Hantise

Michelle Jaffe · Chapitre 18 sur 35

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Hantise

Chapitre 17

 

 

– Dehors ! Fiche le camp ! À l’aide ! m’écrié-je. Loretta ! Le garçon laisse tomber son portable.

Loretta entre précipitamment.

– Oui, ma puce, qu’est-ce qu’il y a ?

Je désigne le garçon du doigt. Mon bras tremble.

– Il… il va me tuer.

– Qui, Pete ?

Elle jette un coup d’œil au jeune homme, qui se baisse pour ramasser son téléphone.

– J’en doute.

– Quelqu’un… quelqu’un vient d’appeler en disant qu’il allait me tuer. Quelqu’un vient d’appeler pour me menacer, et puis lui, là, est entré.

Loretta s’approche de moi et sort une lampe de poche qu’elle braque sur mes pupilles.

– Regarde vers le haut, ma puce. Bien. Maintenant à gauche. Elle éteint la lampe.

– Je ne suis pas en train d’halluciner. Je ne l’ai pas inventé. Quelqu’un m’a appelée.

Les doigts posés sur mon poignet, elle demande :

– Dis-moi ce qui s’est passé, ma jolie.

– Le téléphone a sonné et j’ai décroché.

– Tu as décroché ? Tu as bougé la main ?

Elle me regarde, surprise.

– Oui, je sens mes deux bras maintenant.

– Les voies du Seigneur sont impénétrables. Le téléphone a sonné, tu as décroché et qu’est-ce qui s’est passé ?

– La voix a dit que ce qui m’était arrivé n’était pas un accident. Qu’il allait finir ce qu’il avait commencé. Et qu’il viendrait bientôt.

– Je vois. Et après ?

– Et puis lui (je pointe du doigt le garçon, à présent adossé au mur, l’air amusé), est entré. Ça n’a rien de comique !

– Je ne me moque pas de toi, je me moque de cet ours, dit-il en désignant la fenêtre. Il est… plutôt affreux.

Loretta, sortie pendant notre échange, revient dans la pièce.

– Voilà Pete, explique-t-elle. Il est bénévole ici. Comme une blouse rose.

– Je ne suis pas sûr que « bénévole » soit le bon mot.

Il se dégage du mur et s’approche du lit en me tendant la boîte.

– J’étais censé livrer ça.

Le paquet est recouvert de papier avec les mots BAD TRIP imprimés partout, clairement sorti du rayon « Adolescents » du magasin Hallmark le plus proche.

– Je ne veux pas de cette stupide boîte. Est-ce que vous m’avez écoutée ? Quelqu’un a menacée par téléphone de me tuer. (J’articule chaque mot.) Il faut avertir la police. Je n’ai pas halluciné cette fois, Loretta. Quelqu’un m’a vraiment appelée.

– La sécurité est déjà en route, avec…

Il y a du bruit dans le couloir et ma mère entre suivie du lieutenant Rowley.

Mais pas comme si elles étaient pressées. Plutôt comme si elles flânaient.

Je leur raconte ce qui s’est produit et, vu leur réaction, on croirait que cette révélation est une info intéressante mais pas spécialement importante.

– Vous m’écoutez ? Quelqu’un en veut à ma vie !

Le lieutenant Rowley consent charitablement à sortir son carnet.

– Redites-moi ce qui s’est passé. Est-ce que la voix vous a semblé familière ?

– Non, elle avait l’air déformée.

– Pouvez-vous dire si c’était un homme ou une fem…

– Non, je viens de le dire, elle paraissait déformée. Comme si elle sortait d’un modificateur de voix.

– Et la qualité du son ? Pourriez-vous dire s’il appelait d’un portable ou d’un fixe ?

– Un portable, je pense. Vous pouvez le localiser ? Elle tapote le téléphone à côté de mon lit.

– Dans une institution comme celle-ci, il serait quasiment impossible de localiser l’appelant, à moins qu’il ne rappelle. Plus d’une fois. S’il avait appelé sur un portable.

– Autrement dit, non.

– C’est vrai. Mais neuf fois sur dix ces coups de fil sont des canulars.

– Tu vois ma chérie, dit ma mère en souriant. Il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Je la fixe, effarée. Qu’est-ce qui ne va pas chez elle ? Je sais qu’elle déteste avoir tort. Et si mon correspondant mystère est réel, ça veut dire que je ne peux pas avoir été la victime d’un dix vingt-sept par les cambrioleurs de la supérette dans leur voiture de cavale. Mais là c’est le comble du déni, même pour elle.

– Tu es folle ?

– Non. Je suis sûre que la police connaît son travail. Si quelqu’un t’a téléphoné, c’était certainement pour attirer l’attention.

– Si ? répété-je. Tu ne crois pas qu’il y ait eu un appel.

