Legacy, Tome 2- Life

Elma Hilde · Chapitre 16 sur 42

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Legacy, Tome 2- Life

— Mais où est Tempérance ?!?

Saige#19

 

— Mais où est Tempérance ?!?

Voilà maintenant dix minutes que je tapote des doigts sur ma couverture, en attendant de voir ma sœur entrer dans la chambre mon bébé dans ses bras. Dix minutes que je ne rêve que de la serrer contre moi et respirer cette odeur si adorable qu’elle dégage : celle de l’amour.

Ma petite fille...

Il n’y a rien de plus éprouvant dans cette nouvelle hospitalisation que d’être séparée de mon enfant. Je suis à UC depuis une dizaine de jours et ne plus rentrer tous les soirs pour la border, ne plus être là au quotidien pour la voir s’éveiller est une vraie torture. Elle est ballottée entre notre appartement où Tessa s’occupe d’elle et la maison de ses grands-parents. Malheureusement, Macsen est si souvent ici, à travailler ou à me tenir compagnie, que Tempérance n’a aucun de ses parents auprès d’elle et cette vérité me rend folle de rage ; après moi, après cette foutue maladie qui m’a pris de nombreuses années. J’ai vécu en sachant pertinemment que je devrais encore me battre pour survivre — cette transplantation était vouée à être provisoire — cela dit, j’imaginais cette seconde épreuve comme la précédente : moi, entourée de maman et de papa et de tous mes frères et sœurs.

Comme je me suis trompée... Cette fois, les enjeux sont énormes !

Aujourd’hui, je risque de perdre l’unique chose que je n’ai jamais désiré avec autant d’ardeur : ma famille !

Alors, quand Tessa entre dans ma chambre seule, je ne lui offre pas à l’opportunité de répondre quoi que ce soit. Je suis trop à fleur de peau !

— Bon Dieu, Tessa, où est mon bébé ?!

— Saige, articule-t-elle avec une flagrante nervosité. Je suis désolée.

— Tu peux m’expliquer en quoi s’est compliqué de descendre jusqu’à la crèche, prendre Tempé dans tes bras et monter au troisième avec elle !

— Elle dort, Saige, je n’allais pas la réveiller !

Je bondis de mon lit et arrache tous mes capteurs comme une furie.

— Puisque c’est comme ça, je vais aller la chercher moi-même !

— Mais, Saige, tu ne peux pas quitter ta chambre et tu le sais...

— Je n’en ai rien à foutre !!!

— Je viens de te dire qu’elle dort ! hausse-t-elle le ton à son tour. Sois un peu patiente !

— Non, mais tu te fous de ma gueule, en plus ! Je suis enfermée ici depuis des jours et j’en ai marre, Tess !

— Je sais, mais...

— Tu ne sais rien du tout !!! Tu ne comprends pas ce que j’endure, parce que j’ai toujours été « la malade ». Tu n’as pas passé la plus grande partie de ton enfance dans un lit médicalisé, tu n’as pas subi de multiples opérations chirurgicales, tu n’as pas le corps recouvert d’immondes cicatrices, alors tais-toi !!!

— Et tu m’en tiens pour responsable ?!

Je m’apprête à riposter quand j’entends qu’on se racle la gorge à quelques pas de moi. Je détourne immédiatement le regard, Macsen est accoudé au chambranle de la porte d’entrée. La tête penchée sur le côté, il me dévisage avec une douceur étonnante vu la scène à laquelle il vient d’assister.

— Je peux savoir ce qui se passe ?

— Saige voulait que j’aille chercher...

Il balance une œillade plutôt sévère à Tessa.

— C’est à Saige que je m’adresse ! la reprend-il de volé.

Déconcertée, elle tourne les talons et sort en le bousculant au passage. Macsen marche jusqu’à moi et pose ses mains sur mes hanches. Cette proximité me donne envie de me blottir contre lui, de trouver refuge dans la chaleur de ses bras. Je me love contre son torse.

— Je voulais seulement tenir ma fille...

J’éclate en sanglots. Il me serre plus fort, enfouit son visage dans mon cou.

