La cité des eaux

Henri de Régnier · Chapitre 12 sur 61

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La cité des eaux

Latone

Et, de l'Amour tombé du socle qu'il dénude, Il reste un bloc égal qui semble le tombeau Du songe, du silence et de la solitude.

 

LATONE

Le quinconce, le buis, les ifs et les cyprès, La rocaille coquette et la vasque pensive D'où s'épanche ou jaillit l'onde dolente ou vive Qui fait l'allée en pleurs ou le carrefour frais;

La fontaine qui jase et le bassin auprès

Qui stagne et que tarit la fissure furtive,

La statue et l'hermès que la mousse enjolive Et le parc qui finit en lointains de forêts;

Le Silence qui songe et l'Écho qui recule Bercent la douceur d'être en ce beau crépuscule Où, dans le souvenir, tout reste ce qu'il fut,

Et, parmi l'eau verdie où s'effeuille l'automne, Toujours s'obstine, en or accroupi, le salut De l'obèse grenouille à la svelte Latone.

 

FÊTE D'EAU

Le dauphin, le triton et l'obèse grenouille Diamantant d'écume et d'or Latone nue, Divinité marine au dos de la tortue,

Dieu fluvial riant de l'eau qui le chatouille;