Hantise

Michelle Jaffe · Chapitre 6 sur 35

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Hantise

Chapitre 5

 

Je secoue la tête, debout au bord de la jetée.

– Allez viens, Jane, appelle la jolie monitrice brune.

Elle flotte juste en dessous de moi, me fait signe.

– Allez, l’eau est super bonne. Saute.

Le chant des cigales me parvient depuis les buissons qui entourent le lac. L’air moite m’enveloppe. Je sens les planches rugueuses sous mes pieds nus.

L’eau est boueuse et pleine d’algues. Je le sais car ma meilleure amie, Bonnie, me l’a dit. « Elles t’attrapent les chevilles avec leurs tentacules gluants, et elles ne te lâchent plus », m’a-t-elle raconté, ses doigts menaçant mon visage.

– Jane Freeman, tu dois sauter.

Une nouvelle voix s’élève derrière moi. Je me retourne et me trouve face à l’un des monos, Cass. Je suis amoureuse de Cass depuis le premier jour de colo, quand il a retiré un dard d’abeille de mon pied.

– Je sais que tu n’es pas une trouillarde, me dit-il.

Si. Je suis une énorme, une formidable trouillarde. Mais impossible de l’admettre devant son sourire, sous son regard bleu bordé de cils épais.

– Vas-y, m’incite-t-il en souriant plus largement encore.

Pour lui plaire, pour sauver la face, je saute. Au début, c’est délicieux. Je me dis que Bonnie s’est moquée de moi. Je ris de ma peur, de ma stupidité, euphorique d’être dans l’eau fraîche.

Puis, je les sens. D’abord un, puis deux filaments huileux glissant sur ma peau. Ce qui a commencé comme une caresse timide se transforme rapidement en nuée de rubans visqueux s’enroulant autour de mes chevilles. Les longues herbes s’entortillent autour de mes mollets et mes cuisses, comme des sirènes malveillantes agrippant mes pieds de leurs doigts crochus pour me traîner dans leur tanière sous-marine. Plus je me débats, plus leur étau se resserre.

Arrête de bouger, m’intime une voix dans ma tête. Tout ira bien.

Mais non, impossible. Je lutte encore et encore, de plus en plus faiblement, jusqu’à ne plus avoir le choix. Je n’en peux plus. Mon corps, presque asphyxié, s’engourdit. Je m’immobilise.

Soudain, comme par magie, je suis libre. Les algues me relâchent.

Mes poumons réclament de l’air, j’ai l’impression que ma cage thoracique va exploser. Je nage de toutes mes forces, refoulant l’eau verdâtre autour de moi. Là, audessus, un rayon de soleil danse. Usant de mes dernières réserves, j’atteins la surface, triomphante, me ramenant moi-même à la vie.

Je cligne des yeux pour en chasser l’eau. Et les plonge dans un regard rempli de méchanceté.

– Sale garce. Je te hais, assène une voix que je connais sans connaître. Adieu, Jane. Une vague de douleur intolérable me submerge et une main me replonge sous l’eau brune, me pousse vers l’obscurité, vers les algues. Les tentacules m’attrapent à nouveau, m’emprisonnent. Mes bras et mes jambes sont immobilisés. L’eau se précipite dans ma bouche ouverte, ma gorge me brûle et j’entends un long gémissement, quelqu’un dit « Rendormez-la » et…

Plus rien.

Un bruit de frottement. Une voix de femme.

– M. Carl St James. Des lys blancs dans un vase vert.

De nouveau, le frottement.

– Nicole di Savoia. Bouquet de ballons en divers tons de rose, plus un ballon brillant en forme d’alligator.

– Famille des Moteurs Pontrain. Un seau de pop-corn quatre parfums. Une voix d’homme.

– C’est ceux que j’aime. Tu me les passes, s’il te plaît, Rosie ?

Je déteste quand Joe appelle ma mère comme ça. C’est ma première pensée la deuxième fois ou je reprends conscience. Avant même de réaliser que je peux entendre, que je suis réveillée, que cette fois-ci, c’est vrai.

Mes yeux s’ouvrent et le voilà, mon presque-beau-père, en train de se goinfrer de pop-corn.

Ma mère est assise dans un fauteuil bleu à côté de lui, les jambes serrées, croisées aux chevilles, une posture baptisée Décontractée-mais-Respectueuse.

En tout cas c’est comme ça qu’elle l’avait appelée en nous l’apprenant, à Annie et à moi. Elle porte un jean avec un pli parfaitement droit sur chaque jambe, un chemisier en soie blanche orné d’un nœud au col et une broche représentant le drapeau américain. Elle est mince comme un fil et il émane d’elle une impression trompeuse de fragilité. Ses cheveux blonds sont coupés au carré, lui barrant le front d’une frange rectiligne.

