Hedard University Diary, Tome 2- Les tribulations de Cupidon

Chapitre 9

DOVEN

 

Il est plus d’une heure du matin lorsque je franchis enfin la porte de mon appartement.

Et je suis lessivé !

La soirée n’était pas destinée à être aussi épuisante. Je n’avais pas programmé de sortir, d’aller chez Parker.

Je ne pensais pas non plus devoir gérer la cuite de Callie.

Honnêtement, je ne m’attendais pas à avoir des nouvelles de Parker. Suite à notre brève discussion sur le parvis du stade, j’étais persuadé qu’il me laisserait faire cavalier seul dans ma vendetta contre Thomas.

Pourtant, Parker m’a rappelé pour m’apporter son concours. J’ai hésité à refuser. Il faut dire que j’étais furieux d’avoir trouvé Parker chez Callie et Autumn à manger une pizza juste après notre dispute.

Ce soir-là, elle a su me toucher avec ses mots. J’ai eu envie de lui courir après, je ne voulais pas qu’elle s’arrête de me parler, mais je n’avais pas d’autre possibilité que d’attendre la fin du cours pour aller la trouver. Même avant d’écouter le message de ma sœur, j’étais déterminé à venir la voir, le cours fini.

Il fallait que je découvre ce qu’elle me cache. Ce qui explique son attitude étrange et distante depuis la rentrée. Que suis-je supposé faire en attendant qu’elle se décide à m’avouer la vérité ?! Elle me manque chaque jour un peu plus. Je me perds chaque jour un peu plus…

Voilà pourquoi j’ai accepté le coup de main de Parker. J’espère que me lancer à corps perdu dans cette histoire me changera un peu les idées. Si je ne peux rien arranger entre Callie et moi, je peux sûrement m’occuper de mettre ma sœur en sécurité.

Même après cette soirée chez Parker, j’ignore toujours comment mener à bien ma vengeance. L’intervention de Parker pourra m’ouvrir des pistes, j’imagine.

Dans l’immédiat, je lui ai demandé de se rapprocher de lui, de créer un climat de confiance avec lui. Sa place de capitaine pourra m’être utile. Pour ma part, je veux lui mettre la pression. Suite à ce qui s’est produit lors du feu de joie, il sait que je l’ai dans mon viseur.

Ça m’est arrivé de le suivre discrètement histoire d’en apprendre plus sur son compte. Je me suis manifesté quelques fois pour qu’il me voie et que ma présence l’oppresse. Cependant, je n’avance pas vraiment. Avec Parker dans ma manche, je pourrai sûrement progresser plus vite.

D’ailleurs, maintenant que ma sœur vit avec Callie, que je la sais heureuse et épanouie, je peux me focaliser sur cette histoire. Avant ce soir, je pensais qu’elle était en sécurité également, mais après l’appel de Parker, je suis en droit de me demander si je n’ai pas eu tort.

Apprendre que Callie s’est saoulée avec Emma m’a mis dans une rage folle. Mais qu’est-ce qui a bien pu lui passer par la tête ? Boire et se rendre chez Parker ?! Après ce qui est arrivé à ma sœur ! Je vois bien qu’elle est en souffrance. Cette chose qu’elle me dissimule la rend vulnérable et inconsciente. J’aimerais me montrer plus cool compte tenu de son attitude, mais ce n’est pas simple quand elle se laisse embringuer par Emma dans ce genre de plan.

Et me voilà à traverser mon appartement avec la boule au ventre…

Toutes mes certitudes s’envolent à la pensée de l’affronter. Elle est là, Ben m’a averti dès leur retour. J’appréhende d’avoir à lui parler, de penser qu’elle va passer la nuit ici dans mon lit. Je présume qu’à cette heure-ci elle s’est endormie, mais qu’arrivera-t-il demain ?

