Mick

Christopher Andersen · Chapitre 11 sur 45

Pages du PDF

Mick

1- Faithfull : fidèle, loyale.

Jaillissant dans sa tunique parme et son pantalon blanc, Oldham vint aussitôt se présenter. « Elle avait quelque chose d’unique, un être à la fois éthéré et en même temps très moderne », raconte-t-il. Oldham se fichait qu’elle soit chanteuse. « C’est son apparence qui me fascinait – cet aspect virginal, angélique… c’était de l’or pur pour moi. » En outre, il n’aurait pu trouver à cette nymphe délicate un nom de scène plus approprié que

son véritable patronyme . 1

Chrissie sentit aussitôt le danger quand elle vit Mick mettre le cap sur elle, pour se présenter à son tour. Il renversa prestement son verre de Dom Perignon sur le chemisier de la jeune femme et, sans s’excuser, entreprit d’essuyer le champagne en frottant sa poitrine à pleines mains. Outrée, Marianne battit en retraite dans la cuisine.

Marianne quitta la fête ce soir-là très en colère. « Au début, elle était réellement dégoûtée par les Stones, raconte Barry Miles, un ami de la jeune femme qui rejoignit plus tard le cercle intime du groupe. Elle fulminait : “Quelle bande d’horribles individus, sales, moches et boutonneux !” Vraiment, elle les détestait. »

Mais cela n’empêcha pas Marianne Faithfull de signer avec Oldham le lendemain après-midi. « Pour eux, j’étais visiblement une denrée périssable. Quelque chose dont ils pouvaient se servir et balancer à la poubelle ensuite », déclara Marianne, qui sortit de sa séance d’enregistrement offusquée par la façon dont elle avait été traitée. Toutefois, elle pardonna à Mick et Keith leurs manières grossières quand la petite ballade qu’ils avaient composée pour elle « As Tears Go By » devint le tube de l’été cette année-là.

Certes, les Stones étaient loin d’être des personnes fréquentables, et leurs concerts étaient à leur image, semant la destruction aux quatre coins du pays. Les fans devenaient fous furieux à chaque représentation ; ils brisaient les fenêtres, caillassaient les abribus, renversaient les voitures. « On dirait des animaux, déclara un organisateur écossais. Et les pires, ce sont les filles. »

Sur le sol anglais, les Stones avaient débouté leurs grands rivaux. Leur premier album chassa les Beatles de la première place des charts, et Mick fut élu meilleur chanteur en Grande-Bretagne, laissant les Beatles loin derrière.

Mais l’Amérique restait un défi. N’ayant pas encore de hit outre-Atlantique (« Not Fade Away » était numéro deux en Angleterre, mais avait été un bide aux États-Unis), Mick jugeait prématuré de lancer une tournée américaine. Oldham, toutefois, était certain que la mayonnaise prendrait sur place, même si aucune radio ne diffusait encore leurs titres.

Les doutes de Mick se dissipèrent quand le groupe débarqua le premier juin 1964 à l’aéroport de New York, tout récemment rebaptisé le John Fitzgerald Kennedy Airport (cela faisait seulement six mois que JKF avait été assassiné) : des centaines de fans hurlants les attendaient à leur descente d’avion.

Trois jours plus tard, l’engouement fut moins ostensible pour leur première apparition à la télévision américaine. Ils avaient été invités au Hollywood Palace, une émission de variété en prime time, et leur prestation fut sabotée par le présentateur Dean Martin. Montrant son rejet pour ces envahisseurs hirsutes et leur « musique », Dean Martin les présenta d’un air pincé, en roulant des yeux à chaque chanson ; à un moment, il demanda même aux téléspectateurs de ne pas changer de chaîne, car il ne voulait pas se retrouver tout seul avec les Rolling Stones.

L’étape suivante de leur tournée fut moins catastrophique. Plus de cinq mille fans se rendirent à leur premier concert sur le sol américain, à San Bernardino, agitant des bannières et forçant les cordons de police pour envahir la scène. « C’était comme à la maison ! » dira Mick.

Malheureusement l’euphorie fut éphémère. Quand ils s’enfoncèrent dans l’arrière-pays, plus que quelques centaines de personnes occupaient des arènes pouvant en contenir quinze mille. Leur tournée reprit l’ascendant quand ils atteignirent New York, où des milliers de fans envahirent la 7 Avenue devant le Carnegie Hall pour attendre l’arrivée e

des Stones. Après le concert, où les « soldats de l’ombre » de Oldham avaient mis l’ambiance, la police dut avoir recours à la force pour que les Stones puissent échapper à la foule. Le lendemain, Carnegie Hall annonça que les groupes rock étaient désormais persona non grata.

