Mick

Christopher Andersen · Chapitre 19 sur 45

Pages du PDF

Mick

4- « Le viol, le meurtre, il est toujours à notre porte. »

Tandis que les Hell’s se tenaient autour de lui, Hunter se souleva sur un coude. « Je n’allais pas tirer sur vous. » Ses assaillants n’étaient pas convaincus. « Pourquoi t’avais un flingue alors ? » répondit l’un d’eux avant de soulever une lourde poubelle en métal pour la lui écraser sur le crâne. Puis, tour à tour, les Hell’s rossèrent le jeune homme, avant de lui asséner le coup de grâce – un violent coup de pied au visage – administré par le premier Hell’s qui avait décidé de lui faire la peau. Le motard, visiblement satisfait de lui, contempla un moment la dépouille gisante à ses pieds puis repartit tranquillement vers la scène écouter la fin de « Under My Thumb ».

Les spectateurs qui se portèrent au secours de Hunter après l’agression le découvrirent avec des plaies béantes dans le dos, le flanc et à la tempe droite. Dès que Jagger vit passer le brancard porté à bout de bras au-dessus de la foule, il s’arrêta de chanter et demanda à ce qu’on appelle une ambulance.

« Cela peut être la plus belle des soirées, expliqua Mick au micro. Ne vous battez pas, je vous en prie. Les Hell’s Angels, tout le monde… gardons notre calme, profitons de la musique… »

Mais les problèmes continuèrent. Une fille torse nu, qui voulut monter sur scène, fut rouée de coups et balancée dans la foule alors que Jagger chantait, ironie du sort, « Midnight Rambler », la chanson sur Albert DeSalvo, l’Étrangleur de Boston.

« Hé, hé, hé, s’écria Jagger. Doucement les gars. Un seul d’entre vous peut la gérer. » Ignorant que le cadavre de Meredith Hunter se trouvait dans la cabine au bord de la piste, Mick chanta « Gimme Shelter » avec

son refrain prophétique : « Rape, Murder, it’s just a shot away », puis 4 ramassa les roses qui avaient été lancées sur scène pendant « Satisfaction » et « Honky Tonk Women ». Les Stones terminèrent le show par « Street Fighting Man ». Au vu du carnage que fut ce concert, Jagger n’aurait pu trouver meilleure conclusion.

Avant que les Stones ne disparaissent en coulisses, Mick envoya des baisers à la foule. « On vous dit au revoir. On vous embrasse tous. Embrassez-vous tous et bonne nuit, lança-t-il comme si rien ne s’était passé. Vous avez été super-cool. Au revoir. »