En attendant de le découvrir, je ferais mieux d’aller me coucher. Un rapide état des lieux m’apprend que le canapé est libre, ce qui implique qu’Emma doit dormir ailleurs. Sûrement dans mon lit avec Callie. Tout ça n’arrange pas mes affaires. Même si je redoute d’avoir à discuter avec Callie, la perspective de m’endormir près d’elle n’avait rien pour me déplaire. Mon seul réconfort après cette soirée cauchemardesque vient de s’envoler.

Avant de rendre les armes et de me farcir ce bon vieux canapé, j’aimerais faire un saut par ma chambre histoire de m’assurer qu’elle dort. La porte étant entrouverte, la lumière du couloir s’y faufile pour m’offrir une fenêtre sur ses formes renversantes qui se dessinent sous les draps.

À cette distance, je ne vois pas son visage, seulement sa chevelure brune qui s’étale sur l’oreiller. Je remarque alors qu’elle est seule dans le lit. Je fais un pas dans la pièce pour m’en assurer quand :

— Ce n’est pas trop tôt.

Être surpris de cette manière en entrant dans ma propre chambre me fait bondir. Je fais volte-face.

— Putain, j’ai failli crever, Ben.

L’effet de stupéfaction passé, je comprends qu’il est assis dans mon fauteuil tourné en direction de mon lit.

— Non, mais je peux savoir ce que tu fous ? Tu mates ma nana ou quoi ?

Ben dont le visage se durcit se jette sur ses pieds et m’attire dans le couloir.

— Je veille sur elle, rien de plus !

Me voilà contraint de suivre Ben dans l’appartement. Sa gestuelle en dit long sur son état de stress.

— Je suis désolé, mec. Elles t’en ont fait…

— C’est quoi le problème avec Pépite ?

— Comment ça ?

Nerveux, mon coloc fait quelques pas en marmonnant quelque chose d’à peine audible.

— On est passé par la voie de chemin de fer pour rentrer à la maison. Par le pont.

— Et ?

— Emma s’est arrêtée pour vomir. Pendant ce temps, Callie est montée sur le rebord.

Elle n’a pas fait ça…

— T’es sérieux ? bredouillé-je choqué par ce que me rapporte mon ami.

— À ton avis ?! Elle était à vingt mètres au-dessus de la voie ferrée. J’ai eu la trouille de ma vie, Doven. J’ai cru qu’elle allait sauter, putain !

— Elle n’était pas dans son état normal avec tout l’alcool qu’elle a ingurgité, dis-je pour justifier le comportement de Callie sans rien dévoiler de son passé.

— Arrête de te foutre de ma gueule !

Je ne suis pas assez convaincant apparemment….

— Je ne la connais pas depuis très longtemps, j’avoue, mais il y a un détail chez elle qui ne m’échappe pas. Elle est abîmée cette fille. Elle est comme moi, je le vois bien.

— Vos parcours sont différents, mais vous avez vécu des choses très difficiles tous les deux, je ne le nie pas.

— Tu ne le nies pas, mais tu ignores la peine de Callie !

— Tu ne sais rien de…

Une nouvelle fois Ben m’interrompt quand j’essaie de m’expliquer.

— Tu lui as menti. Tu oublies vite que tu as été le premier à trahir l’autre !

— Et à ce titre, je dois faire l’impasse sur le fait qu’elle ait couché avec Parker ?

— Je me rappelle très bien l’avoir entendue te demander voire te supplier de l’accompagner cet été ! Si tu étais moins borné…

— Excuse-moi ?

— C’est toujours pareil avec toi ! Tu fais tes plans, tu prends tes décisions et tu ne tiens pas compte de ce qu’elle ressent. Comme tu oublies bien vite avoir laissé une nana vraiment fragile en compagnie d’un type qui la connaît sur le bout des doigts, et ce depuis de nombreuses années. Sans oublier qu’il est amoureux d’elle et prêt à tous les coups pour reconquérir celle qu’il aime. Tu as contribué à créer cette situation. Elle n’a pas tous les torts.

Je me frotte le visage en soupirant.

— J’ai remarqué l’état de ses poignets, poursuit-il. Elle a essayé de se foutre en l’air !