La quasi-émeute provoquée par les Stones, grâce à la présence scénique de Mick, arriva toutefois trop tard. Comme le chanteur l’avait prédit, sans un tube au hit-parade américain pour doper les ventes, les Stones ne purent se faire une place dans l’immense marché américain. Leur première tournée au Nouveau Monde fut un semi-échec.

Avant même que leur avion touche le tarmac de Heathrow, Oldham avait organisé une tournée en Europe pour redorer le blason du groupe. Tandis que l’impresario des Stones peaufinait sa contre-attaque avec la minutie d’un stratège, Mick, Chrissie et Keith décidèrent de déménager pour un nouvel appartement encore plus grand au 10A Holly Hill à Hampstead. Cette fois, ils ne demandèrent pas à Andrew Oldham d’habiter avec eux.

Chrissie n’avait plus à se soucier de la nature des relations qu’entretenait Mick avec son manager, mais elle avait à supporter les fans qui jaillissaient de nulle part. Un soir, alors qu’ils faisaient l’amour, ils entendirent des gloussements dans la chambre. Ils découvrirent deux midinettes cachées dans l’armoire. Lorsque les intruses demandèrent à Chrissie qui elle était, Mick répondit « c’est personne » et renvoya les jouvencelles dans leurs pénates. Chrissie gifla alors Mick, puis ils reprirent leurs ébats.

Jusqu’à la fin de l’été, les Stones soulevèrent des émeutes à travers toute l’Angleterre et l’Europe. À Belfast, plus de cinq cents fans durent être évacués sur des civières. À Blackpool, un piano à queue Steinway fut jeté au bas de la scène, la batterie de Watts fut réduite en charpie, et les rideaux de scène mis en lambeaux. Après le concert des Stones à l’Olympia à Paris, des fans écumèrent les rues, agressant les clients dans les bars, cassant les vitrines des magasins.

Aux dires de Oldham, « Mick déchaînait l’agressivité des hommes. Sexe, rage et révolte… tout ça, avec lui, remontait à la surface ».

Personne, et encore moins l’intéréssé, ne niait que Mick était le catalyseur de cette violence. « J’avais un curieux sentiment sur scène. Je percevais toute cette énergie monter du public, explique-t-il. Ils avaient soif de quelque chose et ils essayaient de le trouver chez nous. »

« Mon jeu de scène est purement sexuel », poursuivait Jagger, en expliquant que ce qu’il faisait n’était ni plus ni moins qu’un strip-tease. « Ce qui rend fous les gens, c’est que je suis un homme et non une femme. » Et il s’empressait d’ajouter : « Mais n’allez pas croire que je me dandine devant un miroir pour m’entraîner à être sexy ! »

C’était pourtant exactement ce qu’il faisait. Chrissie le regardait pendant des heures prendre des poses devant la glace dans leur chambre. Elle avait pour consigne de ne le dire à personne. La jeune femme avait bien d’autres secrets à garder – comme le fait que Charlie, ayant désobéi à Mick, avait épousé sa fiancée Shirley.

Mick pâlit de rage quand il découvrit ce que Watts avait fait dans son dos – ce mariage risquait de nuire à l’image de mauvais garçons que se forgeait le groupe. Ce n’était rien comparé à son ressentiment à l’encontre de Brian. « Mick détestait Brian, et je le comprends », déclara Phil May. Marchant au cocktail amphétamines/Jack Daniels, Jones ratait régulièrement des concerts et semblait prendre un plaisir sadique à malmener ses petites amies. « Brian était un musicien génial, ajoute May. Mais un sale con dans la vie. »

Mick avait pris l’habitude de ramasser les morceaux derrière Brian. Lorsque l’une des innombrables petites amies de Brian annonça qu’elle était enceinte (le cinquième enfant que le guitariste semait derrière lui), Mick et Andrew lui versèrent deux mille livres pour qu’elle n’exige rien de Brian et la renvoyèrent dans ses pénates, sans même avertir Jones de leurs tractations.

Maintenant que leur premier album et leurs deux nouveaux titres – « Time Is on My Side » et « It’s All Over Now » – étaient des succès aux États-Unis, Mick accepta une nouvelle tournée outre-Atlantique, cette fois pour assurer la promotion de leur nouveau 33 tours 12x5.

Leur concert le plus important ne serait pas donné dans un stade devant des dizaines de milliers de personnes, mais au Studio 50 de la chaîne CBS, qui pouvait contenir au mieux quatre cents personnes. Le 25 octobre 1964, les Rolling Stones passèrent donc au Ed Sullivan Show, pour chanter « Around and Around » et « Time Is on My Side ». Ayant fait des émissions mémorables avec le jeune Elvis et, neuf mois plus tôt, avec les Beatles, Sullivan voulait montrer qu’il avait encore le flair pour découvrir de nouveaux talents. En coulisses, après le passage des Stones, il alla féliciter Mick, en lui disant qu’il avait électrisé le public comme personne, plus encore que ne l’avaient fait Elvis et les Beatles.