Sous cette dernière, les lunettes à monture rouge qu’elle porte toujours quand elle travaille lui tombent sur le bout du nez. Le frottement que j’ai entendu plus tôt est le bruit de son stylo Mont-Blanc en émail bordeaux écrivant sur le bloc recouvert de cuir qu’elle tient sur ses genoux.

Je l’observe un moment. Depuis un certain temps déjà, elle m’apparaît comme une étrangère. Comme quelqu’un que je vois à la télé, pas quelqu’un avec qui j’habite.

Je suis son regard vers ma sœur cadette, Annie, debout près d’une étagère recouverte de bouquets. Pour une raison connue d’elle seule, elle porte la robe spéciale en velours rouge qu’elle a eue pour Noël, à présent trop petite de plusieurs tailles. Elle serait indécemment courte si ma sœur ne l’avait pas assortie de collants rayés noir et blanc et de bottes en plastique jaune décorées de têtes de canards. Du haut de ses sept ans, Annie est une version miniature de notre mère avec son air bien plus mûr que son âge, ses lunettes cerclées de rouge et son carré blond, à la différence près que les cheveux de ma mère sont teints. Mais contrairement aux apparences, elle a une personnalité bien à elle.

Ma mère tend la main vers ma sœur. Annie soulève l’un des bouquets et lui passe la carte placée en dessous.

– Arthur et Susan Kazarhi, lit-elle à haute voix tout en écrivant sur son bloc-notes. Orchidées roses et blanches dans un cache-pot en émail vert.

Joe est avachi à côté d’elle, cheville sur le genou, un bras sur le dossier de ma mère, comme s’il voulait prendre le plus de place possible. Les gens le trouvent beau, mais pour moi il ressemble à un gorille. Il a des mains poilues et ses joues sont perpétuellement couvertes d’une ombre de barbe naissante. Aujourd’hui, il porte une chemise à carreaux blancs et bleus avec des boutons de manchettes dorés et un pantalon beige. Ses chemises sont taillées sur mesure, information qu’il partagera avec vous si vous avez le malheur de lui parler plus de cinq minutes. Cher, mais le résultat en vaut la peine. Tenez, touchez le tissu. Quel homme, ce Joe.

Joe a dû sentir mon œil noir posé sur lui, car il est le premier à me remarquer. Un sourire éclaire son visage.

– Eh bien, ça fait plaisir de voir ça. Regarde, Rosie, la Belle au bois dormant est réveillée.

Ma mère lève immédiatement la tête. Trop rapidement : elle ne se laisse pas le temps de composer son expression et je lis la peur sur son visage. Et l’âge : c’est comme si elle avait pris dix ans depuis la dernière fois que je l’ai vue.

Mais la crainte disparaît et elle sourit, rouge à lèvres parfaitement en place, juste ce qu’il faut d’inquiétude dans le regard.

– Jane, chérie !

Elle pose le bloc-notes et vient vers moi.

– On était en train de faire une liste des gens à qui tu pourras envoyer des mots de remerciement et…

Des remerciements ? Pour quoi ?

Ma mère n’achève pas sa phrase, son enthousiasme s’atténue.

– Janette, oh, ma fille chérie.

Elle est à côté de mon lit et serre ma main dans la sienne. Je réalise à ce moment-là que je ne sens rien.

– Jane, est-ce que tu sais où tu es ?

Et que je ne peux pas parler.

Une vague d’horreur, de terreur, me submerge.

Je manque d’air, les larmes me montent aux yeux, je sens un cri qui naît dans mon estomac et essaie de se frayer un chemin vers l’extérieur, sans succès. Il est piégé, prisonnier de mon propre corps. J’ai envie de hurler : Qu’est-ce qui m’arrive ? Que quelqu’un me dise ce qui se passe !

Mais rien ne sort.

Ma vision se trouble et je suffoque. Mon cerveau s’emballe, Où suis-je comment suis-je arrivée là qu’est-ce qui se passe laissez-moi sortir où suis-je ? mais personne ne m’entend ni ne me répond. Tout le monde parle en même temps et je ne comprends rien, les contours s’estompent puis reviennent. Ne me laisse pas, maman fais quelque chose, maman… ! Je sais qu’elle est à côté de moi, en pleurs, je sais que des larmes tombent sur mes bras, mais je ne les sens pas.

Je ne les sens pas.

Je suis complètement isolée. Totalement seule.

À cette pensée, une terreur à la fois brûlante et glacée m’envahit. Je suis enterrée vivante, coincée, seule, pour toujours.

Mon cœur bat la chamade. Il faut que je sorte d’ici je dois bouger ce n’est pas possible ça ne peut pas m’arriver ! Mon pouls s’accélère et le moniteur de mon rythme cardiaque se met à biper plus vite. La partie de moi encore vivante et prisonnière de mon corps tente de trouver la sortie, se débat, se tord, pousse. Meurt. Je dois sortir d’ici, je dois m’échapper. Ma vue se brouille et le noir m’engloutit. Je suis en danger. Laissez-moi sortir, laissez-moi. Le moniteur accélère encore.