— Ce n’est pas à moi de te raconter son histoire. Callie t’apprécie beaucoup. Peut-être devrais-tu lui en parler. Si elle se sent prête, elle te dira ce qu’elle a fait.

— Son pied a glissé lorsqu’elle était sur le pont. Elle a manqué de tomber. Je l’ai rattrapée de justesse. Et sa manière de s’accrocher à moi quand elle s’est vue chuter n’est pas la réaction d’une nana qui n’a pas envie de vivre.

— Bien sûr qu’elle a envie de vivre. Elle se sent dépassée par…

— Par toi, Doven ! Par ton merdier ! Il est grand temps que tu arranges les choses.

— Pour le moment, je vais aller me pieuter. J’ai vraiment besoin de dormir. Je vais gérer Callie dès demain.

Je commence à progresser vers ma chambre, mais me ravise.

— Je n’ai pas vu Emma dans mon plumard. Où est-elle ?

— Dans mon lit. Et je ne te remercie pas de m’avoir envoyé là-bas, ce soir. Cette gonzesse est un véritable cauchemar.

Je glousse.

— Tout ce que j’ai gagné c’est le privilège de me bousiller le dos sur le canapé.

— Je te revaudrai ça, mon Ben.

— Prends soin de Callie et on sera quitte !

Je lui cache mon sourire et m’engage dans le couloir.

— Doven !

— Oui ?

— Je crois que Callie a passé un de tes tee-shirts, mais c’est elle qui s’est déshabillée comme une grande. Je tiens à le préciser avant que tu te fasses des films.

— Merci pour la précision…

Enchanté à l’idée de pouvoir m’étendre à côté d’elle, je me hâte de la rejoindre. Un moment de répit avant de mettre un terme à ce foutoir entre nous. Cette situation a trop duré.

***

– Le bruit d’une porte – c’est ce qui me tire des bras de Morphée, le lendemain matin. Cependant, le manque de lumière du jour laisse présager qu’il est encore tôt. Ça et la fatigue qui m’abrutit… J’aimerais me rendormir et, instinctivement, comme si je ne venais pas de passer les derniers mois à dormir sans Callie, je vire dans le lit à la recherche de son corps de déesse.

Une nuit ! Une foutue nuit et je suis de nouveau dépendant d’elle !

Me coucher près d’elle a ravivé tellement de sensations. Je me suis lové contre ses formes délicieuses, la chaleur de sa peau m’a enveloppé, le son paisible et régulier de sa respiration m’a bercé et en seulement quelques minutes, j’ai sombré dans un sommeil tranquille et profond.

La perspective de savourer ce plaisir encore un moment ne peut que m’enchanter. Sauf que la partie du lit qu’elle occupait est vide.

— Merde…

Une horde de questions plus déplaisantes les unes que les autres m’assaillent alors : est-elle partie ? L’idée d’avoir à me parler lui a-t-elle fait si peur qu’elle a pris la poudre d’escampette ? Ne voulait-elle pas me voir ?

À l’équerre dans le lit, je me frotte les yeux histoire d’être complètement réveillé et d’aller explorer au-delà de ma chambre pour m’assurer de son départ matinal. Je dois en avoir le cœur net ! Mais je n’ai pas le temps de poser un pied au sol que la porte de ma chambre s’ouvre. Callie, vêtue d’un de mes tee-shirts, et uniquement de lui, se tient sur le seuil.

Je réprime un sourire en la voyant son pied frotter son mollet dans un geste clairement anxieux. Elle tire sur le bas de mon tee-shirt comme pour me dissimuler le bout de dentelle recouvrant une partie de son corps avec laquelle je suis très intime.

— Pardon, chuchote-t-elle. Je t’ai réveillé…

— Que faisais-tu ?

— J’étais à la salle de bains…

Gentiment, je tapote le matelas où elle dormait hier soir pour l’inviter à me rejoindre. Elle semble rassurée de me voir si calme et trottine jusqu’à moi. Un parfum musqué me parvient. Celui de mon gel douche. Je constate aussi que ses cheveux sont mouillés.

— Tu as pris une douche ?

