La cité des eaux
L'odeur
Si tu songes l'Amour, si tu rêves la Mort, Si ton miroir est trouble à te sourire, écoute Les feuilles, feuille à feuille, et l'onde, goutte à goutte, Tomber de la fontaine et de l'arbre. Tout dort.
La rose de septembre et le tournesol d'or Ont dit l'été qui brûle et l'automne qui doute; Le bosquet s'entrelace et la grotte se voûte, Le dédale et l'écho te tromperaient encor.
Laisse l'allée oblique et le carrefour traître Et ne regarde pas à travers la fenêtre
Du pavillon fermé dont la clef est perdue.
Silence! L'ombre est là; viens respirer plutôt, Ainsi que les hermès et les blanches statues, L'amère odeur du buis autour des calmes eaux.
LE BASSIN ROSE
Si le jet d'eau s'est tu dans la vasque, si l'or De la statue en pleurs au centre du bassin S'écaille sur la hanche et rougit sur le sein, Si le porphyre rose en l'onde saigne encor;
C'est que tout, alentour, s'engourdit et s'endort D'avoir été charmant, mystérieux et vain, Et que l'Écho muet dans l'ombre tend la main Au Silence à genoux auprès de l'Amour mort.