Retour aux sources: La Famille Sullivan, New York, tome 3, Un été au lac (French Edition)
Extrait de Au fil de l’eau
Extrait de Au fil de l’eau (Un été au lac, tome 2)
© 2020 Bella Andre/Oak Press, LLC
Liam Kane entendit les applaudissements et les acclamations tandis qu’il passait la porte de l’auberge. D’après les pétales qui sortaient en volant de la salle des fêtes, il put facilement deviner qu’il s’agissait d’un mariage.
Cela lui parut immédiatement étrange. Pourquoi son frère, Wesley, organiserait-il un autre mariage à l’auberge le même week-end que le sien ? Et comment son frère allait-il tout nettoyer après ce mariage et avoir le temps d’installer le nécessaire pour la répétition de son propre dîner ce soir-là ?
Liam avait eu l’intention d’aller directement dans sa suite à l’étage pour prendre une douche après son vol de nuit depuis la Chine. Il avait vécu trois semaines de folie à prendre constamment des avions, à passer ses nuits dans des chambres d’hôtel pour lesquelles il avait à peine le temps de s’enregistrer avant de se rendre au prochain aéroport, à la prochaine réunion. Il n’était pas retourné au lac depuis si longtemps que la curiosité le mena à déposer ses valises derrière le bureau de la réception et à se diriger vers la grande pièce qui donnait sur le lac pour voir qui se mariait.
Lorsqu’il s’arrêta près d’une porte latérale derrière une grande plante en pot, il fut abasourdi de voir que Sarah Bartow, qui s’était apparentée à lui par sa grand-mère, portait une robe de mariée et tenait la main de son ancien petit-ami, Calvin Vaughn.
D’après ce qu’il savait, ils avaient rompu après avoir terminé le lycée. Quand s’étaient-ils remis ensemble ? Et pourquoi n’avait-il pas su qu’ils se mariaient ce jour-là ? Il fallait reconnaître qu’il n’avait pas été très doué pour garder le contact avec sa famille ou avec les habitants de Summer Lake au cours des dernières années. Cela ne voulait pas dire que Sarah l’exclurait délibérément de la liste de ses invités, si ?
Pensant qu’il devait y avoir une explication rationnelle à ce mariage, alors que Sarah et Calvin s’embrassaient pour sceller leurs vœux et que la foule les acclamait, Liam constata qu’ils étaient vraiment amoureux. Pour le moment, en tout cas. C’était en ce qu’il se passait ensuite qu’il n’avait pas foi : dix, quinze, vingt ans plus tard, quand ils auraient des enfants et qu’ils seraient censés être une famille soudée dont les membres s’occupaient les uns des autres. La seule chose dont il était certain, c’était que les gens qui étaient blessés quand l’amour échouait n’étaient pas que l’homme et la femme qui avaient un jour prononcé leurs vœux. Non, les conséquences étaient bien plus vastes.
C’est pourquoi, après presque vingt ans de rencontres amoureuses, Liam n’avait jamais voulu se marier. Il n’avait jamais été tenté de mettre un genou à terre et de demander à une femme d’être sienne pour l’éternité.
Normalement, il ne laissait jamais les émotions indésirables prendre le dessus de cette manière, il les repoussa donc profondément en lui tout en examinant les personnes présentes dans la pièce. Il n’était pas revenu en ville depuis longtemps, pourtant il reconnut presque tout le monde au mariage. L’ancien entraîneur de football américain. Le propriétaire du bazar. Plusieurs personnes avec qui il était allé à l’école. Les Sullivan qu’il avait appris à connaître pendant les étés où ils étaient venus au lac depuis la grande ville pour aider leur père, William, à construire son chalet en rondins.
Liam aperçut un mouvement qui attira son attention.
Des cheveux dorés qui glissaient comme de la soie sur les épaules d’une femme qui se déplaçait derrière un grand homme d’un certain âge. À la vue de Liam, sa respiration resta bloquée dans sa poitrine. Des larmes faisaient briller les yeux de la femme et ses yeux étaient rouges. Elle se mordait la lèvre, ses mains couvrant son cœur.