— J’ai toujours un peu de mal avec l’odeur de la…

Son regard devient plus fuyant. Elle craint de se faire engueuler, c’est évident.

— L’odeur de la tequila ?

Elle esquisse un sourire timide.

— J’ai eu l’impression, en me réveillant, que l’odeur émanait par tous les pores de ma peau.

J’ai un rire moqueur.

— Ce n’était pas qu’une impression, Callie.

Elle glousse.

— Comment te sens-tu ?

— Extraordinairement bien vu la quantité d’alcool que j’ai ingurgité cette nuit…

Après un instant, elle poursuit :

— Tu es fâché, n’est-ce pas ?

— Je ne vais pas te dire que j’aime te voir te mettre dans des états pareils, surtout si je ne suis pas là pour m’assurer que rien ne peut t’arriver, mais je ne vais pas te prendre la tête pour autant.

Une réponse qui semble l’étonner si j’en crois les deux billes rondes qui m’observent dubitatives.

— Il y a une chose plus importante que ta petite soirée de beuverie dont j’aimerais qu’on discute très sérieusement.

Je dégage son visage de ses cheveux mouillés.

— Je fais référence à notre début de discussion l’autre soir et qu’on n’a pas pu achever vu que tu es partie comme une voleuse.

— Je me suis sauvée parce que je ne me sens pas encore capable d’en parler…

— Avec moi ! Mais tu l’as dit à Parker, je me trompe ?

Son regard s’affole.

— C’est différent, tente-t-elle de se justifier.

— Pourquoi est-ce toujours différent avec lui ?

— J’ai besoin de son amitié !

— Et que fais-tu de Mon amitié ?

— Essaie de me comprendre. Je n’ai eu que Parker à un moment de ma vie où tout mon monde partait en vrille. Je sais que tu n’aimes pas cette idée, mais personne ne me connaît mieux que lui…

— M’as-tu laissé une chance pour qu’un jour tu puisses tenir les mêmes propos me concernant ?

— Tu es tellement impliqué…

— Trop impliqué pour être le mec le plus important aux yeux de ma copine ? Il n’y a pas quelque chose qui cloche là-dedans ?

Je prends sa main.

— Callie, je peux comprendre et accepter qu’il est ton ami, mais j’aimerais avoir la chance de devenir ton meilleur ami moi aussi ! Que puis-je faire pour te le prouver ?

— Accorde-moi le temps de trouver le moyen de te confier ce que j’ai sur le cœur. Ça me fait très peur.

— Qu’est-ce qui te fait peur au juste ?

— Toi, moi, nous, notre avenir…

— Rien que ça, dis-je dans un rire taquin.

— J’imagine que tu rêvais d’une relation bien plus simple quand tu envisageais de tomber amoureux.

J’emprisonne son visage entre mes mains.

— Je rêvais de toi, Callie. Je n’attends pas que tu sois plus simple, plus lisible et plus assurée dans notre histoire. J’attends juste que tu croies en nous. En moi…

Je roule des yeux.

— Je reconnais que je deviens ridiculement débile et même immature lorsque je ne suis plus au centre de ton univers.

Je grimace.

— Et ça m’énerve que tu arrives à me mettre dans cet état, je te jure !

Elle m’offre un joli sourire encore timide.

— Je ne connaissais pas cet aspect de ma personnalité.

— Nous y voilà ! Maintenant, c’est de ma faute !

— Merci de l’admettre, ma chérie : tout ce qu’il y a de crétin chez moi découle de toi !

Elle rit franchement et je me régale de ce son merveilleux.

— Je suis quand même très surprise, dit-elle une fois son hilarité dissipée. Ce n’est pas dans tes habitudes d’être aussi magnanime de si bon matin, sans avoir pris ton café. Pourquoi ce traitement de faveur ?

Je la soulève contre moi et l’installe sur mes genoux. Mes lèvres viennent narguer sa nuque.

— Eh bien, pour être franc, je me suis couché à côté d’une petite nana vêtue simplement de sa beauté et de sa sensualité. Voilà le secret de ma bonne humeur.

