Legacy, Tome 2- Life
— Oh, ma puce...
Saige#9
— Oh, ma puce...
La voix sensuelle, vibrante d’excitation de Macsen me chatouille la joue alors qu’il va et vient en moi à une cadence mesurée.
— Je t’aime...
Sa déclaration s’échoue sur ma nuque dans un souffle chaud qui me fait chavirer un peu plus vers ce moment d’extase tant attendu.
Ses doigts, enlacés aux miens, se raffermissent lorsque sa propre délivrance se fait imminente. Sa tête disparaît entre mes seins et je sais qu’il va jouir. Il adore se cacher là quand il est sur le point de rompre.
— Laura ?
À sa manière de formuler mon prénom, je comprends qu’il me demande si je suis prête à le rejoindre.
— Je t’attends, mon amour, je suis avec toi...
Il met plus d’intensité dans ses coups de reins ce qui me fait gémir plus fort.
— Je veux te sentir. J’en ai besoin, Laura.
Je plante mes ongles dans la peau de son dos.
— Bébé, cédé-je dans un cri d’abandon total quand l’orgasme me transperce.
Mon corps se cambre, Mac s’enfonce en moi dans un ultime effort avant de se répandre dans un gémissement étouffé contre ma peau.
— Ma Laura, chuchote-t-il toujours captif de sa délectation. Putain, c’est dingue comme je t’aime...
— Moi aussi. C’est tellement bon.
Il se relève, s’écrase sur ma bouche avant de se laisser tomber sur le matelas. Son bras recouvre son visage légèrement parsemé de sueur. Je l’observe retrouver son calme et une question vient me trotter dans la tête.
Depuis notre escapade à Winthrop, il faut admettre que le sexe est bien plus doux qu’habituellement. Macsen est toujours très entreprenant dans nos ébats. Il aime avoir le contrôle et tenter de nouvelles expériences et depuis le premier soir j’ai cette impression, très agréable, d’être en pleine découverte du plaisir charnel, de tout ce qu’il a à offrir. Mac est imprévisible et il cherche à me surprendre à chaque fois, mais pas ces derniers jours. Depuis ma tentative de fuite, il est plus traditionnel et j’ai la sensation qu’il essaie de me ménager comme dans tout le reste de notre quotidien. Je devrais me sentir flatté de cette intention, mais ce n’est pas le cas ! Non, moi je me demande combien de temps lui sera nécessaire avant qu’il se lasse.
— Mac, l’appelé-je timidement.
Il retire son bras, s’étend sur le flanc droit et dépose un baiser sur mon épaule.
— Mon amour ?
— Est-ce que c’était…
Si ma prononciation était décousue, c’est encore pire lorsqu’il enfonce ses yeux noirs dans les miens. Ce contact me fait perdre tous mes moyens.
Je secoue la tête.
— Non, rien...
Je lui fais face et me love contre son torse.
— J’ai juste besoin d’un câlin.
Il m’étreint avec délicatesse et enfouit son nez dans mes cheveux.
— C’était bon, ma Laura, mais tu le sais, non ?
Je mens et acquiesce.
— Pourtant, tu te poses des questions ! Je peux sentir ta petite tête bouillonner d’ici.
— C’est que...
— Attends ! me stoppe-t-il avant de me saisir par le menton et de me forcer à le confronter. J’ai la sensation que c’est important pour toi et je veux que tu me regardes pour me dire ce qui te trotte dans la tête.
— Je... euh...
Il sourit en m’entendant m’embrouiller.
— Attends, Laura, tu me fais quoi là ? Depuis quand parler de cul te met dans l’embarras ?
— Ce n’est pas le cas !
— Tu rigoles ? Tu es plus rouge qu’une pivoine !
— On vient de faire l’amour !
Il arque un sourcil.
— Et, c’était très bon !
— Vraiment ?
J’ai dit ça assez naturellement vu mes difficultés à aborder le sujet précédemment. Au moins l’abcès est crevé !
— Donc, c’est ça le problème ? Tu te mets à douter que le sexe me soit aussi plaisant qu’à toi ?
Je baisse les yeux.
— C’est surprenant venant de la nana qui affirmait, il y a quelques heures à peine, qu’elle était de loin le meilleur coup que je n’ai jamais eu.
— Tu es trop con, vociféré-je avant de sauter du lit, furieuse qu’il me pique précisément là où ça fait mal.
Il m’imite et vient à ma rencontre.
— Non, non, non, Laura, on ne fuit pas, tu te rappelles !
— Ce n’est pas ce que je fais ! m’écrié-je en lui faisant front. Mais tu n’es qu’un connard !
— Parce que j’ai mis dans le mille ! À midi, quand tu essayais de prendre l’ascendant sur moi, tu te vantais d’être la meilleure partenaire que j’ai eue, oui ou non ?
