Hedard University Diary, Tome 2- Les tribulations de Cupidon

Chapitre 29

C.J

 

Rien n’est plus rassurant que de retrouver le confort de son appartement après avoir passé plusieurs jours à l’hôpital. Je suis rentrée auprès de Doven, de mon père qui est encore là pour quelques jours et de tous mes amis. C’est si bon de se sentir entourée après un tel choc. J’ai eu si peur pour ma vie.

J’ai encore la sensation de m’être fait rouler dessus par un bus. Mon corps est contusionné, j’ai mal dans tous mes muscles, mais si mon état s’améliore de jour en jour. Finalement, c’est le moral qui n’était pas au beau fixe. Passer ses journées enfermée et clouée au lit est vraiment déprimant. Quitte à être convalescente autant que ce soit dans un endroit agréable où je peux dormir dans les bras de mon homme. Il m’a tellement manqué pendant mon hospitalisation.

Et je crois que ma discussion avec Parker n’y est pas pour rien dans ce besoin d’être réconfortée et soutenue par Doven.

C’était sans doute le moment le plus pénible que j’ai vécu depuis longtemps. Sentir cette vive douleur chez mon ex-petit ami m’a donné bien du souci.

Et une bonne dose de remords.

J’imagine que j’ai été naïve de penser qu’il était passé à autre chose. Égoïstement, ça m’arrangeait de le croire. Sa relation avec Autumn me confortait dans l’idée qu’il pouvait imaginer l’avenir sans souffrir de mon absence, mais je me suis fourvoyée.

Depuis nous avons eu peu l’occasion de nous retrouver seuls pour en discuter et j’ai peur de ne pas réussir à sauver notre amitié que nous avons déjà mise à rude épreuve. Sur l’instant, j’ai pensé qu’il allait prendre du recul, mais sa présence ce soir, à ce dîner de célébration pour mon retour à la maison, tente de prouver le contraire. Si ça me tranquillise, je ne sais toujours pas ce que je pourrais lui dire pour apaiser sa peine. Encore moins pour l’encourager à tirer un trait sur notre passé, pour regarder en direction de son avenir.

Autumn m’inquiète elle aussi. Parker m’a expliqué avoir mis un terme à leur histoire suite à mon accident. Depuis, je n’ai pas eu l’opportunité de m’entretenir avec elle. J’aimerais la rassurer, lui offrir mon amitié, mais comment tenir ce rôle alors que je suis à l’origine de leur séparation ? Je me sens coupable, forcément. J’ai envie de discuter avec elle, mais la crainte d’aggraver sa souffrance me refroidit. Et puis, Doven est très présent autour de moi depuis mon passage à l’hôpital ; difficile de trouver un moment pour me rapprocher d’eux.

Voilà déjà cinq bonnes minutes que Will a le nez collé au dépliant de la pizzeria où nous avons pour habitude de commander.

Eh oui ! Un dîner en l’honneur de mon retour, mais ici personne ne sait faire la cuisine à part moi. Comme je suis à la fois la reine de la soirée et la « malade », je n’ai pas le droit de quitter le canapé. Donc ce soir, c’est pizza !

— Putain, Will ! C’est la pizza que tu vas becqueter que tu choisis, pas un porno ! se lamente Ben. Magne-toi le cul !

Mon Will bougonne avant de tendre le dépliant à Parker installé dans le fauteuil à ma gauche. Il l’étudie un moment. Comme nous n’avons pas échangé plus de deux mots depuis qu’il est là, je profite de cette brèche pour établir le contact.

— On partage une pizza au fromage, ça te tente ?

Parker me dévisage un instant sans laisser paraître la moindre émotion.

— Si tu veux, marmonne-t-il en passant le dépliant à Autumn qui nous observe tour à tour avant de lui faire un sourire bienveillant.

— Dommage pour toi ! Je vais m’en prendre une avec tout plein d’anchois.

Parker émet un ricanement discret.

— Sauf qu’il n’aime pas les anchois.

Pourquoi je la retoque à ce sujet moi ? Tais-toi, Peachy !