— Je sais, ma puce... Tu es à bout et je donnerai n’importe quoi pour te faciliter la vie, malheureusement, mon champ d’action est très limité.

— Vous me manquez tant, c’est horrible ! J’ai l’impression qu’on m’a arraché une partie de moi, Mac.

— C’est temporaire ! Ça fait dix jours que tu es ici, c’est très long, mais ce n’est pas définitif. Tu vas finir par rentrer à la maison.

Mac me contraint à m’éloigner de lui et attrape mon visage entre ses doigts.

— Te disputer avec Tessa n’arrangera pas cette sensation qui te rend irritable.

— Elle me met les nerfs à vif !

— Parce qu’elle peut aller et venir comme bon lui semble, qu’elle peut s’occuper de Tempérance...

J’ai une grimace de souffrance.

— Ma fille ne saura même plus qui je suis quand je vais sortir de là !

Ma remarque a le mérite de bien faire rire cet imbécile.

— Je n’ai jamais rien entendu d’aussi débile et adorable à la fois.

Je le repousse en signe de protestation. De nouveau, je finis captive de ses mains.

— Regarde-moi, m’ordonne-t-il quand j’essaie de me débattre.

J’obéis. Nous sommes plongés dans les yeux l’un de l’autre.

— Laura, tu es et tu resteras à jamais sa maman ! Dans votre relation, ce ne sont pas les liens du sang qui priment, mais les liens du cœur. Elle est tombée sous ton charme et, naturellement, tu es devenue indispensable pour elle, simplement parce que tu l’as aimée comme elle en avait besoin. Je n’ai pas été présent dans les premiers mois de sa vie, mais je vous ai vues, toutes les deux, je vous ai observées et je sais, sans aucun doute, que tu lui as fait découvrir quelque chose que sa mère ne lui a jamais apporté : l’amour ! Rien que pour ça, tu es sa maman et rien ne viendra altérer ça.

— Oh, Mac, susurré-je avec émotion avant de me suspendre à son cou. C’est tout ce dont j’avais besoin : de toi, simplement de toi.

— Je vais essayer de t’obtenir un petit droit de sortie auprès de Collins.

Je me redresse fortement intéressée par sa proposition.

— Sans blague ?!

— Juste quelques minutes pour que tu puisses aller la voir à son réveil.

— Tu crois qu’elle sera d’accord ?

— Si tu as un beau mâle pour t’escorter, il n’y a aucune raison qu’elle s’y opposerait !

Je m’étire sur la pointe des pieds.

— Voilà pourquoi je suis tombée amoureuse de toi, dis-je sur ses lèvres avant de l’embrasser à pleine bouche.

 

**

La sonnerie de l’ascenseur annonçant l’ouverture des portes retentit et mon impatience me donne envie de courir jusqu’à la crèche et, très honnêtement, je m’en sens parfaitement capable sur un plan purement physique. Cela dit, la présence de mon escort-boy m’intime de rester sage si je ne veux pas remonter prématurément dans ma prison.

J’ai eu la chance que Collins m’octroie une heure auprès de ma fille en dehors des murs insipides de ma chambre d’hôpital, alors je ne vais pas jouer avec le feu et me voir retirer mon privilège. Du coup, je laisse Macsen me faire son numéro du garde-malade et il est brillant dans ce rôle : bras dessus, bras dessous, il me soutient dans chacun de mes pas comme s’il redoutait que je m’écroule. Pourtant, je suis certaine de pouvoir marcher seule, mais je le laisse faire si ce simple geste le rassure. Le hic est que ce chemin de croix entre le troisième étage et ma fille me paraît interminable.

— J’ai croisé Tessa en courant après Collins !

Si jusqu’ici je ne quittais pas des yeux le couloir qui donne sur la crèche, la remarque de Macsen me fait jeter un petit coup d’œil dans sa direction. Je hausse les épaules.

— Je n’ai pas envie d’en parler !

Non, la seule chose sur laquelle je veux me concentrer pour le moment, c’est ma fille !

— Ma puce, elle était vraiment mal...