Le lendemain, toutefois, CBS fut submergé de lettres et d’appels de parents outragés. Face à cette fronde, Sullivan fit machine arrière : « J’ai été saisi d’horreur quand je les ai vus, déclara-t-il à un journaliste. Jamais plus je ne les réinviterai à l’émission… il m’a fallu dix-sept ans pour faire de cette émission ce qu’elle est, et je ne vais pas tout fiche en l’air maintenant. » (Quand les Stones, plus tard, furent plébiscités par le public américain, Sullivan retourna à nouveau sa veste et accueillit le groupe à bras ouverts. Il les invitera cinq fois encore.)

Le milieu artistique new-yorkais ne montra pas de telles hésitations, et acclama Mick et ses vilains camarades dès qu’ils posèrent le pied sur le tarmac de JFK. À une soirée « Mods et Rockers » organisée en leur honneur, Mick fit la connaissance d’Andy Warhol. Jagger fut impressionné par sa composition avec les boîtes de soupe Campbell. Il sut tout de suite que Warhol deviendrait l’un des géants de l’art du XXe siècle. L’artiste, de son côté, était envoûté par l’animalité du chanteur, et son glamour androgyne. Mick entretiendra avec l’artiste une relation professionnelle et amicale qui durera pendant vingt-quatre ans, jusqu’à la mort de Warhol. Il sera l’une des personnes qui compteront le plus dans la vie de Mick.

Warhol et les siens donnèrent aux Stones plus qu’une simple hospitalité. Les drogues n’étaient pas facilement accessibles au Royaume-Uni – pas même pour les rock-stars fortunées. Pour la première fois, Mick et ses compagnons eurent un accès libre à toutes les substances prohibées. À chaque fois que les Stones se rendaient aux États-Unis, tout le monde leur offrait de l’herbe, de la cocaïne, du LSD, des amphétamines, et même de l’héroïne et de la morphine. Watts et Wyman (qui, à vingt-neuf ans, était l’aîné du groupe) considéraient cette manne avec beaucoup de circonspection, mais Richards, Jones et Oldham y plongèrent à pieds joints.

Mick emprunta une voie médiane, même s’il finit par passer du joint occasionnel à des drogues plus dures. Plus tard, il déclarera qu’il n’était qu’un symbole des années des sixties psychédéliques. En vérité, la drogue deviendra une part importante de l’existence de Mick, et ce, pour des décennies.

Leur dernière apparition avant de rentrer au pays eut lieu au Civic Auditorium de Santa Monica, lors d’un grand show avec de multiples invités où ils étaient les vedettes devant Marvin Gaye, Smokey Robinson and the Miracles et les Beach Boys. Seul James Brown se sentait blessé dans son ego : « Avec moi, les Rolling Stones vont regretter d’avoir posé le pied en Amérique ! »

À la fin, Brown fut tellement impressionné par la gestuelle de Mick qu’il vint le féliciter en coulisses. Mick, en retour, incorpora des pas du « Parrain de la Soul » à son jeu de scène – bien qu’il se rendît compte rapidement qu’il n’avait pas la souplesse ni la dextérité suffisantes pour reproduire fidèlement les figures de Mr Dynamite.

De son séjour aux États-Unis, Mick ne rapporta pas seulement de la drogue et des glissés browniens. Jagger écrivait à Chrissie tous les jours, mais cela ne l’empêchait pas de profiter des groupies qui le suivaient de ville en ville. Aux dires de Oldham : « Les Stones revinrent tous en Angleterre avec la chaude-pisse. »

En 1965, pour la terre entière, Mick était un anarchiste et un dévoyeur de la jeunesse – grand œuvre de Oldham qui avait donné aux Stones le look des jeunes voyous sanguinaires du roman de Burgess L’Orange mécanique.

Tout cela, évidemment, ne les rendait que plus excitants pour l’élite d’Angleterre. « C’était soudain très chic d’être vu en compagnie d’une rock-star, se souvient Brian Morris, le patron de la célèbre boîte de nuit Ad Lib. Le must, c’était d’avoir un Beatle ou un Stone. Et Mick était le plus recherché du lot, puisqu’il passait pour le plus subversif. »

Paradoxalement ce sera un Américain, l’acteur Dennis Hopper, qui lui ouvrira les portes de l’aristocratie londonienne. Hopper, qui avait la même inclination pour la cocaïne que le galeriste Robert Fraser, fit se rencontrer les deux hommes.

À son tour, Fraser présenta Jagger à son vieux camarade d’Eton Christopher Gibbs. Antiquaire de Chelsea, Gibbs avait introduit les imprimés marocains, les tapis, les coussins, les lampes et appliques de cuivre qui allaient devenir le style hippie. Mick rêvait d’entrer dans ce monde élitiste et raffiné depuis sa tendre enfance et Gibbs ne demandait qu’à être le Pygmalion de Mick. « Je suis ici pour apprendre à me comporter comme un gentilhomme », murmura Jagger au styliste Michael Fish lors d’un dîner mondain chez Gibbs.

