A la vie
Jérusalem
Le premier jour, quand je suis arrivé à Jérusalem, on était déjà là. […] À
Jérusalem, on est dans le Makom – le Lieu. […] et ça, je ne l’ai pas eu en France. Il y
a de véritables empêchements à ce déploiement de la Torah1.
Assis sur la terrasse, face à l’horizon des collines, tout en haut de la maison,
on reconnaît ce ciel, cet air, ce souffle. Cet air qui éveille à la sagesse, ce souffle
venu des matins du monde, quand Adam, le premier homme, inspiré, a
nommé chaque créature.
Un passé plus lointain que notre petite histoire se noue à la promesse des
jours à venir. Nous ne sommes pas seuls ; il y a là, tout près, du fond des âges,
ces Juifs courbés sur les livres anciens et ces femmes pleines de bravoure qui,
jour après jour, ont murmuré, chanté ou pleuré leur désir de voir enfin
Jérusalem.
« Je savais simplement que je voulais la pierre (even) de Jérusalem, que c’était
even / av-ben (père-fils)2. » Chaîne miraculeuse de la transmission, le même re-
cueilli de génération en génération.
Ce n’est pas la chose qui dit le sensé, il s’épelle : « La lettre fait signe. La
lettre, lieu de la signification. Toute la sagesse d’Israël tient dans cette signi-
fication. »
Et la lettre se déchiffre sur fond de lumière : « Cette incessance, cette
immobilité, secret de tous nos mouvements, de toutes nos errances, cette