Je regarde désespérément autour de moi. Mon estomac se noue à nouveau.

– Aucun de vous ne le croit. Personne ne croit que j’ai réellement reçu cet appel. Pourtant, c’est la vérité.

Ma mère me sourit, un sourire censément bienveillant, j’en suis sûre, mais qui me donne l’impression qu’elle se moque de moi.

– Ça n’a pas d’importance, ma chérie.

– Si, ça en a.

Des larmes de frustration me montent aux yeux.

– Je ne mens pas.

– Personne ne dit que tu mens. Il est juste possible que ce que tu vis en ce moment ne soit pas toujours réel.

Je ris sans joie.

– Tu es brillante, Mère. C’est la meilleure pirouette que j’aie jamais entendue venant de toi.

– Ne sois pas sarcastique, Jane.

Quand est-elle devenue ce robot ? Qu’est devenue ma maman ? Celle qui courait avec moi dans le parc, les cheveux voletant autour de son visage et criant : « Tu peux y arriver, oui, c’est ça, continue ! N’abandonne pas ! » la première fois que j’ai essayé de faire voler un cerf-volant toute seule. Celle qui, lorsqu’il a enfin décollé, est restée à côté de moi à le contempler : un poisson avec une longue queue rose et bleu qui tournoyait et zigzaguait dans le ciel nuageux. J’avais levé la tête pour la regarder : les cheveux en bataille, les joues roses, elle avait une trace de poussière sur le visage – pour moi, c’était la plus belle femme du monde.

Qu’est devenue la maman qui sentait le fond de teint, le shampoing et le savon Bourgeois, qui se précipitait vers moi quand je tombais de la cage d’écureuil et que je m’écorchais le genou, celle qui s’accroupissait à côté de moi dans la poussière et me serrait contre elle en disant, d’une voix qui signifiait vraiment quelque chose, que c’était important pour elle, qu’elle me voyait, me sentait, m’aimait réellement : « Tout va bien, ma puce, je suis là. » ?

Je veux ma maman. J’ai besoin d’elle. Où est-elle passée ?

– Je ne l’ai pas inventé.

Les larmes coulent sur mes joues.

– Quelqu’un a appelé et m’a menacée.

Je lance à Pete un regard implorant.

– Tu as dû entendre, tu es entré au moment où j’ai raccroché.

J’ai besoin d’un allié, d’au moins une personne qui soit de mon côté. Mais Pete fait non de la tête.

– Je t’ai entendue parler, mais je ne faisais pas attention. J’étais

au téléphone. Loretta me lance un sourire qui se veut apaisant et pose sa paume chaude et douce sur mon épaule.

– Quelqu’un va venir te voir, quelqu’un qui pourra t’aider à donner du sens à tout ça.

– Quel genre de quelqu’un ?

– Le docteur Tan. Un psychologue. Il est spécialiste des traumatismes.

– C’est de vigiles dont j’ai besoin, pas d’un psy. Ils ont perdu la tête ?

– Quelqu’un essaie de me tuer. Pourquoi est-ce que j’inventerais un truc pareil ? Pourquoi ?

Je passe de l’un à l’autre, réclamant une explication, mais je n’ai droit qu’à des sourires plastifiés et des regards vides.

– Comment peux-tu être sûre de ne pas avoir halluciné ? demande ma mère.

– J’ai décroché. J’ai entendu la voix. C’est vrai. C’est vrai.

– Quoi qu’il se soit passé, personne ne nie le fait que ça t’ait semblé réel, m’assure Loretta.

Ça ne m’aide en rien à me sentir mieux, mais elle ne se laisse pas démonter.

– En attendant le Dr Tan, pourquoi ne montres-tu pas à tout le monde que tu peux ouvrir ton cadeau ?

OK, je suis un singe savant maintenant. Je commence à déchirer le papier et ma mère s’exclame :

– Jane, c’est merveilleux. Tes bras, tes mains.

Sa voix se met à trembler.

– Tu peux bouger.

– Ça me fera une belle jambe quand quelqu’un m’aura tuée, fais-je remarquer en retirant l’emballage de la boîte en carton.

J’ai l’impression qu’elle a les larmes aux yeux, mais je les ignore.

À l’intérieur du paquet, il y a une petite figurine en céramique représentant un chérubin avec des oreilles de lapin. Une carte imprimée à côté dit : « Souviens-toi que tu n’es jamais seule. Un lapin veille toujours sur toi. Bien à toi, ton Admirateur Secret. »

– C’est vraiment adorable, s’exclame Loretta en prenant la statuette pour la poser sur ma table de chevet.

– Ça me donne plutôt la chair de poule. Et la carte. Quelqu’un m’observe tout le temps ?

– Jane, tu es un peu paranoïaque, objecte ma mère. S’il te plaît, ma chérie, il faut que tu te détendes.