L’entreprise s’annonçait de longue haleine. Quand il ne dînait pas avec le gratin de Londres dans le magnifique appartement de Gibbs à Cheyne Walk, Mick retrouvait ses camarades des Stones pour se comporter comme le dernier des voyous. En rentrant d’un concert tard dans la nuit dans la Daimler noire de Jagger, ils s’arrêtèrent à une station-service de Londres Est pour soulager leur vessie. Le pompiste refusa de leur donner la clé des toilettes ; une discussion animée s’ensuivit et Mick alla uriner contre le mur de la station. Keith et Bill Wyman suivirent l’exemple de Mick et, après trois mois de gros titres, les Stones furent condamnés pour « comportements outrageants » – une condamnation qui leur valut une amende de cinq livres chacun. « Vous êtes condamnés, entonna le juge, parce que vous ne vous comportez pas comme des jeunes gens respectables ! » C’était là tout le problème.

Lorsque la vague « Mick Jagger et les Rolling Stones » déferla aux États-Unis pour la troisième fois en avril 1965, on savait cette fois qui le public venait voir. Et ce n’était pas Brian Jones. Alors que Mick ne ratait jamais une date de concert, le fondateur du groupe, désormais accro aux amphétamines, enchaînait absence sur absence.

« Brian était un être complexe, sombre et imprévisible », raconte le photographe Gered Mankowitz, qui réalisa les pochettes des albums durant cette période et devint un intime du groupe. « Il y avait quelque chose de cruel en lui. Il prenait plaisir à voir la souffrance des autres. » Et, apparemment, à l’infliger. Brian frappait régulièrement les filles qu’il ramassait en tournée. Ce comportement révoltait même Mick, le misogyne patenté. Après une rossée particulièrement violente sur une fille de seize ans, les roadies de la tournée, avec l’accord de Jagger, rendirent à Brian la monnaie de sa pièce en l’envoyant à l’hôpital avec deux côtes cassées.

Les Stones pouvaient-ils réellement conquérir le Nouveau Monde ? Les succès successifs en 1965 de « The Last Time », « Play with Fire » et « Get Off of My Cloud » sur le marché américain semblaient de bon augure.

Mais ce n’était rien comparé à la tornade « Satisfaction » qui déferla quelques mois plus tard, une chanson que nombre de chroniqueurs considèrent encore comme le plus grand morceau de rock de tous les temps. La mélodie est venue à Keith Richards en rêve, la nuit du 9 mai. Il s’éveilla dans son appartement de Carlton Hill, à St. John’s Wood, attrapa sa guitare, et enregistra le riff. Puis il se rendormit.

Le lendemain matin, Richards, qui s’était gavé la veille d’amphétamines et de cocaïne, quitta les bras de Morphée sans aucun souvenir. Mais il remarqua que la nouvelle cassette qu’il avait mise sur son magnétophone portable Philips le soir était en bout de course. « J’ai rembobiné la bande et c’est là que j’ai découvert “Satisfaction” », raconte Keith. Suivie de quarante minutes de ronflement.

Quelques jours plus tard, les Stones étaient à Clearwater, en Floride, pour travailler sur de nouvelles chansons. Comme à son habitude, Richards donna à Jagger la mélodie et le thème. « Les paroles, c’étaient “I can’t get no satisfaction” se souvient Richards. C’était juste un truc pour que ça colle à la rythmique. Ç’aurait pu tout aussi bien être “Tante Millie s’est coincé le sein dans l’essoreuse”. Pour moi, c’était une chanson bouche trou. Jamais je n’aurais pensé que ça pouvait faire un tube. »

Mick s’assit sur le bord du lit dans sa chambre d’hôtel de Clearwater, et coucha sur le papier toute sa frustration de vedette en tournée. Quelques jours plus tard, ils enregistrèrent une version acoustique, au Chess Studio à Chicago et, plus tard encore, une version électrique avec une pédale de distorsion Gibson Maestro Fuzz-Tone, chez RCA à Los Angeles.

Mick et Keith peaufinaient encore l’enregistrement – du moins pensaient-ils pouvoir l’améliorer – quand, alors qu’ils traversaient le Minnesota, ils entendirent le titre à la radio ; Oldham, sans les prévenir, avait décidé de sortir la chanson, et en dix jours elle était numéro un des ventes ! « Sur le coup, j’étais mortifié, raconte Richards. Pour moi, ce n’était qu’une maquette. Si cela n’avait tenu qu’à moi, jamais “Satisfaction” ne serait sorti. » Heureusement pour tout le monde, Oldham passa outre l’avis de Keith Richards.