C’était la plus belle femme qu’il ait jamais vue.
Les mariés commençaient à remonter l’allée centrale et à sortir de la pièce. Il devrait les rejoindre avec le reste de la foule pour les féliciter. Seulement, le regard de la femme lui coupait le souffle et faisait aussi accélérer son cœur.
Sa robe verte était bien ajustée, pas tape-à-l’œil. Les perles sur le lobe de ses oreilles et autour de son cou étaient élégantes, sans avoir pour but d’attirer le regard d’un homme. Tout comme ses chaussures, à talon plat. Ce genre de femme n’essaierait jamais d’attirer l’attention sur elle-même.
Même si elle avait toute la sienne.
Tout le monde avait suivi Sarah et Calvin en dehors de la pièce en passant par les portes situées en face de lui ; la femme resta en arrière, se penchant pour ramasser des pétales de fleurs éparpillés autour de sa chaise. Quelque chose fit réagir son esprit, un picotement qui allait au-delà de la conscience d’être en présence d’une belle femme. Un avertissement qu’il l’avait déjà vue quelque part. Mais où ?
Elle était en train de ramasser une autre poignée de pétales de fleurs sur le sol quand elle tourna soudain son regard vers lui et qu’elle le vit debout à côté de la porte latérale. Elle était plus proche. Assez proche pour qu’il voie ses traits délicats : ses pommettes hautes, son menton légèrement pointu et les petites fossettes sur chaque joue quand elle sourit.
— Oh, bonjour.
Quelques pétales de roses tombèrent de sa main et voletèrent jusqu’au sol. Elle lui adressa un sourire en coin en se baissant pour le ramasser.
— Ils sentent bon, mais ils mettent la pagaille.
Liam savait qu’elle s’attendait à ce qu’il dise quelque chose : qui il était ou ce qu’il faisait debout à la regarder. Il n’avait pas encore retrouvé sa voix.
C’était la première femme qui le laissait bouche bée.
— Avec le mariage, je n’ai pas surveillé la réception, poursuivit-elle, affichant toujours un sourire accueillant. Je peux faire quelque chose pour vous ? Êtes-vous un client de l’auberge ?
— Je suis Liam Kane.
En un instant, le sourire de la femme disparut. Sa bouche s’entrouvrit et ses joues rougirent. Elle fit un pas rapide en arrière et se heurta à l’une des chaises pliables couvertes.
— Oh, mon Dieu. Bien sûr que tu es Liam.
Elle se mordit la lèvre, attirant l’attention de Liam vers leur forme pulpeuse et douce. En dépit de sa robe sage, de ses chaussures et de ses bijoux, sa bouche attirante et le vert profond de ses yeux montrait une vérité plus profonde sur elle. Une sensualité qu’elle ne pouvait pas cacher. Une sensualité qui grimpa en flèche uniquement parce qu’il avait entendu son nom sortir de ses lèvres.
— J’aurais dû m’en rendre compte plus tôt, mais le mariage a dû me brouiller l’esprit. Sarah se demandait pourquoi tu n’avais pas répondu à son invitation, mais tu as fini par venir !
Ses grands yeux verts volaient les neurones de Liam les uns après les autres. Un marteau frappait son cerveau. Comment pouvait-elle savoir exactement qui il était alors qu’il n’avait aucune idée de qui elle était ?
— J’ai été sur les routes au cours des derniers mois, expliqua-t-il, l’invitation à leur mariage a dû s’égarer dans le tas de courrier que je n’ai pas ouvert. Je ne savais pas du tout qu’ils se mariaient. Je suis là pour le mariage de Wesley.
— Tu ne sais pas ce qu’il s’est passé ?
