La cité des eaux
Épigramme
Fermez vos yeux prudents, si vous croyez l'entendre Marcher sur l'herbe douce ou sur le sable amer, Pour écouter en vous gronder et se répandre Le bruit de la forêt et le bruit de la mer.
ÉPIGRAMME
Pour que ton rire pur, jeune, tendre et léger,
S'épanouisse en fleur sonore,
Il faut qu'avril verdisse aux pousses du verger,
Plus vertes d'aurore en aurore,
Il faut que l'air égal annonce le printemps
Et que la première hirondelle
Rase d'un vol aigu les roseaux de l'étang
Qui mire son retour fidèle!
Mais, quoique l'écho rie à ton rire avec toi,
Goutte à goutte et d'une eau lointaine,
N'entends-tu pas gémir et répondre à ta voix
La plainte faible des fontaines?
L'IMAGE
Que pour d'autres l'amour rende triste l'aurore Du regret frissonnant d'avoir hier aimé!
Pour nous, dans l'air palpite et se répand encore La ténébreuse odeur dont tu l'as parfumé.