Je sens ma gorge se fermer. Je vais mourir, je ne peux plus respirer, mon Dieu, pitié, laissez-moi sortir, laissez-moi…

Le son du moniteur se transforme en sirène suraiguë et le visage de ma mère, livide, est remplacé par un autre que je ne connais pas, celui d’une femme en blouse rose imprimée de grands soleils jaunes souriants.

– Chut, ma puce, dit-elle, son sourire assorti à ceux des soleils de sa blouse. Je sais que tout ça te fait un choc, mais tout va bien. Tout va bien se passer. Il faut que tu te calmes.

Elle me fixe droit dans les yeux et il y a quelque chose dans son regard, dans sa voix apaisante, qui me touche profondément.

– Relax, ma douce, répète-t-elle et le monstre qui se débat en moi s’immobilise comme si elle l’avait hypnotisé. Essaie de faire ça tout seule, sans médicaments supplémentaires. Respire avec moi, ma puce. Inspire, doucement, et maintenant expire. Encore une fois, inspire, c’est bien, tu t’en sors très bien, et expire.

Après quatre respirations, ma gorge s’ouvre. Après six, le bip du moniteur commence à ralentir.

– Bravo, tu t’en es sortie comme un chef, me félicite-t-elle. Et tu t’es réveillée juste à temps pour le déjeuner. C’est du bouillon de poulet. J’espère que tu ne vas pas le regretter.

Elle rit, d’un éclat chantant qui masque le bruit des machines autour de mon lit et remplit la pièce d’humanité pendant un instant. Je pense que je tombe amoureuse.

– Je m’appelle Loretta et je serai ton guide dans l’univers des soins intensifs pour les prochaines heures.

– Est-ce qu’elle va bien ? demande ma mère. Que s’est-il passé ?

– Elle va mieux que bien, n’est-ce pas ma belle ? répond Loretta. Vous avez vu comme elle m’a regardée et comme elle a réagi à mes paroles ? Ça montre qu’il y a peu, voire pas, de dommages cérébraux.

Peu voire pas de dommages cérébraux. De quoi parlent-ils ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Loretta se tourne vers moi.

– Continue à respirer, ma douce. C’est normal d’être un peu désorientée au réveil, avec les médicaments et tout ce que tu as traversé. Mais tu te sentiras bientôt mieux, tu verras. Il y a une horloge sur le mur juste devant toi. Tu la vois ?

Je tourne les yeux vers l’horloge. Elle marque 13h15.

– Cligne des yeux une fois pour oui ou bien, et deux fois pour non ou mal. Comme si c’était normal de ne pas pouvoir parler.

Je cligne une fois et provoque un soupir de soulagement général.

J’apprendrai plus tard qu’ils n’étaient même pas sûrs que je puisse faire ça. Étant donné l’endroit où j’ai été blessée à la tête, j’aurais pu être aussi bien tout à fait saine d’esprit ou – comme remarque le Dr Connolly lorsqu’il apparaît quelques minutes plus tard – « un millimètre de plus à gauche et bang, tu n’aurais pas été plus intelligente qu’un rutabaga ».

Le Dr Connolly était dans l’équipe de football américain de son lycée, et il en parle encore. Il est grand avec des cheveux roux clair et des joues presque rubicondes, comme un papa jovial mais légèrement inconvenant.

– Je dirais que c’est un cas classique de délit de fuite, explique-t-il. Comme entre ma troisième femme et moi. Elle a délié ma bourse, j’ai pris la fuite.

Il fait un clin d’œil à Joe. Étonnamment, Joe ne le lui rend pas.

Si l’on en croit le Dr Connolly, malgré la côte fêlée, les cent trois piercings faits par les épines du rosier, une commotion cérébrale, une jambe cassée et la paralysie (temporaire… si tout va bien !), j’ai de la chance.

– Tu devrais être morte.

Il continue en énumérant tout ce dont j’aurais pu souffrir et en conjecturant sur les raisons de ma paralysie, due autant à l’œdème près de ma moelle épinière qu’au choc psychologique, selon lui. Mes membres enflés sont le résultat des médicaments et devraient bientôt retrouver leur taille normale.

– Tant que tu restes forte et courageuse et que ta bonne fortune se maintient, tu as de grandes chances de sortir comme neuve de cet hôpital. On devrait constater des améliorations dans les prochains jours. Des sensations dans les membres seraient bon signe. Si tu arrives à sentir tes orteils, plaisante-t-il, eh bien tu t’en sors mieux que moi.