– Ça, c’est à moi d’en juger, intervient un homme en blouse blanche qui doit être le Dr Tan.

Il porte un costume marron. Son crâne brille, mal dissimulé par quelques mèches ramenées en travers, et il m’observe derrière des lunettes sans monture. Il se dirige directement vers moi.

– Je suis le docteur Keough Tan.

Je lui serre la main.

– Ça fait plaisir de vous voir si bien entourée par votre famille et vos amis, me dit-il. Vous avez de la chance.

Je lui adresse un grand sourire, faux jusqu’au bout des dents.

– C’est vrai, sauf que quelqu’un vient de m’appeler pour me dire qu’il projetait de me tuer.

Il hoche la tête, l’air sérieux.

– Parlez-moi de ça.

Je décris l’appel pour la troisième fois. Il écoute attentivement, la tête penchée, et je commence à imaginer que, peut-être, quelqu’un me croit enfin. Quand j’ai fini, il demande :

– Et rien dans cette voix ne vous a semblé familier ? Identifiable ?

– Non, comme je l’ai dit, je pense qu’elle était déformée.

– Est-ce que vous avez eu d’autres coups de fil ?

– Mon petit ami a appelé hier.

– Là, c’est moi qui ai décroché, dit Loretta. Mlle Freeman n’avait pas encore retrouvé l’usage de ses mains.

– Mais c’est vous qui avez répondu à cet appel. Vous avez pu décrocher vous-même ?

– Oui. Et alors ? Le médecin a dit que mes capacités motrices reviendraient progressivement.

Le Dr Tan griffonne quelque chose sur une feuille.

– Je lis dans votre dossier que vous avez retrouvé votre voix à la suite d’un incident similaire.

– De quoi parlez-vous ? intervient ma mère, mais le Dr Tan l’ignore.

– C’était différent. J’étais dans la douche, j’ai cru voir un message écrit sur le miroir. Clairement, je l’ai imaginé. Mais là, ça s’est vraiment passé. Je l’ai entendu. On ne peut pas imaginer toute une conversation téléphonique.

– Donc cela vous a semblé plus réel ?

– Non, les deux avaient l’air aussi réels. Mais la dernière fois… je veux dire…

Loretta m’a dit qu’avec les médicaments.

Je m’interromps. Je vois sur son visage à quel point ça paraît improbable.

– Peut-être que les deux incidents étaient réels.

Il me fixe un moment. Ou peut-être que les deux étaient faux. Mon Dieu, est-ce que j’aurais imaginé l’appel ? Non. Ça s’est passé. C’est arrivé. Pour de vrai.

Il regarde Loretta.

– Et vous veniez juste de lui administrer une dose supplémentaire d’antalgique ?

– Oui, il y a eu un problème avec l’intraveineuse. J’ai dû lui faire une injection séparée en attendant de pouvoir rétablir le flux.

C’est vrai. J’étais encore plus droguée que d’habitude. Mais…

– Ça avait l’air tellement réel.

Le Dr Tan hoche la tête.

– Les illusions font souvent cet effet-là, car il s’agit des projections venant directement de la partie la plus puissante du cerveau.

Il prend le temps de consulter mon dossier.

– Je vois que vous n’avez aucun souvenir de ce qui vous est arrivé ?

– Certains détails commencent à me revenir, mais dans l’ensemble, non. Le médecin dit que c’est normal.

– Il n’est pas rare qu’il y ait une perte sélective de la mémoire après un traumatisme. Souvent nous occultons ce que nous ne sommes pas prêts à accepter. Mais quand cela arrive, il y a des « trous » que le cerveau essaie de remplir en imaginant des histoires. Dans votre cas, il y a probablement eu un événement ce soir-là auquel vous n’êtes pas disposée à faire face, et l’effort pour le garder caché pousse votre esprit à créer des alternatives. C’est comme un écran de fumée, une fausse piste.

– Quel genre d’événement ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

– Ça, c’est à nous de le découvrir ensemble. Plus il est difficile pour vous d’admettre une vérité, plus elle sera enfouie profondément. Le fait qu’il y ait un lien entre ces incidents et le retour progressif de vos fonctions motrices est extrêmement important. Par exemple, j’aurais tendance à supposer que le message que vous avez cru voir sur le miroir était une façon pour vous d’exprimer quelque chose de profondément enseveli dans votre psyché, raison pour laquelle votre vraie voix est revenue en le voyant.

– Le message disait : « Tu aurais dû mourir, sale garce ». Donc vous êtes en train de dire que je voulais mourir ?

Du coin de l’œil, je vois ma mère se lever à moitié, mais Joe pose une main sur son épaule et elle se rassoit lentement.

– Ce n’est pas nécessairement aussi réducteur. Cela peut venir d’une peur plutôt que d’un souhait. Tout ce que nous savons, c’est que c’est une pulsion profonde.