Forcément, je récolte un regard provocateur de la part d’Autumn.

— Pourtant, l’autre jour, il a englouti les trois quarts de ma pizza et elle était recouverte d’anchois…

— Ouais, ce n’est pas tellement dégueu en fait, ajoute Parker.

— C’est la première fois que tu manges autre chose que de la pizza au fromage…

Autumn me fait un sourire forcé.

— Ou la première fois qu’on lui laisse l’occasion de tenter autre chose !

— Pardon ? dis-je en faisant les yeux ronds.

— C’est bon ! intervient Parker en se levant.

Debout, il s’approche d’Autumn et lui ébouriffe les cheveux.

— Range tes griffes, chaton.

Elle le regarde avant de refiler le dépliant à Emma qui me dévisage.

— Parker et moi, nous prendrons celle aux anchois. Callie n’a qu’à choisir son repas avec Doven.

Un profond malaise s’instaure dans la pièce et l’ambiance s’en trouve inéluctablement changée. Ben, qui le ressent comme toutes les personnes présentes, se racle la gorge et récupère le menu entre les doigts d’Autumn.

Lui et Emma échangent quelques mots avant que Ben aille dans la cuisine là où Parker a trouvé refuge. Ils se servent une bière. Autumn se retrouvant seule avec moi et Emma se lève.

— Em’, tu m’appelles quand mon frère sort enfin de sa douche, s’il te plaît.

— Je le ferai.

Elle part et Emma vient se coller à moi.

— C’était quoi ça ?

— Je pense qu’elle est furieuse après moi parce que Parker l’a quittée pendant que j’étais à l’hôpital.

— Sérieux ?

— Il a agi comme ça parce qu’il a cru me perdre, mais il a fait une connerie.

— Vous en avez parlé ?

— Lorsqu’il a passé la nuit avec moi après l’accident.

— Et qu’est-ce qu’il t’a dit ?

— Qu’il m’aimait, lui avoué-je en jouant avec les mailles de mon gilet. Il prétend qu’avoir eu la sensation de me perdre lui a fait prendre conscience qu’il était encore beaucoup trop attaché à moi.

— Et Autumn dans tout ça ?

— Il m’a confié qu’il l’aimait énormément. Il adore passer du temps avec elle, mais ça n’est pas suffisant.

— Pour oublier sa Peachy ?

Je hoche la tête.

— J’ai fait l’erreur de lui avouer que j’ai ressenti de la jalousie en le voyant avec Autumn.

— Attends, tu es sérieuse ?

— Comprends-moi, Em’ ! Il s’agit de Parker, de mon amour d’adolescente. J’ai l’impression d’être la plus égoïste des nanas, mais qu’il s’entiche d’une fille aussi rapidement après notre rupture m’a fait quelque chose.

— C.J, dit-elle dépitée. Tu t’es entichée d’un autre mec pendant que vous étiez en couple !

J’ai une grimace de douleur.

— Je suis monstrueuse…

Emma me prend dans ses bras. J’essaie de cacher un sanglot contre elle.

— Je ne supporte pas l’idée qu’il souffre.

— Mais tu te doutais bien que ça finirait par arriver en mettant un terme à votre histoire ?

— J’ai cru qu’il comprendrait que c’était mieux pour lui. Il y avait toutes ces filles qui le voulaient. Quand je l’ai vu sortir avec ces nanas, je me suis dit que j’avais eu raison de croire qu’il avait besoin d’autre chose. Le savoir avec Autumn était une énième preuve que j’avais mise dans le mille ; Parker s’est accroché à moi à un moment de sa vie où il se sentait très seul. On s’est aidé mutuellement, on s’est fait du bien…

Je baisse les yeux.

— Même si je lui ai fait beaucoup de mal…

— Tu es trop sévère avec toi-même !

— Il me l’a dit, Emma. De ses propres mots, il m’a révélé que je le tuais. Toutes mes tentatives de suicide ont bousillé le môme qu’il était. J’ai brisé son innocence.

— À quel moment Parker t’a raconté tout ça ?