— Rien d’étonnant ! Tu as oublié la manière dont tu l’as envoyé sur les roses !

Il ricane avec discrétion, mais je le connais assez pour saisir l’amertume qui nuance son rire.

— Tu ne manques pas de culot, tu sais !

— Je ne vois pas de quoi tu parles !

Bon, je suis carrément de mauvaise foi sur ce coup-là !

Il se stoppe net et, moi avec. Je grogne alors que nous sommes plus qu’à quelques mètres de mon bébé.

— On y va ou quoi !? Je n’ai pas toute la journée !!!

— Saige, si j’ai réagi de cette façon, c’est simplement que tu passeras toujours au-dessus de tout et de tout le monde. J’ai voulu t’appuyer, te soutenir parce que je peux me mettre à ta place cinq minutes et comprendre que tu souffres d’être bloquée ici sans nous voir, Tempé et moi. Tout ce que je désirais, c’est que tu ne te sentes pas plus défavorisée que tu ne l’es déjà dans ces circonstances, mais ta sœur fait tout ça pour toi, parce qu’elle t’aime plus que tout. Ne sois pas si dur avec elle ! De mon côté, je prendrai toujours ta défense, mais j’ai aussi le droit de te dire quand tu es injuste !

Ses doigts s’égarent dans mes cheveux lâchés.

— Ce n’est pas toi ça, Saige ! Ma Laura n’est pas aigrie ou mesquine ! Je sais que tu en as marre, que tu as peur et, moi aussi, je ressens les choses de la même manière, mais agir ainsi n’arrangera pas notre problématique, bien au contraire.

Je roule des yeux, excédée qu’il me mette, à juste titre, devant mes fautes.

— Je m’excuserai, lui concédé-je dans une moue faussement agacée, mais seulement si tu te magnes de me conduire auprès de mon bébé !!!

Macsen se penche légèrement vers moi et me vole un baiser.

— Je t’aime, ma Laura !

Macsen m’offre son bras.

— On peut aller voir notre princesse ?

— Non, mais je rêve ! C’est toi qui restes planté là à me sortir ton prêche !

Il grimace.

— Je traîne trop avec toi, voilà le résultat !

Je m’appuie sur lui et nous nous remettons en route dans un rire léger, presque enfantin.

L’intérieur de la crèche est étonnement calme pour un endroit rempli d’adorables bambins. De toute évidence, la sieste n’est pas finie. Olivia s’aperçoit de notre présence et vient à notre rencontre, un sourire ravi transforme son visage naturellement amical.

— Saige ! Je suis très heureuse de vous voir.

— Moi aussi, Olivia.

— Vous avez l’air plus reposé qu’il y a quelques jours.

— Il faut dire que je n’ai pas grand-chose d’autre à faire, ici !

— Mais c’est pour votre bien...

Je lui fais un sourire entendu.

— Tempérance dort encore ?

— Effectivement !

— Il y a longtemps qu’elle se repose ? se renseigne son père.

— Je pense qu’elle ne devrait pas tarder à se réveiller, mais vous pouvez y aller, m’apprend-elle quand elle voit mon impatiente.

— Super !

Elle nous précède et nous conduit dans une pièce voisine où sont entreposés des petits lits d’enfants. Ils sont presque tous occupés. Je les examine rapidement jusqu’à me figer sur la jolie bouille de ma fille endormie.

Sans même attendre qu’Olivia m’invite à entrer, je marche jusqu’à Tempérance. Je la contemple une bonne minute en pensant qu’elle est de loin ce que j’ai vu de plus beau en ce monde. Je tends mon bras vers elle et passe ma main dans ses cheveux bouclés et soigneusement coiffés.

— Mon amour...

Je lui câline la joue.

À ce contact, elle remue et ouvre doucement ses yeux. Mon visage s’illumine lorsqu’elle se réveille paisiblement. Son regard se fixe sur moi et sa réaction ne se fait pas attendre, un énorme sourire irradie sa jolie bouille.

— Bonjour, mon petit cœur...

— Mama, babille-t-elle, en s’agitant sous sa couverture.