– Cet appel, selon vous, était une hallucination. La voix a dit qu’elle allait venir me tuer. Donc je veux me tuer ?

Ma mère commence à se lever de nouveau et cette fois, le Dr Tan s’adresse directement à elle.

– Le subconscient de Jane présente beaucoup de matière à étudier. Ce n’est pas forcément elle-même qu’elle veut tuer, mais plutôt une partie d’elle-même.

Il revient vers moi.

– Une partie que vous n’aimez pas ?

– Ou bien le coup de fil était réel et quelqu’un est décidé à me tuer. Est-ce que ce n’est pas l’explication la plus simple, rationnellement parlant ?

– Plus simple, sûrement. Rationnel est une notion toute relative.

Il me tapote la main.

– Parlons de ce matin. Est-ce que quelque chose d’inhabituel s’est passé aujourd’hui qui aurait pu déclencher cette crise ?

– Je suis à l’hôpital, en train de me rétablir après avoir été renversée par une voiture. Tout est inhabituel.

– Je me suis mal exprimé. Avez-vous eu la moindre interaction qui vous ait… surprise ? Mise mal à l’aise ?

Peut-être que si nous pouvons définir le catalyseur qui a déclenché l’illusion de ce matin, nous pourrons comprendre ce que vous essayez de réprimer.

Je n’aime pas ce mot, illusion. Je décide donc de garder pour moi l’étrangeté de David, mon désarroi en apprenant que Nicky m’accusait de l’avoir droguée, ou les allégations de Langley selon lesquelles j’aurais voulu rompre avec mon petit ami pendant la soirée. Je ne me rappelle rien de tout cela, mais ça me met mal à l’aise, comme une démangeaison que je ne peux localiser.

– Rien dont je me souvienne, réponds-je, sans même mentir.

– OK. Eh bien, continuez à y réfléchir.

Il ferme mon dossier.

– Pour l’instant, détendez-vous. Je reviendrai plus tard voir comment vous allez. Et si vous recevez d’autres coups de fil, essayez de vous souvenir de l’heure exacte.

– Est-ce que Jane risque d’avoir d’autres hallucinations ? J’aimerais savoir à quoi m’attendre, déclare ma mère.

– Cela dépend de la présence de facteurs stressants et de la manière dont fonctionne l’esprit de Jane.

– Ou du tueur, s’il décide de me rappeler, ajouté-je.

Le Dr Tan me tapote la main.

– Ne vous inquiétez pas, tout va s’arranger.

Comment ? ai-je envie de demander. S’il a raison, je suis en train de perdre la tête. Si c’est moi qui ai raison, quelqu’un est à ce moment même en train de planifier ma mort. Dans ces deux scénarios, il n’y a pas de place pour que les choses s’arrangent.

Une fois le docteur parti, Joe se racle la gorge.

– Tu sais, Rosie, je pourrais ordonner à quelques-uns de mes gars de se relayer, de monter la garde à l’extérieur de la chambre de Jane, pour être sûr que personne n’entre ni ne sort.

– Joe, tu es un amour. Comme le Dr Tan vient de le dire, j’espère vraiment que ce n’est pas nécessaire. D’ailleurs (elle baisse un peu la voix), ça pourrait faire plus de mal que de bien. Il ne faut pas ajouter de facteurs stressants à la situation et prendre le risque de provoquer d’autres hallucinations.

Son téléphone sonne.

Elle me regarde avec le sourire ultrabright qu’elle arbore pour tout le monde, dit : « Tu verras, Jane, tout va s’arranger » puis, dans le combiné, « Bonjour Perry, qu’est-ce que je peux faire pour vous ? » Effectivement, je vois très bien. C’est la reprise du boulot. Le business, comme d’habitude.

– Est-ce que vous voulez bien sortir tous, s’il vous plaît ? murmuré-je d’une voix frêle, vaincue. Loretta, pouvez-vous me pousser dans la salle de bains ? J’ai besoin d’être seule.

– Je dois aller m’occuper de Mme North à côté. Tu n’entends pas ses hurlements ? Pete, s’il te plaît, aide Mlle Freeman à s’asseoir dans le fauteuil comme je te l’ai montré. Ça ne posera pas de problème pour un grand garçon comme toi.

Il entrelace ses doigts et fait craquer ses articulations.

– Servir est mon plaisir.

Avant de partir, Joe s’approche de moi et pose la main sur mon épaule.

– Ne t’inquiète pas, Jane. On ne laissera rien t’arriver de mal. Son grand visage bête a l’air sincère.

– Tu peux compter sur moi.

Parfait. Joe Garcetti et son équipe louche couvrent mes arrières. Juste ce dont j’ai besoin, pensé-je. Mais tout haut je ne dis que :

– Merci.

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