— Avant son départ pour Miami.

— Genre juste après que tu as baisé avec lui pour courir dans les bras de Doven ensuite ?

Coupable, je regarde mes doigts qui s’entortillent entre eux.

— Il était en pétard, Callie ! Ce qui est plutôt compréhensible.

— J’ai tellement mal agi avec lui.

— Je t’ai encouragée à tenter cette expérience avec Doven et tu as eu raison de le faire si tu l’aimes. Je me doutais que larguer Parker n’aurait rien de simple, mais tu as un peu déconné cet été, c’est clair ! Autant vis-à-vis de Parker que de Doven.

— Qu’est-ce que je dois faire pour rendre la vie plus facile à Parker ?

— Il n’y a rien à faire. Tu dois lui laisser faire ce qu’il semble avoir pu repousser jusqu’alors, mais qui le rattrape aujourd’hui.

— Et qui est ?

— Faire le deuil de votre relation et affronter ce qui en découle.

— La souffrance et les regrets…

— La souffrance et les regrets !

— Je voulais simplement lui rendre sa liberté, qu’il mène la vie qu’il mérite vraiment. Qu’est-ce que je suis supposée faire maintenant ?

— C’est à lui de vivre ça comme il le sent. Ton rôle est de le respecter et de te tenir en retrait si c’est ce qu’il désire. D’ailleurs, je pense que ça serait cool pour lui que tu lui laisses du temps et de l’espace.

— M’éloigner de Parker…

— Pour qu’il puisse oublier sa Peachy… Après tout, c’est ce que tu voulais, non ?

Je me force à un sourire entendu pour ma meilleure amie. Elle a raison, je dois respecter les désirs de Parker, même si ça veut dire me tenir loin de lui pour qu’il oublie son amour pour moi.

Son amour pour moi…

***

Cette soirée que je voulais agréable avec mes amis est devenue un peu bizarre suite à ma conversation avec Emma. Je ne m’attendais pas à la colère d’Autumn, à la détresse de Parker et encore moins à ce que ma meilleure amie me mette face à cette vérité sur ce qui risque d’arriver avec Parker.

Mais plus je l’observe, moins je crois qu’il puisse se laisser aller de la sorte. Parker est fort, c’est un roc ! Comme il me l’a dit lui-même à l’hôpital, l’appel de mon père et mon accident l’ont ramené à des moments très douloureux. Devoir revivre ce genre d’évènements explique sûrement son comportement et son désarroi.

Je suis plus perplexe quant à l’attitude d’Autumn. Elle est furieuse après moi, c’est très clair. Mais pour quelle raison ? Parce que Parker l’a quittée à cause de moi ? De prime abord, c’est ce qui semble le plus logique. Pourtant, si j’analyse ses réflexions, elle a l’air de me reprocher mon attitude envers Parker. C’est à rien n’y comprendre !

Heureusement, l’arrivée de Doven a ramené une certaine quiétude entre les occupants de la pièce.

Lui est aux anges par contre !

Mon retour le rend profondément joyeux et il ne s’en cache pas. Il est rieur, joueur et très attentionné envers moi. Pour la première fois depuis qu’il est venu me rejoindre à l’hôpital, je le sens relâcher la pression. Il est détendu et jovial. Même la présence de Parker ne semble pas l’agacer.

Ce qui est très étrange !

— Tu as besoin de quelque chose, ma chérie ?

La question de Doven qui s’assied sur l’accoudoir contre lequel je suis appuyée me sort de ma rêverie. Dans une envie de sentir sa chaleur, je me love contre lui.

— Non, tout va bien.

Je respire longuement l’odeur de sa peau avant d’émettre un léger gloussement.

— Très masculin ce parfum fleuri, me moqué-je gentiment.

— Je n’ai rien trouvé d’un peu viril dans votre salle de bains.

Il m’embrasse dans le cou.

— D’ailleurs, ça m’a donné une idée…

— Laquelle ?

