La cité des eaux
Hommage
Une amoureuse odeur de soir et de passé Se mêle au dur parfum terrestrement amer; La fleur de sang sourit à la feuille de fer, Car de leur double poids son orgueil s'est lassé.
Un bassin, à l'écart, où rôde, ombre d'or grave, Un cyprin, ça et là, qu'une herbe glauque entrave, S'engourdit, et sa moire à jamais léthargique
Mire un dauphin de saxe arqué sur son piédouche Et, seule, la plus haute au faîte du portique, L'image, inverse en l'eau, d'une rose à sa bouche.
HOMMAGE
Décembre a noirci l'if et gelé le bassin,
Le buis silencieux est saupoudré de givre, L'aurore est d'acier clair et le couchant de cuivre, Le vent, qui rôde, hurle et mord l'Amour au sein.
La Déesse frissonne et le lierre assassin Étouffe la statue à la gorge. Un Faune ivre Voit l'outre se durcir, et son pas qui veut suivre La Nymphe, sent monter la gaine qui l'étreint.
La fête est morte avec sa musique et sa joie! L'Hiver fait un vieillard de l'Été qu'il coudoie Et le parc semble mort qui fut jadis vivant.
Mais, immortelle encor par la gamme et l'arpège, J'écoute, à travers l'ombre et la mort et le vent, Une flûte à mi-voix qui chante dans la neige.