La cité des eaux

Henri de Régnier · Chapitre 49 sur 61

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La cité des eaux

Inscription

Si j'ai drapé mon corps de pourpres et de bures, N'en savais-je pas moins que mon corps était nu Et que ma chair n'était que sa cendre future?

Non, ce laurier sans joie et ces fruits sans désir, Et la vaine rumeur dont toute vie est faite, Non, tout cela, c'était pour pouvoir mieux dormir

L'ombre définitive et la nuit satisfaite!

 

INSCRIPTION

Si haut que ta racine ait poussé vers l'azur Ta cime épanouie et vivante, sois sûr,

Cher arbre, que, malgré l'ombre que sur la mousse Etend autour de toi ta feuillée ample et douce, Et bien que les oiseaux y chantent et qu'en bas Un choeur de dieux sylvains défendent de leurs bras La Dryade pensive au creux de ton écorce, O bel arbre, debout encore dans ta force, Sois sûr et pense que le temps et les destins Qui font les soir jaloux naître de nos matins Ne t'épargneront pas, car toute vie est telle. L'inévitable lierre et l'automne mortelle.

 

AUTRE INSCRIPTION

Crois-moi. N'emprunte rien des hommes. Que tes yeux Ne le conduisent point sur leur pas anxieux. N'asservis pas ta faim à la faim d'autres bouches. Au contraire, sois libre et, s'il le faut, farouche;