifs. Tu as peur de sa réaction et je le comprends.
Elle émet un léger grognement.
— Ce mec peut se montrer tellement insupportable...
Sa remarque et le ton avec lequel elle l’a formulée m’arrachent un rictus timide.
— Mais je dois bien reconnaître qu’il est surprenant quand il est question de toi. Il t’aime profondément et cet amour l’aidera à adopter la meilleure attitude.
— Il pourra encaisser le fait que je ne lui ai rien dit à propos de ma greffe, mais en ce qui concerne Legacy...
— Mais tu ne peux le lui cacher éternellement, Saige, c’est impossible !
— Je sais...
— Si tu désires vraiment faire ta vie avec cet homme, tu n’as plus d’autres alternatives !
— Tessa, pesté-je, énervée qu’elle me place devant mes obligations avec autant d’insistance.
— Excuse-moi, dit-elle coupable. Loin de moi, l’idée de te mettre la pression, seulement je me fais du souci pour toi !
— Et je le sais parfaitement...
— Il faut que tu lui fasses confiance !
— J’essaie, je te jure, mais c’est un aveu destructeur que j’ai à lui faire.
— Tu le sous-estimes !
— Je prie pour que tu aies raison, mais Mac est tellement imprévisible. Je n’ai aucune certitude le concernant.
— Mais si tu mets de côté cette histoire débile de pari avec son abruti de pote, est-ce qu’il t’a déjà déçu ?
— Non, jamais, c’est vrai...
— Ça devrait t’encourager à lui parler de sa sœur ! Tu es venue à Chicago pour apprendre à le connaître et vu le déroulement de votre première rencontre, il comprendra que tu te sois ravisée. Après, tu as été prise au piège de votre relation. Maintenant, vous êtes un couple bien plus solide, vous pouvez surmonter ça.
J’essuie les larmes qui me rongent le visage.
— Il a conscience de l’homme qu’il était avant toi, il saura faire la part des choses !
— Mais si je le perds…, bredouillé-je dans un sanglot contenu.
— Ne pleure pas, mon étoile, me réconforte Tessa. J’imagine ce que tu dois ressentir et ne vas pas supposer que je n’ai pas conscience de la délicatesse de ta situation. Je t’ai vue avec lui et tu es amoureuse, Saige, genre carrément amoureuse !
— Comment a-t-il fait ?
— Comment ça ?
— Comment a-t-il fait pour m’emprisonner dans cette relation ? Avant lui, je savais ce que je voulais : mes études, ma carrière de chirurgien, tout était programmé. Oui, j’aspirais à le rencontrer et je n’ignorais pas que cette confrontation aurait un impact sur ma vie, mais ça ne devait pas bouleverser mon avenir pour autant.
— Mais tu es tombée sous son charme…
— Je n’ai pas fait un pli !
Je l’entends ricaner.
— Alors, laisse la force de cet amour vous aider à surmonter cette épreuve !
— Je vais le décevoir...
— Saige, il sait qui tu es ! Il connaît ta gentillesse et ta douceur, il me l’a déjà dit, il comprendra tes motivations.
— J’espère que tu dis vrai !
Des bruits de pas dans le couloir m’indiquent que Macsen n’est pas loin et me somme de couper court à cette conversation.
— Tessa, Mac arrive, lui expliqué-je, en essuyant mes joues à la hâte.
— Vous partez aujourd’hui ?
— Oui, apparemment c’est à une bonne heure de route. On doit aller récupérer Tempérance à la crèche d’une minute à l’autre !
— Tu me donnes de tes nouvelles, hein ?
Je souris.
— Promis.
La porte de la chambre s’ouvre et Macsen fait son apparition. Nos regards se cherchent et, instinctivement, se trouvent, mais le sien s’assombrit aussitôt.
— À bientôt, ma filante.
— Je t’aime, mon étoile.
Mac traverse la pièce et s’agenouille devant moi.
— Moi aussi, je t’aime.
Je raccroche et Macsen entortille une mèche de mes cheveux entre ses doigts. La tête subtilement penchée sur le côté, il m’observe avec tendresse et inquiétude.
— Ça ne va pas, mon cœur ?
— Oh, si...
— J’aurais moins de mal à te croire si tu n’étais pas en train de pleurer.
— C’est... euh...
Je lui montre mon portable.
— C’était Tessa.
— C’est ta sœur qui te met dans cet état ?
— Je sais qu’elle t’a téléphoné pour te prévenir de mon départ. Elle voulait me demander si tout était arrangé entre nous…
— C’est de lui avoir dit que c’est le cas qui te met dans cet état ?
Je lui assène un coup dans l’épaule. Il ricane.
— Notre conversation a été un peu intense et ça m’a touchée…
Il prend appui sur mes cuisses et m’embrasse avec douceur.
