La cité des eaux

Henri de Régnier · Chapitre 34 sur 61

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La cité des eaux

L'ombre Nue

Hélas! et la colline inclinée et pensive

Avec le souvenir demeure à l'horizon!

 

L'OMBRE NUE

J'ai fait de mon Amour cette blanche statue. Regarde-la. Elle est debout, pensive et nue, Au milieu du bassin où la mire son eau

Qui l'entoure d'un double et symbolique anneau De pierre invariable et de cristal fidèle.

La colombe en passant la frôle de son aile, Car l'Amour est vivant en ce marbre veiné Qui de son long regard que rien n'a détourné, Contemple, autour de lui dans l'eau proche apparue, La fraîcheur de son ombre humide, vaine et nue.

 

L'HEURE

Rapide, aiguë et furtive,

L'aiguille sur le cadran

Perce l'heure où elle arrive

De son dard indifférent.

La rose, de ses pétales,

Compte l'instant qui se suit

En minutes inégales

Qui s'effeuillent sans un bruit.

Le temps pour toi se divise

Selon que tu l'as pensé!