Mais Doven s’est déjà tendu sur ses jambes. Le visage réjoui et malicieux, il s’intéresse au pack de bières sur la table et en distribue une à tous nos convives. Chaque personne ayant de quoi trinquer entre les mains, il lève sa bouteille.

— Merci d’avoir répondu présent encore ce soir, les amis. Comme vous le savez tous, nous avons vécu des jours assez difficiles et je suis passé par une flopée d’émotions plus flippantes les unes que les autres depuis ce coup de fil qui m’apprenait que ma Callie venait d’avoir un accident.

— Doven, murmuré-je rouge de honte.

— Merci de votre aide, de votre soutien pendant son hospitalisation. Si je n’ai pas pété un câble, c’est parce que j’ai pu compter sur vous.

— Normal, on assure grave ! intervient Will.

— Le mec semble étonné ! s’indigne Pete. Il nous prend pour qui lui ?

— V’la le degré de confiance !

— Je crois me souvenir vous avoir demandé de veiller à sa sécurité, il y a quelques mois en arrière. On parle de la femme que j’aime. Je pense que ça en dit long sur ma capacité à vous faire confiance, non ?

— Fermez-la, les fous de la manette, et laissez-le finir son speech ! ajoute Emma.

— Ton mec faisait partie du club, il n’y a pas longtemps…

— Depuis, il a trouvé une meuf pour s’occuper de son joystick ! se marre Will.

Doven se tourne vers moi.

— Je suis désolé, mon cœur. J’essaie de faire des trucs sympas, d’ajouter un peu de romantisme à notre histoire, mais avec mes boulets, c’est loin d’être gagné !

— C’est l’intention qui compte…

— Bon, taisez-vous et écoutez ce que Doven a à nous dire ! s’interpose Ben.

— Merci, mon Ben !

Doven se place derrière moi et dépose un baiser dans mes cheveux.

— Aujourd’hui, j’ai pu reconduire Callie à la maison et ce fut un grand soulagement. Je suis là avec vous, Penny est présente et en parfaite santé. Pourtant, j’ai la sensation que quelque chose me manque, que tout n’est pas encore parfait !

Il contourne le canapé et se place au centre du salon.

— Callie, ma chérie, je t’aime plus que ma vie. Les circonstances de ces derniers jours m’incitent à ne plus perdre mon temps, à vivre chaque instant à fond sans me poser de questions, à foncer, quoi qu’il arrive, pour être certain de ne rien louper de ce que pourrait être ma vie si j’ai un peu d’audace et le courage de te demander de…

— Oh putain !!! Il va la demander en mariage ! s’écrie Will.

S’ensuit un cri victorieux émis par Pete.

— Allez, Bite d’acier ! À genoux, man !!!

— Ce n’est pas vrai, marmonne Doven, la tête basse.

Moi, je suis totalement paralysée sur le sofa à l’idée que Will et Pete aient vu juste.

Il va me demander de l’épouser ?!? Seigneur, je vous en supplie, pas ça !!!

— Je ne suis pas débile au point de faire ça devant vous, abrutis !

— Hé !!!

— On voulait rendre ce moment moins barbant, mais démerde-toi, bro ! se vexe Will.

— Merci !

Doven fait un pas vers moi et s’assied sur la table basse. Ses mains remontent le long de mes cuisses.

— Respire, Callie, me dit-il amusé. J’ai envie d’être romantique, mais je n’oublie pas qui tu es pour autant…

Je souris, rassurée de ne pas être mise dans une situation indélicate.

— Tout à l’heure, je prenais ma douche et je pensais au bonheur que c’était de me dire que je pouvais passer la porte de la salle de bains en sachant que tu étais de l’autre côté. J’ai été privé de toi pendant des jours qui m’ont paru une éternité et je ne veux plus ressentir ça, jamais ! Callie, j’aimerais que nous vivions ensemble ici même !

J’écarquille les yeux.

— Permets-moi de m’endormir à tes côtés nuit après nuit et être là à chacun de tes réveils. Je veux rentrer tous les soirs en sachant que tu seras derrière la porte de notre appartement. J’aspire à une vie avec toi et elle peut débuter maintenant !