— Ma jolie Laura, lâche-t-il dans un souffle chaud qui s’écrase contre ma bouche. Je t’aime si fort.
Mon nez danse avec le sien.
— Je t’aime aussi…
Ses pouces viennent câliner mes joues encore humides.
— Tu as eu une journée éprouvante, ma chérie.
Je lève les yeux au ciel.
— Le mot est faible !
Il se dresse sur ses jambes et me tend la main. Je l’accepte.
— Il est grand temps que nous allions nous détendre, tu ne crois pas ?
— Seigneur... On va vraiment partir une semaine ?
— Et j’ai bien l’intention de la rendre mémorable !
— Voyez-vous ça… le taquiné-je.
Il se met à rire.
— Putain, je vais tellement envie de te faire l’amour, ça va être dément !
— C’est ta définition de « se reposer » ? Du sexe et encore du sexe !!!
— Perso, je dors comme un bébé après avoir pris mon pied !
Je glousse tandis qu’il s’empare de la valise de sa fille.
— Oui, j’ai remarqué !
Immédiatement, il balance sa tête sur le côté et me fustige d’un de ces regards noirs.
— Qu’est-ce que ça veut dire ?
Je rigole de plus belle.
— Rien !
— Si tu as un truc à me dire, ne te gêne pas pour cracher le morceau, Ingalls !
— Mais non !!!
— Tu es bien une gonzesse… jamais satisfaite…
Je me pince les lèvres pour ne pas rire de l’entendre ronchonner.
— Tu l’ouvrais moins tout à l’heure ! Tu semblais prendre ton pied toi aussi !
— Je n’ai jamais prétendu le contraire ! Je dis seulement qu’en mec qui se respecte, une fois l’affaire conclue, il n’y a plus personne !
— Ah ouais ?! Tu es vraiment sérieuse en plus ?
Avec lenteur, je ramène mes bras sur moi, les referme de façon à ce que ma poitrine soit mise en évidence. Ma robe étant décolletée, je sais que la vision de mes seins se pavanant sous son nez ne le laissera pas indifférent. Il ne faut pas plus de quelques secondes pour qu’il louche dessus.
En plein dans le mille, la petite Ingalls !
— Un problème ? le nargué-je en m’exhibant le plus possible sans que ça ne paraisse naturel.
— Tu n’es qu’une garce !
— Vraiment !
— Tu crois que je ne te vois pas venir avec ton défilé de nichons ? Je ne suis plus un ado dont la bite se dresse devant un magazine de lingerie, Laura !
Le défiant du regard et toujours la poitrine en avant, je réduis à rien la distance qui nous sépare. Mac a bien du mal à me fixer dans le blanc des yeux. Je profite du fait que son attention soit portée ailleurs pour glisser ma main le long de son entrejambe. Son corps est comme traversé d’un coup de jus quand j’entre en contact avec son érection. Il recule de deux pas. Fière d’avoir fait mon effet, je lui sors le plus vainqueur des sourires.
— Vous semblez oublier qui vous avez en face de vous, Docteur Cole !
— Putain, siffle-t-il entre ses dents avant de se jeter sur moi.
Ses doigts s’enfoncent dans la chair de mes fesses, je suis propulsée contre son corps robuste.
— Tu n’es qu’une foutue emmerdeuse, In…
Mais je ne lui laisse pas l’opportunité de terminer sa phrase. Ma bouche recouvre la sienne et le conduit dans un baiser brûlant. Les jambes enroulées sur sa taille, je savoure la rencontre avec la bosse proéminente dans son pantalon.
— Macsen, l’imploré-je. Je te veux, mon amour.
Mon corps finit écrasé contre le mur de la chambre.
— Je suis fou de toi, putain, maugrée-t-il dans mon cou en se frottant langoureusement contre moi.
Dans un besoin pressant de le sentir, mes mains se glissent entre nous à la recherche du bouton de son jean. Je veux qu’il me prenne, qu’il me possède ! Je l’embrasse à nouveau. Ma langue s’enfonce entre ses lèvres.
— Attends, attends…
Il s’agit, semble chercher quelque chose.
— Quoi ?
Il trouve la poignée de la porte et l’ouvre.
— Pas ici, c’est bizarre…
— Quoi ?
— C’est la chambre du bébé, on ne peut pas y baiser.
Je pouffe de rire contre sa bouche.
Mon supplice, mon enfer…
À cet instant, elle est tout ce que je convoite. Dans notre chambre à coucher, Mac me dépose sur le lit.
— Embrasse-moi, Macsen.
Sans la moindre hésitation, je remonte ma robe le long de mes jambes et tire sur mon tanga.
— Juste là…
Sans me quitter des yeux, il se laisse tomber sur le sol.
— Je t’aime, Laura ! Bordel, j’en crève tellement je t’aime !
Et il disparaît entre mes cuisses.
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