— Sauf que je plaisantais, Macsen !
— Et là, je ne blague plus, Laura ! On fait l’amour et tu te poses des questions, pourquoi ?
— C’est juste que...
— Que quoi ?
— Le sexe est différent ! Tu l’es, toi aussi !
— Et alors ?
— Comment ça « Et alors ? » ? J’ai tout brisé entre nous, même ça !!!
— C’est ce que tu penses, se vexe-t-il. Comment peux-tu prétendre un truc si débile ?
Il se prend la tête.
— On n’était pas ensemble dans ce plumard, ce n’est pas possible !
Il pointe notre lit du doigt.
— Tu ne comprends rien à ce qui se passe là, Laura !!! Je te croyais avec moi !!!
— J’étais avec toi ! lutté-je d’une voix mal assurée.
— Tu ne saisis rien à ma façon de t’aimer, Saige ! Je te parle, mais tu n’écoutes rien de ce que je te dis !
— C’est seulement que c’était moins...
— Moins affectueux, moins tendre ! embraye-t-il furieux. Oui, Laura, avant je te baisais comme j’ai sauté la moitié des nanas de cette ville !
Je me décompose sur place devant la violence de ses propos et ma réaction lui somme de se reprendre.
— J’ai envie de t’aimer, Laura, j’en ai besoin ! Je veux découvrir cet autre aspect de ma sexualité avec toi, mon ange. Alors, oui, mon kif, en ce moment, c’est de te faire langoureusement l’amour. Demain, je préférerais peut-être te prendre sauvagement dans une salle de garde ou sur la table du salon, je n’en sais rien ! Je vis tout ça, au jour le jour, je suis mon instinct.
— J’ai cru que c’était encore un moyen pour toi de me ménager.
— Tu fais erreur ! Je fais ce qui me plaît et j’ai la sensation que c’est ton cas, également !
— Ce n’est pas le problème ! J’aime tout ce que nous partageons, tous les deux.
— Laura, il faut que tu arrêtes de vivre avec l’idée que tu as compromis notre relation. Si l’un d’entre nous doit avoir des doutes sur notre avenir, c’est moi et je n’en ai aucun ! J’ai flippé, je le reconnais et je me suis montré méfiant, mais c’est du passé. On reprend le cours de notre vie, on repart sur de meilleures bases.
— C’est tout ce que je désire...
— Tu es...
Mac me détaille dans mon ensemble. C’est à ce moment que je réalise que je suis totalement nue, tout comme lui.
— Laura, qu’est-ce qui t’arrive ?
— Je…
Une nouvelle fois, une opportunité de rêve se présente à moi. Je pourrais enfin lui avouer que je suis malade et que ça me fiche une peur bleue. Je pourrais aussi lui dire que je suis là grâce à Legacy. Sans elle, je serai morte.
— Il y a quelque chose que je n’arrive pas à te dire, Mac. J’aimerais vraiment, mais c’est difficile...
— OK !
Il marche vers moi, prend mes mains dans les siennes et me conduit jusqu’au lit. Ensuite, il m’aide à m’y asseoir et couvre mon corps du drap de satin.
— On va y arriver, Bébé. Ensemble !
Je plonge mon visage dans mes paumes.
— C’est tellement compliqué...
Je sens qu’il me caresse les cheveux.
— Mais je suis là pour toi, ma chérie. Tu peux tout me dire...
Je lève les yeux vers lui et l’observe avec la perplexité que son affirmation m’inspire.
— On a tous un seuil de tolérance à ce qu’on est en mesure d’entendre.
Il secoue la tête énergiquement.
— Pas quand il s’agit de nous ! Je veux tout connaître de toi...
Sa manière tendre et réconfortante de me regarder est d’un grand secours alors que je suis à deux doigts de lui révéler cette part de ma vie.
— C’est... euh…, c’est à propos de...
Je marque un arrêt, inspire profondément et m’apprête à poursuivre quand les pleurs de Tempérance nous parviennent depuis sa chambre à coucher.
— Ce n’est pas vrai, gémit Macsen, la tête baissée. Je n’y crois pas.
J’attrape le drap.
— J’y vais !
Mais sa main se referme sur la mienne.
— Non, toi tu restes là et tu gardes ce que tu as à me dire au chaud. Je la rendors et je reviens.
Mac enfile un pantalon et sort en trombe de la chambre. Il n’en faut pas davantage pour que je me dégonfle. Je m’allonge et me demande comment me dépêtrer de ce mauvais pas dans lequel je viens de me fourrer. Je patiente en cherchant ce que je vais pouvoir lui dire lorsqu’il reviendra. Mais au lieu de ça, dans ma grande lâcheté, je m’allonge et fais mine de dormir en priant pour qu’il n’ait pas le courage de me réveiller.
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