La cité des eaux
Latone
Et, de l'Amour tombé du socle qu'il dénude, Il reste un bloc égal qui semble le tombeau Du songe, du silence et de la solitude.
LATONE
Le quinconce, le buis, les ifs et les cyprès, La rocaille coquette et la vasque pensive D'où s'épanche ou jaillit l'onde dolente ou vive Qui fait l'allée en pleurs ou le carrefour frais;
La fontaine qui jase et le bassin auprès
Qui stagne et que tarit la fissure furtive,
La statue et l'hermès que la mousse enjolive Et le parc qui finit en lointains de forêts;
Le Silence qui songe et l'Écho qui recule Bercent la douceur d'être en ce beau crépuscule Où, dans le souvenir, tout reste ce qu'il fut,
Et, parmi l'eau verdie où s'effeuille l'automne, Toujours s'obstine, en or accroupi, le salut De l'obèse grenouille à la svelte Latone.
FÊTE D'EAU
Le dauphin, le triton et l'obèse grenouille Diamantant d'écume et d'or Latone nue, Divinité marine au dos de la tortue,
Dieu fluvial riant de l'eau qui le chatouille;