Elle roule sur elle-même et se redresse en s’appuyant contre les barreaux. L’instant d’après, elle est debout.

— Mama !

Je la soulève dans mes bras.

— Oui, ma chérie, maman est là...

Elle se love contre moi.

— Maman avait tellement envie d’un gros câlin magique.

Son père s’approche de nous et, une main posée sur mes reins, il l’embrasse.

— Coucou, trésor...

Mais Tempérance ne bouge pas, non, elle reste blottie contre moi. Ses petits bras semblent s’agripper à moi.

— Olivia m’a dit qu’ils allaient leur servir le goûter. Tu veux te charger de le lui donner.

— Non, mais quelle question !

Il me pousse vers la sortie pour rejoindre Olivia.

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Macsen #20

 

 

— Docteur Cole !

Entendre mon nom dans les couloirs de l’hôpital me fait ralentir ma cadence. Les bras chargés de sacs de nourriture achetés chez un petit traiteur à quelques mètres d’UC, je me tourne vers cette voix féminine que je n’ai eu aucun mal à reconnaître.

— Docteur Collins !

Elle marche jusqu’à moi et examine du coin de l’œil ce que je tiens entre mes mains.

— Saige a faim !

— Et c’est un très bon signe ! En fait, j’étais sur le point me rendre dans sa chambre pour lui faire part des résultats de ses derniers examens, mais comme vous êtes là...

— Est-ce que tout va bien ?

— Eh bien, je suis très satisfaite par son ECG et l’écho est bonne. Son cœur est bien plus régulier.

Elle croise les bras.

— Écoutez, Macsen, je suis très hésitante...

— À quel propos ?

— Compte tenu du fait qu’elle est médecin, que vous êtes vous-même cardiologue, je serai tentée de la laisser rentrer chez vous. Son hospitalisation la pèse. Elle est privée de son enfant et je vois que cette situation la chagrine.

— Oui, c’est difficile pour elle.

— Je lui ai ordonné de se reposer dès que son état a commencé à se détériorer et elle n’en a fait qu’à sa tête.

Je comprends alors en quoi Collins est hésitante ; elle craint que Laura ne se montre pas raisonnable si elle lui donne l’autorisation de rentrer à la maison.

Je lève la main vers elle.

— Je vous arrête tout de suite ! Ce qui s’est passé ne se reproduira plus ! Je suis au courant de ses ennuis de santé, je saisis l’importance d’un repos total dans son cas et je peux vous assurer qu’elle ne refera plus les mêmes erreurs. Je suis là pour m’occuper d’elle maintenant et je crois que Laura a compris que son comportement a été stupide.

— Donc vous pensez qu’elle peut quitter l’hôpital ?

— Oui ! Sa sœur est présente, Laura est entourée de sa famille, de ses amies. Nous ferons en sorte que tout se passe bien, soyez-en certaine !

— Dans ce cas, je vous laisse lui annoncer qu’elle peut rentrer.

Je pose une main sur son épaule.

— Merci, Docteur Collins. J’ai tendance à me montrer déraisonnable et pénible, mais il s’agit de ma femme...

— Je comprends tout à fait ! C’est pour cela qu’il faut savoir s’en remettre aux autres, Macsen. Vous êtes trop impliqué pour garder votre rationalité, votre neutralité. C’est humain comme réaction et c’est pour cela qu’il y a une déontologie !

— C’est aussi très frustrant d’être totalement impuissant !

— Vous pouvez me faire confiance. Je n’ai que ses intérêts à cœur. Saige est ma patiente et je me battrai jusqu’au bout pour elle.

— Merci, Collins, merci beaucoup !

— De rien.

Je lui montre mes sacs.

— Bon, je vais aller nourrir notre malade. Elle en a assez de celle qu’ils servent ici.

— J’imagine, oui, me sourit-elle. Je m’occupe de ses papiers de sortie. Qu’elle mange tranquillement. Sauvez-vous après !

— Entendu ! Merci !

Et je reprends mon chemin.

 

**

— Le déjeuner est servi ! chantonné-je, en pénétrant dans la chambre de Laura, en brandissant mes sacs en papier.

