La cité des eaux

Henri de Régnier · Chapitre 42 sur 61

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La cité des eaux

Chanson

J'ai fleuri l'ombre odorante

Et j'ai parfumé la nuit

De la senteur expirante

De ces roses d'aujourd'hui.

En elles se continue,

Pétale à pétale, un peu

Du charme de t'avoir vue

Les cueillir toutes en feu.

Est-ce moi, si ce sont elles?

Tout change et l'on cherche en vain

A faire une heure éternelle

D'un instant qui fut divin;

Mais tant qu'elles sont vivantes

De ce qui reste de lui

Respire l'ombre odorante

De ces roses d'aujourd'hui.

 

LE FLEUVE

Emporte dans tes yeux la couleur de ses eaux. Soit que son onde lasse aux sables se répande Ou que son flot divers, mine, contourne ou fende La pierre qui résiste ou cède à ses travaux;

Car, sonore aux rocs durs et plaintif aux roseaux, Le fleuve, toujours un, qu'il gémisse ou commande, Dirige par le val et conduit par la lande