L’air attristé voilant soudainement le fond de son regard azur m’indique que mes paroles ne la convainquent pas vraiment.

— Ou alors, tu as discuté avec Ben…

— Et de quoi aurions-nous parlé, mon ange ? demandé-je en toute innocence.

— Doven, s’il te plaît.

— J’avoue, on a parlé. Mais je ne vois absolument pas ce que ça change.

— C’est la peur qui t’intime d’être aussi compréhensif.

— Oui, j’ai peur de te perdre, de te faire souffrir malgré moi, que tu n’aies plus la force de m’aimer, mais c’est antérieur à l’épisode d’hier soir.

J’attrape son menton et la force à me regarder.

— Je peux te promettre que cette discussion ne résulte pas de ce que tu as fait sur le pont. Bien sûr que ça m’a terrifié d’écouter Ben me raconter cette histoire, mais ça n’influence pas ma manière de gérer notre relation.

Je l’étreins plus fort.

— Tout ce que je veux retenir de ce que Ben m’a rapporté est que tu as eu peur ! Tu t’es accrochée à lui quand tu as failli tomber. C’est tout ce qui compte. Je sais ce que tu as au fond du cœur.

Je l’embrasse.

— Il est tôt. On devrait essayer de dormir.

— Je crois que j’ai abîmé les choses entre Ben et moi.

— Abîmé ? m’étonné-je.

— Il a vu ce qu’il y a de plus sombre en moi.

— Premièrement, si j’en crois le savon que je me suis pris en rentrant, je peux te dire qu’il tient beaucoup à toi. Et deuxièmement, Ben te comprend mieux que tu ne te l’imagines…

— Il a évoqué certains détails de son enfance quand il s’énervait après Emma.

— Peut-être que vous pourriez discuter tous les deux. Vous avez des passés différents, mais je pense que vous avez des choses à vous apporter.

Je tire sur les draps.

— Maintenant au lit !

Callie s’allonge. Je l’imite. Chacun étendu sur son oreiller, nous nous contemplons. Paisible, les idées plus tranquilles, je profite de ce moment de quiétude. Et le sommeil revient très vite à la charge. Je commence à sombrer quand des bruits étranges me proviennent de l’autre côté du mur. Ma voisine les remarque également.

— Tu ne vas pas me dire que Will se mate un porno à cette heure-là ?

— Le pire c’est qu’il en est capable, mais je ne miserai pas sur Will…

Une remarque qui pique immédiatement la curiosité de Callie. Ni une ni deux, elle saute sur la moquette.

— Non, mais tu vas où comme ça ?

— Je dois découvrir ce qui se passe.

Je me précipite derrière elle. La porte ouverte, les bruits se font plus forts, plus distincts aussi.

— Attends, tu déconnes ? dit Callie l’air outré.

Sur la pointe des pieds, elle se faufile en direction du salon.

— Merde, Callie ! Ça ne se fait pas.

Cette tête de mule jette un coup d’œil au-delà du mur avant de se couvrir les yeux.

— Oh merde ! Je suis aveugle.

Je la rejoins et, à mon tour, j’assouvis ma curiosité en regardant vers le salon. Une vision qui m’arrache un rire franc, mais discret.

— Emma chevauchant Ben, se lamente Callie en mimant un haut-le-cœur.

— C’est une sacrée flèche ta copine !

Callie lève les yeux au ciel.

— Elle ne m’a jamais autant foutu la honte que tout de suite.

— Vois le bon côté des choses, Lewis, c’est de l’histoire ancienne.

Je la prends par la main.

— Essayons de dormir, maintenant.

— Avec leurs cris d’animaux ? J’en doute.

Je la soulève par la taille.

— On va devoir faire avec. Espérons qu’ils ne soient pas des pros de l’endurance. Je tombe de sommeil et toi aussi. On finira par se rendormir. En attendant, je veux profiter de ton petit corps lové contre moi encore quelques heures.

— Seulement quelques heures ?

Je glousse dans son cou.

— Aussi longtemps que tu le désires, ma chérie.

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