Délit de fuite ? Améliorations ? Membres enflés ? C’est trop d’informations en même temps, trop de choses à intégrer. Je contemple ce corps qui ne m’appartient plus. J’ai la sensation familière de tout observer à travers les yeux de quelqu’un d’autre, comme si je regardais la télé des voisins depuis leur fenêtre. Je vois une chemise de nuit d’hôpital avec des étoiles bleues dessus. Mes bras, couverts d’entailles, sont immobiles à mes côtés. Mon poignet gauche est enveloppé de scotch transparent qui maintient trois intraveineuses en place, connectées à une machine hors de mon champ de vision. Collé sur ma main droite, un moniteur quelconque est relié à une douzaine de fils multicolores. Je porte quelque chose sous la chemise d’hôpital, quelque chose qui ressemble à une couche.

Une couche. Oh mon Dieu. Et si c’était ça, mon avenir ? Ça paraît idiot, mais c’est ce qui me fait fondre en larmes à nouveau.

À travers mes pleurs, je cherche ma mère des yeux. Pendant le discours du Dr Connolly, précisément au moment où il a proclamé que je devrais m’en sortir sans problème, sa paupière gauche s’est mise à trembler. Ce qui signifie qu’elle essaie de contenir la colère affleurant en permanence sous la surface tirée à quatre épingles. Comme le proclament toutes les lettres de recommandation accrochées aux murs de son bureau, ma mère est une femme extraordinaire et accomplie, ayant la réputation de pouvoir faire élire n’importe qui, « sauf Hitler ». Ses candidats la décrivent comme un « roc », « imperturbable », et « l’élément le plus fiable après les tracteurs que mes électeurs sont fiers de fabriquer ici même, dans notre ville ».

Elle fait sortir le Dr Connolly et Loretta et se retourne pour me faire face. Aucun de ceux qui ont écrit ces lettres ne la reconnaîtrait à présent. Son sourire parfait s’est évanoui et ses yeux lancent des éclairs.

– Mon Dieu, Janie, qu’est-ce qui t’est passé par la tête ? Comment as-tu pu ? Comment peux-tu te faire ça ? Me faire ça ?

Comment puis-je lui faire ça ? À elle ? L’impression d’assister à la scène de très loin s’accentue encore, comme si c’était une pièce de théâtre avec quelqu’un d’autre dans le rôle-titre.

Elle fouille dans son sac et en sort son miroir en argent, gravé de ses initiales.

– Regarde, m’intime-t-elle en le tenant devant moi. Regarde ce que tu as fait. J’obéis et un autre cri monte dans ma gorge. La distance s’évanouit. C’est mon reflet. Et je suis monstrueuse.

La moitié de mon visage est gonflée comme un ballon. J’ai un bandage enroulé autour de la tête, mes cheveux sont une pelote de nœuds, un de mes yeux est à moitié fermé par un énorme cocard jaune-violet et ma lèvre inférieure, ouverte, fait deux fois sa taille normale. Le côté gauche de mon visage est zébré de brun, là où les épines du rosier ont déchiré ma joue. Le bleu de mon épaule s’étend jusqu’à mon cou.

À nouveau, les larmes me montent aux yeux et je les ferme. J’ai la nausée. La fille dans le miroir est horrible, défigurée. Dégoûtante. Elle ne peut pas être moi. C’est impossible.

– Tu vois ?

Ma mère exige une réponse, à quelques centimètres de mon visage.

– Ouvre les yeux et regarde, Jane !

J’obtempère mais je la fixe elle, pas le miroir. Pourquoi m’inflige-t-elle ça ?

Elle n’a qu’à me regarder si c’est ce qu’elle veut.

– Je trouve que tu ressembles à un guerrier après la bataille, intervient Annie, interrompant le duel silencieux entre ma mère et moi. Ça te donne l’air d’une dure à cuire.

Ma mère se retourne vers elle, emmenant le miroir.

– Absolument pas. Elle a l’air horrible, comme…

Et pareille aux tempêtes d’été fréquentes en Illinois, elle explose soudain, passant du tonnerre grondant à une averse torrentielle de larmes.

Elle cache son visage contre l’épaule de Joe et sanglote.

– Calme-toi, Rosie, marmonne-t-il en tapotant ses cheveux. Jane souffre assez comme ça.

Enfin, une chose sur laquelle Joe et moi sommes d’accord. Un bras autour d’elle, il conduit ma mère dans la salle de bains à côté de mon lit et ferme la porte.

Des larmes brûlantes coulent sur mes joues. Vous pourriez penser que l’avantage, une fois paralysée, c’est qu’on ne ressent plus la douleur. Mais ça ne se déroule pas comme ça. Vous ne pouvez pas bouger, mais vous pouvez souffrir. Vous pouvez souffrir plus que vous n’auriez jamais imaginé.

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