La cité des eaux
Le Socle
Le Dieu à la Déesse en souriant s'oppose; L'un tient le sceptre et l'arc, l'autre l'urne et les fleurs, Et, dans l'allée entre eux, mêlant son ombre aux leurs, L'Amour debout et nu se dresse et s'interpose.
Les talus du gazon bordent le canal clair; L'if y mire son bloc, le houx son cône vert, Et l'obélisque alterne avec la pyramide;
Un Dragon qui fait face à son Hydre ennemie, Tous deux du trou visqueux de leurs bouches humides Crachent un jet d'argent sur la Nymphe endormie.
LE SOCLE
L'Amour qui souriait en son bronze d'or clair Au centre du bassin qu'enfeuille, soir à soir, L'automne, a chancelé en se penchant pour voir En l'onde son reflet lui rire, inverse et vert.
Le prestige mystérieux s'est entr'ouvert;
Sa chute, par sa ride, a brisé le miroir,
Et dans la transparence en paix du cristal noir On l'aperçoit qui dort sous l'eau qui l'a couvert.
Le lieu est triste; l'if est dur; le cyprès nu. L'allée au loin s'enfonce où nul n'est revenu Dont le pas à jamais vibre au fond de l'écho;