— Mais… balbutié-je. Je…

Je regarde en direction d’Emma.

— Il y a Emma et Autumn. Je me suis engagée…

— Em’ peut emménager chez nous, lâche subitement Ben, alourdissant encore un peu l’air ambiant.

— Non, mais t’es malade ! s’indigne celle-ci. Alors, ton pote fait un truc à la con et tu décides de faire pareil ?!

— T’excite pas, ma douce ! Je n’ai pas envie qu’on vive ensemble ! T’es bien trop collante !

— Pardon ?

— Si Doven s’en va, tu prends sa chambre.

— Et on serait colocs ?

Il lui fait un clin d’œil.

— T’imagine s’il n’y avait plus qu’un couloir entre nous…

Emma s’esclaffe.

— Ça risque d’être sportif comme colocation, tu le sais ?

— Les deux seuls qui devraient s’en soucier c’est Will et Pete, tu ne crois pas ?

— Emma en boucle ! se lamente Will en prenant sa tête dans ses mains. Je vais devenir barge…

Toutes les personnes dans la pièce éclatent de rire. Toutes sauf moi. Et Parker d’ailleurs. Mon cœur bat à cent à l’heure et c’est toujours le cas lorsque Doven revient vers moi et, visiblement, il semble attendre ma réponse.

— Autumn est ma petite sœur. Ce n’est pas comme si nous n’avions jamais vécu ensemble. Laisse-nous une chance de faire cette expérience.

— Je…

Instinctivement, mon regard trouve celui de Parker. Le sourire qu’il m’adresse est rassurant, presque encourageant. Pourtant, je le vois serrer les dents nerveusement.

— Je… euh…

— Ma Callie, on peut faire un essai, non ?

Mes yeux ne quittent plus les mains de Doven dans les miennes.

— D’accord…

Mon visage finit prisonnier de ses paumes.

— Tu as le droit de me dire que tu ne te sens pas prête, je ne me vexerai pas, je t’en fais la promesse.

— Non, dis-je en le regardant droit dans les yeux. J’en ai envie. Faisons-le.

— Sûre ?

Je hoche la tête.

— Sûre et certaine !

— Ma Penny, chuchote-t-il avant de m’embrasser avec passion. Je t’aime, Callista.

— Je t’aime aussi, lui dis-je en lui rendant son baiser.

C’est une salve d’applaudissements et de cris de joie qui entourent ce baiser. Doven rit contre ma bouche tandis que nos amis manifestent leur bonheur à l’annonce de cette nouvelle.

Mais lorsque j’abandonne Doven, mon premier coup d’œil est pour Parker. Tapi dans son coin, loin de partager l’allégresse générale, il boit sa bière sous le regard inquiet d’Autumn. Je suis si vite emportée par les félicitations et les embrassades qui suivent la proposition de Doven qu’elles me détournent de ce qui se passe du côté de Parker.

Pourtant, une fois que tous les autres nous ont adressé leurs vœux, un nouveau malaise s’installe. Évidemment, tout le monde remarque son absence de réaction. Comme toujours, je peux compter sur Emma pour comprendre ces petits moments embarrassants où j’ai plus que jamais besoin de son amitié.

— Je ne sais pas pour vous, mais moi, je fêterais bien ces bonnes nouvelles avec autre chose que de la bière.

Elle saute sur ses pieds et tapote l’épaule de Parker.

— Il me faut un garde du corps pour aller jusqu’à l’épicerie. Tu m’accompagnes ?

— Si tu veux, lui répond-il, ravi de pouvoir sortir de là.

En moins de temps qu’il faut pour le dire, il enfile son manteau et sort sur le palier. Emma me fait un clin d’œil avant de le rejoindre.

Quelle chance d’avoir une amie aussi précieuse dans ma vie…

Mais cette pensée ne suffit pas à rasséréner mes craintes au sujet de Parker. Et la culpabilité que j’éprouve à son égard abîme considérablement ce moment qui devrait être si particulier pour moi.

Alors, pourquoi Parker occupe-t-il toutes mes pensées ?

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