Legacy, Tome 2- Life

Elma Hilde · Chapitre 29 sur 42

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Legacy, Tome 2- Life

Elle vient vraiment de me raccrocher à…

Macsen #36

 

Elle vient vraiment de me raccrocher à la gueule après m’avoir demandé de la laisser mourir, me questionné-je silencieusement, en fixant mon portable totalement prostré par ce coup de fil à Saige.

Une main posée sur mon épaule écourte ma réflexion.

— Mac ? Tu as eu Saige ?

Je lève le nez vers Shane et le dévisage sans parvenir à réaliser ce qu’elle vient de me balancer à la figure.

— Je… je ne sais pas ce qui lui prend...

— Elle ne veut pas se faire opérer ? m’interroge Huxley, aussi stupéfait que moi par l’attitude de Laura.

Son refus est d’une telle incompréhension pour moi, son état d’esprit m’échappe complètement. Bouche bée, je réponds par un signe de tête.

— Mac, tu dois trouver une solution et fissa ! me prévient Shane.

J’ai un rire nerveux.

— Une solution ? Je suis à des centaines de kilomètres d’elle, je suis pieds et poings liés, putain !!!

— Macsen, m’interpelle Collins. On ne peut pas perdre ce cœur, si elle le refuse et que vous ne pouvez la faire changer d’avis…

Je lève la main pour qu’elle se taise

— Non ! Laissez ce cœur partir à Sioux Falls. Il y sera dans combien de temps ?

— Deux heures !

— Saige vit proche de l’hôpital. On a une petite marge de manœuvre.

— Mais si elle refuse de s’y rendre…

— De grès ou de force, elle va subir cette greffe, affirmé-je, en reprenant en main mon téléphone.

Je compose le numéro de Tessa. Elle décroche instantanément.

— Mac, qu’est-ce que je dois faire, m’accueille-t-elle, en larmes. Elle ne veut rien savoir.

— Où est-elle ?

— Dehors ! Elle reste plantée là à regarder dans le vide. Macsen, qu’est-ce qu’on fait ?

Je me frotte le crâne à la recherche d’une idée, quand :

— Ton père ! Passe-moi ton père !

— Papa ?

— Lui, il va pouvoir m’aider.

Je l’entends s’agiter.

— Il est dans la grange, j’y vais !

C’est à cet instant que Frank surgit de l’ascenseur.

— Huxley m’a appelé. Tu as besoin de moi ?

— Il me faut un hélico ! Je dois être à Sioux Falls le plus rapidement possible.

— À Sioux Falls, mais pourquoi ?

— Frank, je t’en prie, met ce putain d’hélico à ma disposition ! Il faut que je parte maintenant et je n’ai pas une minute à perdre.

— Allô, me dit alors une voix masculine.

Je m’isole pour prendre le père de Saige en ligne.

— Monsieur Lane ?

— Euh, oui…

— Monsieur Lane, on ne se connaît pas, mais j’ai besoin que vous me fassiez confiance. Je suis…

J’inspire profondément.

— Je m’appelle Macsen, je travaille avec Saige et je… je suis amoureux fou de votre fille, mais aujourd’hui, elle ne va pas bien.

— Elle nous a parlé de son cœur…

— Il n’y a pas que son cœur qui ne va pas, Monsieur. Saige a besoin d’une transplantation en urgence et j’ai un greffon à sa disposition.

— Seigneur...

— Il s’envole en ce moment même de Dallas pour Sioux Falls. Le docteur Valdez attend Saige pour lui faire cette greffe.

— Oh, mon Dieu…

— Mais Saige refuse de se faire opérer.

— Comment ça ? Pourquoi ferait-elle une telle chose ?

— Ça serait très long de vous donner les détails et nous manquons de temps, mais votre fille vit avec une très lourde culpabilité par rapport à vous, à votre famille...

— Mais non...

— Je n’ai aucun doute sur le fait que ses craintes sont injustifiées, cependant, il se passe un tas de choses dans sa tête et ni vous ni moi ne pouvons réellement comprendre ce qu’elle éprouve. Par contre, comme vous, je suis papa et pour avoir entendu Saige ou encore Tessa me parler de tout ce que vous avez fait pour elle, de tout ce que vous avez sacrifié pour qu’elle vive, je sais à quel point vous adorez votre fille ! Je n’ai pas réussi à la faire changer d’avis, Tessa, non plus, et je suis convaincu qu’il n’y a qu’une personne en ce monde en mesure de le faire et c’est vous, Monsieur Lane. Saige a besoin de vous, votre famille a besoin de vous. Vous seul aurez les mots justes pour la faire monter dans votre voiture et aller à l’hôpital où elle subira cette greffe.

— Nous pouvons y être dans moins d’une heure !

— C’est parfait ! Le cœur lui sera là dans deux heures !

— Dans ce cas, je n’ai pas une minute à perdre.

— Merci, Monsieur Lane. Vous pouvez me repasser Tessa ?

— Bien sûr !

Il y a un moment de silence puis :

— Mac !

— Tessa, à partir de maintenant, tu ne quittes plus Saige et tu me préviens de l’avancement des choses.

— Et de ton côté ?

— Moi, je saute dans l’hélico et je vous rejoins le plus vite possible. J’espère seulement être là avant que l’opération commence.

— OK !

— Je dois te laisser, mais, je t’en prie, Tess, tiens-moi au courant.

— Promis.

— Je compte sur vous ! Vous la ligotez, vous l’assommez, vous la foutez dans le coffre, ce que vous voulez, mais amenez-la à l’hôpital !

— Elle y sera, ne t’inquiète pas. Toi, magne-toi de venir !

Je raccroche et rejoins Frank qui s’agite dans tous les sens depuis tout à l’heure.

— Frank, je suis prêt à acheter ce foutu hélico s’il le faut, mais j’en ai besoin.

— Il est sur le toit, il t’attend !

J’attrape mon ami par les épaules et lui donne une accolade reconnaissante.

— Merci ! Frank… Du fond du cœur, merci…

— Dis à Saige que nous pensons à elle.

— Ça sera fait ! lui lancé-je, en courant vers l’ascenseur.

J’appuie sur le bouton d’appel comme un fou, tout en fouillant dans mon téléphone. Je le porte à l’oreille tout en m’engouffrant dans l’ascenseur.

— Macsen ?

— Nicole, j’ai besoin que tu sautes dans le premier avion pour Sioux Falls.

— Sioux Falls, mais pourquoi ça ?!

— Je dois monter dans l’hélico, je n’ai pas trop le temps de t’expliquer. Appelle Frank, il t’en dira plus. S’il te plaît, prends Tempé et trouve le premier vol disponible. Saige a besoin de sa fille.

— Entendu, je fais au plus vite !

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent face à la sortie permettant l’accès au toit. Je m’apprête à la poussée, mais retiens ma main. Je baisse la tête, ferme les yeux une seconde.

— Seigneur, je vous en supplie, ne me l’enlevez pas... pas ma Laura. Ne m’enlevez pas la raison de mon bonheur, s’il vous plaît !

J’inspire un grand coup et franchis la porte. Je cours jusqu’à l’appareil qui tourne déjà et grimpe dedans. Nous prenons notre envol.

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