Le marteau s’abattit plus fort, rejoint par une alarme dans son cerveau qui lui indiqua que quelque chose n’allait pas. Ne l’avait-il pas su depuis l’instant où il était entré dans l’auberge et où il avait vu qu’un autre mariage avait lieu ?
Il craignit immédiatement que quelque chose soit arrivé à son petit frère. Il s’était toujours occupé de lui quand ils avaient été enfants, mais il n’avait pas été très présent pour s’assurer qu’il allait bien au cours des dernières années.
— Comme je l’ai dit, j’ai été sur les routes tout le temps et mon téléphone n’est pas toujours fiable dans certains des pays où je suis allé. Si Wesley a essayé d’entrer en contact avec moi par mon personnel, je n’en ai pas entendu parler.
L’inquiétude pour son frère le poussa à poser ses mains sur les épaules de la femme pour s’assurer d’avoir toute son attention.
— Que s’est-il passé ? Où est Wesley ?
À ce moment-là, elle écarquilla suffisamment les yeux pour qu’il ne puisse pas s’empêcher de mémoriser la nuance exacte de vert, comme une pousse fraîche sur un arbre nu au printemps, et elle prononça :
— Je ne sais pas où il est.
Soudain, il la sentit trembler sous ses mains. Pourquoi la malmenait-il ?
— Je n’aurais pas dû t’agripper comme ça.
Il rejeta la faute sur le vol de nuit pour avoir mis aussi longtemps à faire le rapprochement.
— Tu es la fiancée de Wesley.
Wesley lui avait envoyé une photographie d’elle quand ils avaient annoncé leurs fiançailles et la secrétaire de Liam l’avait posée sur la pile de ses autres courriers professionnels. Il avait été en retard à une réunion et il avait à peine pris le temps de regarder la photographie avant de la ranger. Puis, il avait été en Asie quand ils avaient organisé leur fête de fiançailles, il n’avait donc pas eu l’occasion de rencontrer la fiancée de son frère. D’après ses souvenirs, même si elle avait été jolie sur la photographie, rien n’avait particulièrement attiré son attention.
Il arrivait à peine à croire que cette femme devant lui soit celle qui se trouvait à côté de Wesley sur la photographie mise en scène. Les mêmes cheveux, les mêmes yeux, le même visage, les mêmes traits… Mais elle était complètement différente. Comme si elle était en quelque sorte devenue plus nette depuis que la photographie avait été prise.
— Oui. Je suis Christie. J’étais sa fiancée.
Il ne put que remarquer qu’elle avait employé le verbe au passé.
— Vous êtes censés vous marier demain.
— Oui, répéta-t-elle. C’était le cas, mais…
Une porte s’ouvrit brusquement et Liam entendit la voix de sa mère.
— Christie, est-ce que tu as vu mon châle ? Je crois que je l’ai oublié sur ma chai…
Les mots restèrent en suspens quand elle remarqua la présence de son fils aîné.
Christie s’écarta si vite qu’il aurait juré sentir un coup de vent froid à l’endroit où elle s’était tenue.
— Liam ?
Sa mère avança vers lui, son regard scrutant sa cicatrice.
— Oh, chéri, je suis ravie que tu sois enfin rentré ! Tout a été tellement chaotique. Pour nous tous. Ton père et moi n’arrêtions pas d’essayer de te joindre, mais ta secrétaire nous disait tout le temps que tu étais en réunion ou dans un avion quelque part.
Elle baissa la voix.
— Je ne voulais pas transmettre un message aussi personnel à une inconnue.
— Alors, il n’y a pas de mariage ?
Il adressa la question à Christie plutôt qu’à sa mère.
— Non, rétorqua doucement l’intéressée. Wesley et moi n’allons pas nous marier.
« Bella Andre ne déçoit jamais ! Au fil de l’eau vous saisira dès la
première page ! Il y a tant de rebondissements et de secrets dans ce
livre que vous ne pourrez pas le poser ! »
~ 5 étoiles pour Au fil de l’eau
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