La cité des eaux

Henri de Régnier · Chapitre 5 sur 61

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La cité des eaux

La Façade

Pourvu que faible, basse, et dans l'ombre incertaine,

Du fond d'un vert bosquet qu'elle a pris pour tombeau, J'entende longuement ta dernière fontaine, O Versailles, pleurer sur toi, Cité des Eaux!

 

LA FAÇADE

Glorieuse, monumentale et monotone,

La façade de pierre effrite au vent qui passe Son chapiteau friable et sa guirlande lasse En face du parc jaune où s'accoude l'Automne.

Au médaillon de marbre où Pallas la couronne, La double lettre encor se croise et s'entrelace; A porter le balcon l'Hercule se harasse;

La fleur de lys s'effeuille au temps qui la moissonne.

Le vieux Palais, miré dans ses bassins déserts, Regarde s'accroupir en bronze noir et vert La Solitude nue et le Passé dormant;

Mais le soleil aux vitres d'or qu'il incendie Y semble rallumer intérieurement

Le sursaut, chaque soir, de la Gloire engourdie.

 

L'ESCALIER

Toute la Gloire avec le glaive et l'étrier,

Et la terre qui saigne et la mer qui écume, Le feutre balayant le parquet de sa plume, La Puissance et l'Amour, la rose et le laurier,