La cité des eaux
Les Feuilles
La vasque qui retombe ou la gerbe qui mouille, La nappe qui décroît, se gonfle ou diminue, Et la poussière humide irisant la statue
Dont s'emperle la mousse ou s'avive la rouille;
Toute la fête d'eau, de cristal et de joie
Qui s'entrecroise, rit, s'éparpille et poudroie, Dans le parc enchanté s'est tue avec le soir;
Et parmi le silence on voit jaillir, auprès
Du tranquille bassin redevenu miroir,
La fontaine de l'if et le jet du cyprès.
LES FEUILLES
Ta robe lente, pas à pas, soulève et traîne Un bruit de feuilles d'or et de roses fanées, Et dans le crépuscule où finit la journée
L'automne est las d'avoir entendu les fontaines.
Si tu passes le long des eaux vastes et vaines, La statue, anxieuse et la tête inclinée
Écoutant dans l'écho le pas de l'autre Année, Ne te reconnaît plus et te regarde à peine.
La Vestale au ciel gris lève ses yeux de marbre, L'Hermès silencieux dérobe d'arbre en arbre Son socle nu de terme et son masque de faune,
Et, dans le miroir clair que tu tiens à la main, Tu portes, reflétés, le parc morose et jaune Avec ses dieux, ses eaux et ses verts boulingrins.