Ma jolie lionne, assisse en tailleur, sur son couvre-lit, lève le nez vers moi et son air désespéré m’arrache un rictus.

— Je pensais qu’un repas, en tête-à-tête, te remontrer le moral, mais je n’ai le droit qu’à tes grimaces, visiblement.

Je pose mes paquets sur la tablette roulante et commence à les déballer.

— J’ai dévalisé le traiteur ! Je n’arrivais pas à me décider, alors j’ai acheté un peu de tout.

Le silence de Laura est très révélateur de sa mauvaise humeur du jour. Si je prends deux secondes pour me mettre à sa place, je comprends qu’elle devienne barge enfermée dans cette pièce déprimante, avec ce balai d’infirmières et de médecins qui vont et viennent entre ses murs. Le manque de confort et d’intimité qu’elle subit tous les jours doit être fatigant à la longue. Et puis, les courtes visites de Tempé sont certainement pires que tout ; être privée de son enfant doit être insupportable au quotidien.

Alors, détenir cette incroyable nouvelle est un vrai cadeau. Savoir que je vais lui rendre le sourire me comble de bonheur.

— Voilà pour ma petite grincheuse, ricané-je, en lui tendant une barquette remplie d’une salade caesar.

— Merci, me répond-elle sans le moindre enthousiasme.

Même le surnom que je lui ai donné ne lui provoque aucune réaction.

— Laura...

Je me laisse retomber sur le matelas.

— Je sais que c’est dur pour toi, mais...

— Mais quoi ?! Tu as cru que me chercher à manger aller suffire à me rendre heureuse ? J’en ai assez, Mac !!! Assez d’être enfermée ici depuis des jours, de ne voir ma fille que quelques minutes par-ci par-là, de ne pas pouvoir être tranquille cinq minutes !!!

— Et je comprends, ma chérie, je t’assure !

Je me lève et m’assieds à sa droite. Bien installé contre ses oreillers, je tends ma main vers elle et la fais monter et descendre le long de son dos.

— Mange, mon cœur, l’incité-je, quand je la vois bouder son assiette.

Elle pique sa fourchette dans une feuille de salade et la porte à sa bouche.

— Qu’est-ce que tu ferais si tu étais à la maison ?

Elle me balance un regard mauvais.

— Tu veux que je pleure ou quoi ?

Je la chatouille gentiment.

— Réponds-moi, s’il te plaît...

— Je ne sais pas... J’ai envie de tellement de choses que j’ignore par où commencer...

— Tu aimerais prendre un bon bain chaud ?

— Oh, ouais..., s’extasie-t-elle. Avec des bougies, de la musique douce et un verre de vin.

J’arque un sourcil.

— C’est ça qu’ils vous enseignent en médecine à Ploucland : mélanger l’alcool et les médocs pour le cœur ?

— Ce n’est qu’un fantasme, Macsen !!!

— Et après ton bain ?

— J’aimerais passer une tenue confortable, moins déprimante que cette affreuse blouse !

— OK ! Quoi d’autre ?

Elle hausse les épaules.

— Je voudrais une soirée simple ! Toi, en train de nous cuisiner un petit dîner...

Je glousse.

— Ouais, tu es carrément en train de rêver, c’est clair.

Elle ricane, elle aussi.

— Tu te débrouilles quand tu y mets de la bonne volonté !

— Un moment tranquille, donc !?

— C’est ça ! On pourrait bavarder de tout et de rien pendant que Tempé jouerait à côté de nous. Il y aurait un feu de cheminée qui brûlerait dans l’insert. Après avoir dîné en famille, on coucherait la petite...

— Et ?

Je crois que je vais adorer la suite !!!

— Et on irait dormir ! Enfin, je pourrais passer une bonne nuit dans mes draps, sur mon immense matelas ! Des heures d’un sommeil paisible sans qu’on vienne me prendre mes constantes, toutes les deux minutes.

Hein ? Quoi ? Et c’est tout ?

J’attrape une poignée de ses cheveux et les tire sans ménagement.

— Aïe !!! s’écrie-t-elle en se frottant l’arrière du crâne. Abruti !!!

— Et que fais-tu du beau black dans ton lit ???

Nouveau haussement d’épaules.

— Je tiens à te faire remarquer qu’il est à poil et gravement en manque !!!

— Je ne suis pas certaine que, dans mon état, m’envoyer en l’air soit recommandé.

Je l’empoigne au niveau de la hanche et la soulève de sorte qu’elle finisse lovée contre moi. Elle laisse tomber sa tête contre mon épaule.

— Je ne te manque pas ? Même pas un peu ?

— Disons que ça fait tellement longtemps... Je ne sais plus l’effet que ça fait...

Docteur Lane, vous n’êtes qu’une garce...

J’introduis mes doigts sous sa blouse et les laisse remonter le long de sa cuisse jusqu’à son entrejambe. Ils frôlent le bout de coton qui dissimule ce que je convoite.

Mes lèvres effleurent son oreille.

— Tu ne te souviens pas ? Vraiment ?

Elle sursaute quand je fais claquer l’élastique de sa culotte contre sa peau.

— Si la mémoire te revient, tu sais où me trouver...

Je la repousse et me lève d’un bond. En deux pas, je suis devant le placard où sont entreposées les affaires personnelles de Saige. Je récupère sa valise sur l’étagère la plus haute.

— Mais qu’est-ce que tu fais ?

Je commence à y fourrer tout son bazar.

— Macsen Cole, je peux savoir à quoi tu joues ?

— J’ai croisé Collins en revenant du traiteur.

Je lui lance une œillade sévère.

— Un déjeuner que je voulais sympathique avec ma charmante chérie, mais c’était sans compter sur sa mauvaise humeur.

— Mac, soupire-t-elle, la mine confuse.

— En gros, elle m’a dit que tu peux rentrer à la maison.

— Vraiment ?!

Je l’ignore.

— Alors, tu peux prendre un bain, je te ferai à souper si ça te fait plaisir et je te souhaite d’avance une bonne nuit dans ton super plumard, mais en ce qui concerne la baise, c’est franchement compromis...

— Mon amour...

Immédiatement, elle s’agrippe à ma taille.

— Je suis tellement désolée, Macsen. J’ai été maladroite...

Elle grogne avant de presser son front contre mon torse.

— Je deviens totalement folle ici !

Je referme mes mains sur ses épaules et l’éloigne de sorte de pouvoir me plonger dans ses yeux.

— Tu n’as pas envie de moi ?

Et si le sexe ne lui été pas aussi nécessaire qu’à moi.

— Mais qu’est-ce que tu me racontes ?

— Avant toi, me taper des nanas, c’était un besoin primitif, presque animal ; un instinct que j’avais bien du mal à calmer mes ardeurs. Mais depuis que tu m’as appris à faire l’amour, c’est complètement différent ! Je peux me contrôler, je peux maîtriser ce qui se passe dans mon froc, non pas, parce que tu ne me fais pas d’effet, mais, simplement, j’ai appris à placer tes désirs avant les miens. Je t’aime tellement que je ne pourrais plus jamais me satisfaire d’une autre femme. Je t’appartiens corps et âme, je suis totalement fou de toi.

Elle attrape mon visage entre ses mains et m’embrasse fermement.

— Le sexe avec toi, ce n’est pas seulement un acte physique, bien au contraire. Oui, il y a l’aspect du plaisir corporel qui n’est pas négligeable, mais ce que je préfère lorsqu’on fait l’amour, c’est de te sentir, Mac ! Je sens combien tu m’aimes, comme je suis importante à tes yeux. Je ne pourrais plus me passer de ce sentiment unique et je ne veux vivre ça avec personne d’autre que toi.

Je pince les lèvres.

— Je me disais que..., commencé-je en coulant mes doigts dans sa belle tignasse. Je ne vois aucune contre-indication médicale à un peu de sexe dans ton état, il faut seulement qu’on fasse ça en douceur.

Elle rit avant de m’embrasser dans le cou.

— Et tu sais être doux…

— Je peux être tout ce dont tu as besoin, ma Laura, tant que ça te rend heureuse.

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